Category Archives: Solidarité dans la révolte & l’attaque

[Leipzig, Allemagne] Double attaque incendiaire contre la gentrification

Chantier et pelleteuses incendiés

Dans la nuit du 4 au 5 mars 2017, nous avons cramé deux pelleteuses dédiées à la construction d’un parking sur un ancien petit parc situé Karl-Heine-Straße. Dans la nuit du 16 au 17 mars, nous avons causé un incendie plus important sur et dans un des bâtiments en construction au ‘Lindenauer Hafen’.

Nous avons assez souvent entendu que la gentrification est un processus compliqué sur lequel nous avons du mal à peser. Nous ne comprenons pas cela comme une justification pour rester en dehors de ce processus – De toute manière, peu importe les raisons pour lesquelles nous agissons, puisque nous faisons ce qui nous procure le plus de plaisir, à savoir détruire la propriété des gens qui se font des couilles en or grâce à la revalorisation des quartiers.

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[Marseille] Attaque solidaire avec la lutte contre l’oléoduc dans le Dakota du Nord (USA)

En « sioutien »

Des vitres et le distributeur de la BNP république ont été brisés en soutien à tous ceux qui se battent contre leur oléoduc dans le Dakota, et parce que ces connards le méritent pour tous les projets foireux dans lesquels ils trempent.

[Publié sur Marseille Infos autonomes, samedi 18 mars 2017]

[Grenoble] Journal intime d’un sauvage

fracassage de vitre en solidarité grenoble

cher journal ,

ce vendredi soir j’suis sorti triste de compter les jours qui passent.

et les choses qui changent pas assez,

comme j’étais en colère

j’ai éclater une première banque de 12 coups de marteau.
(j’ai été acclammé par un type bourré geulant vas y casse tout pendant que je m’attelais a la tache)

j’avais encore grave la rage.
du coup j’ai été peté une 2ème banques plus loin.
11coups de marteau.

(cette fois un autre type m’a demandé ce que je foutais j’me suis retourné et lui ai dit tu veux mourir toi bouffon ? – il est parti en courant)

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[Espagne] Affinité et solidarité contre le victimisme et l’autorité – Une lettre de Mónica Caballero et Francisco Solar

(Ces mots nous parviennent aujourd’hui 10 mars 2017 depuis la taule, avec le retard propre aux communications restrictives dans les centres d’extermination espagnols. Le 7 mars, les compagnon-nes ont finalement été expulsés au Chili, où ils ont été reçus avec force déploiement médiatique et menaces répressives. Mais finalement Mónica et Francisco sont dehors, leur dignité intacte)

*Affinité et solidarité contre le victimisme et l’autorité.*

Dans la lutte pour rompre avec l’ordre l’établi, nous cherchons et nous créons de nouvelles formes de relations en opposition avec l’imposition et l’autorité. Des formes qui nous font sentir à l’aise pour nous épanouir de manière autonome, proposer et mener des initiatives d’affrontement quotidien. En se sens, nous comprenons l’affinité comme la manière la plus adéquate de nous relationner entre anarchistes, non pas comme le fruit de slogans vides répétés à satiété, mais comme le résultat de pratiques et de visions partagées qui aident à créer des liens durables de compagnonnage et de fraternité allant au-delà de simples liens d’amitié.

La confiance et l’affection qu’offre le fait de sentir et de savoir que nous partageons des idées en rébellion permanente constituent le substrat et la force de l’affinité qui se fortifie et se développe dans un ensemble de pratiques antiautoritaires. Ces idées, pour leur part, sont inséparables de notre choix de vie, un choix qui renforce ce que nous pensons et se confirme par ce que nous faisons. C’est à travers ces relations que nous grandissons individuellement en ayant la possibilité incontestable d’agir sans entraves, ce qui empêche la création de comportements bureaucratiques et autoritaires, en coupant à la racine toute tentative de concentration de pouvoir.

