Archives de catégorie : Répression

[Pologne] Attaque incendiaire d’une banque en solidarité avec les prisonniers anarchistes tchèques suite à « l’opération Phoenix »

« Le 11 novembre, tandis que les fascistes tenaient des marches dans toute la Pologne, nous – anarchistes – avons décidé de déverser notre haine sur l’Etat et le capital. »

Cette attaque incendiaire, qui a visé la ‘ING Bank’, a été spécialement menée en solidarité avec les anarchistes tchèques incarcérés suite à l’opération Phoénix, ainsi qu’avec « tous les prisonniers du système ».

« Laissons les actes parler! Solidarité dans le combat! »

ing

Source

[Publication] Ni de leur guerre, Ni de leur paix !

« Nous devons anéantir les ennemis de la République… et déchoir de la nationalité ceux qui bafouent ce qu’est l’âme française »
Manuels Valls, Premier ministre,
14 novembre 2015

S’il faut reconnaître une certaine continuité à la République française, c’est bien celle des assassinats de masse. De la Terreur d’Etat de 1793-94 qui a justement donné naissance au mot terrorisme jusqu’à l’écrasement des insurgés de 1848 et de ceux de la Commune de 1871 ; de la colonisation ou la déportation des Juifs permise par des fichiers antérieurs jusqu’aux massacres de manifestants algériens en 1961 en plein coeur de Paris, toutes les Républiques françaises ont massacré sans compter pour que des puissants continuent de dominer et d’exploiter tout le monde. La République française est une montagne de cadavres dont l’ordure qui en constitue le sommet n’a pu se maintenir en place qu’en écrasant ses véritables ennemis, les révoltés et les révolutionnaires qui se sont battus pour un monde de justice et de liberté. L’ «âme française», si cette connerie sans nom pouvait jamais exister, serait un placard bourré à craquer de voix criant vengeance contre les bourgeois, les politiciens, les flics, les militaires et les curés qui les ont piétinées pour asseoir leur pouvoir.

Ah, mais tout ça c’est du passé. Non ? Des décennies de participation citoyenne, d’intégration marchande et de dépossession généralisée ont-elles vraiment fait oublier à ceux qui gardent encore un brin de sensibilité, que tirer dans le tas n’est pas l’exclusivité de lointains terroristes ? Que depuis quelques années l’Etat français a fait son grand retour sur la scène internationale du terrorisme étatique, en multipliant ses attaques militaires aux quatre coins de la planète (Libye, Mali, Afghanistan, Côte d’Ivoire, Somalie, Centrafrique, Irak, Syrie) ? Le prétexte change à chaque fois, mais les raisons restent les mêmes : garder le contrôle de ressources stratégiques, gagner de nouveaux marchés et zones d’influence, préserver ses intérêts face à ses concurrents, éviter que des insurrections ne se transforment en expérimentations de liberté. Et s’il en était encore besoin, des avertissements sont même lancés pour prévenir les indolents que cette logique de guerre ne connaîtra pas de limites territoriales : la mort d’un manifestant l’an dernier à Sivens ou les corps criblés d’éclats de ceux de Notre-Dame-des-Landes et de Montabot rappellent que les grenades offensives en kaki n’hésitent pas, ici non plus, à être lancées contre des foules pour semer la terreur.

Car qu’est-ce que le terrorisme, sinon frapper dans le tas de manière indiscrimée pour tenter de préserver ou conquérir le pouvoir ? Un peu comme le font les riches en tuant et mutilant quotidiennement des millions d’êtres humains au travail au nom du fric qu’ils tirent de leur exploitation. Un peu comme le font les industriels et leurs laquais en blouses blanches en empoisonnant durablement toute vie sur terre. Un peu comme tous les Etats qui enferment et torturent à petit feu les exclus de leurs paradis marchands et les rebelles à leurs lois en les enfermant entre quatre murs pendant des années. Un peu comme ces grrrandes démocraties qui ont fait de la Méditerranée un cimetière peuplé de milliers d’indésirables ayant eu le tort de ne pas disposer du petit bout de papier adéquat. Mais la paix de l’Etat et du capitalisme est à ce prix. La paix des puissants, c’est la guerre contre les dominés, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières.

