Dans la semaine du 23 au 29 mars 2015, de belles choses se sont passées à Besançon. Et le fait que rien de cela n’ait été évoqué dans la presse quotidienne régionale n’a rien d’étonnant: il ne faudrait surtout pas propager ces gestes insoumis nuisibles pour le pouvoir et ses larbins. Quoi qu’il en soit, celles et ceux qui vivent ou circulent dans ces quartiers ont pu constater quelques actes offensifs contre ceux qui réévaluent les quartiers de la ville.
Archives de catégorie : Répression
[Suisse] Actions contre les responsables des politiques migratoires à Lucerne et à Zürich
Dans la matinée du lundi 23 mars 2015, un groupe de solidaires a occupé l’office pour la migration (Amigra*) à Lucerne. Dans un communiqué; le groupe évoque les motivations de l’action qui sont liées à deux tentatives de suicide de réfugiés récemment en raison de leurs conditions d’existence inhumaines » et de misère (menacés de rafles et d’enfermement chaque jour à cause des papiers manquants; logements d’urgence insalubres; de « vivre » chaque jour avec un bon de 10frcs suisses ce qui représente que dalle en Suisse, d’autant plus que les réfugiés ne peuvent pas mieux subvenir à leurs besoins vitaux en travaillant (en Suisse, le travail leur est interdit).
En solidarité avec les réfugiés et les occupant-es à Lucerne, des banderoles ont été suspendues dans plusieurs villes dont Berne et Zürich. Voici un court texte annonçant la suspension d’une banderole à Zürich mardi 24 mars 2015, en solidarité avec les personnes qui sont déboutées du droit d’asile:

« L’année dernière, au moins 3419 réfugiés mouraient dans la mer méditerrannée en tentant de franchir les frontières extérieures surveillées et militarisées de l’Europe. Le régime de frontière européen s’accommodent de ces morts de manière consciente, mais la résistance se fait aussi sentir depuis longtemps. […]
Nous appelons à se montrer solidaires et à venir en grand nombre à la manifestation du samedi 28 mars 2015 à Lucerne 16h00 à Theaterplatz**
Pour un monde sans frontières, libéré de l’oppression et de l’exploitation !
Aucune personne n’est illégale !
*****************************************************************************************************
En solidarité avec l’occupation de le bureau pour la migration à Lucerne du lundi 23/03/2015, l’Office des migrations à Zürich a été agrémenté de couleur dans la nuit de mercredi. – Refugees welcome! Stop deportation!
L’attaque à la peinture est une expression de notre lutte politique (sic!) contre la construction de la nation et de la race, dans laquelle les gens sont divisés en légaux et illégaux. C’est une expression de notre rejet du mécanisme capitaliste qui soumet les gens à la logique d’exploitation, […] alimente la guerre et l’impérialisme et ainsi qui contraint chaque jour des milliers de personnes à fuir.
En solidarité avec les militants à Lucerne, nous avons fait un geste contre les politiques migratoires en Suisse et la répression systematique des migrants.
Rasons les clôtures ! – Faisons sauter les frontières ! – Surmontons le capitalisme !
Solidarité internationale contre l’exploitation et l’oppression !
Traduit de ch.indymedia.org/de, 24 mars 2015 à 14h11
NdT:
*Pour Amt für Migration
« Ils ne vivent pas en marge de la société, mais sont invisibles parmi nous. On les perçoit seulement quand on les entend crier par hasard. Sans-papiers ou dans un statut d’immigré non réglementé, ils attendent pendant de longues années une réponse.
Nous allons dans la rue le 28 mars pour montrer notre solidarité.
Aucune personne n’est illégale !
Drouit de rester pour tou-te-s !«

l’affiche
[Publication] Sortie de ‘Ricochets’ n°4
Publié sur lacavale.be
[Mexique] Libération sous caution d’Amélie, Fallon et Carlos – 13 mars 2015
Mexique : Amélie, Carlos et Fallon sortent de prison sous caution !
Finalement, après avoir été acquittés le 27 février 2015 de l’accusation du parquet fédéral pour le délit de dommages sous forme d’incendies et en payant une caution pour la sentence de 2 ans et 7 mois pour les délits d’attaque à la paix publique et de dommages, les compagnon-ne-s Amélie Trudeau et Fallon Roullier ainsi que Carlos Lopez « Chivo » ont été placés en « liberté sous caution » le 13 mars.
