Archives de catégorie : Contre l’Etat et ses sévices

[Allemagne] Quelques brèves d’agitation à Münich

La machine à trier et à expulser en prend plein la gueule – 6 novembre 2015

Puisque jusqu’à maintenant je n’ai vu nulle part quelque chose à ce sujet, je témoigne donc que l’administration münichoise pour le logement et la migration a de toute évidence été la cible une nouvelle fois d’une attaque. Ainsi, le bâtiment en verre est en ce moment décoré de traces de peinture noire, et apparemment, quelques vitres ont aussi été détruites. Cette institution, dans laquelle se trouve aussi une aide au retour pour les réfugiés, a souvent été la cible d’attaques dans les mois et années passées, et déjà attaquée plusieurs fois avec des pierres, de la peinture, du feu et de la colle.

Traduit de l’allemand de chronik, 6 November 2015

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Un collabo du nouveau centre judiciaire perd ses vitres

153568Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2015, les bureaux de « Behringer Ingenieure » au Tizianstraße 50 à Münich ont été attaqués avec des pierres. Les « Behringer Ingenieure » s’impliquaient en tant qu’expert concernant l’appel d’offres pour la réalisation du nouveau centre judiciaire.

Traduit de l’allemand de linksunten.indymedia.org, 12 November 2015

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Balade contre la construction du nouveau centre judiciaire

Il y a quelques jours, une petite manif en ordre dispersée a traversé le quartier d’habitations de ‘Neuhausen’ à Münich et a attiré l’attention – par des tracts lancés, des flyers, des autocs, des affiches placardées, une banderole et des tags – sur la responsabilité de certains « services » à l’égard de la restructuration générale de la ville et de la rénovation du quartier, le lien étroit qui existent avec la justice, la punition, le contrôle social et la construction du nouveau centre judiciaire.

Ici le flyer qui a été distribué et collé pendant la balade [Y sont évoqués notamment le commencement des travaux, ainsi que les noms et adresses des différentes boîtes et entreprises qui s’impliquent dans ce projet répressif].

Traduit de contrainfo, 11 November 2015

[Publication] No-Tav : défendre un territoire ou détruire le vieux monde ?

Depuis une vingtaine d’années, des habitants d’une vallée alpine italienne s’opposent à la construction d’une ligne ferroviaire à haute vitesse (TAV) reliant Lyon à Turin, et qui détruirait encore plus « leur » vallée. Des personnes venant de toute l’Italie et d’ailleurs ont rejoint cette lutte, essayant parfois de partir de là pour développer une opposition globale au monde qui produit des nuisances comme le TAV. C’est, du moins, ce qu’on nous raconte. Mais nous voudrions parler à cette occasion de ce qui est moins connu : les attaques de 1996-1998, celles plus récentes, les oublis ou les dissociations de la plus grosse partie du « mouvement No-TAV » par rapport à l’action directe, les délations et la tolérance dont jouissent les délateurs, ainsi que la mentalité de Parti du mouvement No-TAV. Mais c’est aussi l’occasion de discuter de la recherche de la légitimation pour se révolter dans les fameuses « masses » (comprendre : salariés comme patrons, pauvres comme riches, députés, juges et curés) qui coupe les ailes des perspectives révolutionnaires. Cela crée le sentiment sécurisant et douillet d’une « grande famille », mais nous fait souvent abandonner la nécessité d’une rupture révolutionnaire.

Cette brochure est une collaboration entre la revue anarchiste apériodique Des Ruines, qui nous offre ici son dossier « No TAV : La vallée des larmes… et des bisous » à paraitre dans son deuxième numéro. La bibliothèque anarchiste La Discordia (Paris) qui organise une discussion publique le jeudi 12 novembre 2015, à l’occasion de laquelle cette brochure est réalisée. Et Ravage Editions, éditeur de livres et brochures anarchistes, Paris, pour l’édition de cette brochure.

Lire la brochure

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Lire l’introduction en ligne.

[Belfort] Nique ‘Pôle Emploi’ – Quartier des « Résidences », 10 novembre 2015

Belfort : le feu devant Pôle Emploi

Belfort.- La porte électrique de l’agence Pôle Emploi de la rue de Madrid ne fonctionnait plus, hier. Elle a été dégradée par un incendie pendant la nuit de lundi à mardi.

