Monthly Archives: mars 2016

[Paris] La CGT perd ses vitres – 24 mars 2016

Depuis toujours les syndicats ont un rôle de courroie entre les exploiteurs et les exploités – pour perpetuer l’exploitation.

Jeudi dernier, à Montparnasse le SO de la CGT qui voulait encore une fois avoir le contrôle de la manifestation a tabassé, gazé et donné aux flics des manifestants.

Voilà ce que sont les syndicats : des amis utiles des patrons et des flics. Nos ennemis.

C’est pourquoi dans la soirée de ce même jeudi on a brisé les vitres du local de la CGT, rue Pierre Bonnard dans le 20ème.

Une pensée pour les arrêtés du 24 mars.

Liberté pour tous !

Que crèvent les exploiteurs et leur laquais.

Des travailleurs de la nuit (non-syndiqués)

[Pulié sur indymedia nantes, 27 mars 2016]

[Paris] Récit d’une balade très sauvage contre la police – 25 mars 2016

Vendredi 25 mars, suite à la vidéo qui montre un jeune du lycée Bergson se faire tabasser par des flics devant le blocus de son bahut, un rassemblement était appelé vers 10h30 devant l’établissement. Récit d’une manif qui part joyeusement en saccage de commissariatS et pillages de Franprix.

ComicoXIXeme-3-e1458926715974Plusieurs centaines de personnes sont là, et quasiment aucune présence policière. Quelques minutes seulement après le rencard, un mouvement se dessine vers Jaurès, et la plupart des gens suivent. La manif s’étend rapidement car la tête du cortège semble s’être passé le mot : on va au commissariat central du Xe arrondissement, rue Louis Blanc (c’est d’ailleurs dans ce commissariat qu’Amadou Koumé avait été assassiné par les flics il y a un peu plus d’un an). On ne rencontre aucune résistance indésirable sous la forme de flics, et on arrive sans encombres dans la petite rue à sens unique, où les centaines de lycéenNEs commencent à former une foule compacte. L’ambiance est plutôt calme, quelques barrières de chantier sont mises en travers de la route, des poubelles sont renversées et surtout tout le monde crie des slogans hostiles à la police : «Nique la Police // Assassin de la Police», «Tout le monde déteste la police», etc. Mais rapidement on sent qu’on est plein, et ça commence, timidement avant de monter en pression : après les fumis et les pétards, ça lance pas mal de bouteilles sur les 3 ridicules flics sortis sur les marches avec leurs boucliers de défense, ainsi que sur les vitres du commissariat. L’ambiance est sacrément joyeuse, tout le monde se marre et applaudit les coups d’audace ou les lancers particulièrement jolis. Après quelques minutes, il semble qu’on en ait assez, et on n’a pas trop envie de se retrouver coupéEs en deux, du coup on calte par l’autre côté, en marchant tranquillement en direction de notre point de départ, Bergson.

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Mais on ne s’y arrête pas, on passe juste faire tourner le récit exalté de notre attaque aux potes restéEs au bahut, et on continue en direction de la mairie. Là c’est beaucoup plus calme, certainEs lycéenNEs sont assiSEs par terre, on hallucine un peu, on se demande bien ce qu’on peut faire devant une mairie à part reproduire ce qu’on vient de faire quelques minutes plus tôt. Apparemment cet objectif ne satisfait pas grand monde et du coup on repart après 5 minutes le long du parc des Buttes Chaumont. Deux ou trois lycéenNEs appellent à ne pas prendre de bouteilles et à rester calme. Ça fait bien marrer tout le monde, et on commence à récupérer des objets potentiellement utiles au regard du nouvel objectif qui commence à faire le tour des bouches et des oreilles : le commissariat central du XIXe arrondissement ! Non contentEs d’avoir attaqué un commissariat, on a envie de s’en faire un autre, et il faut dire qu’on commence à se chauffer. On déboule dans les escaliers, on arrive devant le comico, judicieusement placé en face de travaux de voirie qui vont fournir l’essentiel des projectiles : après les carreaux de carrelage et les cailloux, on commence à se servir des étais comme de béliers, à balancer les barrières de chantier contre les vitres qui tombent les unes après les autres. Les éclats de joie de la foule répondent aux éclats de verre qui jonchent le trottoir. En face du comico, la cour du collège Georges Brassens est déserte et les ballons abandonnés semblent dire «ras le bol du foot à la récré, on préfère casser des commissariats !».