Parce qu’elles sont de nationalité canadienne, les compagnonnes Amélie et Fallon ont été emmenées directement à une station de l’Institut National de Migration, une prison pour ceux qui n’ont pas les papiers nécessaires pour passer les frontières imposées par les États et le Capital. Une prison dans laquelle passent des centaines de personnes en attente d’une décision sur leur situation pour le fait de ne pas avoir de papiers. Une prison comme toutes les prisons, dans laquelle règnent la maltraitance, les humiliations, le harcèlement, l’insalubrité, etc. Elles sont restées plusieurs jours dans cet endroit. À cause des conditions du lieu –visites restreintes et peu d’informations– la situation des compagnonnes était peu claire, jusqu’à ce qu’elle furent déportées dans leur lieu d’origine le 23 mars.
Si plusieurs jours sont passés depuis la sortie de prison des compagnon-ne-s, il nous paraît important de diffuser cette information pour actualiser la situation de nos compagnons emprisonnés.
Le fait d’avoir été acquittés d’une des accusations, pour nous, plus que nous parler d’innocence ou de culpabilité, cela nous indique que l’État a mal monté son théâtre répressif et qu’à cause de cela il a fini par s’écrouler, comme cela s’est produit avec l’accusation de Terrorisme qu’ils ont eu pendant 40 jours et pour laquelle ils ont été au Centre National d’Arraigos [voir ici, NdT].
Nous pensons que peut-être que pour le prochain coup répressif l’Etat visera mieux, c’est pourquoi nous appelons à réaliser un exercice constant de réflexion sur nos pratiques de sécurité, ainsi qu’à être préparé-e-s, car nous sommes sûrs que la campagne anti-anarchistes de l’État mexicain continuera.
Cela nous remplit de joie que nos compagnon-ne-s soient de nouveau dans la rue !
Même si les prisonnier-e-s nous manquent !
Liberté pour Fernando Bárcenas, Abraham Cortés et Luis Fernando Sotelo !
À bas les murs de toutes les prisons !
Croix Noire Anarchiste Mexico
[Traduit de l’espagnol par non-fides de Abajolosmuros.]
[Lille] Attaques à la peinture contre la gentrification et les expulseurs – 24 mars 2015
Dans la nuit du 23 au 24 ont été attaquées à coup de peinture les façades de la mairie, de la gendarmerie, de la Mangouste anciennement occupée et de la maison du hip-hop. Nous avons choisi ces cibles pour nous opposer à la réhabilitation des quartiers populaires et à la politique de la ville qui expulse les pauvres pour rendre ses quartiers plus rentables pour les promoteurs immobiliers.
Le Chti d’Arras, ancien lieu d’activité et de vie occupé illégalement pendant plusieurs années (où se déroulaient notamment des concerts et autres événements hip-hop) s’est vue expulsé et remplacé par « la maison du hiphop » ou « Centre Européen de Culture Urbaine ». Un bon moyen pour la mairie de récupérer ce qui se faisait déjà sans elle, de le décharger de tout ce qui s’y faisait de subversif, et d’en faire un produit culturel-commercial.
De nombreuses pratiques rentrent de fait en contradiction avec leur logique. Que ce soit en occupant des terrains, des immeubles et des maisons vacantes, ou lors de grèves de loyers, pour se loger ou pour expérimenter de nouveaux rapports sociaux, on se retrouve rapidement confronté à la répression. En témoigne l’expulsion récente de la Mangouste* (bâtiment vide depuis plusieurs années et appartenant à l’institut pasteur), squatt situé en plein centre de Lille, très visible, ouvert sur le quartier et donc gênant pour la mairie. Les moyens déployés à cette occasion (nombre important des forces de polices, quartier bloqué pendant toute la matinée) montre en effet leur volonté de saper à la base toute initiative d’organisation qui ne leur soit pas subordonnée. Il existe encore plusieurs lieux occupés, notamment l’Insoumise (bouquinerie où de nombreuses discussions, projections de films… ont lieu), qui sont eux aussi expulsables.
Nous n’entendons pas les laisser faire, ni n’attendons une permission ou droit de leur part. Nous n’aurons que ce que nous saurons prendre. Nous appelons à la solidarité entre tous ceux qui luttent et qui subissent la politique économique et sociale de l’état et de ses sbires.
Guerre à ce vieux monde. ACAB.