La porte d'entrée de Pôle Emploi

La porte d’entrée de Pôle Emploi

Durant la nuit, un ou plusieurs individus ont pris soin de pousser un conteneur à ordure contre la porte puis il(s) l’a (ou l’ont) embrasé. Prenant de la vigueur, le feu a fait voler en éclat un des deux panneaux vitré de la porte et a brisé le second.

L’intervention rapide des pompiers de Belfort-Sud a évité que le feu ne provoque d’autres dégradations.

Ce n’est pas la première fois que des incendies volontaires causent des dégâts à l’agence Pôle Emploi. Après de multiples dégradations sur les portes avant et arrières et l’incendie d’une voiture sur le parking attenant, la préfecture avait demandé à la Ville de Belfort d’installer une caméra mobile de vidéosurveillance dans la rue de Lisbonne. Aujourd’hui, la Ville entend renforcer le dispositif de vidéoprotection. Avant la fin décembre, trois caméras fixes seront installées près du 4 rue de Prague, rue Marchal près du lycée Follereau et place de l’Europe.

Depuis l’annonce de leur implantation, les détériorations par incendie tendent à se multiplier dans le quartier des Résidences-Bellevue.

La presse locale – l’est répugnant, 11/11/2015 à 08h21

[Espagne] La meilleure arme contre la répression, l’action directe

Compagnonnes et compagnons,

Cela fait à peu près deux ans que nous voyons comment l’État et ses forces répressives s’en prennent plus que jamais au mouvement anarchiste. De nombreux compagnon-ne-s ont été arrêté-e-s et emprisonné-e-s, des procureurs ont demandé des années de prison, appuyés par des campagnes médiatiques contre nos luttes et espaces. Tout cela n’a qu’un but : faire disparaître les idées anarchistes, obtenir, à partir de la répression, la violence, la peur et la prison ; que toute dissidence soit éliminée.

Ces dernières années nous avons pris la mauvaise habitude de ne subsister qu’en tant que scène, la plus grande partie du mouvement se contentant de maintenir les apparences, de maintenir la vitrine sociale par des activités et des pratiques (qui ne demandent pas beaucoup de sacrifices) qui donnaient l’impression à la société qu’il y avait une dissidence et une lutte contre l’État capitaliste, qui rarement se matérialisaient en quelque chose de concret.

Ainsi, ces dernières années, qui ne sont que la suite logique d’un processus qui a commencé avec la transition, il y a eu une absorption de la part de l’État démocratique et capitaliste de la plus grande partie des luttes qui se considéraient révolutionnaires. Après les avoir pacifié, les avoir transformé et empoisonné, il en a fait ses complices démocratiques de « gauche », des mouvements civiques et citoyens.

Maintenant l’État a déclaré la guerre publique et médiatique aux anarchistes, il en a fait son principal objectif et nous ne pouvons pas rester désemparés ou nous contenter de sortir des communiqués et faire des manifestations « promenades » alors qu’ils nous étouffent par des procès et la prison, alors qu’ils nous pourchassent.

Nous lançons un appel à la solidarité active avec les compagnons et compagnonnes poursuivis. Récupérons les méthodes que nous avons enterrées il y a longtemps, utilisons de nouveau l’action directe comme le meilleur outil de solidarité.

Exprimons sur les murs que la solidarité que les journalistes essaient de cacher existe toujours, boycottons [sic] et sabotons les banques qui ont condamné nos compagnonnes, expliquons à nos voisins ce que les médias ne disent pas. Utilisons notre imagination pour montrer à nos bourreaux et nos ennemis qu’après le calme vient toujours la tempête, pour retourner cette apathie qui nous accable, et parce que nous savons que la lutte est le seul chemin.

Solidarité avec les anarchistes prisonnier-e-s, que la révolte se propage, que l’étincelle illumine les nuits sombres de ce chemin.

Mort à l’État et vive l’anarchie !

À leur répression répondons par notre solidarité.
À leur violence répondons par l’action directe.
À leurs lois répondons par notre imagination.
Agis !!