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Toujours pas de flics à l’horizon, mais plus de vitres intactes non plus, et les tags «Nique la police» et «Mort aux flics» synthétisent plutôt pas mal nos revendications, du coup on se tire par la rue d’Hautpoul. En partant, on voit trois pauvres fourgons se diriger vers le commissariat en nous évitant bien soigneusement. Ben ouais, on est 500, super chaudEs, et on a pas l’air d’avoir trop envie de se laisser faire.

Une fois sur l’avenue Jean Jaurès, quelques tags, «Sous les pavés, les flics», «En grève jusqu’à la retraite», «La retraite à 13 ans» sur un Pôle-Emploi. Ça gueule tout le temps plein de trucs, «Le travail on s’en fout, on veut plus bosser du tout !», clairement on a toutes les raisons d’être dans la rue, et on ne se prive pas de le dire. La vidéo est évidemment un prétexte, et seulEs peuvent s’indigner de cette violence ceux et celles qui n’ont jamais été confrontéEs aux flics, et qui ignorent donc combien ces violences sont systématiques quand on a affaire aux larbins en uniforme. Là on est ensemble, et l’énergie qui nous porte n’a plus grand chose à voir avec cet uppercut, mais plutôt on kiffe juste de pouvoir exprimer tout ce qu’on retient toute l’année : la rage contre les flics, et le bonheur de les voir se manger des pavasses.

Ça gueule «on va à gare du Nord !», «on va à gare de l’Est !», et tout un tas d’autres propositions, jusqu’à une qui semble ravir tout le monde : «Autoréduc ! Autoréduc !». Quand on voit au loin le logo Franprix, tout le monde comprend et c’est un véritable sprint jusqu’au magasin qui est envahi par des dizaines de personnes hilares qui se servent et ressortent en brandissant leur butin. Des œufs de Pâques en pagaille, des sandwiches et tout un tas d’autres trucs. Il va sans dire qu’à ce moment-là les quelques rabat-joie citoyens ont quitté la manif depuis un bon bout de temps, et c’est très plaisant de sentir combien cette action de pillage spontané égaye sincèrement tout le monde.

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On continue sur Jaurès, et rebelote une enseigne Franprix au loin. Même scénario, sprint, on tient le rideau de fer, on file des coups sur les vitres pendant que d’autres pillent ce qu’illes peuvent. Deux pauvres RG, talkies en main, nous suivent de loin, mais toujours aucun flic. Du coup on continue ! On est revenuEs à Stalingrad, et on suit la ligne 2 en direction de Barbès. En chemin on rencontre un type à la rue à qui on file un bon paquet de victuailles. Ça se prend en selfie devant le gars [sic, Ndt], sourires aux oreilles «vas-y, c’est cadeau ça vient du Franprix !». En arrivant à proximité des migrantEs qui dorment sous le métro aérien, ça gueule «So, so, so, solidarité, avec les réfugiéEs !», et on partage une autre part du butin du pillage. […]

On continue en direction de la Chapelle et on bifurque rue du Chateau-Landon aux cris de «On va au lycée Colbert !». On passe devant mais il n’y a personne dehors, à part une bonne masse de poubelles à roulettes, révoltées elles aussi, qui se décident à nous accompagner. On passe au-dessus des voies et là nos compagnonNEs poubelles décident de passer à l’action, une bonne partie, dont le conteneur à verre, se jettent à plat ventre en travers de la rue, tandis qu’une poignée de poubelles plus téméraires se jettent par-dessus les barrières sur les voies de la Gare de l’Est en criant «Bloquons tout !».

Ça repart vers Barbès, et c’est seulement là qu’on entend les premières sirènes, plus loin. Quelques camions, rien de bien impressionnant pour les quelques centaines de personnes qui restent. Mais on commence à être fatiguéEs, et on arrive dans un quartier où les cibles semblent moins nombreuses. Les anti-émeutes trottinent difficilement, du coup ça court un peu et on part tranquillement dans les rues transversales. Une trentaine de personnes ont finalement été nassées par les chtars et libérées une par une après fouille et contrôle d’identité.

En une matinée, on a pu, à 4 ou 500 personnes motivées, attaquer deux commissariats, piller deux Franprix, gueuler partout tout ce qu’on voulait, tenter de bloquer les voies de la gare de l’Est avec des poubelles, se tirer sans que personne se fasse arrêter, et tout ça sans arrêter de rigoler, de crier de joie et d’halluciner sur notre capacité à prendre de vitesse la police et tous les larbins qui les soutiennent (vigiles, citoyenNEs, etc.).

