Archives de catégorie : Répression

[Saronno, Italie] Attaque incendiaire contre l’industrie militaire – 29 janvier 2016

Dans la nuit entre le 28 et le 29 janvier, le siège des bureaux de ‘Rotodyne’ à Saronno a été visé par un jet de cocktails molotov.

‘La Rotodyne’ développe des équipements pour l’entretien et la construction d’hélicoptères et d’avions de guerre (EH 101, NH-⁠90, EuroFighter Typhoon), y compris le Lockheed F-⁠35 Lightning ||, conçu et utilisé par les Marines, par l’aéronautique et par la marine américaine, ainsi que de nombreux autres pays de l’OTAN, dont l’Italie.

Les distributeurs de ses produits et les entreprises avec lesquelles elle collabore sontAleniaAirmacchi’, ‘Augusta Westland’ (groupe Finmeccanica), ‘Aereotech’, ‘Patria Helicopters’.

Ses produits ont été adoptés par les forces armées danoises, irlandaises, grecques, italiennes et de l’Oman (Moyen-Orient); par la police néerlandaise, suédoise et italienne; Armée, la Garde côtière et la marine italienne; par l’armée, les gardes-côtes et la marine italienne.

On ne peut pas rester impuissants face à ceux qui font du profit avec la guerre.

Les attaquer avant que leurs produits ne puissent contribuer à causer la mort et des destructions est juste.

Rester à regarder sans agir ferait de nous des complices.

[Traduit d’informa-azione, Mar, 02/02/2016 – 11:50]

[Publication] A bas les « camps des Balkans » ! Contre toutes les frontières et tous les papiers !

  • Deux nouveaux centres d’expulsion en Bavière spécialement conçus pour les réfugiés (de l’ouest) des Balkans à Manching, près d’Ingolstadt et de Bamberg [1].
  • Enregistrements, traitements et rendus des procédures d’asile le plus rapidement possible et, en fin de compte, expulsions plus rapide (après 3-4 semaines de séjour tout au plus).
  • Gérés par : Service fédéral à la migration et aux réfugiés, service central des étrangers, tribunal administratif, organisations caritatives, services de sécurité privée, police fédérale…

noborder3La Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, le Kosovo, l’Albanie et le Monténégro sont désormais déclarés comme des « pays d’origine sûrs », car celui qui vient ici dans l’espoir d’une vie meilleure mais qui ne fuient pas un contexte de guerre et une persécution reconnue (être rom ne compte évidemment pas!), qui ne remplit pas les critères économiques, n’a pas l’aptitude ou les bonnes volontés pour être exploité économiquement est considéré comme « superflus ».

L’Etat classe les migrants en catégories, entre « bons » et « mauvais » : d’une part, dans celle de « réfugiés de guerre civile ou de persécutions politiques/religieuses qui ont besoin de protection », et de l’autre, dans celle des « délinquants qui abusent du droit d’asile, ainsi que les réfugiés économiques », puisqu’il est dans son intérêt de sélectionner celui qui a l’occasion de s’intégrer ici et celui qui n’a pas obtenu l’autorisation de rester ici, mais en même temps aussi pour préserver son image de démocratie des droits de l’homme.

Les camps, peu importe l’origine des gens, a pour rôle en général d’isoler les indésirables et les non exploitables de la société, d’isoler pour se débarrasser à la fois le plus rapidement possible et sans heurts de tous ceux qui ne peuvent pas être intégrés (au marché du travail).

Ainsi, l’Etat tente de rendre impossible tout mouvement libre sans médiation (étatique) qui va au-delà du simple fait « d’agir en soutien » et commence à faire apparaître une complicité solidaire. Une complicité entre les gens à l’intérieur et ceux à l’extérieur – qui constatent que les antagonismes ne résident pas entre les nationalités et les cultures, mais existent entre ceux qui avilissent, enferment, gouvernent et ceux qui sont écrasés, enfermés et gouvernés – qui pourrait peut-être provoquer du désordre et de l’agitation.

Peu importe quelle nationalité est inscrite dans nos papiers d’identité ou celle que nous possédons, signifions de manière claire à ceux qui nous domestiquent, enferment, expulsent et nous considèrent comme de la marchandise exploitable pour l’économie, ce que nous pensons d’eux…

La liberté de mouvement est à obtenir uniquement par la destruction de toutes les frontières, de tous les passeports, de tous les Etats et les camps et non par la reconnaissance d’un quelconque statut juridique.

A bas tous les camps, tous les centres d’expulsion, toutes les frontières, tous les Etats et tous leurs serviteurs !

[Aus Fernweh 17. Ausgabe, Dezember 2015 übersetzt]

NdT:

[1] Bourgs et villes de la région bavaroise: la plus grande ville des trois, Ingolstadt, est située au bord du  »Danube » au centre de la région bavaroise. Bamberg est située à l’extrême-nord de la région.

[Berlin, Allemagne] Contre ce monde de flics et de frontières – Appels au désordre

Deux affiches qui sont apparues dans les rues de Berlin ces derniers jours, appelant à la manif du 6 février prochain  :

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Contre le monde de frontières et de contrôle…

Les 23 et 24 février aura lieu une nouvelle fois le congrès européen de la police au centre des congrès à Berlin. Se réuniront à cet endroit des entreprises de l’industrie de l’armement et de la surveillance aux côtés d’hommes politiques du monde entier pour élaborer des stratégies de défense des conditions dominantes. Pour la défense d’un monde qui tombe en ruines.

La lutte impitoyable pour les matières premières conduit aux guerres, à la pauvreté et aux catastrophes écologiques aux quatre coins du monde. Cela a pour conséquence de pousser des millions de personnes sur les chemins de l’exil. Chaque jour, des tragédies à l’issue mortelle se produisent aux frontières extérieures de l’Europe.