Le 13 novembre à Paris, la règle du jeu a été respectée. Qu’il se baptise islamique ou république, califat ou démocratie, l’Etat reste l’Etat, c’est-à-dire une puissance autoritaire dont la violence de masse s’applique contre tous ceux qui ne se soumettent pas à son ordre souverain. L’un des principes de tout Etat est de ne reconnaître que des sujets. Des sujets qui doivent obéir à des lois dictées d’en haut, c’est-à-dire tout le contraire d’individus libres qui peuvent s’auto-organiser sans dirigés ni dirigeants. Des bombardements de Dresde et Hiroshima jusqu’aux villages du Vietnam passés au napalm ou ceux de Syrie sous des barils de TNT, les Etats n’ont jamais hésité dans leurs sales guerres à sacrifier une partie de leur propre population, ou celles de leurs concurrents. En frappant des passants parisiens au hasard pour punir leur Etat, les petits soldats de Daech n’ont fait que reproduire l’implacable logique de leurs concurrents. Une logique terrible, aussi terrible que peut l’être tout pouvoir étatique

L’état d’urgence décrété en France depuis hier, mesure de guerre intérieure d’un gouvernement qui place le pays en adéquation avec sa politique de terrorisme international, n’est qu’un pas de plus dans la praxis de base de n’importe quel gouvernement, visant à la normalisation forcée de la vie, à sa codification institutionnelle, à sa standardisation technologique. Parce que si l’Etat regarde le futur, que voit-il ? Des cracks économiques, un chômage de masse, un épuisement des ressources, des conflits militaires internationaux, des guerres civiles, des catastrophes écologiques, des exodes de population… Il voit en somme un monde toujours plus instable, où les pauvres sont toujours plus nombreux et concentrés, un monde suintant de désespoir, qui se transforme en énorme poudrière, en proie à des tensions en tous genres (sociales, identitaires, religieuses). Un monde où l’allumage de la moindre étincelle, quelle qu’elle soit, ne doit pas être tolérée par une démocratie toujours plus totalitaire. Alors, tout comme « citoyen » est l’autre mot pour « flic », la « guerre au terrorisme » signifie avant tout la guerre contre tous ceux qui rompent les rangs du pouvoir. A tous les insoumis de la pacification sociale, à tous les déserteurs des guerres entre puissants et autoritaires, sabotons l’Union nationale…

Un mauvais sujet,
ennemi de la République et de tous les Etats

Paris, 14 novembre 2015

Le tract au format PDF

[Publié sur indymedia nantes, 15 novembre 2015 à 03h19]

[Besançon] A bas l’armée, 11 novembre ou non !

Un petit aperçu de l’agitation antimilitariste autour de leur célébration nationale et commémorative du 11 novembre…

nonmilitarisaLa veille de leur cérémonie patriotique et militariste du 11 novembre, des slogans contre l’armée et son monde sous forme d’affiches étaient visibles dans Besançon. Certains bandeaux disaient « Refusons leurs guerres, ne les laissons pas en paix », « Contre l’Etat et le capital, Rompons les rangs ! », « L’armée est partout, sa vulnérabilité aussi ! ». D’autres affiches, grand format, exprimaient à peu de choses près la même chose : « Non à la militarisation de nos vies », Ils sont vigies, soyons pirates – Contre l’Etat terroriste », etc…

Tout ceci collait parfaitement au rassemblement anti-militariste qui se tenait dans la rue Battant le jour-même, auquel une petite trentaine de personnes a participé ; certain-e-s ont profité de l’occasion pour diffuser des feuilles d’agitation anti-militaristes diverses aux passant-e-s. Flics et militaires avaient fait le déplacement au cas où le cortège se serait décidé à aller perturber leur commémoration macabre. La patrouille de militaires qui d’habitude protège l’église de la Madeleine chaque dimanche s’est, pour l’occasion, entièrement consacré à surveiller nos faits et gestes.

En espérant être un peu plus nombreux la prochaine fois.

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[Publié sur Indymedia nantes, 13 novembre 2015]

Perquisitions et arrestations en Italie et en Grèce suite à la manif émeutière « No Expo » du 1er mai 2015 à Milan

Italie/Grèce : Arrestations suite à la manif émeutière du 1er mai 2015 à Milan

8Le matin du 12 novembre a eu lieu une opération répressive pour les faits du 1er mai (manif No Expo à Milan). Pour l’instant il est difficile d’en tirer un bilan complet, étant donné la présence de plusieurs enquêtes et le fait que l’opération a aussi eu lieu à l’étranger.

