Archives par étiquette : émeutes

[International] Nouvelles d’opposition du mois de novembre

Voici un lien vers les Nouvelles d’opposition qu’on a trouvé pour le mois de novembre, si possible agrémentées de commentaires pour celles sur lesquelles nous possédons des éléments.

Avec entre autres :

-Pas mal de choses du côté du Mexique et de l’Afrique du Sud (comme d’habitude)
-de l’agitation en prison (grève de la faim d’un anarchiste turc et du condamné à mort américain Keith Lamar, plusieurs échauffourées dans l’Alabama, une émeute en Guinée…)
-un soulèvement au Togo
-toujours des émeutes et actions contre la police (Égypte, États-Unis, Zimbabwe)
-des mouvements violents contre des grands projets (Indonésie)
-des mouvement de migrants et contre les centres de rétention (Angleterre, Calais, Turin, ,Chypre, Macédoine, Australie)
-des mouvements paysans (Colombie, Grèce, Canada)
-des attaques ciblées (contre Syriza en Grèce, l’armée en Belgique)
-une grève générale doit on a très peu parlé à Mayotte
-d’autres grèves importantes (Grèce, aéronautique au Brésil)

[Reçu par mail]

[Grèce] Agitation anarchiste en marge des commémorations du 17 novembre

Résumé de l’émeute dans la nuit du 17 au 18 novembre 2015 à Athènes

1711-2Nouvelle journée [1] d’affrontements de rue dans la soirée du 17 novembre à Athènes. Après les commémorations annuelles de la révolte de 1973 contre le régime des colonels à cette période, et une fois la manifestation pacifiste terminée, plusieurs centaines de personnes cagoulées se sont affrontés avec les forces de l’ordre.

Bien que les flics aient réussi à limiter les expressions violentes dans le secteur d’Exarchia, ces affrontements ont duré quelques heures, de 20h jusqu’à l’aube du 18 novembre. Les émeutiers ont utilisé tout le matériel disponible pour attaquer les escadrons de la police anti-émeute et des groupes de civils qui avaient inondé les rues du centre: pierres, bâtons, molotovs, feux d’artifice, etc…

Parmi l’émeute, on note l’expropriation en masse d’un magasin de la chaîne de supermarché ‘Bazaar’, situé dans la rue Soultani, qui a fini complètement pillé et détruit.

A notre connaissance et après vérifications, les flics ont arrêté au moins six personnes, mais nous n’avons pas plus d’informations sur les poursuites à leur encontre.

LUTTE DE RUE CHAQUE JOUR ET PARTOUT!

LE DECEMBRE NOIR APPROCHE!

1711-1

Traduit de l’espagnol de contrainfo, 20 noviembre 2015

NdT:

[1] Le 12 décembre 2015 à Athènes, des émeutes ont éclaté en marge de la journée de grève générale. Avant le départ de la manif du matin, des compagnons cagoulés ont chassé un groupe de flics qui patrouillaient à pied près du musée dans la rue ‘Patision’: un uniforme a reçu des coups. Un peu plus tard, alors que la manif tournait en direction de la rue ‘Stadiou’, des compagnons remarquent qu’un supermarché de la chaîne ‘Bazaar’ n’est pas fermé, et ce malgré la grève générale. Très vite, les portes et vitres sont brisées, les portiques anti-vol à l’entrée sont  défoncés, et finalement, les responsables du magasin décident de baisser les stores. Un peu plus loin, une camionnette de la société de télécommunications ‘OTE’ est incendiée, tandis que le mobilier urbain (arrêts de bus, panneaux de signalisation…) le long de la rue ‘Stadiou’ est détruit par des enragés cagoulés. Des tags anarchistes jonchent également le parcours. Au carrefour de la rue ‘Stadiou’ et ‘Vasileos Georgiou’, les flics anti-émeute qui protégeaient l’hôtel de luxe ‘Gran Bretaña’ se font canarder de cocktails molotov. Même chose pour le Ministère de l’économie situé en bas de la ‘place Syntagma’. Devant le parlement, le drapeau grec est retiré puis brûlé un peu plus tard, (l’intervention de quelques merdes patriotes n’y changera rien).Rue Panepistimiou’, alors que la manif arrivait à sa fin, une attaque incendiaire vise la ‘Banque de Grèce’ et de nouveau quelques affrontements avec les flics éclatent. Il n’y a pas plus d’infos sur les manifestants blessés et/ou arrêtés.

1211-1 1211-2 1211-3 1211-4 1211-5 1211-6

[Calais] Contre les frontières et leurs gardiens, pas de trêve et pas d’appel au calme – 19 novembre 2015

Calais : un policier blessé la nuit dernière dans des heurts avec des migrants

La journée de mercredi a été très tendue à Calais entre les forces de l’ordre et les migrants qui cherchent à passer en Angleterre. La nuit dernière, un policier qui intervenait sur la zone industrielle Transmarck a été blessé par un projectile.

Une semaine après les violents heurts qui ont opposé migrants et forces de l’ordre autour de la « Jungle » de Calais, la situation a été de nouveau très tendue mercredi autour de la rocade portuaire qui conduit vers le terminal ferry pour l’Angleterre. « C’était une journée de fort trafic« , explique-t-on à la préfecture du Pas-de-Calais. « 200 à 300 migrants ont été maintenus en dehors par les forces de l’ordre qui ont essuyé des jets de projectiles. » Ces migrants ont voulu en vain tenter de monter dans des camions pour traverser la Manche. Mais le passage vers l’Angleterre est de plus en plus compliqué pour eux avec les grillages qui encerclent le port et la présence de 1200 forces mobiles.

« Pas de trêve »

Pendant la nuit, de nouveaux incidents se sont produits, cette fois dans la zone industrielle Transmarck entre l’A16 et la rocade portuaire. Trois équipages de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) sont intervenus vers 1h30 du matin après le signalement de la présence de 100 à 150 migrants sur l’aire de repos. Ils avaient des bâtons et tentaient là encore de pénétrer dans des camions.  A peine sorti de son véhicule, l’un des policiers a été atteint par un projectile au visage. Légèrement blessé, il a dû être conduit à l’hôpital. Selon Gilles Debove, des CRS sont ensuite intervenus pour repousser  les migrants jusque dans le campement de la « Jungle ». « Il n’y a pas de trêve« , s’énerve Gilles Debove du syndicat SGP Police FO. « Ça devient chaud bouillant alors que nos collègues ont déjà fort à faire après les attentats. Il n’y a pas d’appel au calme« .

Leur presse – france3 pas-de-calais, 19/11/2015

Toujours plus de flics pour protéger la frontière avec l’Angleterre:

Calais : un policier blessé lors d’affrontements avec des migrants

Un policier a été transporté à l’hôpital dans la nuit de mercredi à jeudi après avoir été blessé lors d’affrontements avec des migrants, dans la zone industrielle Transmarck, à proximité de l’A16. Il souffre d’un traumatisme crânien.