Les critiques de cette position affirment qu’il est impossible de cette manière d’avoir quelque incidence sur la “réalité sociale” et que l’on fait de l’anarchisme une sorte de ghetto. Pour notre part, nous répondons que nous ne voyons pas l’anarchisme comme un parti politique se servant de toutes sortes de stratégies pour grossir quantitativement ses rangs dans le but d’obtenir une certaine hégémonie. Nous pensons que les moyens doivent nécessairement être cohérents avec les fins, et qu’il est donc contradictoire de prétendre à la libération totale par des moyens qui la restreignent. Pour nous, l’anarchisme n’est pas une réalisation, mais avant tout une tension dans laquelle l’initiative individuelle joue un rôle central.

Au cours de cette expérience d’enfermement qui touche à sa fin, nous avons vécu la naissance, le renforcement et la consolidation de relations d’affinité. Nos compagnon-ne-s ont donné du contenu au mot solidarité, nous remplissant ainsi de force et de fierté. En surmontant des difficultés aussi nombreuses que variées, nous avons ensemble pu construire des positions et des initiatives dont nous avons beaucoup appris. Quitte à nous répéter, c’est la volonté et la détermination de nos compagnon-ne-s qui ont détruit des murs, des barreaux et des kilomètres de distance, qui ont déjoué les pièges du pouvoir visant à l’isolement et à l’absence de communication. Nous avons essayé et nous pensons avoir réussi à établir une relation éloignée et contraire à tout comportement assistancialiste où le/la prisonnier-e serait vu-e comme « une pauvre victime du système, objet d’atroces injustices ». Le fait d’assumer qu’en tant qu’anarchistes, nous sommes en conflit permanent avec le pouvoir et que cela a des conséquences, a rendu possible la mise en pratique d’une solidarité active et combative avec un discours clair et sans ambigüités. L’idée–force “ni coupables, ni innocent-e-s, simplement anarchistes” a reflété et reflète notre position face à la taule et à la répression, aussi bien pour nous qui sommes à l’intérieur que pour les personnes solidaires ou réprimées dehors. Cela signifie une manière de vivre et d’être en prison liée à l’intransigeance, en même temps que cela ouvre d’innombrables chemins d’action pour les compagnon-ne-s dans la rue, des chemins qui tentent de détruire le pouvoir en n’entrant pas dans ses catégories et en s’opposant à sa logique prédatrice.

*Quand les coups reçus représentent une opportunité.*

La vague répressive qui s’est matérialisée avec les opérations Pandora et Piñata a représenté le coup le plus dur asséné à l’anarchisme sur ce territoire depuis les années 80. On a clairement essayé d’éliminer un secteur du mouvement anarchiste par la voie rapide, à travers le harcèlement, les poursuites judiciaires et la taule. Evidemment, l’ampleur de cette gifle de l’Etat a eu ses conséquences, il ne pouvait en être autrement. De nombreuses initiatives ont été retardées, des espaces ont été littéralement dévastés par la furie répressive, et la peur de se voir incriminé-e dans les fantasmes paranoïaques du pouvoir a généré un certain immobilisme qui commence petit à petit à être dépassé.

Pourtant, à notre avis, la théorie policière s’est montrée si grossière et inconsistante dans ces affaires, que ce coup représente une opportunité pour pointer les faiblesses de l’Etat qui utilise ses stratégies classiques d’enfermement et d’intimidation pour tenter de réduire et d’éliminer celles et ceux qu’il ne parvient pas à domestiquer. Parallèlement à cela, nous pensons que ces opérations sont intimement liées à la montée des mouvements citoyens et à leur incorporation dans les institutions ; la taule attend celles et ceux qui refusent de jouer le jeu démocratique. Ainsi, à l’heure d’aborder ce qu’ont signifié ces coups et de mettre en œuvre la solidarité, nous pensons qu’il est indispensable de comprendre que les mouvements citoyens transformés en partis politiques, en optant pour la voie institutionnelle, ne représentent en aucun cas un allié, mais qu’ils constituent bien plutôt un engrenage supplémentaire du pouvoir avec lequel nous n’avons rien à voir.