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[Traduit de l’espagnol de Contrainfo par non-fides]

[Berlin, Allemagne] Attaque d’un local de recrutement de l’armée – 9 novembre 2015

[Ce même local de propagande avait été tagué d’un « Non à l’armée » en avril dernier]

Dans la nuit du 8 au 9 novembre 2015, le local d’exhibition de l’armée allemande situé Friedrichstraße, à la gare de Berlin a été attaqué avec de la peinture. La devise de la campagne de recrutement de masse, qui a lieu depuis début novembre de manière ostensible dans l’espace public, s’intitule « Fais ce qui compte vraiment ». Des slogans comme « Tu n’effaces pas les foyers de la crise dans l’attente et en buvant du thé. Fais ce qui compte vraiment  » ressortent sur 30 000 affiches et 11 millions de cartes postales et doivent légitimer une banalisation de la guerre et l’image de métier du soldat.

« Aujourd’hui, des jeunes demandent de plus en plus de sens à leur travail et, en plus de cela, ont besoin d’un vrai revenu. Nous avons à la Bundeswehr des réponses franches à tout cela ». Ceci se lit actuellement sur la page web de l’armée. En même temps, « l’organisation de carnaval vert-kaki » célèbre pleinement l’état de guerre actuel par une cérémonie d’honneur publique du 11 novembre au parlement, avec torches, tambours, et y compris 3000 invités d’honneur. A cette gigantesque démonstration du pouvoir allemand, on peut qu’y répondre par une large résistance sociale !

Contre l’armée, rompons les rangs ! Contre l’existant allemand.

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Traduit de linksunten indymedia et d’un article de leur presse à la con

[Madrid, Espagne] Six anarchistes arrêtés lors de l’opération ‘Ice’ du 4 novembre 2015 / Deux compagnons envoyés en taule [Mise-à-jour, 08/11/2015]

Mise-à-jour, 8 novembre 2015:

Le 6 novembre aux alentours de midi, quatre des six anarchistes arrêtées ont été remis en liberté sous caution par le Juzgado Central número 3 de la Audiencia Nacional, responsable de l’opération policière. Plus de 20.000 euros ont du être versés pour faire sortir les quatre, après deux jours de garde-à-vue. Quant aux deux autres, ils sont incarcérés en préventive. Tous les chefs d’accusations contre les six sont maintenus. L’Etat les poursuit en raison de leur « responsabilité dans l’attaque incendiaire contre 4 agences bancaires de Madrid », « d’appartenance à un groupe terroriste ». Il semblerait que la déclaration des flics selon laquelle ils auraient mis la main sur des engins explosifs et bombes artisanales lors de la perquisition est complètement bidon. Ces éléments à charge sont totalement absents du dossier selon l’avocat des inculpés, Daniel Amelang.

Mise-à-jour, 6 novembre à 15h13

Finalement, on apprend que six compagnons (au lieu des 5 annoncés initialement) ont été arrêtés lors de l’opération ‘Ice’. Deux d’entre eux ont été envoyés directement en taule. Les autres devraient sortir sous caution. Durant la matinée du vendredi 6 novembre, des compagnons se sont rassemblés en solidarité devant l’Audiencia Nacional.

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baillonLe 4 novembre, la brigade d’information de la police nationale de Madrid a arrêté 5 personnes, membres du groupe anarchiste ‘Straight Edge’, accusés d’appartenance à une organisation criminelle à des fins terroristes, destructions et apologie de terrorisme.

Lors des perquisitions aux domiciles des compagnons, les flics ont mis la main sur du matériel servant selon eux à confectionner des engins explosifs, diverses quantités de poudre et de manuels pour fabriquer des bombes artisanales.

Cette énième opération policière envers le milieu anarchiste, baptisée cette fois-ci « Operacion Ice », est menée dans le cadre de l’enquête concernant l’attaque incendiaire de quatre agences bancaires de Madrid. Les flics les soupçonnent également d’être les auteurs de l’incendie d’un autre établissement bancaire et d’un centre commercial à Barcelone.

Les compagnons détenus comparaîtront devant l’Audiencia Nacional pour appartenance à une organisation criminelle à des fins terroristes, destructions et apologie de terrorisme. Quatre des compagnons arrêtés résident à Madrid, le cinquième résidant dans la municipalité madrilène de ‘Las Matas’.

En plus de ces 5 arrestations, les flics de la brigade d’information de Madrid ont mené plusieurs perquisitions de domiciles avec l’autorisation du Tribunal central n°3 de l’Audiencia Nacional. Lors de ces perquisitions, les flics ont trouvé de la poudre, ds mèches, des manuels pour confectionner des bombes artisanales et des engins explosifs. Les flics ont annoncé s’être aussi emparés de plusieurs documents et propagande relatifs aux Groupes Anarchistes Coordonnés (GAC), ce pourquoi plusieurs compagnons – dont Monica et Francisco – sont incarcérés.