Les frontières sont densifiées, des clôtures sont érigées, policiers et militaires sont déployés pour tenir « les indésirables » éloignés.

C’est le résultat de l’ignorance de la société occidentale. La crise est inhérente au système et les conflits vont empirer. Le contrôle social et l’état d’urgence au nom de la démocratie ne sont à l’avenir pas prêt de s’arrêter. Ceux-ci sont en train de se banaliser dans notre quotidien.

Nous ne voulons pas nous accommoder à l’existant. Luttons pour une vie de solidarité et de liberté, aux côtés de ceux qui se bougent au quotidien pour une vie meilleure et aux côtés de tous ceux qui sont résolus à se révolter et à faire vasciller l’existant partout dans le monde.

Contre l’État et ses défenseurs, contre toute autorité !

… Pour la liberté !

*Congrès européen de la police – Perturbons, sabotons, attaquons !*

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Notre passion pour la liberté…

Depuis l’automne de l’année dernière, la « zone de danger » est entrée en vigueur dans le quartier autour de la Rigaer Straße. Une zone spéciale, dans laquelle les flics jouissent de compétences spéciales de diverses manières. Ils tentent de pacifier à coups de caméras de surveillance, de flics en civil, par une présence de terrain sur le long terme dans une zone délimitée et tentent de nettoyer la zone en chassant les groupes de personnes indésirables.

Dans le quartier nord de Friedrichshain se trouve une zone résidentielle « normale » qui est connue depuis 26 ans pour ses maisons squattées, sa faculté à résister et la vie urbaine underground, ce qui a toujours hérissé l’État et sur lequel bon nombre de politiciens, proprios d’apparts et spéculateurs se sont déjà cassés les dents.

Depuis des années, le centre-ville est visé par une vague de revalorisation et d’expulsion. Hausse des loyers, résiliation de bail, expulsions sont le triste quotidien de cette ville. Mais face à cela, il y a aussi de la résistance, des initiatives d’auto-organisation lors de tentatives de squats jusqu’aux attaques directes contre les symboles de la gentrification.

Mais là où s’ouvrent des lieux de solidarité et de conspiration, l’État réagit par l’état d’urgence, des contrôles et la violence policière. Le sénateur à l’intérieur Henkel voit la période venue pour appliquer ses fantasmes de lois et d’ordre et lâche ses chiens de garde. Un quartier entier est terrorisé par le bras armé de la démocratie. Ne nous laissons pas intimider et saisissons-nous de la situation pour démasquer les mensonges de la paix sociale. Solidarité avec les personnes visées par l’arbitraire et la répression de l’État.

… Est plus forte que toute autorité !

*A bas la zone de danger ! Défendons les structures rebelles !*

Traduit de l’allemand de linksunten indymedia, 29 januar 2016

[Genève, Suisse] Feu de cellule à la prison de Champ-Dollon – 28 janvier 2016

Un détenu a été blessé dans un incendie à Champ-Dollon

Le feu a pris ce jeudi vers 6h30 dans une cellule de la prison genevoise surpeuplée.

feuLes secours ont débarqué en nombre ce jeudi matin tôt à la prison de Champ-Dollon où un incendie s’est déclaré dans une cellule, selon nos informations. Un détenu a été blessé et transporté à l’Hôpital. Il a été incommodé par la fumée. Des dizaines de prisonniers et d’agents de détention ont fait l’objet de contrôles.

On en sait plus sur les circonstances de cet incident. «A 6h38, un détenu se trouvant seul dans une cellule de l’aile est a demandé à voir immédiatement un médecin. Quand on lui a expliqué qu’il le verrait le plus vite possible, il a répondu qu’il allait mettre le feu à sa cellule», explique le directeur de Champ-Dollon, Constantin Franziskakis. Des menaces prises au sérieux étant donné le profil de son auteur. «Il est considéré comme dangereux car il avait déjà mis le feu à sa cellule dans une prison vaudoise avant de venir à Champ-Dollon en septembre. Il a depuis menacé des gardiens. C’est pour cela qu’il se trouvait en régime de sécurité renforcée depuis fin décembre.»

Des agents de détention se sont aussitôt déplacés et ont constaté, à travers le portillon de la cellule, un fort dégagement de fumée. «Le détenu avait mis le feu à des vêtements et objets divers devant la porte. Les agents l’ont ouverte et ont aspergé la pièce d’eau à l’aide d’une lance à incendie», précise Constantin Franziskakis. Le feu a été éteint en quelques minutes, avant l’arrivée du Service d’incendie et de secours (SIS).

Son commandant, Marc Feuardent, confirme qu’une quinzaine d’hommes se sont rendus sur place dans six véhicules. Les pompiers ont contrôlé la qualité de l’air dans l’établissement. Ils n’ont pas eu à mettre en œuvre leur dispositif de désenfumage.

Le détenu a quant à lui été évacué vers les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ses jours ne sont pas en danger. A son retour, il fera l’objet d’une procédure disciplinaire. Une procédure pénale est par ailleurs ouverte par le Ministère public. Huit autres pensionnaires et trente-trois gardiens susceptibles d’avoir inhalé de la fumée ont été contrôlés. Une trentaine de détenus de la même unité ont dû être déplacés. «Le personnel a rapidement et parfaitement bien agi, souligne Constantin Franziskakis, relevant que chaque seconde compte lorsqu’un feu se déclare dans un lieu si confiné».

En surpopulation chronique, l’établissement de détention provisoire compte actuellement environ 700 prisonniers pour 386 places. (TDG)

TDG, 28.01.2016, 11h02

[Lunebourg, Allemagne] Sabotage incendiaire contre l’armée – 27 janvier 2016

Mercredi 27 janvier aux alentours de 2h du matin, une voiture de l’armée allemande a été incendiée. Malgré la rapide intervention des pompiers, le feu a entièrement détruit le véhicule. Les dégâts s’élèvent à plusieurs milliers d’euros.