Il y a eu plusieurs perquisitions dans des habitations, 5 arrestations, dont 4 à Milan (et une qui n’a pas réussi : l’inculpé n’a pas été trouvé), 5 arrestations en Grèce et 3 personnes inculpées mais pas incarcérées. Les accusations sont « dévastation » et « pillage », « résistance aggravée à agent de police » et « dissimulation du visage ».

Les enquêtes, menées par la Digos [police politique italienne ; NdT], ont exploité des vidéos et des traces ADN : les flics sont donc en train d’essayer de prélever des échantillons d’ADN aux arrêtés de ce matin. Pour les arrestations à l’étranger on suppose qu’il y a eu la collaboration de l’agence répressive européenne Eurojust.


Mise à jour :

Les arrêtés sont à la prison de San Vittore (Milan).

Pour leur écrire :

Alessio Dell’Acqua
Niccolò Ripani
Edoardo Algardi
Andrea Casieri

C.C. San Vittore
Piazza Filangieri, 2
20123 Milano

Les compagnons arrêtés en Grèce sont sortis avec l’obligation de pointer au commissariat 3 fois par semaine.

[Traduit de l’italien par non-fides de Informa-azione.]

NdCNE:

[1] Quelques textes autour de l’émeute du 1er mai 2015 à Milan contre l’exposition universelle et son monde:

 

[Espagne] Pour écrire aux deux compagnons incarcérés à la suite de l’opération ‘Ice’

Voici les adresses des deux personnes envoyées en taule à la suite de l’Opération Ice :

  • Borja Marquerie Echave
    Centro Penitenciario Madrid II
    Carretera Meco, 5
    28805
    Alcalá de Henares, Madrid, España.
  • Juan Manuel Bustamante Vergara (Nahuel)
    Centro Penitenciario Madrid V
    Carretera M-609, km. 3,5.
    28791
    Soto del Real, Madrid, España.

Solidarité !

 

[Berlin] Trois véhicules d’entreprises qui collaborent avec l’armée et la machine à expulser partent en fumée – 11 novembre 2015

Cette nuit, nous avons réalisé des gestes incendiaires de révolte au sein de cette société misérable. Au milieu du déchaînement général contre les réfugiés, nous avons préparé nos mélanges incendiaires, à défaut d’être une horde sauvage qui se forme pour enterrer Bärgida sous les pierres [mouvement de racistes de tous poils, NdT] ou pour frapper le personnel des lager [1] de la ville.

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Plusieurs voitures d’entreprises qui profitent de cette babarie capitaliste ont brûlé. Cela a touché dans le même temps les voitures des entreprises suivantes [2]:

  • Gegenbauer: les lâches chiens de cette firme ont fait les gros titres de la presse il y a peu parce qu’ils frappent les réfugiés récemment arrivés au Lageso. Ces nazis primitifs frappent par l’envie la plus lâche des personnes qui viennent ici pour chercher une protection. Aux yeux de ces uniformes, elles sont des sous-humains qui doivent être repoussés comme de la marchandise et traîtés de manière absolument inhumaine pour faire de leurs vies un enfer. Les lâches chiens de l’entreprise ‘Gegenbauer’ se sont profondément enracinés dans un réseau de barbares salafistes et recrutent des réfugiés pris pour cible par leur guerre sainte que ces derniers tentent en premier lieu de fuir.
  • ISS: une entreprise de sécurité, qui est active dans les centres de rétention et d’expulsion en Belgique et en France, et c’est pour quoi elle est le plus souvent la cible d’attaques ici. Au cours des dernières années, il y a eu des révoltes qui ne cessnt d’augmenter dans les centres de rétention, où plusieurs retenus ont pu s’échapper des centres de rétention, d’autres ont été maltraîtés par les gardiens et continuent à être détenu avec les menottes.
  • Thyssen Krupp, le groupe d’armement de nazis: cette firme est un classique de la politique guerrière de l’Allemagne […]. L’industrie guerrière est, avec leurs intérêts économiques, la raison principale des affrontements militaires partout dans le monde. Elle porte la responsabilité de la migration de centaines de milliers de personnes qui se trouvent justement à chaque endroit dans le monde à la recherche d’un nouvel et meilleur espace de vie.

C’est loin d’être la première fois que la haine prend pour cible ses entreprises. Gegenbauer, ISS et Thyssen Krupp sont des cibles faciles à attaquer dans toutes les villes. A l’occasion des incidents les plus récents au Lageso et de la fête anniversaire de l’armée [3] qui doit être célébrée en grande pompe, nous avons de nouveau attaqué. Nous ne considérons pas nécessaire d’attaquer les marches massives de citoyens et de nazis comme les spectacles nationaux de masse pendant les événements sportifs et de perturber la chorégraphie. Parce qu’ils provoquent une unité nationale par de tels événements émotionnels, nous attaquons aujourd’hui aussi les festivités de l’armée. Nous saluons les actes démonstratifs et destructeurs contre ce sale morceau de merde de la communauté.