l’ancien squat de ‘La Mangouste’

Le nouveau lieu culturel pour bobos
Publié sur indymedia lille, 24 mars 2015
NdCNE:
*Pour rappel:
[Montreal, Canada] Voitures de police et banques défoncées durant une manif nocturne sauvage des étudiants – 24 mars 2015
Manifestation nocturne mouvementée à Montréal
Quelques milliers de manifestants ont défilé au centre-ville de Montréal mardi soir, dans le cadre de la grève étudiante. Des affrontements se sont produits entre manifestants et policiers. Quatre arrestations ont été effectuées et trois personnes ont été blessées : deux manifestants et un policier.
La marche a rapidement été déclarée illégale, parce que les manifestants n’ont pas fourni leur itinéraire à la police, conformément au règlement P-6.
Des escarmouches se sont produites coin René-Lévesque et Saint-Laurent, après que des manifestants aient lancé des pièces pyrotechniques.
Des manifestants ont ensuite porté des coups de bâtons et lancé des objets aux policiers, qui ont répliqué à l’aide de matraques et de gaz lacrymogènes. Les manifestants se sont divisés en plusieurs groupes.
Certains protestataires prenaient des matériaux urbains comme des cônes pour bloquer le boulevard René-Lévesque aux automobilistes. Les vitres de voitures de police ont par la suite été fracassées. De la peinture a aussi été lancée sur d’autres voitures de police.

Les vitrines de deux banques ont également été fracassées.
Des policiers ont utilisé du poivre de Cayenne dans d’autres confrontations. Des manifestants ont tenté de venir à la rescousse des leurs en lançant divers projectiles. Une forte déflagration a été entendue près de policiers.
L’ordre de dispersion lancé à 22 h 45
Le SPVM a lancé un ordre de dispersion vers 22 h 45, après un face-à-face d’une vingtaine de minutes. Cela n’a pas empêché la grande masse de manifestants de poursuivre leur marche. Les policiers ont tenté à au moins trois reprises de les diviser en petits groupes, mais les protestataires sont parvenus à se réunir de nouveau.
Les forces de l’ordre ont finalement réussi leur manoeuvre en employant du gaz lacrymogène à l’angle de l’avenue du Docteur-Penfield et de la rue de la Montagne.
Les manifestants s’étaient rassemblés à 21 h au parc Émilie-Gamelin. L’événement était organisé par le Mouvement étudiant révolutionnaire, qui se décrit comme « une association réunissant de jeunes communistes révolutionnaires et anticapitalistes ». Dès le départ, on notait une forte présence policière.
Le cortège s’est mis en marche peu après 21 h et la manifestation a rapidement été déclarée illégale. Les manifestants ont scandé « à nous la rue ».
Plusieurs manifestants portaient un masque malgré le règlement P-6 les interdisant pendant une manifestation. Le SPVM a lancé un avertissement à ce sujet peu après le début de la marche.
L’événement est baptisé « Esti de grosse manif de soir », sur le site de Printemps 2015.
Manifestation à Québec
Par ailleurs, à Québec, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées à 21 h devant le Parlement pour protester contre les politiques d’austérité du gouvernement Couillard.
Après que la manifestation eût été déclarée illégale, plusieurs manifestants sont sortis du périmètre de sécurité fermé par les policiers autour de la fontaine de Tourny, mais ils ont été rapidement rattrapés.
Les policiers ont érigé un autre périmètre de sécurité et ont attendu environ une heure avant de procéder à une centaine d’arrestations.
La plupart des manifestants ont reçu un constat d’infraction et ont pu rentrer chez eux.
Brasse-camarade entre policiers et manifestants en matinée à Montréal
Mardi midi, de nouveaux affrontements entre policiers et manifestants se sont produits devant l’hôtel Reine-Élizabeth de Montréal, à l’occasion d’un rassemblement d’environ 80 personnes organisé dans le cadre du mouvement de grève étudiante.
Trois personnes ont été arrêtées pour des voies de fait et une autre a reçu une contravention parce qu’elle portait un masque, et contrevenait ainsi au règlement municipal P-6.
Une trentaine de personnes ont aussi été arrêtées de manière préventive.
