Tag Archives: Royaume-Uni

[Angleterre] « Swaleside brûle » – Révolte dans l’une des trois prisons de l’île de Sheppey

île de Sheppey, Angleterre : « Swaleside brûle » Émeute de 6 heures à la prison de ‘Swaleside’

Jeudi 23 décembre, une autre mutinerie a éclaté sur le sol britannique, cette fois-ci l’explosion de rage a eu lieu dans la prison de ‘Swaleside’, puisque 60 prisonniers masqués ont pris le contrôle d’une aile de la catégorie B du centre pénitentiaire sur l’île de Sheppey [1].

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[Birmingham, Angleterre] Au sujet de la mutinerie la plus dévastatrice depuis plus de 20 ans

Dans la nuit du vendredi 16 décembre, une mutinerie a éclaté à la prison de Birmingham, connue sous le nom de ‘Winson Green’. Pendant près de douze heures, les nombreuses unités de police anti-émeute n’ont pas pu contenir la rage qui n’a fait que se répandre au fil des heures dans les bâtiments de la prison. Au moins quatre ailes de la taule ont été saccagées : des spots de lumière et des caméras ont été détruits, plongeant l’aile ‘N’ dans l’obscurité totale ; des documents administratifs ont été cramés. La salle de dépôt du matériel de sécurité (casques, boucliers, armes…), ainsi que la salle de sport et la pharmacie, ont été prises d’assaut et pillé par les émeutiers.

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[South Shields, Angleterre] Incendie d’un véhicule de la mairie

councilukUne personne anonyme (anarchiste) a incendié un véhicule de la mairie dans la Pine Avenue, South Shields (Tyneside)¹ dans les premières heures du jeudi 9 novembre 2016. Il n’y a eu aucune couverture médiatique à propos de cet incendie.

Ce fourgon a été incendié en tant qu’attaque directe contre la municipalité, l’autorité locale et les conseillers afin de causer des perturbations et des dommages économiques. La personne type de la classe ouvrière au Royaume-Uni s’appauvrit de plus en plus chaque mois et a de plus en plus de mal à survivre, tandis que les gros richards de la municipalité s’enrichissent grâce aux tickets de stationnement, aux amendes pour avoir jeté des détritus par terre ou avoir sorti des poubelles au mouvais moment, et d’autres prétendus délits…

NdT:

¹Ville du nord-est de l’Angleterre, comptant près de 83.000 habitant-es

[Traduit de l’anglais de 325]

[Londres, Angleterre] Agitation anarchiste autour de la prison de Brixton

From Rabble / June 19, 2016

Voici des images de deux des multiples affiches visibles dans les rues du quartier de Brixton la semaine dernière. Avec comme titre « Détruire la société carcérale », des images et des textes remémorent les révoltes des années passées, y compris les soulèvements de Brixton dans les années 80.

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From Rabble / June 19, 2016

Quelques petites actions de solidarité ont eu lieu au cours de ces derniers jours avec les prisonniers anarchistes de partout et avec tous les migrants attaqués par ce système pourri et la société carcérale !

Des slogans de solidarité ont été inscrits et des flyers jetés à proximité des murs de la prison de Brixton au sud de Londres.

Rasons les camps de rétention et les prisons !

"Détruisons les frontières - Détruisons les prisons / Nous sommes tous des migrants (A)"

« Détruisons les frontières – Détruisons les prisons / Nous sommes tous des migrants (A) »

Parmi les flyers: "Feu aux prisons"; "La Liberté fleurira sur les cendres des prisons"

Parmi les flyers: « Feu aux prisons »; « La Liberté fleurira sur les cendres des prisons »

[Londres, Angleterre] Les chiens de garde des frontières dégagés en pleine opération de rafle

deptford-posterLundi 13 juin 2016, des gens ont dégagé des flics du service de l’immigration alors qu’ils menaient une rafle visant les travailleurs de magasin de la Deptford High Street: ils ont attaqué un fourgon des flics au service de l’immigration alors que les uniformes étaient partis. La nuit suivante, des affiches sont apparues tout le long de la Deptford High Street pour informer sur ce qui s’était passé la veille. Il est important de rester vigilants. Il est possible que le résistance à cette opération ait découragé les flics : après la résistance de l’été dernier sur le marché de East Street, il n’y a plus eu une seule visite pendant au moins un an. Mais ceci ne peut certainement pas être considéré comme acquis, ils peuvent revenir n’importe quel jour pour se venger.