Bienvenue aux réfugiés !

La guerre commence ici !

Attaquons maintenant !

Traduit de l’allemand de linksunten

NdT:

[1] Les lager sont des centres fermés pour sans-papiers en attente d’expulsion.

[2] D’après la presse allemande, trois véhicules de ces entreprises ont été incendiés dans trois quartiers de la ville de Berlin. A Penzlauer Berg vers 1h45, une ‘Ford Fiesta’ de la société de services ‘ISS’ et un caddie VW de ‘Gegenbauer’ garé Hanns-Eisler-Straße ont été ravagés par les flammes. Un quart d’heure plus tard, à l’angle de  la Treseburger Ufer/Lauterberger Straße dans le quartier Friedrichshagen, une voiture ‘Opel astra’ de la société ‘Thyssenkrupp’ a été livrée aux flammes. Deux autres véhicules garés à proximité ont été endommagés par les flammes.

[3] A l’occasion du 60ème anniversaire de la Bundeswehr, de grandes célébrations de l’armée allemande étaient organisées pour le 11 novembre. Quelques nuits auparavant dans le quartier de ‘Kreuzberg’, le local de l’armée servant de propagande et de recrutement a été attaqué à la peinture.

[Calais & Dunkerque] Face au tri et au harcèlement policier, les migrants rendent les coups ! [Mise-jour, 11/11/2015]

Migrants et policiers sous tension à Calais

Des heurts entre migrants et forces de l’ordre se sont produits pendant une heure environ, pour la 3e nuit consécutive , autour du camp de la « Jungle » à Calais. Le dispositif policier réorganisé pour protéger les riverains du bidonville n’a pas suffi à les prévenir.

Après un face-à-face tendu à partir de 22h30 entre les protagonistes, les forces de sécurité, séparées d’une trentaine de mètres seulement des manifestants, ont fait usage de grenades lacrymogènes pour tenter de disperser de petits groupes de migrants qui leur jetaient des projectiles et proféraient des insultes.

Les CRS ont ensuite utilisé brièvement un canon à eau pour éteindre un feu allumé par des manifestants à l’aide de palettes en bois, selon une équipe de l’AFP sur place. Des grenades lacrymogènes ont continué d’être tirées ensuite, jusqu’au retour à un calme précaire après 23h30. […]

Leur presse – ATS, 11.11.2015 – 02:33

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Calais : nouveaux heurts entre migrants et policiers

La nuit a une nouvelle fois été agitée à Calais entre migrants et policiers. Les heurts continuaient ce mardi matin.

Comme la nuit précédente, les violences ont commencé en milieu de nuit. Au même endroit : route de Gravelines, près de la Jungle. Environ 250 migrants ont de nouveau jeté des pierres sur les policiers. Selon la préfecture, ils ont tenté de ralentir le trafic sur la rocade portuaire en posant divers objets sur la chaussée. « Environ 200 migrants ont essayé de prendre d’assaut la rocade, explique Gilles Debove, responsable du syndicat SGP Police-Force ouvrière dans le Calaisis. Ils continuent ce mardi matin ».

Les forces de l’ordre étaient donc toujours sur place ce mardi matin à 9h. En tout 300 grenades lacrymogènes ont tirés par les CRS. 11 policiers ont été légèrement blessés, comme la nuit précédente. Les policiers ont dû repousser à plusieurs reprises les migrants de la rocade. Des poids lourds ont également été bloqués sur la rocade et caillassés. Ce mardi matin, une cinquantaine de migrants bloquaient encore des véhicules rue Marcel Doret, à proximité de la rocade portuaire.

que crève l'économie

Un camion de transport de marchandises après les caillassages

L’accès au port sur l’A16 a été fermé dans la nuit. « Ce qui se passe est insoutenable », s’énerve Jean-Marc Puissesseau, le président du Port de Calais. « Nous n’avons plus affaire à des gentils migrants mais à des casseurs. Les agressions contre les chauffeurs routiers sont intolérables, car ce sont nos clients. Des camions sont agressés à coups de barre de fer. Si ça dégénère en guérilla, c’est la renommée et le chiffre d’affaires du port de Calais qui sont mis en cause. C’est une grande colère qui va monter. J’ai décidé de monter un dossier avec les photos de dégâts que je vais transmettre à la préfecture et au ministère pour que des mesures sévères soient prises à leur encontre ».