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Repris de chronik.blanckblogs.org

[Belgique] Solidarité des 4 inculpé.e.s de la destruction de la maquette de la maxi-prison [Mise-à-jour]

Dans le ventre de l’ogre. Procès de la destruction de la maquette de la maxi-prison de haren.

Vendredi 22 janvier, arrivée au palais de justice, ça commence.

indymaquette01Deux camionnettes de keufs sont stationnées sur l’esplanade. Entrée. Premier contrôle des affaires, puis faut se retaper une prise d’identité à l’entrée de la salle et un scan au détecteur. Une personne venue pour le procès sera d’ailleurs arrêtée et enfermée durant toute l’audience sous prétexte d’un défaut de pièce d’identité. Ficher, faire chier, c’est pour ça qu’ils sont là.

On rentre dans la salle. tout le beau monde est en place. Une vice présidente, deux juges, la procureure et les avocatEs. Faut ajouter à ça, les 4 flics en civil et deux autres en uniformes qui sont resté au fond de la salle pendant l’audience. Il ne manquaient que les deux journalistes de télébruxelles pour compléter le tableau. Alors qu’on leur rappelle qu’elles ne sont pas les bienvenues, que personne ne veut être ni filmé ni leur parler, elles décident de rester et invoquent la « liberté de la presse ». Liberté de raconter de la merde ! Les vautours ont filmé des gens rentrer et pris des images par l’entrebâillement de la porte, mais malgré leur insistance, personne ne leur a parlé. Elles avaient l’air de s’en offusquer, peut être pas l’habitude d’être remballées.

Du haut de leur toute puissance, le cerveau en manque d’oxygène, les médias n’arrivent pas à comprendre qu’on ne veut pas faire partie de leur jeu. Toujours à cracher sur les indésirables, leur spectacle est toujours complaisant avec ceux qui s’en mettent plein les poches. Chien de garde ou plutôt toutou à leur mai-maitres, ils savent ce qu’il faut dire ou pas pour garder les relations privilégiées qui leur garantiront une place dans les salles du pouvoir. Gardant précautionneusement le silence sur les causes profondes des événement qu’ils mettent en avant.

Retour dans la salle. Le protocole se met en route. C’est comme à l’école, faut se lever quand les juges rentrent dans la classe, faut se taire pendant qu’ils racontent leur conneries. La juge se met à poser des questions, elle refait le déroulé de l’action, en choisissant bien sûr la version des flics pour décrire les choses. Ne semblant même plus s’en rendre compte, elle se vexe quand son parti pris est relevé. Elle espérait peut-être faire croire à une quelconque objectivité des faits ? La blague. Elle parle aussi des « statuts » (travail, situation). Les échanges sont assez court.

Ca continue avec la procureure qui commence par préciser qu’il ne s’agit pas d’un procès politique, et qu’elle ne veut surtout pas que la Cour croie qu’il s’agit de condamner des idées. oui oui bien sûr. C’est vrai qu’en démocratie on respecte la contestation tout ça tout ça. Tant que c’est fait dans leurs règles, tant que ça ne bouscule pas leur pouvoir, tant qu’on utilise les outils qu’ils nous mettent gentiment entre les mains, on peut toujours crier sagement et la paix sociale sera bien gardée. D’ailleurs pour la défense c’est pareil. Si tu cherches à ne pas être condamné, faudra passer par leur code, leur vocabulaire et trouver l’argent pour les avocats. Autant de moyens pour nous dépossédés de nos vies et nous mettre à leur merci. Ils peuvent bien s’étouffer avec leur hypocrisie et soit-disant impartialité ! Rien n’est neutre, tout est chargé. Pas dupe, on se regarde en chien de faïence et croire qu’on cherche à leur plaire serait la thèse la plus erronée, comme dirait l’autre.

Ensuite elle rentre dans le vif. Elle raconte n’importe quoi, se contredit en utilisant le témoignage du vigile, seul témoin de leur côté, et le surinterprète aussi. Pas étonnant. c’est qu’il s’agit de faire passer l’idée que le groupe avait une attitude menaçante qui a favorisé la destruction de la maquette. En vrai, elles n’ont rien mais faut quand même trouver quelque chose pour pouvoir condamner. alors la « complicité » et « l’incitation à » quand on a pas de preuve matérielle semble devenir monnaie courante. Au moment de parler des peines, elle argumente qu’il ne faudrait pas donner du ferme mais ironise sur le fait qu’un séjour dans les prisons insalubres de st gilles ou de forest permettrait pourtant de faire constater la nécessité de nouvelles taules. Elle veut mettre 150 heures de travaux d’intérêt généraux dans une institution style la régie des bâtiments histoire de faire comprendre l’utilité du système carcéral, réparer le préjudice et permettre ainsi de réintégrer cette « vénérable société ». Trop sympa, bon sauf que personne à envie de travailler pour eux. C’est l’acquittement qui est plaidé, au pire une suspension du prononcé, même si au final, elles trancheront.

Le verdict pour le volet pénal se fait le 19 février. Et le volet civil (les dédommagements pour la maquette) n’aura lieu que plus tard étant donné que l’avocat de la régie des bâtiments a demandé un report d’audience. Le temps, probablement, de faire apparaître le fameux contrat de construction de la maxi-prison, toujours invisible pour le moment. Ce contrat étant censé prouver que la régie est propriétaire de la maquette détruite.