[…] Des représentants nationaux du syndicat de police Alliance étaient présents à Calais ce vendredi afin d’établir un bilan de la situation migratoire. Renaud Roussel, le secrétaire administratif départemental a apporté des précisions et réagi à cet incident : « C’est un collègue de la BAC qui en voulant sortir de sa voiture a reçu une pierre sur la tête. Il a eu une perte d’équilibre et des vertiges. » Il ajoute : « C’est toujours pareil : les migrants deviennent de plus en plus violents avec les policiers car c’est de plus en plus difficile de passer en Angleterre. » Alliance attend la prochaine arrivée d’une vingtaine de policiers au commissariat de Calais dont cinq officiers de la police judiciaire. « Nous demandons une trentaine d’effectifs pérennes à la police aux frontières notamment au service judiciaire. Car actuellement on déshabille un service pour en rhabiller un autre. » On compte 1 125 policiers à Calais.

Leur presse – lavoixdunord, 19/11/2015

Perquisitions et arrestations en Italie et en Grèce suite à la manif émeutière « No Expo » du 1er mai 2015 à Milan

Italie/Grèce : Arrestations suite à la manif émeutière du 1er mai 2015 à Milan

8Le matin du 12 novembre a eu lieu une opération répressive pour les faits du 1er mai (manif No Expo à Milan). Pour l’instant il est difficile d’en tirer un bilan complet, étant donné la présence de plusieurs enquêtes et le fait que l’opération a aussi eu lieu à l’étranger.

Il y a eu plusieurs perquisitions dans des habitations, 5 arrestations, dont 4 à Milan (et une qui n’a pas réussi : l’inculpé n’a pas été trouvé), 5 arrestations en Grèce et 3 personnes inculpées mais pas incarcérées. Les accusations sont « dévastation » et « pillage », « résistance aggravée à agent de police » et « dissimulation du visage ».

Les enquêtes, menées par la Digos [police politique italienne ; NdT], ont exploité des vidéos et des traces ADN : les flics sont donc en train d’essayer de prélever des échantillons d’ADN aux arrêtés de ce matin. Pour les arrestations à l’étranger on suppose qu’il y a eu la collaboration de l’agence répressive européenne Eurojust.


Mise à jour :

Les arrêtés sont à la prison de San Vittore (Milan).

Pour leur écrire :

Alessio Dell’Acqua
Niccolò Ripani
Edoardo Algardi
Andrea Casieri

C.C. San Vittore
Piazza Filangieri, 2
20123 Milano

Les compagnons arrêtés en Grèce sont sortis avec l’obligation de pointer au commissariat 3 fois par semaine.

[Traduit de l’italien par non-fides de Informa-azione.]

NdCNE:

[1] Quelques textes autour de l’émeute du 1er mai 2015 à Milan contre l’exposition universelle et son monde:

 

[Calais & Dunkerque] Face au tri et au harcèlement policier, les migrants rendent les coups ! [Mise-jour, 11/11/2015]

Migrants et policiers sous tension à Calais

Des heurts entre migrants et forces de l’ordre se sont produits pendant une heure environ, pour la 3e nuit consécutive , autour du camp de la « Jungle » à Calais. Le dispositif policier réorganisé pour protéger les riverains du bidonville n’a pas suffi à les prévenir.

Après un face-à-face tendu à partir de 22h30 entre les protagonistes, les forces de sécurité, séparées d’une trentaine de mètres seulement des manifestants, ont fait usage de grenades lacrymogènes pour tenter de disperser de petits groupes de migrants qui leur jetaient des projectiles et proféraient des insultes.

Les CRS ont ensuite utilisé brièvement un canon à eau pour éteindre un feu allumé par des manifestants à l’aide de palettes en bois, selon une équipe de l’AFP sur place. Des grenades lacrymogènes ont continué d’être tirées ensuite, jusqu’au retour à un calme précaire après 23h30. […]

Leur presse – ATS, 11.11.2015 – 02:33

**************************************************************************************

Calais : nouveaux heurts entre migrants et policiers

La nuit a une nouvelle fois été agitée à Calais entre migrants et policiers. Les heurts continuaient ce mardi matin.

Comme la nuit précédente, les violences ont commencé en milieu de nuit. Au même endroit : route de Gravelines, près de la Jungle. Environ 250 migrants ont de nouveau jeté des pierres sur les policiers. Selon la préfecture, ils ont tenté de ralentir le trafic sur la rocade portuaire en posant divers objets sur la chaussée. « Environ 200 migrants ont essayé de prendre d’assaut la rocade, explique Gilles Debove, responsable du syndicat SGP Police-Force ouvrière dans le Calaisis. Ils continuent ce mardi matin ».

Les forces de l’ordre étaient donc toujours sur place ce mardi matin à 9h. En tout 300 grenades lacrymogènes ont tirés par les CRS. 11 policiers ont été légèrement blessés, comme la nuit précédente. Les policiers ont dû repousser à plusieurs reprises les migrants de la rocade. Des poids lourds ont également été bloqués sur la rocade et caillassés. Ce mardi matin, une cinquantaine de migrants bloquaient encore des véhicules rue Marcel Doret, à proximité de la rocade portuaire.

que crève l'économie

Un camion de transport de marchandises après les caillassages

L’accès au port sur l’A16 a été fermé dans la nuit. « Ce qui se passe est insoutenable », s’énerve Jean-Marc Puissesseau, le président du Port de Calais. « Nous n’avons plus affaire à des gentils migrants mais à des casseurs. Les agressions contre les chauffeurs routiers sont intolérables, car ce sont nos clients. Des camions sont agressés à coups de barre de fer. Si ça dégénère en guérilla, c’est la renommée et le chiffre d’affaires du port de Calais qui sont mis en cause. C’est une grande colère qui va monter. J’ai décidé de monter un dossier avec les photos de dégâts que je vais transmettre à la préfecture et au ministère pour que des mesures sévères soient prises à leur encontre ».

Des larbins du capital et de l’Etat, france3 pas-de-calais – 10/09/2015 à 10h13

*******************************************************************************************

Calais : 16 policiers blessés dans des affrontements avec des migrants

Des heurts entre migrants et forces de l’ordre ont éclaté à proximité de la « jungle », dans la nuit de dimanche à lundi.

Seize policiers ont été blessés dans des affrontements avec des migrants à proximité de la « jungle » de Calais (Pas-de-Calais), dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 novembre. « Vers 23 heures, plusieurs groupes de migrants, jusqu’à 200 personnes, ont tenté de ralentir, voire de bloquer le trafic sur la rocade portuaire de Calais« , a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais, lundi.

« Ces tentatives se sont poursuivies jusqu’à 1 heure du matin, nécessitant l’adaptation d’un dispositif de sécurité, avec des migrants qui ont jeté divers objets sur la rocade« , a ajouté la préfecture.

La police est « inquiète »

Les policiers ont été légèrement blessés par des jets de pierres, auxquels ils ont répliqué en utilisant « presque 300 grenades » lacrymogènes. Le calme est finalement revenu vers 1 heure du matin.