Quand on s’est séparéEs, c’était dans toutes les bouches : on remettra ça !

[Publié sur indymedia nantes, 28 mars 2016]

[Paris-Nantes-Lyon] La loi travaille

Après plusieurs jours aux mains des larbins en uniforme, en toge ou en blouse blanche, deux personnes arrêtées jeudi 24 mars à Paris autour de la manif, sont sortis de garde-à-vue. Accusées de « violences en réunion« , elles ne sont pas passées en comparution immédiate, mais ont été déferrées devant… un juge d’instruction, où elles ont été mises en examen. Par la suite, le JLD qui devait statuer sur leur incarcération préventive, a prononcé un contrôle judiciaire avec interdiction de participer à toute « manifestation publique de quelque nature que ce soit » durant toute la durée de l’instruction (qui peut durer jusqu’à un an). Un premier camarade est sorti dimanche 27 mars à 1h du matin, et le compagnon seulement dimanche en fin d’après-midi.

A Nantes suite à la manif du 17 mars, un manifestant de 19 ans, Gaël, avait pris 6 mois de prison ferme avec mandat de dépôt le lundi 21 mars pour « participation à un attroupement armé aggravé par la dissimulation du visage », « violences sur dépositaire de l’autorité publique sans ITT » et rébellion sur commissaire de police. A Lyon suite à la manifestation du 9 mars et aux affrontements place Bellecour, un manifestant de 22 ans avait pris 6 mois de prison ferme, et 1000 € de dommages et intérêts, mais sans mandat de dépôt, et un second du même âge 6 mois de prison avec sursis et 200 € à verser à quatre policiers. Le premier était accusé d’avoir jeté un BAC par terre, et le second de jets de projectiles et rébellion.

Mort aux keufs et vive l’anarchie !

[Publié sur indymedia nantes, 28 mars 2016]

[Zurich, Suisse] Expulsion empêchée

Traduit de l’allemand de ‘Dissonanz’ n°23 via Aus dem Herzen der Festung

Le secrétaire d’État à la migration (SEM) a ordonné l’expulsion d’une femme tchétchène et de son fils de 11 ans pour le lundi 14 mars 2016. La femme, qui a déjà assisté à la méthode employée par l’État suisse pour déporter vers Moscou ses trois filles majeures – qui sont désormais recherchées par les services secrets tchétchènes et dont leurs intégrités physiques et leurs vies sont menacées – a été retenue jusqu’à ce lundi dans un hôpital psychiatrique à Embrach (canton de Zurich). Son fils a également été retenu comme détenu dans un hôpital psychiatrique à Meilen (canton de Zurich) pour « enfants traumatisés » (sic!), pour être sûr qu’il ne puisse pas s’échapper jusqu’à son expulsion. Mais le plan du SEM, qui comptait se débarrasser à tout prix de ces deux personnes dans le délai imparti, a échoué.

Vu que le médecin responsable de l’hôpital a diagnostiqué la femme en question apte à « prendre l’avion » bien avant le lundi matin et a voulu la faire emmener à 9h (la femme menaçait depuis longtemps de se tuer en cas d’expulsion, et c’est pour cette raison qu’elle a été placée depuis pas mal de temps sous surveillance), les criminels en civil de l’État étaient déjà à pied d’œuvre chez le fils à 8h30. Peu de temps après, environ 60 personnes avec des banderoles remplissaient la zone autour de ce sinistre bâtiment de psychiatrie à Meilen. La seule voie d’accès avait été barricadée et, à l’entrée, la sœur de la mère tombait sur son neveu, qui l’entrelaçait de la même façon après quoi les deux ne se lâchaient plus.

Les flics, et aussi le personnel médical, se tenaient relativement en retrait, « Il y aurait ici des enfants traumatisés dans le bâtiment et on ne voudrait pas les effrayer » était une des nombreuses justifications humanitaires des flics et des responsables de l’hôpital. Oui, une expulsion douce et dans l’anonymat aurait certainement été préférable pour ces thérapeutes dégoûtants, « qui ne font que leur travail ». « Alors ça devient un vol spécial ma foi, et c’est pas non plus le mieux pour un enfant », n’est qu’une des nombreuses déclarations des travailleurs de la clinique, ce qui démontre leur idéologie détestable et de collabos. Pendant que devant la clinique à Embrach des personnes solidaires protestaient aussi contre l’expulsion de ces deux personnes et « occupaient » également le hall d’accueil, le temps s’écoulait et les vols de midi vers Moscou devenaient au fur et à mesure inaccessibles pour la machine à déporter. Plus tard, la pression a été exercée par téléphone sur le médecin responsable, jusqu’à ce que ce dernier décide de réexaminer la femme, à cause de la situation qui s’aggravaient encore plus à la clinique – et devinez quoi ? Inapte à prendre l’avion ! L’expulsion a été annulée – bien évidemment sous prétexte médical.