La séance se clôture et tout ça n’est rien à côté de toutes les vies brisées par cette justice qui condamne à tout va. Tapant sur ceux qu’elle fout déjà dans la merde au quotidien. Tellement déconnecté, ils ne captent pas l’absurdité de leur logique comme quand, pendant un procès, ils reprochent à un sans papiers de travailler au noir, ou à un jeune racisé de dealer pour se faire des thunes. Faut respecter leur règle : « les sans papiers c’est dehors », et l’argent ça se gagne dans le cadre de l’esclavage légal. Humiliant et discriminant les gens coincés dans leur filet, ils aiment à rappeler aux indésirables qu’ils peuvent réduire leur vies au périmètre d’une cellule, ou les enchaîner au travail pour payer les quelconques dédommagements ou peines. Faudrait pas qu’ils s’étonnent ensuite quand les coups de bâton se retournent contre eux.

Que crève leur justice, leurs prisons et le monde qu’elles protègent !
Force et courage à touTEs les révoltéEs, dedans comme dehors, battons nous contre le monde qu’ils essayent de nous imposer.

[Publié sur indymedia bxl, 25/01/2016]

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Appel à solidarité des 4 inculpé.e.s de la destruction de la maquette de la maxi-prison

Dans sa course folle aux profits, le capitalisme jette toujours plus de monde dans la précarité et rend notre environnement toujours plus invivable. Face à la misère semée à tout va et à la colère qui gronde, l’Etat investit dans le maintien de l’ordre et construit de nouvelles prisons.

A l’heure où le peuple est contraint de se serrer la ceinture, le gouvernement trouve des milliards pour nous la serrer encore plus fort en construisant des prisons high-tech où s’expérimentent de nouvelles formes de tortures (privations sensorielles et de contacts humains)
Pour la classe dominante, l’avantage est double : les contrats de construction lui assurent de juteux bénéfices et l’appareil sécuritaire ainsi sur-développé lui permet de maintenir ses privilèges et de faire perdurer ce système oppressif et destructeur.

Le Masterplan du gouvernement fédéral prévoit la construction de 7 nouvelles prisons en Belgique. L’une d’entre-elles, la maxi-prison, cristallise les oppositions depuis quelques années. Le gouvernement prévoit d’édifier ce mastodonte carcéral sur le terrain du Keelbeek, à Haren, situé à la périphérie nord de Bruxelles.

Le projet de maxi-prison en quelques chiffres :
# une capacité de 1200 détenu.e.s (hommes, femmes, mineurs et personnes psychiatrisées)
# 19 hectares de terres agricoles et de nature bétonnées
# un partenariat public-privé de 25 ans qui coûtera à l’Etat plus de 3 milliards d’euros. Soit un coût quotidien de minimum 275 euros par détenu.e. Plus de 275 euros par jour consacrés à briser un être humain !
# un lieu situé loin du coeur de Bruxelles, difficilement accessible pour les familles des détenu.e.s

Depuis l’annonce de la construction de la maxi-prison, les réactions sont nombreuses. A Haren, le comité de quartier informe les habitant.e.s et se mobilise contre le projet. Dans les rues de Bruxelles, la maxi-prison ravive la rage anti-carcérale et des groupes bien inspirés s’efforcent de mettre un terme au projet par une série d’actions directes. A Anderlecht, un local de lutte contre la maxi-prison est ouvert pour s’informer, débattre et s’organiser.
Durant l’été 2014, le terrain du Keelbeek est occupé pour empêcher l’avancement du projet. La ZAD de Haren est née (Zone à Défendre). Entre les cabanes dans les arbres et le potager, les opposant.e.s y expérimentent un autre mode de vie, solidaire et auto-géré. L’occupation du terrain prend fin en septembre 2015 suite à l’expulsion musclée des occupant.e.s menée par la police de Bruxelles. Mais aujourd’hui encore, une poignée d’insoumis.e.s occupent un terrain adjacent au Keelbeek et plusieurs maisons abandonnées de Haren.
Cette agitation populaire grandissante contrarie les plans du gouvernement qui lâche sa meute de chiens de garde pour tenter d’étouffer la contestation. Nombre de compagnon.ne.s de lutte subissent perquisitions, filatures, écoutes, intimidations et tentatives d’infiltrations. Mais face à la détermination et à la solidarité, la répression s’avère impuissante.

Le 20 mai 2015 se déroule l’audience publique de la commission de concertation concernant le projet de maxi-prison à Haren. L’avis de la commission n’étant même pas contraignant, cette farce de consultation populaire ne trompe pas grand monde. Le même jour, une quinzaine de personnes décident donc d’exprimer leur opposition au projet en dehors des chemins balisés par le pouvoir et manifestent à l’intérieur de la Régie des bâtiments. La maquette de la maxi-prison exposée dans le hall d’entrée est détruite durant l’action.

La Régie des bâtiments, cette institution corrompue jusqu’au cou, est chargée de gérer le patrimoine immobilier de l’Etat belge et de coordonner la construction des nouvelles prisons. Sans attendre les permis, la Régie des bâtiments a tenté de démarrer les travaux sur le terrain du Keelbeek à plusieurs reprises. Mais à chaque fois, les engins de chantier ont été repoussés par les opposant.e.s.

Alors que son projet est menacé de toutes parts, le pouvoir saisit cette occasion pour tenter d’affaiblir la résistance et nous sommes aujourd’hui quatre à nous retrouver sur le banc des inculpé.e.s pour « destruction de bien mobilier en bande ». C’est le premier procès pour une action contre la maxi-prison. Après un report, la première audience est fixée au 22 janvier 2016 au Palais de justice de Bruxelles.
Pour ce genre d’acte, les peines prévues vont de 1 à 5 ans d’incarcération et la Régie des bâtiments réclame 40.000 euros de dommages et intérêts.

Loin de nous paralyser, ce procès est une opportunité de réaffirmer notre position anti-autoritaire contre toutes les formes de pouvoir, qu’ils soient politiques, médiatiques ou judiciaires. Ils font partie du problème, pas de la solution.
Et avec votre complicité, ce procès sera une occasion supplémentaire de jeter quelques pavés dans le marécage carcéral et de glisser quelques sabots dans la machine.
Poursuivons la lutte contre les prisons et le monde qu’elles protègent !