« C’est la première fois que c’est aussi violent et qu’on a malheureusement autant de collègues blessés, a réagi Gilles Debove, responsable du syndicat SGP Police-Force ouvrière dans le Calaisis. On est inquiets. Si un jour on a une révolte au sein du camp, ça va être la folie. »

La « jungle » de Calais accueille environ 6 000 migrants, venus essentiellement d’Afrique de l’Est, du Moyen-Orient et d’Afghanistan. Il leur est devenu extrêmement difficile de rejoindre l’Angleterre en passant par le site Eurotunnel ou par le port, à la suite d’importants travaux de sécurisation.

Les sous-fifres de la police – francetv.info, 09/11/2015

**********************************************************************************************

Téteghem (Dunkerque) : échauffourées ce jeudi matin entre migrants et forces de l’ordre

Ce jeudi matin, comme très régulièrement, les forces de l’ordre sont venues au camp de migrants de Téteghem afin d’effectuer une opération de comptage tout en enlevant les tentes installées de façon sauvage. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pierres. Un gendarme a été blessé et transporté au centre hospitalier de Dunkerque.

Des heurts violents se sont produits ce matin vers 9 heures devant le camp de migrants de Téteghem. Un gendarme mobile a été blessé par un jet de pierre et transporté au CHD par les pompiers de Dunkerque. Présents sur le bord de la route, en jetant des cailloux, certains migrants ont également endommagé des véhicules de particuliers qui passaient route de la 32e DI, ainsi que des voitures de la police.

Afin de sécuriser les lieux, les forces de l’ordre ont décidé de fermer cet axe et de faire appel à des renforts. Le dispositif a été levé à 11 h, les migrants s’étant retranchés dans la « jungle ».

Les échauffourées ont débuté alors que les forces de l’ordre effectuaient une opération de comptage, en présence du sous-préfet de Dunkerque. Dans le même temps, les gendarmes enlevaient quelques tentes, pour limiter les installations sauvages et stabiliser le nombre de migrants dans cette « jungle », comme le souhaite le marie de Téteghem, Franck Dhersin.

Leur presse – Voix du Nord, 29/10/2015 à 16:08

****************************************************************************************

[…] Les syndicats rapportent des affrontements désormais réguliers, la nuit, avec des migrants « qui testent le dispositif policier ». La semaine dernière déjà, des affrontements ont eu lieu entre les agents postés sur la rocade, qui ont tiré des gaz lacrymogènes, et des personnes se trouvant dans la « jungle » lançant des cailloux vers les agents. Ces images, qui selon leur descriptions aurait été filmée le 2 novembre, sont visibles sur le site d’information Révolution permanente (qui se revendique du courant communiste révolutionnaire du NPA).

Environ 6 000 migrants se trouvent actuellement dans la « jungle » de Calais, le camp toléré par l’État installé aux abords du centre d’accueil de jour Jules-Ferry. Des travaux pour l’installation du campement humanitaire de 1 500 places, annoncé par Manuel Valls le 31 août ont débuté début novembre, ainsi que l’augmentation de la capacité d’accueil des femmes et les enfants. Les départs de migrants à destination de centres dans d’autres régions de France ont également débuté, dans le cadre du dispositif annoncé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Près de 1 000 migrants auraient déjà été éloignés de Calais.

Il y a actuellement 1 125 membres des forces de l’ordre mobilisés à Calais pour gérer la pression migratoire et assurer la sécurité des installations du tunnel sous la Manche. la maire de Calais Natacha Bouchart avait manifesté son souhait de voir l’armée intervenir pour « surveiller » sa ville. […]

Leur presse – la voix du nord, 09/11/2015

******************************************************************************************

Quelques infos pour une solidarité pratique avec les migrants en révolte:

Le 21 octobre, le ministre de l’intérieur s’est déplacé à Calais, accompagné de dizaines de journalistes. Il a confirmé l’annonce de la construction d’un nouveau camp gouvernemental, d’une capacité de 1500 places. À partir du 2 novembre, c’est un camp de 74 containers, entouré de palissades (dont on se sait pas encore si elles seront surmontées de barbelés) qui verra le jour, en plein milieu de l’actuelle jungle où plusieurs milliers de personnes vivent dans des conditions difficiles. Il sera géré par l’association La Vie Active, association locale qui tire grand profit de la situation à Calais puisqu’elle gère déjà le centre d’accueil de jour ‘Jules Ferry’ [Celle-ci est présente partout dans le nord de la France, y compris en région parisienne. A noter qu’elle n’est pas la seule à faire ce sale travail: parmi ces collabos, on peut évoquer ‘L’auberge des migrants, France Terre d’Asile, Flandres Terre Solidaire, OFII (Office français pour l’Immigration et l’Intégration), SALAM, Centre Hospitalier de Calais ». Autant de collabos à portée de tou-te-s, NdCNE]. 400 personnes vont être virées de leur place d’ici quelques jours pour faire place à ce camp, véritable prison comme il s’en érige partout en Europe actuellement, lieu de stockage, de tri et de gestion des migrant-es.

Lors de cette visite, le ministre a également annoncé l’arrivée de 460 flics supplémentaires à Calais. Ces renforts, portant a plus de 1000 le nombre de flics sur place, vont servir à renforcer encore plus la sécurité des abords du tunnel sous la Manche pour empêcher les migrant-es de passer en Angleterre. Cazeneuve se vante dans les médias que depuis le 25 octobre, plus aucun-e migrant-e ne passe en Angleterre. L’augmentation des infrastructures de surveillance et de sécurisation du port et du tunnel sous la Manche et la présence de plus en plus nombreuse de flics et de vigiles, pousse les migrant-es a prendre de plus en plus de risques pour tenter le passage de la frontière. Résultat, depuis le début de l’année 2015 le nombre de mort-es et de blessé-es a augmenté en flèche.

[Repris de sanspapiersnifrontières, 4 novembre 2015]

[Bruxelles, Belgique] Emeute lors de « la grande messe » contre l’austérité – 7 octobre 2015

07102015bxlDes dizaines de milliers de manifestants ont défilé ce mercredi à Bruxelles. Alors que le cortège arrivait vers 13 heures à hauteur de la gare du Midi, où les dirigeants syndicaux devaient prendre la parole, la tension est devenue très vive dans certaines artères de ce quartier. Environ 200 individus, dont le visage était masqué par des cagoules, s’en sont pris au mobilier urbain et ont jeté des pavés. La police a répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes et d’autopompes.

Au bout de quelques minutes, deux cordons de policiers ont pu encadrer les fauteurs de troubles et les ont dispersés à hauteur de la Grande Roue. Ces incidents ont été provoqués par quelques dizaines de personnes, des jeunes pour la plupart. Selon nos journalistes sur place, la police était préparée et a repris le contrôle de la situation vers 14h30. Elle a procédé à 25 arrestations judiciaires pour vandalisme, coups et blessures envers des policiers et rébellion [La presse flamande « De Morgen » » parle de 28 arrestations à l’issue de cette manif, NdCNE]. Ces personnes ont été déférées au parquet pour audition.