Leur presse – radiocanada, 24/03/2015
[…] Une vitrine d’une succursale de la banque CIBC a été fracassée par des casseurs à la grande désapprobation de la majorité des manifestants qui ont alors crié: «Oh Non! Non!». […]
En début de nuit, le SPVM a fait savoir que quatre personnes avaient été arrêtées pour voie de fait ou agression armée. Six ou sept voitures ont aussi été abîmées, selon le corps policier.
Leur presse – la presse canadienne, 25/03/2015 à 00h34
[Mouscron] Biiiimm les quatre contrôleurs de la SNCB !
Quatre contrôleurs de la SNCB ont été pris à partie par plusieurs jeunes samedi matin en gare de Mouscron. L’agression ferait suite à un « strict » contrôle de fêtards dans le train Tournai-Mouscron. Les quatre contrôleurs ont été hospitalisés pour des blessures à des degrés divers. Le dossier est au stade de l’information au niveau du parquet de Tournai-Mons.
Les services de secours de Mouscron ont été alertés samedi matin, à 07h57, que plusieurs personnes avaient été blessées lors d’une rixe sur le quai de la gare de Mouscron. Deux ambulances ont été dépêchées sur place. Les secouristes ont pris en charge deux blessés légers et deux personnes plus grièvement atteintes.
Les quatre victimes, des contrôleurs de la SNCB, ont été admises au CHM, le centre hospitalier de Mouscron. Pour une des victimes, les urgentistes ont dû poser de nombreux points de suture.
Dans le cadre de cette affaire, trois jeunes gens ont été interpellés par la police. Ce dossier n’a pas été mis à l’instruction et reste au stade de l’information auprès des autorités judiciaires de l’arrondissement de Mons-Tournai.
« Les trois personnes interpellées sont des jeunes qui revenaient du carnaval de Tournai. Ces jeunes, qui étaient probablement sous l’emprise de la boisson, n’ont pas eu le temps de prendre un ticket de train. Depuis février dernier, le règlement de la SNCB a été modifié. Toute personne qui n’est pas en possession d’un billet de transport est astreinte à une surtaxe. Ce qui était le cas. Il n’y a pas eu de discours très commercial de la part du contrôleur qui a imposé cette taxe. La politique commerciale de la SNCB n’est pas étrangère à une telle situation. Je le regrette et une demande d’enquête a été ordonnée. Il y aura une suite judiciaire à cette affaire. Qu’on nous laisse le temps d’analyser précisément la situation« , nous déclarait dimanche à 14h30 Christian Henry, procureur du roi de Tournai-Mons.
De son côté, la SNCB confirme qu’il y a eu une agression, sans toutefois donner de détails sur celle-ci. « Comme toujours lors de ce type d’événements, nous condamnons fermement de tels actes et nous nous réservons le droit d’introduire des actions vis-à-vis des personnes à l’origine de l’agression« , a indiqué dimanche un porte-parole de la société.
Leur presse – belga, 15 mars 2015 à 16h14
_______________________________________________________________
À la suite de l’agression samedi de quatre accompagnateurs de train et de la grève spontanée de lundi, la SNCB et les organisations syndicales ont organisé une réunion paritaire du groupe anti-agression. Une série de mesures ont été décidées, dont un renforcement des équipes Securail* et une prise de contact avec le procureur du Roi, indique la SNCB dans un communiqué.
« Je suis scandalisé que des collaborateurs, à savoir des accompagnateurs pourtant tant appréciés dans toutes les enquêtes de satisfaction, soient sauvagement agressés dans le cadre d’un simple contrôle« , déclare Jo Cornu, administrateur délégué de la SNCB, cité dans le communiqué. « Il est normal que chaque voyageur soit muni d’un billet et que les accompagnateurs de train puissent les contrôler sans être agressés.«
Le communiqué précise que la SCNB mettra « tout en oeuvre pour faire valoir ses droits et soutenir ses collaborateurs ». Jo Cornu a envoyé ce lundi un courrier de soutien aux accompagnateurs de train victimes d’une agression physique ce week-end, précise encore la SNCB
[…]
Leur presse – rtbf.be, 16/03/2015
NdCNE:
*La police ferroviaire en Belgique est composée d’agents de sécurité de plusieurs entreprises et du service national de police ferroviaire (B-Sécurity et Securail, qui ont été respectivement créées en mars 1999 et le 14 septembre 2004. Leurs fonctions actuelles sont la surveillance des infrastructures ferroviaires par vidéosurveillance, assurer la sécurité des contrôleurs lors de leurs opérations; B-security s’est spécialisée entre autre dans la lutte contre les vols de métaux, les tagueurs et le vandalisme).
