Category Archives: Publications

Pacification et révolte autour de « la journée de la femme ». Une réflexion anarchiste

Lorsque nous nous rendons compte de la nature autoritaire et patriarcale de la société actuelle nous voyons  les genres comme une imposition au travers desquels les individus sont obligés de reproduire des rôles au sein du réseau de la domination.

Bien entendu, cette société continue d’imposer à celles qui naissent « femmes » une position inférieure à ceux nés comme « hommes ». De là chaque 8 mars, pour la commémoration de « la journée de la femme », de nombreuses personnes, majoritairement des femmes, manifestent leur mécontentement face à une telle situation d’inégalité.

L’histoire la plus connue sur la commémoration du 8 mars fait référence aux faits qui se sont déroulés en 1908, où 146 ouvrières de l’usine de textile Cotton à New York sont mortes brûlées vives dans un incendie provoqué par les patrons, face au refus des ouvrières de mettre un terme à l’occupation de l’usine, pour lutter contre les bas salaires et les mauvaises conditions de travail dont elles soufraient.

Continue reading

Liste des entreprises qui participent à la construction de la prison de Luynes

« Pourquoi diffusons-nous ces adresses ?
Nous ne savons pas vraiment pourquoi, mais nous savons que les prisons ne se construisent pas toutes seules, et nous sommes sûrs que d’autres sauront en faire bon usage.
A bientôt sur leurs ruines. »

Maître d’ouvrage : APIJ (Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice)
30 rue du château des rentiers
75013 Paris
01.53.94.88.00 / …89.00

Continue reading

[Publications] Nous n’irons pas voter / Pour en finir avec l’illusion de la démocratie

[Deux affiches contre le cirque électoral à venir et cette société qu’il maintient et légitime, collées dans plusieurs villes en France]

Nous n’irons pas voter.

Nous ne voulons pas cautionner cet état de fait, nous ne voulons pas choisir le moins pire. Aucune envie de réussir dans cette société pourrie, ni de changer les règles d’un jeu que l’on sait truqué dans ses fondements. Nous voulons en finir avec un monde qui s’appuie sur l’autorité. Nous ne votons pas, notre choix est celui de la révolte. Par la parole, par la critique et l’analyse. Par les « petits » choix du quotidien. Par des actes destructeurs. Par des passions créatrices.

    Contre l’État, quelle que soit sa couleur. Parce que prisons, tribunaux, commissariats, casernes, écoles seront toujours là avec n’importe quel gouvernement.
    Contre le Capital, ses fausses promesses, ses marchandises anesthésiantes, ses illusions de bonheur matériel, sa misère et son exploitation bien réelles.
    Contre tout ordre moral, les lois dans nos têtes, l’acceptation fataliste de rester à la place qu’on nous assigne. Pauvre, femme, fou, travailleur exploité, étranger sans papiers, détenu : rien à foutre, Je serai moi-même, ce que je veux être.
    Contre toutes les religions, les appartenances identitaires, les nations et les communautés. Tous ceux qui me disent comment je dois vivre sont mes ennemis. Les paradis qu’ils nous promettent ne sont que des carcans pour notre vie – la seule qu’on a.
    Contre les hérauts d’un monde meilleur – le leur. Contre les leaders et porte-paroles auto-proclamés de l’insurrection et autres maîtres à penser d’une soi-disant révolution qui pue l’embrigadement et les tribunaux. Leurs lendemains ressemblent trop à aujourd’hui.

Continue reading

[Espagne] Affinité et solidarité contre le victimisme et l’autorité – Une lettre de Mónica Caballero et Francisco Solar

(Ces mots nous parviennent aujourd’hui 10 mars 2017 depuis la taule, avec le retard propre aux communications restrictives dans les centres d’extermination espagnols. Le 7 mars, les compagnon-nes ont finalement été expulsés au Chili, où ils ont été reçus avec force déploiement médiatique et menaces répressives. Mais finalement Mónica et Francisco sont dehors, leur dignité intacte)

*Affinité et solidarité contre le victimisme et l’autorité.*

Dans la lutte pour rompre avec l’ordre l’établi, nous cherchons et nous créons de nouvelles formes de relations en opposition avec l’imposition et l’autorité. Des formes qui nous font sentir à l’aise pour nous épanouir de manière autonome, proposer et mener des initiatives d’affrontement quotidien. En se sens, nous comprenons l’affinité comme la manière la plus adéquate de nous relationner entre anarchistes, non pas comme le fruit de slogans vides répétés à satiété, mais comme le résultat de pratiques et de visions partagées qui aident à créer des liens durables de compagnonnage et de fraternité allant au-delà de simples liens d’amitié.