Il semble qu’au moins un membre des forces de l’ordre ait été blessé à la tête.

Un flic en civil qui n'en sort pas indemne....

Un flic en civil qui n’en sort pas indemne….

La gare de Bruxelles-Midi n’a temporairement plus été desservie par la Stib. Des débordements similaires étaient survenus au même endroit lors de la précédente manifestation nationale, le 6 novembre 2014 [Cf en fin d’article, NdCNE].

Vers 15h30, la grande majorité des manifestants a quitté les lieux.

Les syndicats estiment à 100 000 le nombre de manifestants présents, alors que la police parle de 80 000 participants.

Plus tôt dans la matinée, sur le boulevard du Jardin Botanique, entre 150 et 200 dockers des ports de Gand et d’Anvers ont tenté de rejoindre la rue royale, où ils ont été repoussés par les forces de l’ordre. Par ailleurs, nos journalistes sur place ont aperçu un groupe d’une dizaine de personnes qui étaient présents dans le cortège encagoulés et visages masqués. Des agriculteurs accompagnés de leurs tracteurs participaient au cortège. […]

Certains manifestants ont maculé au passage la façade du siège du Parti socialiste.

CQtbGHBWoAAu7w-

Des vitres de l’hôtel Hilton Grand Place ont volé en éclats.

CQtedeKWwAAvkAB

De l’intérieur de l’hôtel de bourges

Leur presse – RTBF, 07/10/2015

*******************************************************************

07102015bxl2[…] A l’arrivée du cortège près de la gare du Midi, des affrontements ont éclaté avec un groupe d’obédience anarchiste qui s’était infiltré dans la manifestation, selon la police.

Des membres de ce groupe ont lancé des projectiles sur la police, imités par quelques manifestants. Les policiers ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

Au total, la police a recensé quatre blessés dans ses rangs, et huit chez les manifestants. Elle a procédé au total à 17 arrestations, selon un communiqué.

Le mouvement de protestation sociale ne s’arrêtera pas là. Vendredi est prévue une grève nationale dans les chemins de fer [En lire davantage sur cette journée de grève des cheminots du 9 octobre dernier, qui fut plutôt offensive, NdCNE]. […]

Leur presse – lalibre.be, 07/10/2015 à 19h15

******************************************************************

112 – Lors des émeutes le 6 novembre 2014 à Bruxelles suite à une manifestation massive contre le nouveau gouvernement, 112 policiers ont été blessés, presque tous des effectifs des différentes zones de police de Bruxelles. Plusieurs bâtiments, commerces et bureaux ont été dégradés, 11 véhicules (dont une moto de police) ont été brûlés. 112, c’est alors devenu le chiffre de la colère, le chiffre de la vengeance pour toutes les personnes tabassées, enfermées, torturées et tuées par les flics, le chiffre de la rage contre le serrage de vis général.

Bruxelles

Tiré de Hors-Service

[Belgique] Le JOC face à la révolte incontrôlable

Juin 2012. Suite à la répression brutale d’une manifestation anti-fasciste, un rassemblement solidaire devant le Palais de Justice part en manifestation sauvage. Arrivés dans le quartier européen, des manifestants commencent à péter quelques vitres de véhicules appartenant à un fonctionnaire de l’OTAN. Encore avant qu’il y a eu la moindre réaction de la part des forces de l’ordre, des petits chefs de la JOC (mais pas seulement) décident de mettre fin à la manifestation, se scindant des « casseurs ». A une rue de là, ils appellent tout le monde à venir dans un petit parc pour « discuter ». Cependant, l’entrée au parc est interdite à un nombre de manifestants jugés « indésirables ». Quoi qu’il n’y a eu aucune arrestation, le but était clairement de livrer des « éléments incontrôlables » aux flics.

Mars 2013. Nouvelle « manifestation contre les violences policières ». La manif part du centre-ville de Bruxelles et va longer le quartier de Molenbeek. Pas mal de jeunes du quartier rejoignent le cortège. Il n’a pas fallu plus que deux rues avant que le service d’ordre de la manifestation, organisé notamment par les JOC (mais pas seulement), commence à s’en prendre aux enfants qui jettent des boules de neige vers les flics. Quand des manifestants s’interposent, ils se font traiter de « fascistes », de « provocateurs » et de « flics infiltrés » par le service d’ordre. Quand la manif arrive à la hauteur de la Bourse, une centaine de personnes (dont des gens habillés en noir, le cauchemar des partis et des petits chefs, et nombreux jeunes du quartier Anneesens et de Molenbeek, l’autre cauchemar de ceux qui ont horreur d’« éléments incontrôlables ») attaquent une patrouille de police et défoncent quelques flics en civil. Le valeureux service d’ordre, qui devait protéger la manifestation contre des « agressions fascistes », forme un cordon afin d’empêcher les gens de rejoindre à nouveau la Bourse. Comme ils sont alors logiquement pris pour des flics, ils seront passés à tabac par des groupes de jeunes. Dans son communiqué triomphant, le JOC ne mentionne aucun de ces incidents.

Novembre 2014. Affrontements importants lors de la manifestation contre le gouvernement. Le JOC retient de cette journée avant tout la présence de quelques nazillons le long du cortège. C’était sans doute un peu trop compliqué de qualifier les milliers d’émeutiers comme des « fascistes » ou des « provocateurs ».

Mars 2015. Encore une « manifestation contre les violences policières ». Quand la manif traverse les rues de Molenbeek, nombreuses personnes du quartier se joignent au cortège. Si le JOC avait espéré d’agréger que des moutons qui suivent leurs directives, et cela malgré leur coordination étroite avec les services de police, des incidents éclatent : flics en civil pris à partie, patrouille caillassé, un bar de bobos perd ses vitres. Les services d’ordre du JOC, habillés en noir et masqués pour l’occasion, forment des cordons, cherchent à cacher les dégâts pour les caméras des journalistes et se font de nouveau taper par des manifestants.

Octobre 2015. Nouvelle manifestation nationale contre le gouvernement. Cette fois-ci, le JOC est déterminé à s’interposer au moindre incident. Quand la manifestation arrive à la hauteur du Tour de Finances, un groupe de manifestants veut se diriger vers la rue Royale. Avant de se heurter aux lignes de flics, quelques chefs du JOC s’interposent, tentant de convaincre les manifestants de rester dans les rangs. Ils se prennent des claques. Dans un communiqué, le JOC précise qu’il s’agissait d’ « éléments d’extrême droite » infiltrés parmi les dockers d’Anvers (ce qui, selon eux, est une évidence bien connue) et qui leur en voulaient pour leurs campagnes antiracistes (qui, sans aucun doute ni mégalomanie, ont des échos importants dans le port d’Anvers).