Des larbins du capital et de l’Etat, france3 pas-de-calais – 10/09/2015 à 10h13

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Calais : 16 policiers blessés dans des affrontements avec des migrants

Des heurts entre migrants et forces de l’ordre ont éclaté à proximité de la « jungle », dans la nuit de dimanche à lundi.

Seize policiers ont été blessés dans des affrontements avec des migrants à proximité de la « jungle » de Calais (Pas-de-Calais), dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 novembre. « Vers 23 heures, plusieurs groupes de migrants, jusqu’à 200 personnes, ont tenté de ralentir, voire de bloquer le trafic sur la rocade portuaire de Calais« , a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais, lundi.

« Ces tentatives se sont poursuivies jusqu’à 1 heure du matin, nécessitant l’adaptation d’un dispositif de sécurité, avec des migrants qui ont jeté divers objets sur la rocade« , a ajouté la préfecture.

La police est « inquiète »

Les policiers ont été légèrement blessés par des jets de pierres, auxquels ils ont répliqué en utilisant « presque 300 grenades » lacrymogènes. Le calme est finalement revenu vers 1 heure du matin.

« C’est la première fois que c’est aussi violent et qu’on a malheureusement autant de collègues blessés, a réagi Gilles Debove, responsable du syndicat SGP Police-Force ouvrière dans le Calaisis. On est inquiets. Si un jour on a une révolte au sein du camp, ça va être la folie. »

La « jungle » de Calais accueille environ 6 000 migrants, venus essentiellement d’Afrique de l’Est, du Moyen-Orient et d’Afghanistan. Il leur est devenu extrêmement difficile de rejoindre l’Angleterre en passant par le site Eurotunnel ou par le port, à la suite d’importants travaux de sécurisation.

Les sous-fifres de la police – francetv.info, 09/11/2015

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Téteghem (Dunkerque) : échauffourées ce jeudi matin entre migrants et forces de l’ordre

Ce jeudi matin, comme très régulièrement, les forces de l’ordre sont venues au camp de migrants de Téteghem afin d’effectuer une opération de comptage tout en enlevant les tentes installées de façon sauvage. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pierres. Un gendarme a été blessé et transporté au centre hospitalier de Dunkerque.

Des heurts violents se sont produits ce matin vers 9 heures devant le camp de migrants de Téteghem. Un gendarme mobile a été blessé par un jet de pierre et transporté au CHD par les pompiers de Dunkerque. Présents sur le bord de la route, en jetant des cailloux, certains migrants ont également endommagé des véhicules de particuliers qui passaient route de la 32e DI, ainsi que des voitures de la police.

Afin de sécuriser les lieux, les forces de l’ordre ont décidé de fermer cet axe et de faire appel à des renforts. Le dispositif a été levé à 11 h, les migrants s’étant retranchés dans la « jungle ».

Les échauffourées ont débuté alors que les forces de l’ordre effectuaient une opération de comptage, en présence du sous-préfet de Dunkerque. Dans le même temps, les gendarmes enlevaient quelques tentes, pour limiter les installations sauvages et stabiliser le nombre de migrants dans cette « jungle », comme le souhaite le marie de Téteghem, Franck Dhersin.

Leur presse – Voix du Nord, 29/10/2015 à 16:08

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[…] Les syndicats rapportent des affrontements désormais réguliers, la nuit, avec des migrants « qui testent le dispositif policier ». La semaine dernière déjà, des affrontements ont eu lieu entre les agents postés sur la rocade, qui ont tiré des gaz lacrymogènes, et des personnes se trouvant dans la « jungle » lançant des cailloux vers les agents. Ces images, qui selon leur descriptions aurait été filmée le 2 novembre, sont visibles sur le site d’information Révolution permanente (qui se revendique du courant communiste révolutionnaire du NPA).

Environ 6 000 migrants se trouvent actuellement dans la « jungle » de Calais, le camp toléré par l’État installé aux abords du centre d’accueil de jour Jules-Ferry. Des travaux pour l’installation du campement humanitaire de 1 500 places, annoncé par Manuel Valls le 31 août ont débuté début novembre, ainsi que l’augmentation de la capacité d’accueil des femmes et les enfants. Les départs de migrants à destination de centres dans d’autres régions de France ont également débuté, dans le cadre du dispositif annoncé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Près de 1 000 migrants auraient déjà été éloignés de Calais.