La confiance et l’affection qu’offre le fait de sentir et de savoir que nous partageons des idées en rébellion permanente constituent le substrat et la force de l’affinité qui se fortifie et se développe dans un ensemble de pratiques antiautoritaires. Ces idées, pour leur part, sont inséparables de notre choix de vie, un choix qui renforce ce que nous pensons et se confirme par ce que nous faisons. C’est à travers ces relations que nous grandissons individuellement en ayant la possibilité incontestable d’agir sans entraves, ce qui empêche la création de comportements bureaucratiques et autoritaires, en coupant à la racine toute tentative de concentration de pouvoir.

Les critiques de cette position affirment qu’il est impossible de cette manière d’avoir quelque incidence sur la “réalité sociale” et que l’on fait de l’anarchisme une sorte de ghetto. Pour notre part, nous répondons que nous ne voyons pas l’anarchisme comme un parti politique se servant de toutes sortes de stratégies pour grossir quantitativement ses rangs dans le but d’obtenir une certaine hégémonie. Nous pensons que les moyens doivent nécessairement être cohérents avec les fins, et qu’il est donc contradictoire de prétendre à la libération totale par des moyens qui la restreignent. Pour nous, l’anarchisme n’est pas une réalisation, mais avant tout une tension dans laquelle l’initiative individuelle joue un rôle central.

Au cours de cette expérience d’enfermement qui touche à sa fin, nous avons vécu la naissance, le renforcement et la consolidation de relations d’affinité. Nos compagnon-ne-s ont donné du contenu au mot solidarité, nous remplissant ainsi de force et de fierté. En surmontant des difficultés aussi nombreuses que variées, nous avons ensemble pu construire des positions et des initiatives dont nous avons beaucoup appris. Quitte à nous répéter, c’est la volonté et la détermination de nos compagnon-ne-s qui ont détruit des murs, des barreaux et des kilomètres de distance, qui ont déjoué les pièges du pouvoir visant à l’isolement et à l’absence de communication. Nous avons essayé et nous pensons avoir réussi à établir une relation éloignée et contraire à tout comportement assistancialiste où le/la prisonnier-e serait vu-e comme « une pauvre victime du système, objet d’atroces injustices ». Le fait d’assumer qu’en tant qu’anarchistes, nous sommes en conflit permanent avec le pouvoir et que cela a des conséquences, a rendu possible la mise en pratique d’une solidarité active et combative avec un discours clair et sans ambigüités. L’idée–force “ni coupables, ni innocent-e-s, simplement anarchistes” a reflété et reflète notre position face à la taule et à la répression, aussi bien pour nous qui sommes à l’intérieur que pour les personnes solidaires ou réprimées dehors. Cela signifie une manière de vivre et d’être en prison liée à l’intransigeance, en même temps que cela ouvre d’innombrables chemins d’action pour les compagnon-ne-s dans la rue, des chemins qui tentent de détruire le pouvoir en n’entrant pas dans ses catégories et en s’opposant à sa logique prédatrice.

*Quand les coups reçus représentent une opportunité.*

La vague répressive qui s’est matérialisée avec les opérations Pandora et Piñata a représenté le coup le plus dur asséné à l’anarchisme sur ce territoire depuis les années 80. On a clairement essayé d’éliminer un secteur du mouvement anarchiste par la voie rapide, à travers le harcèlement, les poursuites judiciaires et la taule. Evidemment, l’ampleur de cette gifle de l’Etat a eu ses conséquences, il ne pouvait en être autrement. De nombreuses initiatives ont été retardées, des espaces ont été littéralement dévastés par la furie répressive, et la peur de se voir incriminé-e dans les fantasmes paranoïaques du pouvoir a généré un certain immobilisme qui commence petit à petit à être dépassé.

Pourtant, à notre avis, la théorie policière s’est montrée si grossière et inconsistante dans ces affaires, que ce coup représente une opportunité pour pointer les faiblesses de l’Etat qui utilise ses stratégies classiques d’enfermement et d’intimidation pour tenter de réduire et d’éliminer celles et ceux qu’il ne parvient pas à domestiquer. Parallèlement à cela, nous pensons que ces opérations sont intimement liées à la montée des mouvements citoyens et à leur incorporation dans les institutions ; la taule attend celles et ceux qui refusent de jouer le jeu démocratique. Ainsi, à l’heure d’aborder ce qu’ont signifié ces coups et de mettre en œuvre la solidarité, nous pensons qu’il est indispensable de comprendre que les mouvements citoyens transformés en partis politiques, en optant pour la voie institutionnelle, ne représentent en aucun cas un allié, mais qu’ils constituent bien plutôt un engrenage supplémentaire du pouvoir avec lequel nous n’avons rien à voir.