Ces quelques éléments pourraient sans doute être complétés, voir nuancés. Ils ne sont probablement et malheureusement pas exhaustives. Et on s’attend déjà à un communiqué fulgurant de leur part pour démentir et qualifier les auteurs de ce petit rappel de « fascistes ». Mais ce n’est pas tellement la question. A notre avis, celui qui travaille ensemble avec les flics, se range immédiatement du côté de l’ordre dès que les choses commencent à échapper à leur contrôle et qualifie tous les autres comme des « fascistes » ou des « provocateurs », n’est qu’un minable politicien. Et on a toujours pensé que cela ne sert à rien d’essayer d’avoir un dialogue avec des politiciens, et pas non plus quand ils endossent les habits de « militants ». Il ne peut qu’y avoir le conflit, tout comme on est en conflit permanent avec l’État, le capital, ses défenseurs et ses serviteurs.

Par contre, ce texte a quand même l’intention d’ouvrir un espace de dialogue. Pas avec les chefs de la JOC, mais entre les rebelles qui se sont heurtés à leurs services d’ordre et leurs manipulations, entre ceux qui ont, dans le passé et dans le présent, collaboré avec le JOC dans l’espoir de renforcer l’offensive libertaire et la lutte sociale, entre ceux qui pensent qu’une perspective révolutionnaire n’est pas l’affaire de partis et de chefs. A ceux-là, ce texte s’adresse comme un appel à la réflexion et à des expressions claires. Il est temps de sortir du marasme que le JOC tente de créer à Bruxelles (et ailleurs peut-être). Les chemins de la lutte auto-organisée, autonome et directe sont nombreux et variés, mais ils ne peuvent plus se croiser avec ceux de ces pompiers de la pire espèce. Sinon, ils perdent leur signification et leur contenu révolutionnaires.

Que le combat contre les fascistes est également le nôtre, cela est clair. Mais notre antifascisme n’est pas celui de la JOC. Notre combat contre la torture policière et la police n’est pas celui de la JOC. Nous luttons contre les fascistes et les flics parce qu’ils font parti de l’État que nous voulons détruire. Nous luttons avec la même vigueur contre tous les autres partis politiques, contre les bureaucraties syndicales, contre les organisations qui veulent toujours étouffer le moindre élan de révolte, contre les chefs qui veulent toujours enterrer la moindre expérience d’auto-organisation. Et contrairement aux chefs des organisations comme la JOC, nous n’allons pas vers d’autres gens pour les faire marcher au pas, nous les rencontrons dans les luttes que nous sommes capables de mener, des luttes caractérisées par l’autonomie, l’auto-organisation, la horizontalité et l’attaque contre ce qui nous opprime. Le fossé entre ceux qui se révoltent, ceux qui sont prêts à lutter, ceux qui sont animés par des désirs de liberté et les militants qui prétendent mener la danse des luttes devient chaque jour plus profond. Et c’est probablement pour le mieux. L’auto-organisation n’est pas seulement la tombe des patrons, mais aussi celle des petits chefs et des organisations réformistes.

Quelques éléments incontrôlables

Publié sur indymedia bruxelles, 09/10/2015

[Mexique] Ne pas oublier les massacres d’Etat passe par l’émeute – 2 octobre 2015

Vendredi 2 octobre avait lieu dans plusieurs villes du Mexique de nombreuses manifestations pour commémorer le massacre de centaines d’étudiants par l’armée le 2 octobre 1968 à Tlatelolco, la veille des jeux olympiques de Mexico. A cela s’est ajouté l’anniversaire des 43 étudiants d’Ayotzinapa disparus (au moins 6 morts et 23 blessés retrouvés) dans l’Etat de Guerrero l’an passé.

"Ni pardon ni oubli - Mort à l'Etat" - Mexico, 2 octobre 2015

« Ni pardon ni oubli – Mort à l’Etat » – Mexico, 2 octobre 2015

A Mexico et à Oaxaca, les manifestations ont débouché sur une conflictualité incendiaire envers l’Etat: à Mexico, 5000 policiers étaient mobilisés. Entre 100 et 300 encapuchados, qui répondaient à l’appel à la manif « 2 octobre, on n’oublie pas », ont attaqué avec de pierres et des cocktails molotov les flics qui protégeaient les environs du Palais National à Zócalo. Les affrontements ont duré que quelques minutes. Il y a eu entre 3 et 10 interpellations selon les médias du pays. A Oaxaca, plusieurs banques (notamment une agence ‘Santander’ et une succursale ‘Banorte’), au moins deux concessionnaires automobiles (dont un de ‘Mazda’ et l’autre de ‘GMC’) et leurs voitures exposées ont été attaqués. Des magasins ont également eu leurs vitres détruites. Un magasin de bouffe a été pillé. Environ 53 émeutiers présumés (dont 10 mineurs et femmes) ont été interpellés à Oaxaca. La plupart font l’objet de poursuites pour « actes de vandalisme, tags sur bâtiments publics, agences commerciales, monuments historiques, etc… »

Mexico

Mexico

La banque 'Santander' de Oaxaca prise pour cible

La banque ‘Santander’ de Oaxaca prise pour cible

idem

idem

Passage au concessionnaire 'Mazda'

Passage au concessionnaire ‘Mazda’

idem

idem

Self-service, sans passer par la caisse...

Self-service, sans passer par la caisse…

Mardi 22 septembre, des protestations étudiantes avaient eu lieu dans l’Etat de Guerrero. Alors que des étudiants et parents s’apprêtaient à monter dans une dizaine de bus afin de rejoindre la manifestation à Chilpancingo (la capitale), les flics ont eu la mauvaise initiative d’intervenir en bloquant l’accès routier de Tixtla à la capitale d’Etat : à la suite de quelques vaines tentatives de parents d’élèves de négociers l’accès auprès des flics, près de 200 jeunes masqués ont lancé des molotovs et pétards sur les 200 flics qui bloquaient l’accès. Les affrontements ont laissé cinq agents de l’Etat en mauvais état (« traumatismes crâniens, plaies et contusions ») et deux jeunes manifestant-es blessé-es. La veille au soir, les bureaux du procureur (« La Fiscalia ») à Chilpancingo ont été attaqués et saccagés par un groupe de jeunes encapuchados.

normalistas2

[Reformulé de la presse mexicaine, 22/09 et 02 & 03/10/2015]

[Mexique] Les récupérateurs de l’existant

recupdelexistant

Negacion – 2015 – Mexique

Dans le deuxième numéro de cette publication [Negaciòn], nous avons déjà écrit sur le rôle d’intégration dans le système que jouent aussi bien des ONG que divers groupes de gauche et réformistes afin de pacifier des soulèvements et des conflits en assimilant différentes luttes qu’ils dépossèdent de caractéristiques essentielles qu’elles étaient parvenues à acquérir ponctuellement. Nous avons déjà dit que c’est ainsi que le système, au travers de ses programmes d’accompagnement social citoyen intègre dans ses rangs des groupes susceptibles de représenter à l’avenir un danger pour la paix sociale ou la stabilité du pays. Aux cotés des institutions, différents collectifs du spectre de la gauche participent à ce rôle de récupération.