Ce qui va suivre désormais est une procédure nationale au cours de laquelle tout doit être encore une fois appliqué de façon bureaucratique et rejugé, qui dans ce cas pourrait durer plusieurs mois voire des années. Sans résistance, l’Etat suisse avec le médecin responsable de la clinique (les médecins ont toujours la possibilité de déclarer une personne inapte à prendre l’avion) auraient reconduit deux personnes à la frontière sans sourciller, sur lesquelles il est clairement évident que dans leur pays d’origine planent la menace de la torture, la prison et d’autres choses pire encore. La journée de lundi n’en finissait pas pour les flics en civil chargés d’expulser, qui se cachaient pendant tout ce temps dans l’hôpital de Meilen. Lorsque le groupe de 60 personnes se redirigeaient lentement en direction de la gare, ils ont finalement voulu finir le travail. Après qu’un flic ait annoncé de manière détendue qu’ils pouvaient maintenant y aller, un collègue a répliqué : « Non, nous ne pouvons pas y aller, nos pneus sont crevés et le pare-brise est tagué ».

Quelques notes critiques sur la « révolution au Rojava »

Rojava

Bonjour, voici quelques commentaires critiques sur la nature révolutionnaire du processus qui se déroule au Rojava, mais aussi sur les campagnes de solidarité qui me semblent inconditionnelles.

D’aucuns diront certainement que je suis « anti-Rojava » ou que je ne fais que nier l’existence d’une « Révolution au Rojava ». Loin s’en faut, je ne suis pas plus « anti-Rojava » que je suis effectivement anti-France ou anti-USA ou anti-tout-autre-Etat-Nation. Quant à la « Révolution au Rojava », j’en suis évidemment un éminent supporter tout comme pour la révolution au Moyen-Orient et partout ailleurs dans le monde. Je suis pour une révolution sociale mondiale, donc anticapitaliste, qui abolira la propriété privée, l’Etat, les classes sociales, les religions, etc.

Mon seul questionnement est le suivant : ce que d’aucuns appellent la « Révolution au Rojava » est-elle bien une révolution sociale ou, mieux dit, s’inscrit-elle bien dans une dynamique de destruction de l’ordre social présent (c’est-à-dire capitaliste) ? Ou au contraire ne s’agirait-il pas plutôt d’un processus d’instrumentalisation et d’encadrement par des institutions sociale-démocrates (donc bourgeoises), sous couvert de « libération sociale », d’un mouvement authentique de révolte contre la misère et la répression étatique, afin de mieux justifier leurs « luttes de libération nationale » ?

SECTION 1

J’ai toujours eu la naïveté de croire « les anarchistes » lorsqu’ils déclarent allègrement dégueuler « le travail, la justice et l’armée ». Or d’importants secteurs de « l’anarchisme » (officiel et même moins officiel) se déclarent être les farouches partisans de la « Révolution au Rojava », qui serait une « véritable révolution » selon « l’éminent » intellectuel David Graeber. Celle-ci est animée et dirigée par une série d’institutions comme par exemple des « assemblées populaires », des « cantons », des « communes », des « municipalités » qui globalement et fondamentalement n’empêchent pas (et n’ont historiquement en soi jamais empêché) la reproduction des mêmes rapports sociaux que ceux qui dominent à l’échelle de la planète.

En effet, l’exploitation au travail est effectivement réalisée au Rojava par le biais de « l’économie sociale » et de ses « coopératives » où le (la) prolétaire est toujours aussi solidement rivé(e) à « son » outil de travail, à « sa » machine, à « son » lieu de travail, aux exigences de rentabilité de « son » économie locale, cantonale et « libertaire », bref à « son » exploitation qui par la magie des mots parviendrait à « s’humaniser ». C’est toujours au nom du « réalisme » et du refus des critiques caricaturées comme étant « ultragauchistes » que le travail règne en maître absolu sur la région ; travail évidemment salarié, même si l’approvisionnement en papier monnaie, en étrons monétaires ou encore en valeurs sonnantes et trébuchantes n’est pas toujours assuré pleinement pour cause de guerre.