Et pour faire face aux frais de justice, nous faisons aussi appel à votre solidarité financière.
Si vous récoltez quelques pièces en raclant le fond de vos poches ou en passant le chapeau lors de vos rendez-vous militants, merci de les balancer par ici : BE66 5230 4745 8943 (numéro de compte en banque au nom de « soutien procès maquette »)

Brique par brique
Mur par mur
Détruisons toutes les prisons !

Les 4 inculpé.e.s

[Publié sur indymedia bruxelles, 18 janvier 2016]

[Tunisie] Un bilan sur la répression lors des récentes émeutes

Tunisie: 423 arrestations dans les récentes émeutes

Selon le ministère tunisien de l’Intérieur, les personnes arrêtées sont accusées d’être impliquées dans des actes de vandalisme et de pillage

Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé, samedi, l’arrestation de 723 personnes accusées d’être impliquées dans les actes de violence, de vandalisme et de pillage perpétrés dans le pays depuis le début des protestations contre le chômage, dimanche dernier à Kasserine (ouest).

Walid Louguini, chargé des relations avec la presse au ministère de l’Intérieur, a déclaré à Anadolu que 84 autres personnes ont été arrêtées pour violation du couvre-feu, instauré hier vendredi.

Aussi, 103 agents de police et gendarmes ont été blessés au cours de la dernière période.

Le Chef du gouvernement, Habib Essid, a accusé des « parties destructrices » d’avoir « fomenté les tensions » et « exploité les protestations pacifiques pour piller et saccager ».

Il a affirmé, au cours d’une conférence de presse, à Carthage, que « ces courants qui veulent faire tomber le régime, et imposer le leur, en profitant des protestations des jeunes, seront défaits ».

Depuis mardi dernier, le gouvernorat de Kasserine (Ouest) est en proie à de vives protestations contre le chômage et la corruption.

Au départ, des jeunes sans emplois s’étaient rassemblés devant le siège du gouvernorat pour dénoncer «une manipulation des autorités locales des listes de recrutement dans la fonction publique ».

Les protestations ont progressivement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Des pneus ont été brûlés et la route principale de la vile de Kasserine a été coupée.

La vague de protestations a rapidement gagné d’autres villes, deux jours après la mort d’un jeune manifestant de Kasserine, victime d’électrocution alors qu’il s’agrippait à un poteau électrique pour contester la composition de la liste où ne figurait pas son nom.

Vendredi, des manifestants ont tenté d’envahir le siège du gouvernorat après le refus du gouverneur de sortir à leur rencontre et d’écouter leurs revendications. Un jeune a tenté de se suicider en s’immolant par le feu, avant d’être maîtrisé par d’autres manifestants, a constaté le correspondant d’Anadolu.

trt.net.tr, 24/01/2016

[Berlin, Allemagne] Solidarité incendiaire et émeutière face à l’état d’urgence dans le quartier nord de ‘Friedrichshain’

Dans la nuit du 13 janvier 2016, les flics de Berln ont fait irruption en masse dans le lieu de la ‘Rigaer94’ avec comme justification de mettre la main sur des objets dangereux. Depuis quelques mois, journaleux et politiciens lancent des campagnes nauséabondes sur la ‘Rigaerstrasse’ où existent plusieurs « Hausprojekte » (des lieux de vie et d’expérimentation autonomes autogérés ») qui sont qualifiés de nids « d’extrémistes violents » et de « terreur d’extrême-gauche et anarchiste ». Ceci n’est pas évidemment pas sans lien avec les multiples attaques en direction des flics lorsque ceux-ci investissent le quartier en masse pour mener des contrôles et harceler les gens qui y vivent. Récemment, ce secteur du quartier ‘Friedrichshain’ a été placé comme une « zone dangereuse », ce qui donne l’autorisation aux flics de fouiller et d’arrêter les gens sans justification.

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Dans l’après-midi du 13 janvier, un des multiples contrôles policiers ne s’est pas passé comme prévu: une personne s’est fait frapper après qu’elle ait refusé de montrer ses papiers, ce qui a suscité des réactions des gens témoins de la scène. Le flic a ensuite redoublé de violence et les personnes montrant leur hostilité ont fui en direction du ‘Rigaer94’. Se faisant – comme il se doit – refuser l’entrée dans l’après-midi, les flics sont revenus dans la nuit avec l’aide du SEK (commando d’opérations spéciales) à plus de 500 uniformes dans le quartier – dont 200 spécialement intervenus pour le ‘Rigaer94’ – afin de rentrer en force dans le lieu.

A l’aide d’un hélico, quelques flics sont entrés par le toit, tandis que d’autres détruisaient les vitres du rez-de-chaussée, sont entrés par la chambre d’une famille de voisins afin d’accéder à la cour intérieure. Dans la chambre ne se trouvaient que des enfants, et les flics n’ont pas eu l’autorisation des parents pour entrer. Les keufs se sont alors déchaînés une fois entrés dans le centre social, détruisant la porte d’entrée et plusieurs fenêtres, un escalier et du mobilier, contrôlant les papiers des occupant-es. Les porcs ont continué leurs exactions, en pissant dans le lieu, mettant des bris et morceaux de verre dans les lits, répandant de la mort aux rats dans les pièces… Après avoir donné quelques coups aux occupants du lieu, ils ont ensuite célébré leur opération comme une action de vengeance contre les odieux occupants.

Par la suite, ils ont communiqué et exhibé leurs découvertes « spectaculaires »: des chariots de supermarché, quelques bâtons, des battes et des pierres… Par ailleurs, ils ont embarqué tout le charbon stocké pour l’hiver avec un camion qu’ils avaient affrété spécialement pour l’opération.