Ce que nous appelons « récupération » est constitué par tout un ensemble : lorsqu’une lutte tendant à se radicaliser se voit intégrée dans le système par des groupes de gauche et d’ONG ; ou alors quand l’État se charge lui-même de cette tâche en utilisant ses propres moyens pour récupérer ces luttes et les placer sous son contrôle, sa surveillance, sa conduite. Cela se produit aussi quand des groupes gauchistes cherchent à prendre part à des luttes conflictuelles en venant y proposer des réformes et des médiations avec l’État et en les rendant ainsi vulnérables au contrôle du système. Il est évident mais nécessaire de souligner que les troupes de choc de l’État jouent un rôle important dans ce processus de récupération et/ou d’assimilation qui suivent les soulèvements ou révoltes. Je citerai quelques exemples pour illustrer le sujet.

Les poussées insurrectionnelles du 1er décembre 2012 ont vu des milliers de personnes prendre les rues de Mexico pour protester contre l’investiture du gouvernement de Enrique Peña Nieto. Les groupes de gauche démocratique, les partis politiques de gauche, des groupes antisystème (y compris la FAM [1]) ainsi que des groupes d’ « intégrateurs » bien connus et de réformistes à outrance telle qu’une bonne partie du mouvement « Yo soy #132 » [2] sont aussi sortis dans la rue, mais toujours avec la devise -parfois de manière indirecte- d’éteindre toute poussée insurrectionnelle et de gérer la révolte tout en apportant de l’eau à leur moulin.

Malheureusement pour eux, les troubles ont pris à ce moment la forme de la révolte ; l’attaque des symboles du pouvoir et l’auto-organisation ont commencé à se propager et les anarchistes sans drapeau, sigles ni organisation formalisée se sont aussi retrouvés aux côtés des autres exploités pour auto-organiser la révolte. C’est cette auto-organisation qui a permis de dépasser les mots d’ordre appelant au « calme » provenant de divers groupes de gauche qui voyaient le contrôle leur échapper manifestement des mains. Quelques collectifs anarchistes ont éprouvé la même chose en constatant que dans ce moment insurrectionnel leur organisation de synthèse ne dirigeait ni ne représentait rien, comme ça avait été le cas en 1936 ou en 1910, que le chaos s’était généralisé et que l’autonomie des exploités, exclus et auto-exclus avait dépassé leurs vieux mots d’ordre, leurs vieux schémas et leurs éminents appels réitérés à l’attente et à l’ »organisation telle qu’il se doit ». Cela s’est confirmé par la suite lorsque les mêmes dirigeants de l’Alliance Anarchiste Révolutionnaire, adhérant à la FAM, ont nié la participation des acrates aux émeutes.

Le premier décembre 2012, la révolte a surgi. Après les émeutes au cours desquelles plusieurs sièges du capital ont été sabotés et de nombreux affrontements ont eu lieu avec la police, des centaines de personnes ont été arrêtées, la plupart provenant de la sphère de gauche et anarchiste. Les habituelles violations des dits droits de l’homme se sont produites et des « condamnations excessives » sont tombées sur les arrêtés. La plupart d’entre eux ont été accusés d’attaques à la paix publique, délit de droit commun qui peut être puni par jusqu’à 36 ans de prison.

A ce moment, le mot d’ordre -particulièrement du mouvement #132- a consisté à réclamer la dérogation de ce délit, qualifié d’anticonstitutionnel et sans fondement juridique. Ce mot d’ordre a conduit à mobiliser des centaines de personnes, des groupes de gauche et d’autres collectifs anti-système, jusqu’à quelque secteur anarchiste.
Quelques semaines plus tard, le 28 décembre précisément, l’assemblée législative du District Fédéral a modifié le délit d’attaque à la paix publique pour le faire passer à un délit sans gravité offrant des possibilités de caution et c’est ainsi que toutes les personnes arrêtées sont sorties, mais en attente de jugement. On a dit beaucoup de choses sur cette réforme. Le #132 s’en est vanté avec ses suiveurs, faisant de ce « changement » une « réussite », un triomphe du peuple et du mouvement social. Pourtant, même si les mobilisations réclamant la dérogation de cette loi avaient exercée une pression minime, nous voyons clairement que la stratégie du gouvernement a répondu à autre chose.

En même temps que ce scénario d’émeutes, de molotov, de mobilisations, d’arrestations et de torture contre les manifestants, le changement de gouvernement a eu lieu dans le District fédéral. Marcelo Ebrad laissait le pouvoir et son successeur – en plus d’être l’ancien procureur de justice de la capitale- policier de l’académie, le docteur Miguel Mancera allait occuper la charge de Gouverneur de la capitale. Ni Ebrad ni Mancera, tous deux de gauche et sociaux-démocrates aussi cupides que progressistes, ne pouvaient partir ou arriver en étant entachés de sang, de discrédit, de tortures et d’arrestations arbitraires ; pas plus d’ailleurs que d’émeutes ou d’encagoulés, armes que leurs adversaires politiques utiliseraient pour leur faire une « mauvaise publicité ».

C’est ainsi que la loi d’attaques à la paix publique a été réformée, un ordre qui à notre avis a été de caractère politique comme réponse à la crise du moment.

A la décision de réformer la loi comme stratégie politique pour s’en tirer plus ou moins « bien » face aux habitants de la capitale, nous pouvons ajouter le fait que cette concession du gouvernement de la ville visait à calmer les esprits chauds des protestataires qui auraient pu en venir au mot d’ordre suivant : libérer les prisonniers politiques. La récupération fait aussi parti de ces intentions. Que ce soit directement ou pas, suite à une stratégie ou par coïncidence, le gouvernement de la capitale est sorti gagnant au moment où la gauche progressiste, les réformistes et particulièrement des groupes comme Yo soy #132 ont célébré cette concession comme une « réussite » et l’ont prise comme une avancée dans la « démocratie du pays », peut-être sans vouloir voir que ça n’était qu’un maillon supplémentaire à la chaine que porte les prolétaires.

Le gouvernement a gagné, puisque cette « réussite » a impliqué la médiation, l’accord et la pacification. Yo soy #132 et le dit « mouvement social » sont passés au silence, à la délégation, au dialogue et à l’accommodement. Le « slogan » de dégager Peña Nieto – bien que fort discutable d’un point de vue anarchiste – qui était parvenu à un moment à faire prendre le mécontentement et avait culminé par de grosses émeutes susceptibles de l’étendre, s’est retrouvé réduit à un tas de pétitions et à la célébration d’un jour de plus sur le calendrier révolutionnaire.

Les groupes de gauche se sont réarrangés, chacun d’entre eux a tiré parti de ce soulèvement et de nombreuses choses sont revenues à la normale. Tous contents avec leur réforme misérable.