Il y a actuellement 1 125 membres des forces de l’ordre mobilisés à Calais pour gérer la pression migratoire et assurer la sécurité des installations du tunnel sous la Manche. la maire de Calais Natacha Bouchart avait manifesté son souhait de voir l’armée intervenir pour « surveiller » sa ville. […]

Leur presse – la voix du nord, 09/11/2015

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Quelques infos pour une solidarité pratique avec les migrants en révolte:

Le 21 octobre, le ministre de l’intérieur s’est déplacé à Calais, accompagné de dizaines de journalistes. Il a confirmé l’annonce de la construction d’un nouveau camp gouvernemental, d’une capacité de 1500 places. À partir du 2 novembre, c’est un camp de 74 containers, entouré de palissades (dont on se sait pas encore si elles seront surmontées de barbelés) qui verra le jour, en plein milieu de l’actuelle jungle où plusieurs milliers de personnes vivent dans des conditions difficiles. Il sera géré par l’association La Vie Active, association locale qui tire grand profit de la situation à Calais puisqu’elle gère déjà le centre d’accueil de jour ‘Jules Ferry’ [Celle-ci est présente partout dans le nord de la France, y compris en région parisienne. A noter qu’elle n’est pas la seule à faire ce sale travail: parmi ces collabos, on peut évoquer ‘L’auberge des migrants, France Terre d’Asile, Flandres Terre Solidaire, OFII (Office français pour l’Immigration et l’Intégration), SALAM, Centre Hospitalier de Calais ». Autant de collabos à portée de tou-te-s, NdCNE]. 400 personnes vont être virées de leur place d’ici quelques jours pour faire place à ce camp, véritable prison comme il s’en érige partout en Europe actuellement, lieu de stockage, de tri et de gestion des migrant-es.

Lors de cette visite, le ministre a également annoncé l’arrivée de 460 flics supplémentaires à Calais. Ces renforts, portant a plus de 1000 le nombre de flics sur place, vont servir à renforcer encore plus la sécurité des abords du tunnel sous la Manche pour empêcher les migrant-es de passer en Angleterre. Cazeneuve se vante dans les médias que depuis le 25 octobre, plus aucun-e migrant-e ne passe en Angleterre. L’augmentation des infrastructures de surveillance et de sécurisation du port et du tunnel sous la Manche et la présence de plus en plus nombreuse de flics et de vigiles, pousse les migrant-es a prendre de plus en plus de risques pour tenter le passage de la frontière. Résultat, depuis le début de l’année 2015 le nombre de mort-es et de blessé-es a augmenté en flèche.

[Repris de sanspapiersnifrontières, 4 novembre 2015]

[Espagne] La meilleure arme contre la répression, l’action directe

Compagnonnes et compagnons,

Cela fait à peu près deux ans que nous voyons comment l’État et ses forces répressives s’en prennent plus que jamais au mouvement anarchiste. De nombreux compagnon-ne-s ont été arrêté-e-s et emprisonné-e-s, des procureurs ont demandé des années de prison, appuyés par des campagnes médiatiques contre nos luttes et espaces. Tout cela n’a qu’un but : faire disparaître les idées anarchistes, obtenir, à partir de la répression, la violence, la peur et la prison ; que toute dissidence soit éliminée.

Ces dernières années nous avons pris la mauvaise habitude de ne subsister qu’en tant que scène, la plus grande partie du mouvement se contentant de maintenir les apparences, de maintenir la vitrine sociale par des activités et des pratiques (qui ne demandent pas beaucoup de sacrifices) qui donnaient l’impression à la société qu’il y avait une dissidence et une lutte contre l’État capitaliste, qui rarement se matérialisaient en quelque chose de concret.

Ainsi, ces dernières années, qui ne sont que la suite logique d’un processus qui a commencé avec la transition, il y a eu une absorption de la part de l’État démocratique et capitaliste de la plus grande partie des luttes qui se considéraient révolutionnaires. Après les avoir pacifié, les avoir transformé et empoisonné, il en a fait ses complices démocratiques de « gauche », des mouvements civiques et citoyens.

Maintenant l’État a déclaré la guerre publique et médiatique aux anarchistes, il en a fait son principal objectif et nous ne pouvons pas rester désemparés ou nous contenter de sortir des communiqués et faire des manifestations « promenades » alors qu’ils nous étouffent par des procès et la prison, alors qu’ils nous pourchassent.