« Les anarchistes » ont toujours déclaré leur haine de l’Etat et de la Nation… Pourtant le Rojava dispose de toutes les caractéristiques d’un Etat, ou pour le moment d’un « proto »-Etat, puisqu’il y a bien des cours de justice, une « Constitution » (appelée « Contrat Social »), une armée (ainsi que des milices YPG/YPJ de plus en plus militarisées), une police (les Asayish) qui fait régner l’ordre social interne (avec également ses « unités spéciales antiterroristes » dont les Rambo n’ont rien à envier à leurs collègues assassins de corps équivalents comme les « SWAT » aux Etats-Unis d’Amérique, les « Spetsnaz » en Russie, les « GIPN » et « GIGN » en France, etc.). Quant à la nation, est-il bien nécessaire de rappeler le fondement nationaliste du « mouvement de libération kurde » ?

« Les anarchistes » ont toujours exprimé leur mépris envers le gouvernement, le parlementarisme et les élections… Mais le Rojava est dirigé par une infinité de parlements, qu’ils s’appellent « assemblées populaires », « conseils », « communes » ou « municipalités » importe peu si leur contenu pratique consiste toujours à gérer (encore une fois, à un niveau « plus humain » peut-être) le rapport social dominant au niveau planétaire (c’est-à-dire le capitalisme, même s’il est repeint en rouge ou en rouge et noir). Toutes ces structures s’organisent au niveau local d’une rue, d’un quartier, d’un village, d’une ville, d’une région et participent toutes du principe électoral. Enfin, au niveau supérieur décisionnel, les « cantons » possèdent leurs propres gouvernements ainsi que leurs ministères et les ministres y afférents dont par exemple « Monsieur le Premier Ministre du Canton de Cizere » n’est personne d’autre que le capitaliste le plus riche de Syrie avant le déclenchement du processus de lutte en mars 2011.

« Les anarchistes » prétendent être allergiques à tout concept de « parti » qu’ils réduisent aux partis politiques bourgeois, qu’ils se présentent aux élections ou non, voire même aux partis bolcheviks et léninistes. Mais soudainement, il y a des partis politiques qui comblent de joie ces mêmes « anarchistes » : il s’agit du PKK (« Parti des Travailleurs du Kurdistan ») en Turquie et du PYD (« Parti de l’Union Démocratique ») en Syrie. Ces partis, et encore plus le PYD que le PKK, développent une politique diplomatique tout ce qu’il y a de plus classiquement bourgeois, allant jusqu’à ouvrir des « bureaux » (des ambassades en quelque sorte) à Moscou et à Prague. Le PYD est même allé, lors d’une grande tournée européenne l’année dernière, jusqu’à « faire le tapin » au Palais de l’Elysée en février 2015, où certains de ses représentants les plus illustres ont été reçus par « Monsieur le Président » François Hollande en personne.

Mais enfin bref, je pourrais ainsi écrire des pages entières sur toutes ces élucubrations, ce qui importe le plus aujourd’hui, c’est que les masques tombent et que le visage hideux de cette « véritable révolution », dirigée et encadrée par une puissante machine de propagande, qui combine le « municipalisme libertaire », le marxisme-léninisme et le « national-libérationnisme », apparaisse enfin au grand jour. Je veux parler ici bien sûr des éternelles et inévitables alliances tactiques ou stratégiques qui caractérisent toutes les forces bourgeoises dans l’histoire et dans le monde.

SECTION 2

C’est fou comme les milieux gauchistes (« marxistes » et « anarchistes » confondus), qui soutiennent ad nauseam une « Révolution au Rojava », sont plutôt gênés aux entournures de voir leurs chouchous du PKK/PYD et leurs milices armées des YPG/YPJ collaborer directement avec les USA et maintenant la Russie, sans compter les offensives militaires dans la région d’Alep menées en étroite coopération avec l’armée syrienne (vous savez, cette armée dirigée par Bachar el-Assad, dit « le boucher de Damas » !!!). Eh oui, ça fait mal d’entendre çà, alors on préfère se boucher les oreilles et fermer les yeux.

Que crèvent tous les Etats capitalistes : que crève l’Etat turc avec sa répression féroce contre les populations insurgées du sud-est du pays et ailleurs, que crève l’Etat syrien et ses massacres, que crèvent les Etats des USA, de l’UE, des monarchies du Golfe, de la Russie et de l’Iran, et que crèvent aussi tous les Etats « progressistes » et gauchistes : Cuba, Venezuela, Bolivie ainsi que les « proto »-Etats comme le Rojava et Daech…

Tous ces Etats, tous les Etats s’entendent copains comme cochons avec plus ou moins de bonheur selon les circonstances géostratégiques et la défense de leurs intérêts nationaux et nationalistes particuliers, ils s’entendent sur le dos de la piétaille, c’est-à-dire nous tous, les exploités, les prolétaires, les véritables révolutionnaires.