Tous contents avec une nouvelle journée à fêter, en espérant que l’année prochaine soit similaire. Les autres récupérateurs ont aussi fait leur boulot – y compris les politiciens de la FAM et d’autres groupes de la même ligne qui ont cherché à profiter de l’occasion- en essayant à tout prix d’inclure les groupes dissidents dans leurs organisations, en continuant d’appeler au calme et à l’attente, en intégrant divers secteurs en lutte dans les jeux du système, dans les programmes sociaux, dans les partis politiques, en traitant les insurgés de vandales, et particulièrement les individualités anarchistes et antisystémiques ayant participé à ces journées de soulèvement populaire. Travail bien fait pour l’intégration – et en quelque sorte pour la canalisation de rebellions et de nouvelles poussées de violence- qui portera ces fruits lors des manifestations suivantes beaucoup moins nombreuses et incontrôlées.

Mais pourquoi ce travail de récupération ?

Simplement parce que ces révoltes qui à un moment criaient le seul mot d’ordre contre l’investiture au gouvernement du dinosaure du PRI ont dépassé non seulement les demandes et les programmes de ces groupes, mais aussi les propres mots d’ordre qu’elles s’étaient donnés. Celle du 1er décembre n’a pas été une révolte contre Peña ni contre le PRI ; même si elle a commencé ainsi, a posteriori dans ces moments de chaos spontané, la phase revendicative habituelle a été dépassée, cette phase revendicative qui stagne, est si facilement récupérable par les réformistes et les partis politiques d’ « opposition » et finit toujours par assassiner les passions de vivre une vie qui vaille la peine. La révolte du 1er décembre a uni la rage des exploités contre ce système d’exploitation, c’est-à-dire contre ce monde et ceux qui l’administrent. Nous avons alors été quelques-uns à questionner l’attitude de nombreux anarchistes qui au cours des émeutes répétaient avec ferveur les consignes répandues, réformistes et contre le PRI, comme si leur participation s’accompagnait d’un manque de perspective et d’un projet clair d’insurrection. Non pas d’une insurrection précisément anarchiste, car elle ne l’était pas, mais d’un projet insurrectionnel tendant à intervenir de manière claire non seulement pour que la révolte se généralise quant à la violence révolutionnaire mais aussi pour que la critique sur les conditions d’exploitation et de mort s’étende à une critique plus générale et donc globale. Une telle généralisation de la critique et de l’attaque ne sera pas donnée par un programme établi au préalable, pas plus qu’avec quelques consignes apocalyptiques – bien que soient nécessaires certaines bases desquelles partir -, mais viendra plutôt du processus même d’auto-organisation des exploités. Avoir une incidence est très différent d’imposer. Et malgré tout de nombreux compagnons y étaient prêts, avec le désir de détruire le présent et d’intervenir pour généraliser le conflit dans toute sa splendeur.

Participer à une révolte populaire ne signifie pas répéter aveuglément les slogans du « peuple » ni les programmes des mouvements sociaux établis. Ces délégations de notre individualité ne nous intéressent pas. Participer à une révolte populaire signifie avant tout un point de rencontre en commun entre individus, c’est proposer une perspective d’un monde nouveau, d’un monde libre de toute autorité ; c’est créer ses propres consignes avec les autres exploités, sans suivre de programmes ni de leaders. Participer à une révolte populaire ne consiste pas à se martyriser pour « la cause du peuple », c’est s’auto-organiser avec les autres, discuter, débattre pour arriver à des points en commun. Participer à une révolte populaire c’est être participants à la première personne et non pas agir comme des moutons qu’on entraine sous des schémas étrangers; c’est avant tout influer sur le cours des choses pour que les motivations de la révoltes et celle-ci même se radicalisent.

L’année 2013 a été une époque de tensions dans la capitale du pays puant; avec la hausse des tarifs du métro, l’auto-organisation des exploités et des opprimés a de nouveau ressurgi démontrant que tout n’avait pas été vilement assimilé et récupéré par l’État.

Des manifestations massives dans la rue, les blocages aux entrées principales du métro, des sabotages aux distributeurs de tickets, des affrontements répétés avec les forces de l’ordre, un climat qui sentait la tension et la poudre. Dans ce contexte, une action contre le STC (Secrétariat des Communications et des Transports) a tenté de propager la reproductibilité et la réappropriation d’actes simples de sabotage. Cette action -comme beaucoup d’autres- a tenté d’apporter sa contribution à une nouvelle généralisation du conflit. Au cours de ces semaines de tension, la rage était auto-organisée, mais aussi spontanée. Un exemple, aussi simple que clair, en a été les centaines de sabotages sur les distributeurs de tickets du métro et le connu « boletazo » [3]. Cela a montré clairement que le sabotage, l’action directe, l’auto-organisation, l’autogestion de la lutte ne sont l’exclusivité d’aucun groupe de spécialistes, et encore moins de politiciens professionnels et de dirigeants. Ce sont avant tout des armes à la portée de tous.

Ce qui a mis un terme à ces semaines de rébellion, a été de nouveau la concession qu’a fait le GDF avec le tarif spécial accordé aux personnes vulnérables, femmes au foyer, étudiants, chômeurs etc. En parvenant à un accord et à la pacification des expressions de révolte qui s’étaient manifestées au cours de ces semaines.

Pour conclure, je dirai que par ailleurs nous avons aussi été responsables de ce qui s’est passé de par nos tiédeurs à l’heure de critiquer de manière perspicace et objective, mais aussi forte et sans médiation ce genre d’organisations récupératrices et gauchistes qui semblent « jouer à la révolution », indépendamment du fait qu’elles travaillent directement avec l’État ou pas et même qu’elles soient anarchistes. Ce manque de caractère critique est en partie ce qui a permis l’avancée de l’oeuvre de récupération et d’intégration de cette sorte d’organisations dont nous savons bien qu’elles ne vont pas céder par une simple critique de leur boulot. Cependant si celle-ci peut éventuellement influer sur la perspective dont les compagnons et d’autres les envisagent, elle peut même retourner le climat d’ »acceptation » existant autour de ces organisations récupératrices de l’existant.

Que dire de l’année 2014 [4] ? Toutes les protestations, les actions et les émeutes dus à la disparition des 43 élèves de Iguala, mais aussi celles visant à la destruction de l’Etat-Capital ont montré que la rage continue sur sa lancée, que la pacification sociale n’a pas atteint les sommets espérés, que cette année les énergies ne vont pas retomber, au contraire. Comme toujours, les conditions sont sur la table. De toute manière, dans ce climat de tension dans la capitale du pays, les récupérateurs de tout poil ont été présents, faisant tout leur possible pour éteindre le feu. Mais contrairement à ce qui a été écrit quelques paragraphes auparavant, j’oserai demander : ont-ils bien fait leur travail ? Peut-être que oui, mais seulement pour l’instant, nous verrons à l’avenir.

Par un insurgé sans velléités de repentir

Notes

1. Federación Anarquista Mexicana

2. Le mouvement Yo soy #132 a été un mouvement politique et étudiant ouvertement réformiste dont la première génération a vu le jour dans l’université privée IBERO, au moment où un groupe d’étudiants manifestait contre le meeting célébré par Enrique Peña Nieto dans cette université dans le cadre de sa campagne présidentielle pour le compte du PRI (Partido Revolucionario Institucional). A ses début, le mouvement #132 avait une nette teinte social-démocrate (influence du PRD, Partido de la Revolución Democrática), mais avec le temps, de nombreuses scissions en son sein ont opté pour un gauchisme plus militant. Certains comparent ce mouvement à celui dirigé par l’étudiante chilienne Camila Vallejo. Il existe un livre sur le #132 qui à nos yeux ne représente rien d’autre que la mythification de ce mouvement.