Nous lançons un appel à la solidarité active avec les compagnons et compagnonnes poursuivis. Récupérons les méthodes que nous avons enterrées il y a longtemps, utilisons de nouveau l’action directe comme le meilleur outil de solidarité.

Exprimons sur les murs que la solidarité que les journalistes essaient de cacher existe toujours, boycottons [sic] et sabotons les banques qui ont condamné nos compagnonnes, expliquons à nos voisins ce que les médias ne disent pas. Utilisons notre imagination pour montrer à nos bourreaux et nos ennemis qu’après le calme vient toujours la tempête, pour retourner cette apathie qui nous accable, et parce que nous savons que la lutte est le seul chemin.

Solidarité avec les anarchistes prisonnier-e-s, que la révolte se propage, que l’étincelle illumine les nuits sombres de ce chemin.

Mort à l’État et vive l’anarchie !

À leur répression répondons par notre solidarité.
À leur violence répondons par l’action directe.
À leurs lois répondons par notre imagination.
Agis !!

actua

[Traduit de l’espagnol de Contrainfo par non-fides]

[Madrid, Espagne] Six anarchistes arrêtés lors de l’opération ‘Ice’ du 4 novembre 2015 / Deux compagnons envoyés en taule [Mise-à-jour, 08/11/2015]

Mise-à-jour, 8 novembre 2015:

Le 6 novembre aux alentours de midi, quatre des six anarchistes arrêtées ont été remis en liberté sous caution par le Juzgado Central número 3 de la Audiencia Nacional, responsable de l’opération policière. Plus de 20.000 euros ont du être versés pour faire sortir les quatre, après deux jours de garde-à-vue. Quant aux deux autres, ils sont incarcérés en préventive. Tous les chefs d’accusations contre les six sont maintenus. L’Etat les poursuit en raison de leur « responsabilité dans l’attaque incendiaire contre 4 agences bancaires de Madrid », « d’appartenance à un groupe terroriste ». Il semblerait que la déclaration des flics selon laquelle ils auraient mis la main sur des engins explosifs et bombes artisanales lors de la perquisition est complètement bidon. Ces éléments à charge sont totalement absents du dossier selon l’avocat des inculpés, Daniel Amelang.

Mise-à-jour, 6 novembre à 15h13

Finalement, on apprend que six compagnons (au lieu des 5 annoncés initialement) ont été arrêtés lors de l’opération ‘Ice’. Deux d’entre eux ont été envoyés directement en taule. Les autres devraient sortir sous caution. Durant la matinée du vendredi 6 novembre, des compagnons se sont rassemblés en solidarité devant l’Audiencia Nacional.

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baillonLe 4 novembre, la brigade d’information de la police nationale de Madrid a arrêté 5 personnes, membres du groupe anarchiste ‘Straight Edge’, accusés d’appartenance à une organisation criminelle à des fins terroristes, destructions et apologie de terrorisme.

Lors des perquisitions aux domiciles des compagnons, les flics ont mis la main sur du matériel servant selon eux à confectionner des engins explosifs, diverses quantités de poudre et de manuels pour fabriquer des bombes artisanales.

Cette énième opération policière envers le milieu anarchiste, baptisée cette fois-ci « Operacion Ice », est menée dans le cadre de l’enquête concernant l’attaque incendiaire de quatre agences bancaires de Madrid. Les flics les soupçonnent également d’être les auteurs de l’incendie d’un autre établissement bancaire et d’un centre commercial à Barcelone.

Les compagnons détenus comparaîtront devant l’Audiencia Nacional pour appartenance à une organisation criminelle à des fins terroristes, destructions et apologie de terrorisme. Quatre des compagnons arrêtés résident à Madrid, le cinquième résidant dans la municipalité madrilène de ‘Las Matas’.

En plus de ces 5 arrestations, les flics de la brigade d’information de Madrid ont mené plusieurs perquisitions de domiciles avec l’autorisation du Tribunal central n°3 de l’Audiencia Nacional. Lors de ces perquisitions, les flics ont trouvé de la poudre, ds mèches, des manuels pour confectionner des bombes artisanales et des engins explosifs. Les flics ont annoncé s’être aussi emparés de plusieurs documents et propagande relatifs aux Groupes Anarchistes Coordonnés (GAC), ce pourquoi plusieurs compagnons – dont Monica et Francisco – sont incarcérés.