Comme cela a été dit en diverses occasions, par le biais des opérations Pandora et Piñata, l’Etat a essayé d’attaquer des idées et des pratiques qui lui sont radicalement opposées, la preuve en est qu’aucun-e des compagnon-ne-s inculpé-e-s n’est accusé-e d’actions concrètes [mais uniquement de délits associatifs]. Ce qui doit être puni, c’est une manière de vivre, un choix de lutte contre l’ordre établi et une activité antiautoritaire constante qui a, dans une plus ou moins grande mesure, influencé divers espaces et environnements. Continuer à emprunter les chemins de rupture signifie donc une petite victoire en démontrant que même si l’Etat nous montre son pire visage, il ne nous fait pas plier. Nous pensons ainsi que la solidarité avec les personnes en butte à la répression doit nécessairement être transgressive et offensive, loin de tout discours pessimiste et victimiste. L’utilisation de toute notre créativité, uniquement limitée par nos principes anarchistes, est fondamentale dans l’activité solidaire et pour que nous sortions renforcé-e-s de cette expérience. Dans la guerre contre la domination, toute action est nécessaire.

Enfin, nous voulons envoyer toute notre affection et notre force aux compagnon-ne-s emprisonné-e-s en Allemagne, accusé-e-s d’un braquage de banque et qui doivent affronter un dur procès pendant des mois. Il et elle sont constamment dans nos pensées et la fierté et la joie dont ils font preuve sont également les nôtres, du fait d’avoir la possibilité d’être vos compagnon-ne-s.

Aujourd’hui et toujours, une main tendue avec le/la compagnon-ne, et un poing fermé contre l’ennemi.
Mort à l’Etat et vive l’Anarchie.

Mónica Caballero S.
Francisco Solar D.

Prison de Villabona – Asturies
2 février 2017

[Traduit de l’espagnol de contrainfo par brèves du désordre, 10 Marzo 2017]

[Munich, Allemagne] Attaque solidaire avec les anarchistes en procès pour braquage à Aachen

Dans la nuit du jeudi 9 mars 2017, la caisse d’épargne municipale [die Stadtsparkasse] de l’Olympiadorf à Munich a été noyée sous une pluie de pierres et de peinture.

Amour et force aux anarchistes qui sont accusé.e.s de braquages de banque à Aachen!

[Traduit de l’allemand de linksunten indymedia par LCNE, 10. März 2017]

[Procès de Aachen, Allemagne] Appel international à des actions décentralisées en solidarité

17– 23 avril 2017 : appel international à des actions décentralisées en solidarité avec les compagnon-ne-s accusé-e-s de braquage de banque à Aachen

En 2015, une compagnonne d’Amsterdam a été arrêtée. Il lui était reproché d’avoir participé à un braquage en 2013 à Aachen. Après quelques mois passés en préventive et plusieurs semaines de procès, elle a finalement été relaxée et remise en liberté. On peut néanmoins partir du principe que le Parquet d’Aachen fera appel de cette relaxe.

En avril et juin 2016, deux autres compagnon-ne-s, cette fois de Barcelone, sont arrêté-e-s et mis-e-s en prison par l’Etat espagnol, accusé-e-s en Allemagne d’avoir participé à un autre braquage de banque. Les deux sont ensuite livré-e-s à l’Allemagne, où ils se trouvent depuis en prison préventive. Depuis janvier 2017, à Aachen se tient le procès à leur encontre, prévu pour durer jusqu’au 22 mai 2017.

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[Espagne] Quelques mots sur l’expulsion en cours des anarchistes Mónica et Francisco

Comme tout le monde a pu l’apprendre à travers la presse bourgeoise, la magistrature espagnole a donné son aval à l’expulsion de nos compagnons Mónica et Francisco le 30 janvier dernier. Cette expulsion n’a pas encore eu lieu, même si elle prenait effet immédiatement et devrait se produire d’ici peu. Cependant aucune date n’a encore été fixée.