Comme cela a été dit en diverses occasions, par le biais des opérations Pandora et Piñata, l’Etat a essayé d’attaquer des idées et des pratiques qui lui sont radicalement opposées, la preuve en est qu’aucun-e des compagnon-ne-s inculpé-e-s n’est accusé-e d’actions concrètes [mais uniquement de délits associatifs]. Ce qui doit être puni, c’est une manière de vivre, un choix de lutte contre l’ordre établi et une activité antiautoritaire constante qui a, dans une plus ou moins grande mesure, influencé divers espaces et environnements. Continuer à emprunter les chemins de rupture signifie donc une petite victoire en démontrant que même si l’Etat nous montre son pire visage, il ne nous fait pas plier. Nous pensons ainsi que la solidarité avec les personnes en butte à la répression doit nécessairement être transgressive et offensive, loin de tout discours pessimiste et victimiste. L’utilisation de toute notre créativité, uniquement limitée par nos principes anarchistes, est fondamentale dans l’activité solidaire et pour que nous sortions renforcé-e-s de cette expérience. Dans la guerre contre la domination, toute action est nécessaire.

Enfin, nous voulons envoyer toute notre affection et notre force aux compagnon-ne-s emprisonné-e-s en Allemagne, accusé-e-s d’un braquage de banque et qui doivent affronter un dur procès pendant des mois. Il et elle sont constamment dans nos pensées et la fierté et la joie dont ils font preuve sont également les nôtres, du fait d’avoir la possibilité d’être vos compagnon-ne-s.

Aujourd’hui et toujours, une main tendue avec le/la compagnon-ne, et un poing fermé contre l’ennemi.
Mort à l’Etat et vive l’Anarchie.

Mónica Caballero S.
Francisco Solar D.

Prison de Villabona – Asturies
2 février 2017

[Traduit de l’espagnol de contrainfo par brèves du désordre, 10 Marzo 2017]

Contre l’A45 et la nouvelle prison, refusons les projets d’un monde plein de barreaux !

De manière générale les projets d’autoroute ou de prison sont considérés comme des évidences, et des « nécessités sociales », alors que leur apparition est relativement récente.
La « première autoroute » voit le jour en Italie en 1924 : elle doit permettre la circulation plus rapide des marchandises et favoriser le développement du capitalisme, mais aussi assurer à l’État une emprise sur les territoires..
La prison existe, en tant qu’institution matérielle et avec son idéologie, depuis le 19ème siècle, afin de faire peser encore plus fort la coercition du pouvoir sur les récalcitrant-e-s et ses opposant-e-s, et de contenir une partie des populations indésirables
Depuis, ces outils doivent sans cesse être développés, modernisés.
Dans la Loire, il s’agit d’une part de construire l’A45 entre Lyon et Saint Étienne, en parallèle à une voie rapide déjà existante et gratuite. D’autre part de construire une nouvelle maison d’arrêt qui compterait plus de 500 places pour remplacer celle de la Talaudière, et enfermer toujours plus. On nous prépare un avenir radieux !

Continue reading

[Publication] « La Fronde » : nouveau journal anarchiste de Montréal (Québec)

[Extrait du journal anarchiste montréalais « La Fronde », n°1 – Mars 2017]

Voir les articles en ligne sur le site « Montreal Contre-information »

Tue le flic dans ta tête

« La meilleure des polices ne porte pas l’uniforme »
– La rumeur, groupe de hip-hop français

La haine des flics ? Vous l’avez aussi ? Ils vous cassent les pieds, vous donne des tickets, vous harcèle, vous arrête, vous embarque, vous matraque, vous vaporise du poivre de cayenne, ou vous lance des lacrymos, vous tabasse, vous surveille, vous suivent, vous agresse, vous font chanter, vous menotte, vous jette en cage, vous crève un œil, vous terrorise?

Ils se sentent importants en se pavanant en uniforme à mettre leur nez dans les affaires de tout le monde. Ils représentent l’autorité de l’État. Ils détiennent le monopole de la violence légitime. Ils font respecter la loi et l’ordre, sous menace de te dérober ta vie et de te foutre en cage. Ils sont les chiens de garde du pouvoir.

Continue reading

[Publication] Balade sans emploi

À celles et ceux qui « rêvent d’éclater un type des assedics »

Ouais, tu parles d’une balade….J’aurais préféré les calanques ou une belle rando dans les montagnes de l’arrière-pays, fuir la ville au moins quelques heures. Après une heure et demi de marche pour aller jusqu’au fin fond du boulevard de la Valbarelle, dans une zone industrielle sordide, j’atterris dans une sorte de préfabriqué pour une heure d’entretien qui s’annonce mortel.