Elles ont toutes également pour but d’harceler et de chasser les sdf des halls de gare (dans la matinée du 25 octobre 2014 à la gare du Midi de Bruxelles, un agent de Securail a reçu un coup de cutter alors qu’il harcelait un SDF qui dormait)
Sur le plan international, Colpofer, l’organisation internationale pour les services de sécurité des chemins de fer, a lancé un groupe de travail ‘Graffiti’ auquel CSS collabore activement.
[Hambourg] Attaque contre l’université en raison de la tenue du congrès de police vert – 20 mars 2015
Dans la nuit du 20 mars 2015, des inconnus ont détruit les vitres de l’entrée de l’université d’Hambourg.
En plus des vitres pétées, « si verte, si bleue », « FCK CPS » [Nique les flics, NdT] et un A cerclé ont été tagués, et qui accueillent maintenant tous ceux qui veulent entrer dans le bâtiment.
Cette attaque a été faite en lien avec le congrès vert/alternatif de la police qui avait lieu le lendemain matin. Par cela, flics, politiciens et universitaires veulent recycler les appareils de répression et rendre plus performant le fonctionnement de la normalité oppressive.
Ca ne semble pas plaire à tout le monde….
Traduit de linksunten, 21 mars 2015 à 16h07
[Grande-Bretagne] Luttes de sans-papiers dans 8 centres de rétention et solidarité active à l’extérieur – Mars 2015
Depuis le début du mois de mars, les sans-papiers sont en lutte contre les conditions de rétention. Au centre de rétention pour femmes de Yarl’s Wood, plusieurs retenues ont occupé la cour de promenade et protesté pendant deux nuits d’affilée.
Dimanche 8 mars dans l’après-midi; environ 200 migrants enfermés au centre de rétention d’Harmondsworth ont protesté et ont annoncé qu’ils commençaient une grève de la faim (les protestations de migrants ont débuté la semaine précédente dans ce centre et régulièrement des manifs bruyantes en solidarité se tiennent devant).
La veille (07/03/2015), une manifestation s’est tenue devant les deux prisons pour étrangers à l’aéroport de Heathrow (Londres) en solidarité avec les migrants: pendant deux heures, un petit groupe de solidaires ont fait un peu de bordel devant les lieux d’enfermement en secouant les barrières. A Colnbrook, quelques retenus ont répondu en sortant dans la cour de promenade en criant « Liberté » , « Laissez-nous sortir »… A Harmondsworth, les retenus frappaient sur les fenêtres en brandissant des pancartes pour la liberté. Un message parvenu des personnes détenues disait: « Nous avons vu ce qui s’est passé aujourd’hui et nous voulons vraiment dire un grand merci pour votre soutien. Nous, les détenus … avons besoin de votre aide et de votre soutien ».
Le 10 mars, 50 sans-papiers étaient en grève de la faim à Tinsley House, des manifs ont aussi eu lieu à Brook House (une expulsion a été empêchée vers 18h car des solidaires se sont agrippés au pare-brise des expulseurs et ont bloqué la route en direction de l’aéroport; 4 personnes ont été arrêtées lors de cette action). Une grève de la faim a débuté à Moreton Hall (Nottinghamshire). Dans la matinée; des manifs se sont tenues devant les bureaux du ministère de l’intérieur à Victoria, ainsi que devant les quatre prisons à Heathrow et à Gatwick.
Depuis dimanche 15 mars, la lutte des sans-papiers s’est étendue à huit centres de rétention à travers le Royaume-Uni. Les retenus du centre de rétention de Dungavel en Ecosse (à côté de Glasgow) et de Douvres refusent la nourriture. Les six autres prisons dans lesquelles les migrants luttent sont celles de Yarl’s Wood (Bedfordshire), Harmondsworth et Colnbrook (aéroport de Heathrow à Londres), Tinsley House et Brook House (à côté de l’aéroport de Gatwick), à Moreton Hall (Nottinghamshire).