A la suite des perquiz, les flics font le lien entre le groupe ‘Straight Edge’ et les GAC. Cette nouvelle vague d’arrestations contre les anarchistes est la cinquième depuis l’incarcération de Monica et Francisco pour l’attaque incendiaire de la basilique ‘Del Pilar’ de Saragosse. S’en est suivi l’opération Pandora le 16 décembre 2013, celle du 30 mars 2014 nommée « opération Pinata », ainsi que celle plus récente du 28 octobre dernier (qui serait la suite de la première opération), pour laquelle une personne est incarcérée.

[A partir de la presse espagnole]

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5 compagnons de plus, une même lutte !

Dans la matinée du 4 novembre 2015, la brigade d’information a fait irruption aux domiciles de cinq compagnons appartenant au collectif STRAIGHT EDGE MADRID, en perquisitionnant les logements et en s’emparant un matériel du collectif. Les perquiz se sont soldées par l’arrestation de cinq compagnons qui se trouvent détenus au commissariat de Moratalaz et ils ne pourront pas parler à un avocat jusqu’au jour suivant. On s’attend à ce qu’ils comparaissent devant la justice ce vendredi.

C’est une autre opération contre le mouvement anarchiste après le deuxième épisode qui vient de se dérouler de l’Opération Pandora, où des compagnons de Barcelone (des quartiers de Graçia, de Sant Andreu et de Sants) et de Manresa ont été arrêtées pour appartenance supposée aux GAC (Groupes Anarchistes Coordonnées) et dont l’une d’elles se trouve en détention préventive.

La même année, nous avons vécu il y a quelques mois à Madrid, à Barcelone, à Palencia et à Grenade la dénommée Opération Piñata durant laquelle la même chose s’est passée : des perquisitions de domiciles et de centres sociaux qui se sont soldées par l’arrestation de 15 personnes accusées « d’appartenance à une organisation terroriste ».

Idem en décembre dernier nous avons subi la même chose lors de l’Opération Pandora : la police a fait irruption dans 14 maisons et centres sociaux et les flics ont arrêté 11 anarchistes à Barcelone, à Sabadell, à Manresa et Madrid. Nous ne pouvons pas oublier nos compagnons enfermés depuis 2013, Monica et Francisco, qui dès le début ont été envoyés en prison sous le régime F. I. E. S (déclaré illégal par le Tribunal Supremo (sic, NdT)) accusés d’avoir placé un engin explosif dans la basilique del Pilar à Saragosse, sans blesser personne. […]

Face à la répression notre solidarité est une arme.

Solidarité avec les compagnons détenus !

Traduit de l’espagnol de contramadriz, 6/11/2015

[Santiago, Chili] Arrestation et incarcération d’un compagnon pour l’attaque incendiaire d’une église lors d’une manif infiltrée par les flics – 12 octobre 2015

Le 12 octobre 2015, une manifestation pour rappeler l’extermination des peuples autochtones a traversé le centre de Santiago. Les affrontements avec la police et les attaques contre les symboles du pouvoir se sont produites pendant le parcours, c’est à ce moment-là que l’église San Francisco a été attaquée aux cocktails molotov.

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Un policier en civil qui s’était infiltré dans la manifestation a réussi à choper des images de l’encapuchonné en train de lancer un cocktail molotov contre la porte de l’église à Alameda. Le keuf infiltré l’aurait suivi quelques rues plus loin du lieu de l’attaque incendiaire, l’observant en train d’abandonner ses vêtements le long du chemin. L’encapuchado s’est fait arrêter dans le secteur de Cumming et Santa Monica, un secteur assez loin d’où a eu lieu l’attaque incendiaire.

La presse chilienne s’horrifie des dégâts causés à un « monument historique », un des vestiges de l’architecture coloniale de plus de 400 ans. La valeur historique de ces portes sert à esquiver les 523 ans de massacre d’une église basée à travers le monde qui s’est implantée dans le sang, les massacres, la domination, la torture, la violence et en réduisant des populations entières à l’esclavage. […]

A la suite de son arrestation, Nicolas Rojas Candia, 20 ans, est emmené au 7ème tribunal et poursuivi pour « port illégal d’armes à feu » et « dommages à un monument national ». Il a été incarcéré immédiatement en préventive pour 60 jours à la prison « Santiago 1 ». […]

Solidarité avec tous ceux qui décident de foutre le feu à ce monde de merde !