Le 14 janvier, un communiqué officiel précise que l’opération des flics (qui s’est entre autre soldée par la porte d’entrée et plusieurs fenêtres détruites) a été menée sans autorisation de la justice.

Durant les jours qui ont suivi, les flics ont occupé le quartier, en stationnant sur les toits des immeubles et dans les rues.

Le dimanche 17 janvier, les flics ont une nouvelle fois perquisitionné le lieu « Rigaer94 ». Ils ont justifié cette nouvelle opération à la suite d’une « agression à l’encontre d’un agent de police » (un sac d’ordures venait d’être balancé sur les flics).

Le 6 février prochain à Berlin, une manifestation est d’ores et déjà prévue contre les zones dangereuses, la terreur policière et en soutien aux lieux de vie et d’expression autonomes.

"La passion pour la liberté est plus forte que toute autorité - Contre l'Etat et la terreur policière! Pour plus de "kilomètre d'anarchie!"

« La passion pour la liberté est plus forte que toute autorité – Contre l’Etat et la terreur policière! Pour plus de « kilomètre d’anarchie! »

"Défendons les structures rebelles - Créons des quartiers solidaires / Soliaire face à la zone de danger" - "Liebig 14" (centre autonome récemment expulsé) ne reste jamais en paix"

« Défendons les structures rebelles – Créons des quartiers solidaires / Soliaire face à la zone de danger » – « Liebig 14″ (centre autonome récemment expulsé) ne reste jamais en paix »

Depuis ces coups répressifs, de multiples attaques et sabotages sont réalisés dans les rues de Berlin, notamment dans les quartiers de ‘Friedrichshain’, ‘Neukolln’ et de ‘Kreuzberg’ [Mise à jour, 31/01/2016]:

  • Tard dans la soirée de mardi 26 janvier dans le quartier berlinois de ‘Neukolln’, un individu a bouté le feu à un fourgon de police garé à ‘Hasenheide’. Malheureusement, un chauffeur de taxi qui était sur les lieux s’est improvisé pompiers bénévole en éteignant les quelques flammes avec un extincteur. Ce beau geste n’est resté qu’une tentative. Le fourgon était vide au moment de l’allumage, puisque tous les flics étaient en intervention au parc à côté.
  • Dans la nuit de lundi 25 à mardi 26 janvier, une camionnette de la société immobilière de luxe « Mähren-Gruppe », garée dans la Wildenbruchstraße, a été incendiée. Dans un communiqué, les auteurs expliquent le rôle de l’entreprise concernant l’augmentation des loyers dans les quartiers de l’est berlinois et plus globalement son travail d’embourgeoisement. Ainsi, elle accompagne le travail des flics dans ses besognes de nettoyage des quartiers au profit des riches. Le communiqué de ce sabotage appelle également à rejoindre la manif du 6 février contre les « zones de danger » et les récents coups répressifs envers les lieux d’auto-organisation.

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  • Jeudi 21 janvier 2016 vers 3h du matin, deux voitures de luxe ont été incendiées: une Porsche ‘Cayenne’ d’une valeur de 66.000 euros à ‘Friedrichshain’ et une autre ‘Carrera’ d’une valeur de 96.000 euros dans une rue du quartier ‘Neukolln’. Trois containers à poubelle ont été aussi été incendiés. Un communiqué de « groupes autonomes » revendiquant le sabotage incendiaire des deux porsche (220.000 euros de dégâts en tout) appellent à multiplier les attaques en solidarité face à la répression et aux menaces d’expulsion qui pèsent sur les lieux de vie autonomes auto-gérés.

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  • 165844Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 janvier 2016 à ‘Wedding’, le bureau de Ralf Wieland, président de la chambre des députés de Berlin et membre du SPD, s’est fait péter plusieurs vitres en réponse à la terreur policière contre les centres sociaux de la ‘Rigaerstrasse’.

Voici le communiqué:

« Tom Schreiber, tu t’es amusé comme un petit fou lorsque tes porcs ont déboulé dans les maisons de la Rigaerstrasse.

La nuit dernière, nous avons trouvé amusant de détruire les vitres du bureau du SPD de la Bellermannstr à Wedding. Nous avons également laissé un message qui correspond à tes capacités linguistiques.

Ce fut vraiment une nuit froide, mais pour toi nous sommes prêts à tout! […] »

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  • Dans la nuit du 14 au 15 janvier, une voiture électrique de la Deutsche-Bahn, garée dans la Christinenstraße, a été incendiée. Le sabotage a été revendiqué:

Motivés par l’attaque des porcs contre les « Hausprojekte » ‘Rigaer94’ et ‘Liebig34’ et leurs tentatives continues de pacifier la Rigaer Straße par des coups de matraque, nous avons cette nuit incendié un véhicule électrique de la DB Christinenstraße.

Par cette action, nous envoyons nos salutations enflammées aux habitant-es du quartier nord de ‘Friedrichshain’, en solidarité rebelle avec vos efforts pour un voisinage solidaire et résistant.

Pendant que les flics vont s’occuper ces prochains jours de piquer les pavés des cours intérieures de Friedrichshain, nous espérons d’autres attaques dans les rues de cette ville.

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  • Le 14 janvier entre 2h et 3h du matin, des passants ont remarqué et signalé aux flics que des flammes commençaient à embraser une voiture ‘opel’ de la société ‘ThyssenKrupp’, garé Alexandrinenstraße à ‘Kreuzberg’. Malheureusement, les flammes ont été éteintes peu de temps après par les pompiers, rapidement prévenus par les flics. L’action n’a pas été revendiquée.

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  • Le 13 janvier, les flics ont investi en masse le quartier ‘Friedrichshain après qu’un flic en opération ait été blessé aux alentours de midi. Les bleus – omniprésents dans les rues, sur les toits jusqu’aux caves des immeubles – n’ont pas mené leur sale travail sans encombres: vers 22h30/23h, un véhicule de patrouille a été sérieusement endommagé par des jets de pierre dans le secteur de la Frankfurter allee. Un peu plus tôt, des poubelles ont été incendiées un peu partout dans le secteur, tandis que des engins pyrotechnique étaient propulsés en direction des véhicules de police.