A la suite des perquiz, les flics font le lien entre le groupe ‘Straight Edge’ et les GAC. Cette nouvelle vague d’arrestations contre les anarchistes est la cinquième depuis l’incarcération de Monica et Francisco pour l’attaque incendiaire de la basilique ‘Del Pilar’ de Saragosse. S’en est suivi l’opération Pandora le 16 décembre 2013, celle du 30 mars 2014 nommée « opération Pinata », ainsi que celle plus récente du 28 octobre dernier (qui serait la suite de la première opération), pour laquelle une personne est incarcérée.

[A partir de la presse espagnole]

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5 compagnons de plus, une même lutte !

Dans la matinée du 4 novembre 2015, la brigade d’information a fait irruption aux domiciles de cinq compagnons appartenant au collectif STRAIGHT EDGE MADRID, en perquisitionnant les logements et en s’emparant un matériel du collectif. Les perquiz se sont soldées par l’arrestation de cinq compagnons qui se trouvent détenus au commissariat de Moratalaz et ils ne pourront pas parler à un avocat jusqu’au jour suivant. On s’attend à ce qu’ils comparaissent devant la justice ce vendredi.

C’est une autre opération contre le mouvement anarchiste après le deuxième épisode qui vient de se dérouler de l’Opération Pandora, où des compagnons de Barcelone (des quartiers de Graçia, de Sant Andreu et de Sants) et de Manresa ont été arrêtées pour appartenance supposée aux GAC (Groupes Anarchistes Coordonnées) et dont l’une d’elles se trouve en détention préventive.

La même année, nous avons vécu il y a quelques mois à Madrid, à Barcelone, à Palencia et à Grenade la dénommée Opération Piñata durant laquelle la même chose s’est passée : des perquisitions de domiciles et de centres sociaux qui se sont soldées par l’arrestation de 15 personnes accusées « d’appartenance à une organisation terroriste ».

Idem en décembre dernier nous avons subi la même chose lors de l’Opération Pandora : la police a fait irruption dans 14 maisons et centres sociaux et les flics ont arrêté 11 anarchistes à Barcelone, à Sabadell, à Manresa et Madrid. Nous ne pouvons pas oublier nos compagnons enfermés depuis 2013, Monica et Francisco, qui dès le début ont été envoyés en prison sous le régime F. I. E. S (déclaré illégal par le Tribunal Supremo (sic, NdT)) accusés d’avoir placé un engin explosif dans la basilique del Pilar à Saragosse, sans blesser personne. […]

Face à la répression notre solidarité est une arme.

Solidarité avec les compagnons détenus !

Traduit de l’espagnol de contramadriz, 6/11/2015

[Santiago, Chili] Arrestation et incarcération d’un compagnon pour l’attaque incendiaire d’une église lors d’une manif infiltrée par les flics – 12 octobre 2015

Le 12 octobre 2015, une manifestation pour rappeler l’extermination des peuples autochtones a traversé le centre de Santiago. Les affrontements avec la police et les attaques contre les symboles du pouvoir se sont produites pendant le parcours, c’est à ce moment-là que l’église San Francisco a été attaquée aux cocktails molotov.

nicolasiglesiasanfrancisco

Un policier en civil qui s’était infiltré dans la manifestation a réussi à choper des images de l’encapuchonné en train de lancer un cocktail molotov contre la porte de l’église à Alameda. Le keuf infiltré l’aurait suivi quelques rues plus loin du lieu de l’attaque incendiaire, l’observant en train d’abandonner ses vêtements le long du chemin. L’encapuchado s’est fait arrêter dans le secteur de Cumming et Santa Monica, un secteur assez loin d’où a eu lieu l’attaque incendiaire.

La presse chilienne s’horrifie des dégâts causés à un « monument historique », un des vestiges de l’architecture coloniale de plus de 400 ans. La valeur historique de ces portes sert à esquiver les 523 ans de massacre d’une église basée à travers le monde qui s’est implantée dans le sang, les massacres, la domination, la torture, la violence et en réduisant des populations entières à l’esclavage. […]

A la suite de son arrestation, Nicolas Rojas Candia, 20 ans, est emmené au 7ème tribunal et poursuivi pour « port illégal d’armes à feu » et « dommages à un monument national ». Il a été incarcéré immédiatement en préventive pour 60 jours à la prison « Santiago 1 ». […]

Solidarité avec tous ceux qui décident de foutre le feu à ce monde de merde !

[Traduit librement de Publicacion Refractario]