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[Londres, GB] Joyeux bordel devant le centre de rétention d’Harmondsworth – 25 décembre 2015

Un groupe de plus de 20 personnes vêtues de noir est apparu de nulle part au camp de concentration d’Harmondsworth près de l’aéroport d’Heathrow hier en solidarité avec ceux qui, fuyant les guerres ou la famine ou cherchant simplement une « vie meilleure », se sont retrouvés méprisés et criminalisés, des indésirables enfermés hors de la vue du monde civilisé.

Ils ne s’y sont pas rendus pour faire appel au dialogue et à l’intégration, mais pour briser le silence et l’indifférence, eux qui sont aussi étrangers à un monde dans lequel ils refusent de s’impliquer. Invisibles, ils sont passés en rang d’énormes entrepôts humains (Harmondsworth est le plus grand centre de rétention d’Europe) entourés de hautes clôtures et de barbelés à l’un des principaux bâtiments de rétention. Diverses banderoles et un drapeau noir avec un ‘A’ cerclé ont été tenus, accompagnés d’un sound system tonitruant, de l’agitation, des poings serrés et des coups de pieds dans les barrières, tandis que le contact téléphonique continu a été maintenu avec quelques personnes enfermées à l’intérieur.

Après 20-30 minutes, une bande de matons, suivie rapidement de 4 véhicules de police dans la zone où les gens échangeaient des salutations passionnées alors que les personnes en captivité ont pris conscience de ce qu’il se passait. Des ombres noires se sont révélées vivement au moment où les retenus se sont appuyés contre les fenêtres scellées en s’agitant, criant et frappant. La manifestation s’est déroulée pendant plus d’une heure, en ignorant la présence des merdes en uniforme autour d’elle.

Lorsque le groupe a décidé de partir à son propre rythme, son attention s’est tournée vers les flics et les matons. Les tensions ont commencé à augmenter. Les flics ont fait irruption avec hystérie, attrapant quelques personnes par derrière et les plaquant au sol. Deux personnes ont été arrêtées et relâchées plus tard.

Une rencontre brève, un regain de passion, de force, d’amour rebelle et de rage, des deux côtés des barbelés.

Un moment d’affirmation et de fusion, un petit pas pour sortir du bourbier de la routine et de la résignation.

Et un rappel…

Les frontières ne disparaîtront pas toutes seules ! La solidarité signifie l’attaque ! [1]

Quelques indésirables

NdT:

[1] Slogan d’une des banderoles du rassemblement

[Londres] Actions directes contre la gentrification – Avril 2015

Samedi 25 avril, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Brixton (quartier sud de Londres) pour protester contre la gentrification en cours et notamment l’augmentation des loyers dits « sociaux » et les expulsions locatives. La manif, appelée par Reclaim Brixton, a rassemblé des milliers de personnes, au cours de laquelle plusieurs carrefours, rues et voies de transports urbains ont été bloqués.

Plusieurs actions ont eu lieu durant l’après-midi:

  • la mairie a été envahie et brièvement occupée: une banderole disant « Respecter l’existence ou Attendez-vous à de la Résistance » a été suspendue au balcon.
  • des gens ont grimpé sur le toit du cinéma Ritzy ont changé l’annonce par « Resist Evictions ».
  • Une société de crédit a été entourée par une foule en colère.
  • L’agence immobilière Foxtons sur Brixton Road a eu la moitié de sa façade vitrée tombée en miettes sous les fortes acclamations de la foule. « Yuppies* dégagez! » a été inscrit en gros sur l’autre moitié. Une rangée de flics s’est positionnée pour protéger l’agence et une personne a été arrêtée dans la foulée pour cette attaque.
  • L’agence pour l’emploi, une annexe du poste de police dans le marché ainsi q’une boutique de charité Barnardos (tristement célèbre pour gérer les prisons pour sans-papiers aux côtés de l’entreprise de sécurité G4S) ont aussi eu leurs fenêtres brisées).

  • Le commissariat principal de police a été pris d’assaut par la foule. Des échauffourées ont eu lieu et les flics ont fait usage de leurs matraques et de gaz lacrymogènes.

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Lettres changées

Lettres changées

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"Nous devons dévaster les avenues où vivent les riches - Lucy Parsons (1853-1942)"

« Nous devons dévaster les avenues où vivent les riches – Lucy Parsons (1853-1942)« 

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5-6 persones ont été arrêtées à l’issue de la journée. Une manif de solidarité s’est tenue devant le commissariat ce dimanche 26 avril. Toutes ont été relâchées avant 18h et au moins une personne est poursuivie.