Il ne faut pas s’étonner ou s’offusquer de ce que le PKK/PYD, les YPG/YPJ annoncent aujourd’hui ouvertement leur collaboration avec les USA, la Russie ou la Syrie. Hier ils ont collaboré déjà avec le Hezbollah, le régime syrien d’Assad-père : Ocalan et toute la direction du PKK avaient leurs quartiers à Damas avant que les alliances ne soient renversées vers 1998 !!! De la même façon, le PKK a signé des accords de paix avec la Turquie en 2013 (au moment de la révolte du parc de Gezi, au moment où il aurait été plus nécessaire d’emmerder les forces répressives turques, merci « camarades » du PKK pour votre solidarité de classe !), accords qui ont tenu jusqu’en 2015, non pas parce qu’ils auraient finalement été dénoncés par le PKK (soi-disant antiétatique) mais parce que ceux-ci ne correspondaient plus aux nécessités impérialistes turques…

Tout cela rappelle l’épisode des accords Molotov/Ribbentrop en août 1939 : l’Etat le plus fasciste du monde et le plus ouvertement anticommuniste (l’Allemagne nazie) signe un accord de paix avec le pays le plus antifasciste du monde et qui avait repeint sa façade à la couleur rouge du « communisme » (l’URSS stalinienne). Et devinez un peu qui a finalement rompu ces accords « contre nature » ? Les antifascistes ? Pas du tout ! Ce sont les fascistes qui ont attaqué en juin 1941 et qui par ce fait ont finalement libéré la « conscience » de tous ces pauvres « communistes » empêtrés dans leurs contradictions idéologiques…

AD NAUSEAM !!!

SECTION 3

Précisons enfin qu’il semble totalement invraisemblable que des organisations (PKK/PYD) qui se revendiquent d’une idéologie soi-disant antiétatique (le « confédéralisme démocratique ») puissent ainsi aussi allègrement signer des accords de paix (et s’en revendiquer) avec un Etat (la Turquie) que parallèlement ils dénoncent comme le pire oppresseur du « peuple kurde » et de son « droit à se constituer en nation ». Qui plus est, le « confédéralisme démocratique », même s’il prétend ne pas vouloir constituer un nouvel Etat, n’a fondamentalement rien d’antiétatique mais repose au contraire sur deux fondements éminemment étatiques : 1° la revendication de l’autonomie administrative de la zone de peuplement kurde au sein même de l’Etat dont il fait partie, ce qui signifie concrètement la reconnaissance de cet Etat (exemple : l’autonomie du Rojava au sein de la Syrie) ; 2° le regroupement des quatre entités autonomes kurdes (situées en Syrie, Turquie, Iraq et Iran) dans le cadre de ce qu’il faudra bien in fine appeler un Etat, une Nation…

AD NAUSEAM !!! (bis)

[Publié sur indymedia grenoble, 23 mars 2016]

[Bâle, Suisse] Blocage et sabotage du centre de rétention de ‘Bässlergut’ – 22 mars 2016

Bâle. Dans la matinée du mardi 22 mars 2016, une cinquantaine de personnes masquées, tenant une banderole disant « Stop Deportation » se sont rassemblées devant le centre de rétention et d’expulsion de ‘Bässlergut’, situé Freiburgerstrasse [1], dans le but d’empêcher l’expulsion prévue d’un migrant le matin même.

Les personnes solidaires ont pu échanger avec les retenus sans-papiers, et ont répondu aux cris de soutien de l’intérieur, qui disaient « Liberté, Liberté ! Directeur trou du cul ! ». Les flics ont fermé les rues environnantes et empêché toute manifestation à proximité de la prison.

En plus du blocage de l’entrée de la prison pendant une bonne partie de la matinée (de 9h à 12h00 environ), le fonctionnement du portail électrique a été saboté et la porte a été verrouillée avec chaînes et cadenas au moment où le groupe repartait au milieu des lancés de pétards et de fumigènes.

La presse dit que cette action aurait un lien avec l’occupation de la ‘Matthäuskirche’ (église St-Mathieu) fin février : 30 personnes avaient occupé cette église évangéliste réformée contre la politique migratoire de l’Etat suisse et en solidarité avec les migrants.