[Traduit librement de Publicacion Refractario]

[Allemagne] Pas de paix pour les fascistes, ni pour ce monde de merde – Octobre / Novembre 2015

[Dans un contexte d’augmentation des actes racistes et d’attaques contre les migrants un peu partout en Allemagne, de nombreux actes de sabotage et d’attaques ont également visé les infrastructures, les repaires, les biens des fascistes, qui entretiennent aux côtés des démocrates ce climat nauséabond. Parfois, ils ont même récolté des coups lorsque l’occasion se présentait. Les partis plus institutionnels comme la CDU, ainsi que la police, n’ont pas été épargnés eux aussi par ces multiples actes vengeurs et de rage. Cette petite liste nous réchauffe le cœur, en ces temps où les fascistes se montrent de plus en plus dans les rues. Elle pousse à réfléchir sur la façon d’agir ici en France contre ces crapules, leur mettre des bâtons dans les roues. Certains diront que le contexte n’est pas le même entre les deux pays, mais ce sont souvent les mêmes qui en profitent pour discréditer/se dissocier et cracher sur l’action directe anarchiste lorsque ça se passe sous leurs fenêtres, tout en l’applaudissant quand ça se déroule dans des pays plus exotiques (« où ils ont connu le fascisme il n’y a pas longtemps, eux ! »). Donc « l’acta non verba » ne se rapporte pas à un produit vidéo, mais bel et bien à une réalité sociale qu’il s’agit de combattre ici et maintenant, par la plume et par la pratique.]

Une traduction de l’article est disponible en anglais sur Rabble

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[Berlin et Leipzig] Nouvelles attaques contre l’AfD….

Dans la nuit de jeudi à vendredi 6 novembre à Berlin, le local des politiciens de l’AfD a perdu ses vitres et s’est fait boucher ses serrures. Cette attaque a été un avertissement pour la manif des fachos prévue le week-end suivant.

Samedi 7 novembre à Leipzig, quate personnes masquées ont fait une irruption de quelques secondes à un stand de l’AfD. Elles ont détruits tout le matériel et lancé en direction des membres du parti « sales porcs nazis ». Elles ont toutes pris la fuite sans qu’aucune personne ne soit interpellée.

[Berlin] Une voiture de sécurité ‘WISAG’ en feu

Dans la nuit du 4 au 5 novembre, une voiture de la société ‘Wisag’ a été incendiée à Wedding. ‘Wisag’ est un prestataire de services, connue pour son rôle dans la sécurité notamment: que ce soit pour les porcs de la sécurité de la BVG (entreprise de transports berlinoise) ou dans les aéroports. « Dans une période où chaque nuit ont lieu des attaques racistes, il ne s’agit pas seulement de combattre les structures néo-nazies, mais aussi de désigner et attaquer les profiteurs du racisme institutionnalisé, que ce soit lors des expulsions de migrants ou lors de contrôles de tickets ». Le communiqué de l’attaque ici.

[Berlin] Peinture contre le local des nationalistes

Berlin, nuit du 31 octobre au 1er novembre 2015 – Les locaux des nationalistes ‘Pro-Deutschland’ à Marzahn-Hellersdorf ont été recouverts de peinture pendant la nuit. Ceci constitue une « réponse nécessaire à ceux qui sèment et répandent la haine envers les réfugiés, ainsi qu’envers tous ceux qui ne sont pas « allemands ». ‘Pro Deutschland’, AfD, PEGIDA, comme les partis en place CDU et SPD utilisent l’atmosphère actuelle pour appliquer leur politique de mépris à la logique capitaliste. Pierre par pierre, morceau par morceau. On reviendra. Personne n’est illégale »

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[Magdebourg] La « manif pour tous » touchée au porte-feuille

Magdebourg – 1er novembre 2015. Dans la nuit, un minibus de l’entreprise de construction d’échafaudage ‘Bever’ a été livré aux flammes. Cette société appartient à la famille « von beverfoerde », dont la membre la plus connue est la baronne Edwig von beverfoerde : elle est la principale organisatrice du mouvement de masse réactionnaire et homophobe de « la manif pour tous ». Avec le mouvement anti-migrants PEGIDA, la « manif pour tous » s’illustre de plus en plus dans les rues partout en Allemagne : après des tentatives de s’implanter qui ont plus ou moins échouées à Hannovre et à Münich, il semble que le mouvement ait réussi à faire son nid à Stuttgart. D’après les flics, les dommages de ce sabotage s’élèvent à plus de 80.000 euros.