A Harmondsworth, le 9 mars
Le nouveau site Detained Voice répand la voix des personnes à l’intérieur. Voici quelques fragments des derniers jours (plus d’infos sur le site):
Colnbrook. jeudi 12 mars:
« Au Colnebrook, plus de 20 personnes sont en grève de la faim. Et nous allons à l’extérieur mais les officiers ont fermé les portes et nous ne pouvons pas aller à l’extérieur. J’ai fait la grève pendant cinq jours et personne nous a questionné. Personne s’en soucie. Que nous mangions ou pas, que nous sortions ou pas, tout le monde s’en fout. C’est très mauvais ici. Vous ne pouvez pas le croire. C’est très mauvais pour tout le monde ».
Harmondsworth. vendredi 13 mars:
« La réponse à la protestation, c’est comme s’ils n’avaient d’oreilles pour entendre, n’ont pas de cœur qui bat. »
« L’eau a été coupée pour toute la journée. Non, ce n’était pas pour des travaux d’entretien parce que si vous voyez ils ont fermé l’ensemble de l’unité. L’aile complète a été fermée pour toute la journée. Parce que si vous voyez, il y a aussi des gens musulmans là-bas qui ont l’habitude de prier cinq fois par jour et ils ne pouvaient pas utiliser les toilettes, et ils ne pouvaient pas utiliser l’eau ou quoi que ce soit pour prier . J’entends qu’ils disent qu’il a été fermée pendant une heure ou pour près de six chambres, mais ce n’était pas fermé pour l’aile entière pas seulement pour six chambres, et ça a été fermée pendant toute la journée.«
« Ils ne se soucient pas de ce que nous faisons à l’intérieur. Nous sommes en train de mourir. A cause des protestation hier, un de mes potes est allé à l’hôpital à cause de cela, parce qu’il est tombé malade. Il a commencé à vomir parce qu’il ne mangeait pas. Il était en grève de la faim, il est tombé malade et a commencé à vomir, et maintenant nous ne savons pas où il est…. »
Douvres, vendredi 13 mars:
« Nous ne mangeons au centre de rétention de Douvres. Nous sommes en grève. IL y a déjà la moitié des gens qui participent à la grève. Nous nous organisons et parlons avec tous les gens. Nous sommes des êtres humains. »
Dungavel, vendredi 13 mars 2015:
« Environ 60 personnes sont en grève de la faim depuis lundi à Dungavel. Ils ne mangent pas parce qu’ils sont mécontents de la façon dont ils sont traités depuis longtemps. Nous voulons voir le ministre de l’Immigration et nous voulons parler de beaucoup de choses qui se sont mal passés. Il ya beaucoup de choses à demander:
Pourquoi les assistants sociaux disent des mensonges?
Nous voulons une date limitant la détention des gens.
Evidemment, la plupart des gens viennent de Londres et nous sommes près de Glasgow. Environ 80% sont de Londres et nous sommes donc loin de familles et amis. C’est difficile d’y aller et très coûteux.
Les conditions dans lesquelles nous vivons – 8 personnes dans une chambre. Trop de personnes par chambre.
Quelqu’un a déjà été à l’hôpital et ils l’ont mis dans une pièce sécurisée pour la surveillance. »
Dungavel. dimanche 15 mars :
« Il y a environ 70 personnes qui continuent de protester à Dungavel. Ils refusent d’aller à la cuisine pour manger. Il y avait une protestation de gens de l’extérieur. Il y avait la police et le STV. Nous ne pouvons pas vraiment les voir à cause des murs, mais ça fait du bien de les entendre. Ca montre que le message passe, ce que nous essayons de réaliser. »
Comme ces déclarations le montrent clairement, l’approche des autorités pénitenciaire est la force brutale et l’isolement, sachant que quelques-uns entendront les voix qui traversent les murs.
La solidarité active est indispensable.
Les prisonniers demandent à maintes reprises que nous répandions leurs mots et de faire savoir à davantage de gens ce qui se passe à l’intérieur de ces prisons en grande partie oubliées.
Juste un petit groupe ou un individu criant à travers les murs peut aider à stimuler la force de ceux qui sont en grève de la faim. Devant la plupart des centres de rétention britanniques, il est toujours possible de s’approcher des cellules où les gens sont retenus, ainsi nous pouvons communiquer visuellement et avec le son.
Mais le régime des frontières est tout autour de nous. Nous pouvons nous-mêmes attaquer ça où que nous soyons.
Le ministère de l’intérieur britannique a signé et administre des bureaux, des cellules de rétention, et des bases d’où ils lancent des rafles, dans de nombreuses villes. Voici une liste de quelques adresses pour leurs équipes qui exécutent.