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Au cours de la nuit du 5 au 6 décembre 2015, des incendies de voitures de bourges ont éclairé les rues de plusieurs quartiers de Berlin. Cette soirée incendiaire a commencé vers 23h40 Löwestraße à Friedrichshain (à 500m de la Rigaerstrasse), où un 4X4 de type ‘Mercedes’ est détruit par les flammes. Une heure plus tard, c’est de nouveau un véhicule de luxe qui est incendié à ‘Staaken’ dans la Schulstraße (à l’ouest du quartier ‘Spandau’) : la voiture ‘Mercedes Class-A’ est entièrement crâmée. Vers 1h40, c’est un 4X4 de type ‘BMW X3’ qui est incendié. Les flammes endommagent une voiture garée à côté. Enfin, vers 2h à Neukölln deux voitures appartenant au concessionnaire ‘Suzuki’* situé Weserstraße  sont incendiées : ce sabotage incendiaire a été revendiqué dans un communiqué à la mémoire d’Alexis Grigoropoulos (qui s’est fait descendre par les flics il y a 7 ans à Athènes) et en souvenir de la rage insurrectionnelle qui a explosé immédiatement partout dans le pays.

Carcasse de 'Suzuki'

Carcasses des deux ‘Suzuki’

NdT: *A noter que ‘Suzuki’ est une parfaite cible dans ce contexte, puisque l’entreprise automobile fournit ses motos à la police grecque. Voir quelques photos ici

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Hors de contrôle : notre solidarité contre leur répression

Début octobre, un jour après un attaque incendiaire visant le ‘Liebig 94’ (espace autogéré), le préfet de police et le ministère de l’intérieur se sont rencontrés pour prendre des mesures contre le milieu autonome actif autour du secteur de la ‘Rigaer Straße’.

La zone de danger

Une de ses mesures est l’officialisation d’une zone de danger (à Berlin: zone réputée de criminalité) à la Rigaer et les rues environnantes. Il y a quelques temps déjà, les flics patrouillaient dans la rue par des va-et-vient avec des fourgons remplis.

Mais depuis fin octobre, cet aspect énervant s’est transformé en état de siège. Jour et nuit, et particulièrement le week-end, ont lieu en masse des contrôles d’identité et des fouilles.

Ce sont la plupart du temps les plus jeunes personnes qui se trouvent à proximité de ces projets et semblent correspondre à l’épouvantail de l’autonome. C’est une tentative de pacifier un quartier et de le transformer en « zone de non droit » pour ceux qui ne correspondent pas à l’image d’une ville « propre » et assimilable. Le fait que chacun puisse circuler librement est rendu presque impossible, particulièrement pour les illégaux et les personnes dépourvues de droit de séjour.
Ca arrive fréquemment, comme c’est une coutume chez les flics berlinois, qu’il y aient des arrestations et des agressions violentes sur les personnes contrôlées. Lorsqu’il ne se passe strictement rien, des délits sont inventés et des gens sont détenus de manière arbitraire. […]
161939Hormis la surveillance directe et le contrôle de la rue, les flics et le sénat tentent, par des affiches et de la propagande conçues pour l’occasion, d’appeler une partie de la population à balancer et à faire des signalements sur leur site. Régulièrement, des « actions de nettoyage » sont menées pour nettoyer les murs et enlever affiches multicolore et graffitis informatifs. Un hélicoptère vole fréquemment au-dessus de la rue en faisant des va-et-vient, ou stagne parfois aussi pendant une demi-heure au-dessus de la Dorfplatz, le carrefour des rues ‘Rigaer‘ et ‘Liebig‘.

Un exemple de répression et de résistance

Le vendredi 27 novembre 2015, les flics ont assiégé à plus de 200la Rigaer Straße durant toute la nuit et ont contrôlé 91 personnes d’après la presse. Certaines personnes ciblées sont restées pendant de longues heures dans le panier à salade des flics sous une température glaciale. Beaucoup de personnes se sont montrées solidaires et se sont mis en route pour la Rigaer Straße. Mais la plupart des personnes avaient déjà été arrêtées par les flics dans les rues environnantes et envoyées en GAV pour 48h. D’autres avaient été stoppées par les flics en partant de la gare de la Frankfurter Allee et forcées dans le même temps de remonter dans le prochain train.
Mais au lieu de se laisser intimider, les gens se sont défendus en partie avec des engins pyrotechniques et ont réagi en construisant une barricade et en incendiant une voiture de luxe dans le secteur et autour de la zone de danger. Merci à tous ceux qui nous ont rejoins et qui se sont montrés solidaires selon leurs possibilités.
Cette journée a montré aux flics leur échec à ramener le calme dans le quartier, et ce malgré l’état de siège. Aujourd’hui comme hier, des personnes continuent à résister dans la rue et ne se plient pas à la violence des dominants.

Faisons de toute la ville une zone de danger !

Montrons aux dominants que le quartier rebelle de la ‘Rigaer’ ne se laisse pas pacifier ! Restons solides, incontrôlables et ne nous laissons pas intimider par la terreur policière ! […]

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« La zone de danger » dans le quartier Friedrichshain à Berlin

[Traduit partiellement de linksunten indymedia, 11 Dezember 2016]

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D’autres articles au sujet de l’agitation autour du quartier de la Rigaer Straße:

 

[Londres, Angleterre] Pendant que les services à l’immigration travaillent…

noborder2Dans la matinée du vendredi 15 janvier, une alerte a été donnée comme quoi des agents à l’immigration prenaient la direction de Camberwell, au sud de Londres. Ils ont été vus aux côtés des flics chez un marchand de journaux sur ‘Camberwell road’. Apparemment, l’ordre leur avait été donné par le ‘Conseil’ d’aller vérifier la licence de vente d’alcool qui paraissait « suspecte » à cause du fait qu’un des travailleurs ne parle pas bien anglais. C’est pour cela que les services à l’immigration ont été appelés.