Le seul fait de convoquer des personnes dans ces parages sonne déjà comme une punition. Sur cent personnes convoquées là-bas, un tiers peut-être ne va pas se pointer à la convocation, ne serait-ce qu’à cause du trajet. Les conséquences en sont faciles à deviner..
Quitte à se lever tôt, à être au pied du mont Carpiagne à 9h30, ça donne envie de continuer la marche. Mais, sacredieu, non : il y a 450 euros à sauver. Un RSA.

Continue reading

[Publications] Ni photos, ni vidéos. Ne facilitons pas le travail des flics !

Ne filmons pas !

Car même si il se passe rien pour l’instant, on espère bien que ça va péter plus tard !
Car on risquerait de balancer un pote !
Car on ne prend pas part à l’action !
Car on accumule des preuves contre nous !
Car si on se fait soulever, on n’aura pas le temps de les effacer et de toute façon les flics retrouvent les vidéos même effacées !
Car si on veut répondre ou empêcher les violences des flics, allons-y,
Car ce n’est pas une reconnaissance éphémère et médiatique qui changera ce monde de merde, au contraire, elle entérine le spectacle.

Ne laissons pas l’ennemi décider de prendre ou d’utiliser nos images. Le hasard n’est jamais en notre faveur.

Laissons nos caméras à la maison.

[Fly trouvé à la manif de Barbès (Paris) le 15 février 2017]


Le moindre geste

Filmer des individus qui participent à des actions de rue est un acte au service du travail des flics et des juges.

Le problème du filmage n’est pas nouveau, mais il est encore illustré par la mise en ligne sur lundi.am d’une suite d’images signées DOC du réel et prises lors du rassemblement à Bobigny le samedi 11 février. Sur ces images, on voyait notamment des personnes (jeunes, très jeunes) donner des coups de pied contre les vitrines des abribus de la station et les casser. Cette vidéo a ensuite été supprimée du site, puis elle a été remplacée par une nouvelle, ce qui atteste sans doute que le problème s’est également posé aux yeux de l’équipe de lundi.am. Sur les plans en question, un visage avait été flouté, d’autres non. Mais, montrer un visage flouté, montrer un visage masqué, cela n’interdit pas d’identifier une silhouette, une forme de corps, un détail vestimentaire puis de les repérer sur d’autres images (la RATP par exemple) où le visage n’est pas flouté, ni masqué… Faut-il le rappeler, on arrête aujourd’hui encore des individus que l’on accuse d’avoir commis des actes au printemps dernier ! Et ce n’est pas fini… Le filmage du moindre geste de révolte sert objectivement le travail des flics et des juges. Celles et ceux qui s’y livrent (au titre d’auto-média, média indépendant, militant, …) refusent-elles et refusent-ils de le comprendre ? Maintenant que l’orage gronde à nouveau, je crois en tout cas qu’il faut les empêcher de nuire. La moindre des choses sera de leur enlever la caméra des mains et je m’y emploierai.

un manifestant présent, entre autres, à Bobigny le 11 février, à Barbès le 15 février et qui compte bien ne pas manquer les prochains rendez-vous…

[Texte publié le 28 février 2017 sur Paris-Luttes Info, puis soudainement dépublié le 1er mars par les mêmes…]

[Repris de Brèves du désordre, 1er mars 2017]

[Publication] Dans toutes les directions

A propos de frontières, de forteresses et de liberté

Le concept de frontière signifie généralement une séparation géographique délimitant un territoire étatique ou municipal par rapport à un autre. Parfois, ces zones sont délimitées à travers des « obstacles » naturels comme des rivières ou des montagnes, et dans d’autres occasions elles sont tracées à la règle de manière coloniale. Mais dans tous les cas, les frontières déterminent un territoire dominé et administré autoritairement et devant être protégé et défendu contre l’extérieur. Ainsi, la sécurisation des frontières avec des systèmes (murs, grilles, etc.) et du personnel (police, armée, etc.) de protection ne date pas des « derniers » mouvements migratoires déclenchés par la catastrophe planétaire. De la même manière, les guerres menées pour des conflits frontaliers et des visées de pouvoir territoriales font partie des horreurs trop connues de toute domination.
A l’intérieur même de toute frontière, d’autres méthodes de contrôle et de domination des humains rentrent en jeu, en apparence moins directement agressives, mais cela ne change rien au but permanent de maintien et de développement des rapports de pouvoir existants dans le cadre de la construction nationale.

Continue reading