Presse et flics affirment qu’au moins 29 personnes ont été contrôlées dans le secteur du ‘Kleinbasel’ quelques temps après la dispersion. Personne n’a été arrêté.

[Repris de la presse et de renverse.ch]

Via Aus dem Herzen der Festung

NdCNE :

[1] C’est devant cette prison pour sans-papiers que des émeutes avaient eu lieu lors de la manif antimilitariste et no border « No Conex » en septembre dernier

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[Tract] Lettre de prolétaires aux autres concernant la « loi Travail » et ses inconséquences

arton4926-1aebbNous nous adressons ici aux exploités, mais à vrai dire nous nous foutons de votre classe sociale, de votre origine, de votre niveau d’étude atteint ou échoué. Mais nous nous adressons surtout à ceux et celles qui ont le malheur de bosser, qui y sont obligés par leur condition, qui ne touchent pas au RSA ou à la thune de papa toute leur vie.

Dans les tracts, dans les AG, dans les réunions, on nous dit aujourd’hui que l’objectif de ce mouvement en cours, c’est le retrait immédiat de la loi Travail. Certains, s’ils veulent « élargir » un peu le problème, demandent également le retrait de l’état d’urgence ou quelque chose d’autre. Passons sur l’humiliation qui va forcement avec cette mendicité sociale où on nous casse la gueule et où on répond par « s’il vous plaît monsieur… » La question que nous voudrions vous poser ici est autre. La question, c’est la suivante :

Est-ce que votre vie, en ce moment, en cette ère toujours pré-loi Travail, est chouette, autonome, belle, libre, pleine, joyeuse ? Le code du travail défend-il si bien vos aspirations individuelles et collectives, vous protège-t-il du patronat qui veut vous voler votre temps à son profit ? Défend-il bien, avec ses inspections et autres agents qui ne nous souhaitent, évidemment, que du bien, votre droit à brosser les chiottes, à servir les bobos dans un bar la nuit, à livrer des pizzas que vous ne pouvez pas vous payer et tant d’autres options qui devraient nous rendre pleins d’espoir ?

Pour quiconque travaille aujourd’hui dans un boulot de merde, il devrait être clair qu’il n’y a rien à défendre dans ce précieux code du travail. Toute la merde que nous promet la réforme – les heures supplémentaires, bosser la nuit plutôt que de faire l’amour, être foutu à la porte dès que ça convient mieux au patron – on le sait déjà, comme on sait que la menace, et non pas une inspection quelconque, est le seul moyen de gagner quoi que ce soit de l’autorité. Les seuls qui peuvent se tromper sur ce point, ce sont ceux et celles qui ne risquent pas de « tomber si bas » et les étudiants qui se pensent immunisés contre l’avenir de merde qui est réservé à certains d’entre eux.

Le code du travail, c’est le garant de l’exploitation. La loi Travail, c’est son intensification. Alors défendra-t-on l’exploitation contre son intensification ?

Non merci. Et c’est pour ça que nous vous proposons de relancer une autre étape de la lutte : la lutte contre le code du travail et le travail lui-même. Parce que contrairement aux syndicats, aux intellectuels, aux étudiants qui vivent de versements familiaux, nous, on n’a rien à défendre ici.

Nique le travail et ses défenseurs, les syndicats, et tous ceux qui nous proposent de défendre un présent de merde contre un avenir de merde.

Des prolos comme les autres.

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Publié sur non-fides

 

[Hambourg, Allemagne] Attaque de trois églises en solidarité avec Monica et Francisco – 20 mars 2016

Dans la nuit du 20 mars 2016, des inconnus ont profané trois églises avec des extincteurs remplis de peinture, des pierres et des frondes. En plus du vandalisme, des slogans tels que « Ni Dieu! Ni Etat! Ni Patriarcat! » et « solidarité avec Monica et Francisco« , accompagné d’un « (A) » ont été tagués. Dans les rues, des tracts étaient disponibles sur lesquels on pouvait lire « La religion signifie oppression. Contre toute domination! Solidarité avec Monica Caballero et Francisco Solar, anarchistes incarcéré-e-s en Espagne. »

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[Bruxelles, Belgique] Note critique sur la manif du 21 mars contre les expulsions et l’embourgeoisement des quartiers

Compte rendu de la manif ; Un toit pour toutes et tous.

On était une centaine ce lundi 21 mars à s’être rassemblé-e-s Porte de Namur (Bruxelles) pour manifester contre les expulsions et contre la gentrification.