[Reformulé de la presse britannique et de R(A)bble, 25/04/2015]

Ndt:

* « Jeunes cadres dynamiques », que l’on peut traduire par « bobos »

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Londres: revendication d’une attaque d’un fourgon de police

Une fissure a été faite dans le mur de la prison durant la manif nocturne du 2 avril [1] contre l’expulsion de Chiltern House, un bâtiment qui a été occupé par des squatters en solidarité avec les résidents des environs de la propriété abandonnée Aylesbury, destiné à être

démoli par le conseil (municipal) de Southwark. Une propriété qui est entièrement entourée d’un mur et surveillée par une entreprise de sécurité privée*, qui fait partie de la société carcérale forcée mais aussi auto-imposée. En tant qu’anarchistes, tout comme le font nos amis qui occupent la propriété dans le cadre de la vague de gentrification qui balaie des parties énormes de l’enfer urbain du capital, nous voyons le conseil de Southwark modeler le paysage urbain pour plus de contrôle autoritaire, pousser les exclus toujours plus loin de la ville, hors de vue et de l’esprit comme ils disent!

Nous avons décidé de ne pas participer à la manifestation, restant plutôt à l’affût de notre moment pour attaquer, qui s’est présenté par un fourgon de flics vide à la propriété. Notre rage s’est traduite par la destruction des fenêtres du véhicule quelques minutes après que les porcs l’aient tous quittés de leur propre gré. Les flics ont été attaqués parce qu’ils sont autant de matons de notre existence quotidienne dans cette île-prison comme peuvent l’être n’importe quel politicien et agent de sécurité.

Nous n’attendrons pas d’être expulsés… au lieu de ça nous allons à l’attaque !

ACAT (All Cops Are Targets) [Tous les flics sont des cibles, NdT]

*qui ont attaqué physiquement des amis et intimidé des résidents à la propriété Aylesbury. NE PENSEZ PAS QUE NOUS AVONS OUBLIE VOTRE MERDE DE SECURITE !

Traduit de l’anglais de in the belly of the beast, 5 April 2015

NdT:

[1] Un compte-rendu de la manif publié sur R(A)bble

Londres : 140,000 livres de clôtures d’Aylesbury détruites

fencesAujourd’hui [2 avril 2015, NdT], une cohue de 150 personnes a démoli des parties de la clôture métallique de 8 pieds de haut entourant l’occupation Aylesbury et d’autres immeubles d’apparts de l’ouest de la propriété.
Aujourd’hui c’était aussi l’audience au tribunal pour ordonner l’expulsion de l’occupation.
Le résultat de la procédure légale étant si prévisible que personne n’a prêté attention au jugement. Ils ont plutôt opté pour l’action directe.
La clôture « Aylesbury Alcatraz » de 700 mètres a été érigée précipitemment comme une réponse aux occupations successives de trois immeubles d’apparts sur le « First Development Site ». Voué à la démolition, ce domaine est désormais largement dépeuplé. Pourtant, les locataires restants ont été contraints de vivre dans des conditions semblables à une forteresse, avec une forte présence de sécurité 24h/24 et de longs détours jusqu’à une seule porte d’entrée et de sortie.
Avec quelques flics en vue, un sound system et pas mal d’énergie, la manif était fixée aux environs de 19h de Burgess Park en direction de l’occupation. Des cordes ont été jetées sur les pointes métalliques de la barrière, et avec un peu de force collective, elles sont tombées sous le regard nerveux des gardiens de sécurité à l’intérieur de l’enceinte. Après quelques échauffourées, la foule a continué. Une fenêtre d’un fourgon de flics a été endommagée. Une autre barrière a été visée – l’ensemble de la partie a été mise à terre. La foule s’est déplacée encore du côté sud, a arraché individuellement des parties en acier de la clôture, avant de finir la journée. A ce moment, davantage de flics se sont amassés et l’objectif avait été atteint.

Dans les mots des occupant-es : « Les barrières sont tombées ! Victoire à Aylesbury ! Même si nous perdons au tribunal, nous gagnons dans la rue ! »

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La zone protégée et surveillée est celle en bleu clair

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[Grande-Bretagne] Lettre de la prisonnière anarchiste Emma Sheppard – Mars 2015

Les prisons ne fonctionnent pour personne, sauf pour ceux qui en profitent

cat1La nuit dernière, j’ai vu la lune et une étoile. C’était la première fois depuis longtemps. Ca m’a fait penser à tous mes amis, anciens et récents, et je me suis demandé ce qu’ils ont fait sous la lumière. Je me sens si chanceuse de faire partie d’un réseau de personnes aussi grand. Rien ne semble impossible quand nous savons que nous avons du soutien. Mais pendant ce temps, ces pensées me rendaient la prison supportable. Je n’oublierai jamais la violence du système.