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[D’après la presse allemande et le communiqué qui revendique le sabotage]

[Berlin] Les racistes de l’AfD ne sont pas les bienvenus à Kreuzberg !

Berlin – 31 octobre 2015. A 16h, le parti populiste et raciste ‘Alternative pour l’Allemagne’ prévoyait de tenir un stand devant la Roten Rathaus (mairie rouge) à Kreuzberg afin de diffuser leurs tracts racistes et anti-migrants. Des antiracistes ont fait irruption sur la place et ont détruit leur stand de propagande nauséabonde. Le communiqué de l’action finit par « Gardez les yeux ouverts et attaquez-les ! Pas de place pour l’AfD ! »

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[Leipzig] Le local de la CDU prend l’air !

Leipzig – Dans la nuit du 30 au 31 octobre, l’agence des députés de la CDU Thomas Feist et Andreas Nowak a été attaqué. Chacune des vitres du local ont été brisées, laissant apparaître de gros trous. Ca donne un bon bol d’air contre la politique !

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[Traduit de la presse]

[Berlin] Un repaire de fascistes se fait péter ses vitres

Berlin, 29 octobre 2015 – Au cours de la nuit, le « Stumpfe Ecke » au Naugarder Str.15 a été attaqué avec des pierres. Le samedi 17 janvier 2015, ce bar avait accueilli les néonazis du réseau raciste « HoGeSa » (« hooligans contre les salafistes »). Ces derniers avait bénéficié de la protection policière et de la bienveillance du patron du bar.

[Kiel] Le parti raciste de l’AfD attaqué en marge d’une contre-manif antifa

Kiel, 29 octobre 2015 – En vue de la marche raciste du 31 octobre à Hambourg appelée par l’AfD, le bureau du parti de l’AfD a perdu plusieurs vitres au cours de la nuit. Un appel à perturber cette marche a été appelée par les antifas d’Hambourg.

[Dresde] Les fachos rentrent à pied…

Dresde, 26 octobre 2015 – Vers 19h30, trois voitures appartenant à des participants à la marche de Pegida ont été incendiées (une Audi, une VW et une Opel). Celles-ci étaient garées Marienbrücke, à proximité du rassemblement des racistes. Quatre véhicules garés à proximité ont aussi été endommagés. Les flics penchent une fois de plus pour des incendies volontaires. Une attaque similaire avait eu lieu la semaine précédente, visant également des véhicules de participants aux marches de PEGIDA.

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[Traduit de la presse]

[Berlin] La députée européenne raciste perd sa voiture de fonction

Berlin, nuit du 25 au 26 octobre 2015 – La voiture de luxe de l’euro-députée de l’AfD Beatrix von Storch a été incendiée. D’après les flics, l’attaque incendiaire s’est déroulée vers 2h30 Swinemünder Straße à Mitte. Deux autres véhicules garés à côté ont été endommagés par les flammes. Les enquêteurs privilégient la piste volontaire de militants « d’extrême-gauche ». Depuis 2014, cette politicarde raciste de 44 ans siège au parlement européen.

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[D’après la presse policière]

[Leipzig] Flics caillassés !

Leipzig, 24 octobre 2015 – Cinq voitures de police ont été endommagées à la suite de caillassages alors qu’elle était présente pour assurer la protection de la manif nationaliste « Offensive pour l’Allemagne ».