Une grande partie de leur travail de gestion des centres de détention est sous-traitée par des entreprises privées, dont Mitie [1], G4S et Serco [2], qui ont également des bureaux à travers le pays et partout dans le monde.
Traduit de plusieurs comptes-rendus publiés sur Rabble
D’autres infos sur network23.org/antiraids
NdT:
[1] Entreprise fournissant des services dans de nombreux secteurs (éducation, gestion de biens immobiliers, transport & communication, informatique…). Elle est surtout connue pour « s’engager au développement des services innovants et rentables dans le secteur pénitenciaire, les tribunaux d’instance, la police ainsi que les services d’immigration et de probation. Cela va des services de gardiennage, de gestion des prisons aux installations pour détenus sans-papiers.
[2] Société de services qui s’enrichit en intervenant dans les transports, le nucléaire [elle gère entre autre l’Atomic Weapons Establishment (AWE)], la défense (appuie les forces armées d’un certain nombre de pays à travers le monde, dont le Royaume-Uni, États-Unis et en Australie, travaillant sur terre, mer, air, l’armement nucléaire et aéronautique). Elle a construit sa « renommée » pour son étroite collaboration avec les services d’immigration britanniques du ministère de l’intérieur; elle gère le centre de rétention pour femmes de Yarl’s Wood (ouvert en 2001 et exclusivement géré par SERCO depuis 2001) – parmi d’autres prisons telles que Villawood (New South Wales); Maribyrnong, Victoria; Darwin, (Northern Territory) ainsi que plusieurs à l’ouest de l’Australie au côté de G4S (Perth et Christmas Island). Travaille également pour le compte de l’UK Border Agency (UKBA), qui planifient les rafles et les expulsions. En plus de tout ça, elle fournit des matons dans six prisons britanniques (HMP Dovegate; HMP & YOI Doncaster; HMP Lowdham Grange; HMP Kilmarnock; HMP Ashfield; HMP Thameside) et à deux prisons en Australie (prison Acacia et le Centre correctionnel de Borallon).
[Allemagne] Attaques en marge de la journée émeutière du 18 mars à Francfort
Vers 7h ce mercredi 18 mars, les émeutes ont rapidement éclaté aux alentours du nouveau bâtiment de la BCE à Francfort. Quatre véhicules de police brûlaient alors qu’ils étaient garés devant un comico (caillassé lui aussi); les routes et carrefours d’accès étaient bloqués par des barricades en feu afin d’empêcher flics et pompiers d’intyervenir. Plus tôt dans la nuit, la société immobilière de luxe ‘Von Polls’ a été ravagée et l’agence immobilière rendue inutilisable pour un petit moment: les assaillants prenaient la fuite alors que les flics se faisaient bloquer l’accès par des barricades soigneusement installées à travers les rues.

Durant une bonne partie de la matinée, pavés et bouteilles de peinture ont volé sur les flics, les bâtiments administratifs (dont la mairie), près d’une dizaine de véhicules de police, des berlines et voitures ont été incendiés (35 véhicules endommagés rien que dans le quartier d’Ostand 35); un tramway a perdu ses vitres et a été tagué; plusieurs agences bancaires/immobilières et commerces ont été attaqués (une banque située Opernplatz a reçu des pierres en fin de journée) …
Au total, 350 manifestants ont été arrêtés; 220 ont été blessés; Entre 73 et 88 policiers ont été blessés.



L’agence ‘Tesla’ à l’OpernTurm et une agence immobilière à l’Opernplatz

La mairie


******************************************************************************************************************
Bloccupy : action antimilitarisme contre deux sociétés d’armement
Durant cette journée, quelques manifestants ont profité des multiples appels à bloquer le centre-ville (où se concentrait les forces de l’ordre) pour aller mener une action contre deux entreprises d’armement qui ont leurs usines à Francfort. 150 antimilitaristes se sont déplacés aux sièges de Diehl et de ThyssenKrupp: outre des fumis, slogans inscrit sur le sol et quelques discours énoncés*, les entrées et murs des usines respectives ont été recouverts de tags et de peinture.

NdT:
*Durant lesquels ont été rappelés:
- que Diehl fabrique et vend entre autres des munitions et missiles, ainsi que des systèmes de renseignement, se charge aussi d’équiper et de réparer des véhicules militaires (idem dans l’aviation),
- que Thyssenkrupp produit et commercialise des armes depuis plus de 150 ans (a participé aux deux guerres mondiales et s’est grassement enrichie durant le régime nazi.