Les prisons sont presque pleines. Ainsi, ils en construisent davantage. De Topshop à Tesco, DHL à Lend Lease, et de Virgin à Geoamey [1], il y a beaucoup d’argent dans le régime carcéral. Maintenant privées, les ‘Community Rehabilitation Companies’ [entreprises de réinsertion, NdT] font fonctionner le service probatoire. Christopher Grayling a annoncé une autre « initiative de réinsertion » pour le ministère de la justice. Les prisonniers créeront des sacs de sable, des poteaux de clôture, de l’équipement pour les forces armées, dans le but « d’apprendre d’importantes nouvelles aptitudes » et « la valeur de dures journées de travail ».

Le terme de réinsertion n’est jamais loin dans l’enceinte de ces murs. Mais la prison a une ombre étendue : elle isole, sépare et détruit des vies. Beaucoup de choses ont été écrites récemment à propos de la condition des femmes en prison. Même Vicky Pryce, ex-femme d’un député conservateur a appelé au changement. Mais tandis que les femmes en prison ont certainement, pour employer le langage des matons, des « besoins complexes », les appels à la réforme établis sur des principes genrés simplifient le problème à outrance. Les prisons ne fonctionnent pour personne, sauf pour ceux qui en profitent.

Et qu’est-ce que signifie le terme même de « réinsertion » ? Se repentir pour ses crimes ? S’écraser devant des systèmes prétendument bienveillants qui nous sont proposés comme « des choix » ? la réinsertion est utilisée comme une carotte après laquelle nous sommes supposés courir. Mais je ne participerai pas à une course visant à faire des sacs de sable. Il n’y a pas de réinsertion dans un IPP, CSC ou un seg [2]. Lorsque les gens sont dégagés sans avertissement : ce n’est pas de la réinsertion.

Assata Shakur a décrit l’un de ces nombreux procès spectacle auquel elle a été soumise. Tandis qu’en aucune manière je ne me compare à elle, je partage sincérement son sentiment :

« Participer à un procès dans le New Jersey était dénué de principe et incorrect. Par le fait de participer, je prenais part à ma propre oppression. J’aurais du mieux connaître et ne pas donner de crédit à cette honte. Dans cette longue course, nous ne pouvons faire appel qu’à la population. Nous sommes les seules personnes à pouvoir nous libérer. »

Certaines personnes réussissent à se désintoxiquer en prison, la plupart rechutent. Certaines abandonnent leurs relations abusives, la plupart replongent. Tout comme le mythe de « la protection » que la police perpétue, la réinsertion est une façade commode pour cacher un système violent. Les décisions que les gens prennent en prison peuvent leur bénéficier ou leur nuire. Mais n’importe quel changement positif pris par l’individu se produit en dépit de et non pas grâce aux « opportunités » qu’il reçoit. Je n’oublierai jamais les barbelés et le bruit des clés dans la porte mais même si l’on m’enferme, je ne suis pas seule.

Amitiés,

Em x.

Traduit de ABC Bristol, 4 avril 2015

Les articles au sujet de la prisonnière anarchiste Emma Sheppard

NdT:

[1] En France, plusieurs entreprises exploitent les détenus à leurs guises: SODEXO leur sert d’intermédiaire pour leur fournir une main d’oeuvre bon marché (deux fois moins chère): confectionner les pièces des Airbus, des équipements et réparations pour la société JC Decaux… la liste est longue

[2] IPP pour ‘Imprisonment for Public Protection’ ou ‘Indeterminate sentence for Publics Protection: c’est une loi qui signifie que les détenus peuvent être maintenus en prison après que leur peine soit terminée pour la «protection du public» et même si cette loi a été abolie en 2012, plus de 5000 personnes sont toujours enfermés sous cette loi. Elle est destinée aux détenus (y compris pour des « délits mineurs ») pour n’importe quel prétexte (surtout lorsqu’il s’agit d’actes de révolte contre l’enfermement et ses agents). Les personnes concernées par cette loi n’ont aucune idée du moment où ils seront libérés, et certains pourraient être maintenus en taule le reste de leur vie.
CSC pour ‘Close Supervison Centres’ : en gros un régime d’isolement spécial pour certains détenus. Une prison dans la prison. Deux brochures au sujet des CSC sont disponibles sur le site de l’ABC Bristol (voir ici : https://bristolabc.wordpress.com/2012/04/26/close-supervision-centres-torture-units-in-the-uk-new-pamphlet-from-bristolabc-april-2012/ et là : https://bristolabc.wordpress.com/2013/08/03/close-supervision-centres-in-the-uk-2-a-brief-follow-up/)
Seg = Segregation = Solitary confinement. L’isolement.