[Stralsund] Pendant que les fascistes manifestent…

Stralsund, 23 octobre 2015 – Tandis que les néonazis et fascistes répondaient à un appel du “MV Patrioten” à manifester contre les migrants, dix de leurs véhicules qui étaient garés sur un parking de supermarché ont été incendiés dans la soirée. Bien que 400 personnes aient participé à cette manif raciste, « cela montre une fois de plus que les actions antifascistes sont réalisables, efficaces et nécessaires ! Nous sommes reconnaissants et nous nous réjouissons énormément de l’action réussie ! »

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[Berlin] Les collabos des néonazis ne restent pas impnis

Berlin, 22 octobre 2015 – Le bistro « Au Hérisson », situé à l’angle de la Gürtelstrasse et Scharnweberstr, s’est fait péter toutes ses vitres. Ce bistro est connu pour accepter régulièrement des néonazis. Pendant la lutte des réfugiés de l’an passé à l’hôtel de la Gürtelstraße, les patron du bar et ses acolytes fascistes ont mené des attaques depuis le bar à l’encontre des participants aux rassemblements de soutien aux migrants. Une petite vengeance dans un contexte d’incendies de foyers de migrants et d’agressions racistes à travers le pays.

 

[Halle] Attaques contre l’AfD

Halle, 21 octobre 2015 – La manif en soirée de l’AfD ne s’est pas passée sans encombres. Vers 20h30, un militant de l’AfD a été agressé et a reçu des œufs Wilhelm-Külz-Straße. Vers 19h20 dans la Salzgrafenstraße, des inconnus ont endommagé une voiture d’un militant du parti raciste. A ce moment-là, des fachos ont aussi été frappés. Par ailleurs, une camionnette de l’AfD, qui transportait du matériel (sono, mégaphone, etc…), s’est fait détruire ses rétros et plusieurs vitres. Pour chacune de ces attaques, les flics ont lancé une enquête.

[Traduit de la presse allemande]

[Göttingen] Le leader des jeunes de l’AfD se mange des coups

Göttingen, 21 octobre 2015 – Le chef des jeunes de l’AfD, Lars Steinke, s’est fait frapper vers 22h15 alors qu’il se baladait Groner Straße : il a reçu des coups à la nuque et à l’arrière du crâne. Les assaillants lui ont dit : « Lars Steinke, si tu te montres encore une fois sur le campus, tu sais ce qu’il t’en coûte ! »

[Traduit de la presse]

[Cologne] Logements de fascistes attaqués

Dans la nuit de mardi 20 octobre, plusieurs néonazis (au moins 3) ont reçu de la visite à coups de pierres et de peinture. Des tags pointant leurs sales activités ont été inscrits sur place.

[Berlin] Un lieu de festivités néonazies livré aux flammes

Berlin, 19 octobre 2015 – Au cours de la nuit, le ‘Metal-Club’ a été visé par un incendie volontaire. ‘Blackland’ est un bar de rock-métal à Ernst-Thälmann Park qui voudrait se présenter comme un lieu apolitique. Hors, c’est loin d’être le cas : il a une longue histoire d’organisation de concerts nazis.

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[Dresde] Y’a quelqu’un pour ramener la vermine fasciste ?

Dresde/Heidenau, 19 octobre 2015 – Des fachos de Heidenau qui étaient en voyage à Dresde pour manifester leur haine des migrants ont eu une mauvaise surprise lorsqu’ils sont retournés à leurs véhicules pour repartir. En effet, trois véhicules (deux voitures et un minibus) leur appartenant avaient été incendiés durant leur absence. 10 racistes sont restés bloqués sur place : dans un poste facebook du groupe, ils implorent leurs petits camarades de les ramener.

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[Publication] Séditions n°5 – Novembre 2015

Le numéro 5 de ‘Séditions’ vient de paraître.

Consulter tous les textes du 5ème numéro de 'Séditions'

Consulter tous les textes du 5ème numéro de ‘Séditions’ sur le blog

Le site pour consulter tous les anciens numéros: seditions.noblogs.org

[Reçu par mail]

[Paris] Il est temps de rompre les rangs !

Malgré l’élargissement tardif des signataires de l’appel à plusieurs groupes, partis et syndicats de la gauche la plus classique (PCF, NPA, Solidaires…), pas plus de quelques milliers de personnes ont manifesté hier à l’appel de la MAFED, du PIR et de plusieurs personnalités et groupes infréquentables comme les islamistes du groupe Présence et Spiritualité Musulmanes qui appelait aux « manifs pour tous » de 2013 (voir la « Lettre ouverte à ceux qui pensent que participer à la Marche-pour-la-dignité-avec-le-soutien-d’Angela-Davis n’est pas un problème » qui nomme les plus évidemment scandaleux).