Dès le jour de leur arrestation, le 13 novembre 2013, une procédure d’expulsion avait été ouverte à leur encontre afin de les déporter quelle que soit l’issue du procès judiciaire à l’Audiencia nacional (ils avaient été arrêté-e-s sous la loi antiterroriste), en cas de relaxe comme de condamnation.
Le procès s’est tenu du 7 au 9 mars 2016, et ils ont été condamnés à 12 ans de prison pour dommages terroristes, quoique relaxés pour l’accusation d’appartenance à une organisation terroriste. Ensuite, le tribunal suprême à abaissé cette condamnation à 4 ans et demi de prison. Selon la législation espagnole, pour les citoyens d’origine étrangère en situation irrégulière en Espagne, une peine de plus d’un an et moins de six ans peut être remplacée par l’expulsion. La peine étant en l’occurrence de 4 ans et demi (dont plus de trois déjà purgés, notamment en préventive) le parquet a requis l’expulsion, voulant se débarrasser de la patate chaude qu’est devenue cette affaire, en même temps que les compagnon-ne-s faisaient de leur côté eux aussi cette demande, puisqu’une fois expulsé-e-s au Chili ils devraient être remis en liberté. L’expulsion a donc été approuvée le 30 janvier dernier.

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[Gênes, Italie] Incendie de trois camionnettes de la machine expulser

« LADISA spa [entreprise de restauration collective] s’enrichit sur la peau des sans papiers en collaborant avec les centres de rétention (CIE). Gênes, la nuit du 16/02, 3 camionnettes de l’entreprise LADISA ont été incendiés contre le nouveau plan de rafles du Viminale [siège du ministère de l’Intérieur] et les accords Italie-Lybie et Italie-Nigéria pour les expulsions et les internements dans les camps des pays d’origine. Solidarité avec les anarchistes enfermés en AS2 [section de Hauté Sécurité où plusieurs compagnons sont incarcérés]. Vengeance pour les hommes et les femmes assassinés par les frontières. »

[Traduit de l’italien de informa-azione par cettesemaine, Sab, 25/02/2017 – 14:40]

[Paris] Arrestation d’une compagnonne pour la manif du 7 février

Lundi 20 février au petit matin les flics de la sûreté territoriale ont débarqué chez une compagnonne et l’ont arrêtée pour des dégradations commises (un DAB de la BNP) lors de la manifestation du 7 février à Ménilmontant en solidarité avec Théo, violé par la police.

Après avoir procédé à une perquisition de sa chambre (ils cherchaient des vêtements et autres objets pouvant « l’incriminer »), elle a été placée en garde-à-vue. Elle a ensuite été déférée au TGI de Paris afin de passer en comparution immédiate le lendemain. 
Même si pour d’autres délits cette pratique existait déjà, il est important de souligner que c’est en revanche nouveau (au moins à Paris…) que pour des actions politiques ou militantes, des personnes arrêtées plusieurs jours voire plusieurs semaines après les faits soient jugés en comparution immédiate.
Cela était déjà arrivé à Damien, arrêté en novembre [décembre, NdCNE] dernier pour des dégradations commises lors d’une manif’ sauvage au printemps dernier. D’habitude cette procédure est appliquée lorsqu’une personne est arrêtée en flagrant délit.

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[Berne, Suisse] Un vent de révolte souffle

Un vent de révolte souffle sur la capitale. Un bâtiment occupée à été évacué dans la journée du mercredi 22 février et un autre a reçu un avis d’expulsion pour ce jeudi midi. Autant de raisons qui ont poussé des personnes à sortir le soir du mercredi pour se lancer dans une courte émeute. D’autres manifestations sont prévues ce vendredi et samedi soir.

Ce mercredi matin une maison occupée depuis décembre 2016 à la Effingerstrasse et menacée d’évacuation depuis plusieurs semaines à été évacuée. L’évacuation a duré 7 heures, 19 personnes ont été arrêtées dans la maison (partiellement relachées le mercredi soir), une centaine d’agent-e-s de police accompagné-e-s d’un canon à eau ont été mobilisé-e-s et la moitié du quartier bouclé. Les personnes à l’intérieur se sont défendues avec des feux d’artifices et moultes barricades.

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