3. Le blockage ou sabotage des portiques de métro afin que les gens puissent entrer sans payer (NdT).

4. Je recommande la lecture du texte « Conflicto, la disgregacion y la guerra social ».

Publié sans la revue ‘Avalanche’ n°5, Juillet 2015

[Allemagne] Actions directes contre les flics et les fascistes ! Du 15 septembre au 1er octobre [Mise-à-jour,]

[Lugau, Saxe] Le parti populiste raciste ‘AfD’ recouvert de peinture rose

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, les bureaux du parti raciste de l’AfD (littéralement ‘alternative pour l’Allemagne’) ont été attaqués à la peinture rose. Un de leurs slogans puants visibles depuis l’extérieur était « Des frontières sécurisées plutôt que de la criminalité sans frontières ».

154586 154584

*****************************************************************

[Berlin] La police dans un guet-apens

Dans la nuit du 25 au 26 septembre, les flics interviennent à Friedrichshain pour un feu sur la chaussée au carrefour de la Rigaer Straße et de la Liebigstraße aux alentours de 00h30. ILs reçoivent dès leur arrivée une pluie de pierres depuis les toits des immeubles. Leur véhicule d’intervention repart avec quelques dégâts.

*******************************************************************

[Leipzig, Saxe] Emeute contre les nationalistes et les flics qui les protègent

Samedi 26 septembre, près de 1000 personnes sot descendues dans la rue pour contrer la tenue d’une marche nationaliste appelée « Offensive für Deutschland ». Parmi les contre-manifestant-es, beaucoup étaient déterminé-es à ne pas rester sans rien faire face à la répression, entièrement masqué-es et équipé-es pour s’opposer physiquement aux déchets nationalistes et aux agressions policières. De nombreux pétards et pierres leur ont été jetés et les flics en ont évidemment récoltés. L’organisation de la contre-manif se voulait très large, rassemblant des pacifistes, des religieux jusqu’aux anarchistes.

C’est donc pas étonnant que l’ancien pasteur de l’église St-Thomas, Christian Wolff, soit présent. Il a déclaré à la presse avoir été témoin d’une attaque d’une voiture de police à coups de pierres par des individus cagoulés: en tant que représentant religieux, il s’est empressé de condamner le plus fermement possible cet acte visant à rompre avec la paix sociale. Par ailleurs, un bureau de la police a aussi été attaqué avec des pierres. 800 flics étaient tout de même mobilisés pour garantir la tenue de cette marche nationaliste.

Un flic finit par terre après un caillassage

Un flic finit par terre après un caillassage

leipzigoffenivefuerdeutschlandpolizei-c758181b[Traduit et reformulé du journal MOPO24, 26/09/2015]

************************************************************

[Leipzig] Un véhicule de néonazis flambe

Dans la nuit de jeudi à vendredi 25 septembre, un véhicule appartenant à des fascistes, garé georg schwarz strasse  a été livré aux flammes.

************************************************************

[Heidenheim, Bade-Wurtemberg] Pas de monuments pour les nazis!

Dans la semaine du 25 septembre, un monument à la gloire du général nazi Rommel a été tagué à la peinture rouge.Cette stèle est la cible de dégradations régulières depuis des mois.

**************************************************************

[Freital, Saxe] Le repaire de fascistes attaqué à coups de pierres

Dans la nuit de mardi à mercredi 24 septembre à Freital, le lounge bar ‘Timba Bar’ de la Dresdner Straße à Potschappel s’est fait exploser une partie de sa façade vitrée, et pour cause: le patron, Dirk Jährling, est un néonazi bien connu pour organiser depuis plusieurs semaines des marches racistes à Freital. C’est plus globalement un point de rendez-vous du milieu néonazi qui mènent en ce moment des attaques contre les migrants et particulièrement contre l’installation d’un « centre d’acueil’. Il y a quelques jours, ce centre d’hébergement a été attaqué par des fascistes.

Le patron du ‘Timba Bar’ en a pour au moins 12.000 euros de réparations.

154100

**************************************************

[Pirmasens, Rhénanie-Palatinat] Peinture sur l’outil de travail du NPD

154057Dans la nuit du 21 au 22 septembre à Pirmasens, le véhicule servant de haut-parleur au parti fasciste du NPD a été badigeonné de peinture rouge. Ce sont les néonazis – par l’intermédiaire de leurs militants locaux Ricarda Riefling et Markus Walter qui s’en plaignent directement sur le  réseau social ‘facebook’. En gros sur la carosserie on pouvait lire « No NPD » et voir que le pare-brise était entièrement recouvert de peinture. Ca s’annonce pour les journées du parti à Weinheim les 21 et 22 novembre prochain!

*******************************************************************

Le chef du NPD de Berlin dégagé du train

Le 23 septembre, alors que le chef de la région de Berlin du NPD Sebastian Schmidtke était dans le train entre Francfort et Berlin, il a eu le malheur de tomber sur une cinquantaine de supporters du club de « l’Union Berlin » qui rentraient d’un match à l’extérieur contre le « FSV Frankfurt ». Il a été rapidement pris à partie et prié par la police de quitter le train « car elle ne pouvait pas assurer sa sécurité à bord ».

****************************************************************

[Berlin] Le Jobcenter du quartier de Mitte attaqué à deux reprises en solidarité avec les migrants

Dans la nuit du 15 au 16 septembre à Berlin, le ‘Jobcenter’ de la Müllerstraße a été attaqué avec des bouteilles de peinture. Cette action a été faite en solidarité avec les migrants qui, depuis la loi ‘Hartz IV’ de 2005, sont privés d’indemnités chômage. Celle-ci constitue un durcissement général des conditions d’indemnisation-chômage en Allemagne, qui exclue de fait les demandeurs d’asile, les retraités et les personnes qui suivent une formation. La veille, la cour de justice européenne a sans surprise reconnu cette mesure comme « légale ». Cette loi est une tentative de renforcer les divisions entre chômeurs, à les mettre en compétition pour un taf de misère (ex: les « minijob » payés à 1 euro de l’heure), à accentuer le contrôle et la surveillance sur chacun d’entre eux, etc…

Une deuxième attaque similaire contre la même agence s’est déroulée dans la nuit du 20 au 21 septembre. Les flics ont été prévenus aux environs de 18h par les employés du centre d’emploi et ont lancé une enquête.

*****************************************************************************************************

[Dortmund] Deux véhicules de police incendiés

Dans la nuit de lundi à mardi 15 septembre, deux voitures de police garées sur la Münsterstraße à Nordmarkt ont été détruites par les flammes. L’origine criminelle ne fait aucun doute selon la police. Le ou les auteurs courrent toujours.