***********************************************************************************************************
Quelques attaques nocturnes qui ont été menées à Berlin et à Francfort en marge de cette journée d’appels à bloquer et à manifester dans le centre-ville ultra-surveillé :
[Berlin] Banque Santander détruite à ‘Prenzlauer Berg’
Dans la nuit du 18 au 19 mars, nous avons agi contre la banque Santander avec des marteaux et des pierres à Schönhauser Allee. Huit vitres ont été brisées [1].
Nous nous solidarisons avec toutes les formes de protestation choisies qui ont été soutenues hier dans la rue à Francfort. Contre les autorités de répression et les conditions dominantes ici et partout !
Pour le 18M, jour des festivités officielles de l’inauguration de la BCE, qui ont été accompagnées d’une armée de 10.000 flics et de manifestations de masse dans tout Francfort, nous utilisons le calme à Berlin pour exprimer notre solidarité les anarchistes visé-e-s par la répression à Barcelone (opération Pandora) et pour envoyer de chaleureuses saluations à Mainhattan.
Nous avons choisi une succursale de la Santander Bank car elle est un modèle pour de nombreuses institutions financières et d’investissement cyniques. La banque espagnole Santander est l’une des plus grandes institutions bancaires à travers le monde; Elle entretient des relations avec l’industrie de l’armement et investit massivement dans le commerce d’armes, dans les entreprises qui fabriquent et vendent toutes sortes d’armes, de bombes, d’explosifs, de missiles, d’armes nucléaires, etc…; à côté des nombreux autres investissements controversés, tels que le financement des entreprises destructrices de l’environnement, la banque Santander est impliquée dans la Compañía Española de Seguros de Crédito a la Exportación (CESCE), une agence de crédit à l’exportation, qui est responsable de la dette extérieure de l’Europe du sud (d’au moins 3,5 millions. d’euros par an) et qui constitue ainsi un facteur d’appauvrissement de ces pays; La banque Santander est la seule institution financière qui gère le flux d’argent dans les prisons espagnoles, ce qui correspond à environ 100 millions d’euros par an; elle est également impliquée comme de nombreuses grosses banques dans les expulsions forcées qui sont en lien à la crise du logement en cours…
Les institutions, qui s’enrichissent par la souffrance, l’appauvrissement, la guerre et l’exploitation, ainsi que par la répression des personnes ciblées, ne méritent aucune façade intacte !
Notre solidarité contre leur arrogance !
Destroïka toute la merde !

NdT:
[1] Outre l’attaque aux pavés de la banque Santander de la ‘Schönhauser Allee’, l’agence bancaire de la Sparkasse [« Caisse d’épargne »] de la ‘Landsberger Allee’, ainsi que le siège de la société des transports berlinois de la BVG, située dans le quartier de Mitte, ont également reçu des pavés dans la façade plus tard durant la même nuit. Ces deux attaques n’ont pas été revendiquées.


les bureaux de la BVG
*****************************************************************************************************************
Dans la nuit de lundi à mardi (16 au 17 mars, NdT), une attaque à la peinture a été perpétrée contre la société ‘Siemens’ à Francfort-Niederrad!
Une action dans le cadre de l’appel à la destroïka.
FIGHT THE COPS!
BURN THE PRISONS!
KILL THE SYSTEM!
HATE CAPITALISM!
********************************************************************************************************
Francfort: des installations électriques et de communication incendiées
L’axe de la populace a frappé. Nous avons foutu le feu dans l’intention d’affecter durablement l’alimentation électrique et la connexion au réseau des gros centres informatiques de la DeutscheBank, de la Kommerzbank, de la bourse allemande et beaucoup d’autres à Eschborn.
A la périphérie d’Eschborn près de l’A66 le 16 mars à 5h00 du matin, les fils d’un poteau électrique et trois boîtiers électriques de Vodafone ont été la proie des flammes.
Bien que du côté de l’Etat on a tenté de cacher une interruption de la routine capitaliste d’un blackout le lundi, les pannes dans la télécommunication et l’alimentation électrique, ainsi que l’intervention d’un gros contingent de pompiers tôt dans la matinée, ne sont pas passés inaperçus à Francfort.
Smash BCE