Le raz-de-marée de prolétaires des quartiers populaires, qui a servi de carotte pour faire venir l’extrême gauche antiraciste ne s’est pas produit : ni les émeutiers de 2005, ni les dizaines de milliers de marcheurs de 83, ni les 15 000 grévistes des loyers Sonacotra ou les centaines de sans papiers grévistes de la faim des années 70, ni leurs potentiels homologues actuels n’ont répondu massivement à l’appel. Ont répondu présent en revanche, outre les alliés actuels du PIR, ceux-là même que leur hipster en chef, Houria Bouteldja, invective comme étant « la gauche blanche ». En effet, en lieu et place du vrai prolétariat qu’on nous a vendu, on a pu voir défiler entre autre pêle-mêle des drapeaux français, le Front de Gauche et son aile gauche, « Ensemble », le PCF, le FUIQP, Voie Prolétarienne, la JC, quelques élus appelés à scander «parlement, ta race ! », Médine et son camion (qui a servi de scène finale), divers vestiges de l’anti-impérialisme comme Europalestine et BDS, les entrepreneurs pacificateurs de banlieue de « Pas sans nous » et la négationniste Ginette Skandrani, le tout encadré par une corde et une boîte privée de sécurité (S.G.E).

Ceci dit, beaucoup des marcheurs du jour, pris dans la confusion entretenue à cet endroit, n’étaient manifestement pas très au clair sur pour qui et pourquoi ils marchaient et chacun a sans doute pu marcher derrière la bannière de cet œcuménisme racialiste en le prenant pour un fourre tout débonnaire à vocation antiraciste ou une «convergence des luttes » qui se donne l’air sympathique.

Plusieurs modalités de refus de cette première initiative racialiste à prétention massive se sont invités sur les murs de son parcours. Des énoncés critiquant le racisme et le racialisme depuis des points de vue variés mais tous dans une perspective révolutionnaire, piochés dans les textes qui circulent depuis quelques temps sur la question, ont été affichés parfois en grande taille, en hauteur, en couleur sur les murs. On pouvait y lire « Il n’y a pas de races, seulement des racistes », «capitalisme identitaire, nouvel horizon réactionnaire », « Nique la race, vive la lutte des classes »… (voir photos).

Ces affiches ont été recouvertes de gribouillages ou d’inscriptions («une marche pour la dignité non blanche » y a-t-on trouvé inscrit par exemple), recouvertes, arrachées et déchiquetées avec une frénésie qui déparait avec l’ambiance pacifiée et pacificatrice de la manifestation. Ainsi, des affiches « contre les violences d’état » et des portraits de Zyed et Bouna ont été collés pour recouvrir et masquer la critique de l’offensive racialiste et ce qu’elle implique comme refus des enjeux politiques émancipateurs. Que les portraits de deux adolescents tués par la police, sur le visage desquels on peut encore lire la soif de vivre avec inscrit « on n’oublie pas » soient utilisés à cette fin est particulièrement choquant et abject. C’est aussi parce que ces morts et les émeutes de 2005 sont restés dans nos mémoires que ces affiches ont été collées.

Il est particulièrement scandaleux que cette « marche de la dignité » cherche à inscrire les émeutes de 2005 dans son sillage, vu l’union sacré des pacificateurs, religieux, politiciens, élus et communautaristes associatifs qui y ont appelé et qui y ont défilé. On cherche non seulement à identitariser la conflictualité sociale mais aussi à enrégimenter la révolte dans le communautarisme, la politique de la cogestion et la race. Plus encore qu’une simple entreprise de récupération, ce défilé contenait aussi la mise en scène d’un enterrement de 3éme classe de ce que les émeutes de 2005 peuvent contenir de force, de promesses et de menaces contre les différents ordres établis.

Ceux qui étaient là « pour voir » ou qui, malgré ce qui avait été annoncé, en espéraient autre chose ont donc eu le loisir de se faire un avis. A partir de là, continuer à fermer les yeux sur l’avancée de la
dynamique racialisatrice et ne pas s’y opposer n’est plus défendable autrement que comme un choix politique assumé. Chacun sait bien que, dans nombre de groupes qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à cette initiative, des oppositions en interne se sont déjà exprimées : la racialisation est un combat pour lequel tout le monde ne se bat pas la fleur au fusil.

Il est temps de rompre les rangs de la racialisation ! La lutte continue.

Avant / Après la marche

Avant / Après la marche

[Publié sur indymedia nantes, 2 novembre 2015]