Tandis que les agents de l’Etat avaient bloqué l’accès au magasin, un homme à l’intérieur a été arrêté pour « délit à l’immigration ». Pendant ce temps, les pneus d’un de leurs camions garé à l’extérieur ont tous été crevés. Ces camions sont utilisés pour arrêter des sans-papiers chaque semaine à travers Londres ont par le passé été la cible de sabotages [Voir ici et ].

[Traduit librement de Rabble, 20 january 2016]

[Calais] Blocage de rocade et affrontements avec les flics juste après l’ultimatum de la préf’ – 20 janvier 2016

Calais : un ultimatum lancé aux migrants pour évacuer une partie de la « jungle »

Parallèlement à ce déménagement forcé, les autorités ont créé un camp en dur de conteneurs chauffés, baptisé le Centre d’accueil provisoire (CAP).

Un arrêté préfectoral a été affiché mardi dans la partie de la « jungle » de Calais qui doit devenir une bande de 100 mètres déboisée, donnant un délai de 24 heures aux derniers « commerces » pour quitter cette zone, a indiqué mercredi la préfecture du Pas-de-Calais. « Il est fait commandement aux occupants sans droit ni titre du site dit de La Lande à Calais de quitter et libérer de toutes personnes et de tous biens l’emprise correspondant à une bande de 100 mètres de largeur (…), et ce, au plus tard dans un délai de 24 heures à compter de la publication » du texte, peut-on lire dans cet arrêté transmis et daté du 19 janvier.

« Passé ce délai, à défaut d’avoir quitté les lieux, il sera procédé à l’évacuation (…), si nécessaire avec le concours de la force publique », peut-on également lire. L’arrêté ayant été affiché dans le camp mardi en début d’après-midi, le délai pour l’évacuation expire donc ce mercredi vers 13-14 heures, mais cela ne signifie pas que les forces de l’ordre interviendront immédiatement pour éloigner les récalcitrants, selon une source en contact avec les autorités. D’autant que, selon des correspondants de l’AFP présents sur place, il restait mercredi une petite dizaine de commerces (épiceries, cantines) qui n’avaient pas encore quitté la bande de 100 mètres. Ces commerces seraient au nombre de six, d’après une source bien informée.

4 000 migrants

Tous les migrants qui vivaient sous des tentes plantées dans cette zone ont d’ores et déjà quitté les lieux. Des travaux de défrichement ont débuté lundi dans le calme dans deux secteurs du camp de migrants de Calais. Avec cette zone défrichée à l’aide de bulldozers, les autorités souhaitent empêcher les intrusions sur la rocade portuaire, où des migrants, masqués par la végétation, tentent de monter à bord des camions embarquant pour Douvres. Il s’agit aussi de protéger les riverains et les migrants des risques d’accident. Parallèlement à ce déménagement, les autorités ont créé un camp en dur de conteneurs chauffés, baptisé le Centre d’accueil provisoire (CAP).

Dans la nuit de mardi à mercredi, « 405 personnes y ont été hébergées et il y a 465 personnes inscrites pour la nuit prochaine », a fait savoir la préfecture. Il est prévu que, d’ici fin janvier, le CAP puisse accueillir jusqu’à 1 500 migrants. Environ 4 000 migrants, venus majoritairement d’Afrique de l’Est, du Moyen-Orient et d’Afghanistan, vivent dans la « jungle » de Calais, considérée comme le plus grand bidonville de France, dans l’espoir d’atteindre l’Angleterre, considérée par eux comme un eldorado.

lepoint.fr via afp, 20/01/2016 à 11h42

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Calais : heurts entre migrants et policiers

Des incidents ont éclaté mardi soir sur la rocade portuaire de Calais (Pas-de-Calais). Ils ont opposé plusieurs centaines de migrants aux forces de l’ordre, qui ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour rétablir le calme.

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Pendant près d’une heure, un important dispositif policier a tenté de contenir entre 200 à 300 migrants, qui ont mis le feu sur la chaussée avec des détritus et de la végétation dans le but de freiner le trafic.

Alors qu’un épais nuage de fumée était visible sur plusieurs centaines de mètres en provenance de l’entrée de la «Jungle» (un bidonville où se trouvent des migrants) en raison des gaz lacrymogènes, la chaussée a finalement été dégagée et les migrants ont été repoussés vers 22 heures.

Ces incidents surviennent après que la préfecture du Pas-de-Calais a fixé aux derniers migrants, par mesure de sécurité, un ultimatum qui expirait en début d’après-midi pour quitter une bande de 100m déboisée de la «Jungle» le long de la rocade. En instaurant cette bande de 100m, les autorités souhaitent empêcher les intrusions sur la rocade portuaire. Des migrants, dissimulés par la végétation, tentent en effet de monter à bord des camions embarquant pour Douvres (Royaume-Uni). Le dispositif sert aussi à protéger les riverains et les migrants des risques d’accident. Les incidents de mercredi soir sont les plus importants depuis la mise en place de cette bande de 100 mètres.

Des centaines de migrants souhaitant rejoindre la Grande-Bretagne, qu’ils considèrent comme un eldorado, tentent régulièrement de ralentir le trafic routier afin de pouvoir monter dans des camions où ils se cachent. La très forte présence policière ne les empêche pas de renouveler leur geste. Au moins 4 000, venant principalement d’Afrique de l’Est, du Moyen-Orient et d’Afghanistan, vivent dans le bidonville dans des conditions très précaires.

leparisien.fr, 21/06/2016