Pas mal de trucs avaient été organisés ; banderoles et pancartes, des tracts avec des chants sans oublier la samba qui mettait l’ambiance entre les slogans gueulés. La manif est partie motivée au rythme de la samba, de chants et de slogans : « Brique par brique, murs par murs, démurons toutes les maisons ! – Solidarité avec les expulsé-e-s avec ou sans papiers…. ». L’ambiance était plutôt détendue et festive probablement due à l’absence de flics.

Arrivé-e-s devant la cabinet de la ministre du logement, rue Capitaine Crespel, nous avons pu lui gueuler notre rage, une belle porsche blanche garée devant s’est vue redécorée de peinture.
De nombreux tags ont fleuri dans la joie et la bonne humeur. La manif a ensuite continué sa route en direction de la place Flagey où il y a eu des prises de paroles avant la dispersion.

Même si il n’y a pas eu d’arrestation (en tous les cas pas à notre connaissance ), nous pensons qu’il est important d’aborder les quelques points fâcheux que nous avons pu remarquer dans la manifestation, non pas pour les condamner sans but, mais plutôt pour en discuter collectivement et
essayer à l’avenir d’y faire plus attention.

Notamment :

– Devant le cabinet rue Capitaine C, deux flics en civil se sont incrustés dans la manif, menaçant directement l’assemblée des manifestant-e-s 《d’arrêter de foutre le bordel sous peine d’arrêter tout le monde. Nous pensons qu’il aurait fallu les dégager, tout simplement en les encerclant collectivement en leur disant qu’ils n’étaient pas les bienvenus parmi nous.
– La présence d’appareils photos et de caméras a dérangé plus d’une personne dans le cortège, nous pourrions peut être à l’avenir penser à une façon de relier des images qui ne risquent pas de mettre en péril l’identité de certain.e.s participant.es.
Alors que plusieurs poubelles, parcmètres ont été incendiés, des gen(s)-tes présent(e)s dans le cortège ont cru bon de s’improviser flic/pompier et de les éteindre. Si ces gen(s)-tes nous lisent, sachez qu’on a pas besoin de pacificateur-ice-s.
– Pour conclure, nous avons pu constater à plusieurs reprises l’inattention collective.
C-à-d : nous pensons qu’en manif, il est important de faire attention les uns aux autres contre la répression, veiller les un.e.s sur les autres comme par exemple lorsqu’un.e ami.e est occupé.e, l’attendre pour être sur qu’il ou elle ne soit pas isolée et donc, vulnérable.

Que la Justice soit à la botte des riches et des puissant-e-s, que la justice institue la loi de la jungle, que l’état nous jette à la rue en pleine période de grand froid, que le gouvernement nous envoie ses chiens de garde pour nous tabasser démocratiquement, rien de cela ne nous étonne.

Marre de chialer auprès de ceux/celles qui nous pourrissent la vie, marre de demander des miettes à ceux/celles qui nous enferment, nous expulsent et nous en mettent plein la gueule.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons.

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Rappelons qu’il y a à Bruxelles plus de 15.000 logements vides pour 5.000 SDF . En Wallonie, la situation n’est guère meilleure, il y aurait plus de 30.000 logements vides pour 8.000 SDF. Pourtant, chaque année, des gens meurent de froid dans la rue. Des milliers d’autres gens vivent dans des taudis minuscules aux loyers élevés. Nombre de locataires consacrent la plus grande partie de leurs revenus à leur loyer, d’autres n’ont tout simplement plus la possibilité de le payer et se retrouvent face à des menaces d’expulsion ne pouvant faire qu’empirer leur situation.

[Publié sur indymedia bruxelles, 23 mars 2016]

[Discussion à « La Discordia »] 10 ans après le mouvement « anti-CPE »…

Nous avons réalisé à l’occasion d’un retour réflexif sur le mouvement dit « anti-CPE » à La Discordia un petit document sur le CPE, dix ans jour pour jour après ses journées les plus intenses et rebelles.

Voir la vidéo

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Au delà du plaisir quelque peu masturbatoire de « pornographie émeutière », il s’agit aussi de se souvenir, alors qu’un nouveau mouvement éclate en France, qu’il est possible de ravager la normalité de l’État et du Capital. Aux révolutionnaires maintenant d’empêcher tout retour à la normalité.

Cette vidéo fait suite à celle sur les émeutes de l’hiver 2005 en France.

Les vidéos sont ici.

On pourra les reprendre sans soucis de copyright ou quoi que ce soit de ce genre. Alors faites tourner !

 [Reçu par mail]