[Grande-Bretagne] Luttes de sans-papiers dans 8 centres de rétention et solidarité active à l’extérieur – Mars 2015

Harmondsworth-detention-c-006Depuis le début du mois de mars, les sans-papiers sont en lutte contre les conditions de rétention. Au centre de rétention pour femmes de Yarl’s Wood, plusieurs retenues ont occupé la cour de promenade et protesté pendant deux nuits d’affilée.

Dimanche 8 mars dans l’après-midi; environ 200 migrants enfermés au centre de rétention d’Harmondsworth ont protesté et ont annoncé qu’ils commençaient une grève de la faim (les protestations de migrants ont débuté la semaine précédente dans ce centre et régulièrement des manifs bruyantes en solidarité se tiennent devant).

La veille (07/03/2015), une manifestation s’est tenue devant les deux prisons pour étrangers à l’aéroport de Heathrow (Londres) en solidarité avec les migrants: pendant deux heures, un petit groupe de solidaires ont fait un peu de bordel devant les lieux d’enfermement en secouant les barrières. A Colnbrook, quelques retenus ont répondu en sortant dans la cour de promenade en criant « Liberté » , « Laissez-nous sortir »… A Harmondsworth, les retenus frappaient sur les fenêtres en brandissant des pancartes pour la liberté.  Un message parvenu des personnes détenues disait: « Nous avons vu ce qui s’est passé aujourd’hui et nous voulons vraiment dire un grand merci pour votre soutien. Nous, les détenus … avons besoin de votre aide et de votre soutien ».

Le 10 mars, 50 sans-papiers étaient en grève de la faim à Tinsley House, des manifs ont aussi eu lieu à Brook House (une expulsion a été empêchée vers 18h car des solidaires se sont agrippés au pare-brise des expulseurs et ont bloqué la route en direction de l’aéroport; 4 personnes ont été arrêtées lors de cette action). Une grève de la faim a débuté à Moreton Hall (Nottinghamshire). Dans la matinée; des manifs se sont tenues devant les bureaux du ministère de l’intérieur à Victoria, ainsi que devant les quatre prisons à Heathrow et à Gatwick.

Depuis dimanche 15 mars, la lutte des sans-papiers s’est étendue à huit centres de rétention à travers le Royaume-Uni. Les retenus du centre de rétention de Dungavel en Ecosse (à côté de Glasgow) et de Douvres refusent la nourriture. Les six autres prisons dans lesquelles les migrants luttent sont celles de Yarl’s Wood (Bedfordshire), Harmondsworth et Colnbrook (aéroport de Heathrow à Londres), Tinsley House et Brook House (à côté de l’aéroport de Gatwick), à Moreton Hall (Nottinghamshire).

A Harmondsworth, le 9 mars

A Harmondsworth, le 9 mars

Le nouveau site Detained Voice répand la voix des personnes à l’intérieur. Voici quelques fragments des derniers jours (plus d’infos sur le site):

Colnbrook. jeudi 12 mars:

« Au Colnebrook, plus de 20 personnes sont en grève de la faim. Et nous allons à l’extérieur mais les officiers ont fermé les portes et nous ne pouvons pas aller à l’extérieur. J’ai fait la grève pendant cinq jours et personne nous a questionné. Personne s’en soucie. Que nous mangions ou pas, que nous sortions ou pas, tout le monde s’en fout. C’est très mauvais ici. Vous ne pouvez pas le croire. C’est très mauvais pour tout le monde ».

Harmondsworth. vendredi 13 mars:

« La réponse à la protestation, c’est comme s’ils n’avaient d’oreilles pour entendre, n’ont pas de cœur qui bat. »

« L’eau a été coupée pour toute la journée. Non, ce n’était pas pour des travaux d’entretien parce que si vous voyez ils ont fermé l’ensemble de l’unité. L’aile complète a été fermée pour toute la journée. Parce que si vous voyez, il y a aussi des gens musulmans là-bas qui ont l’habitude de prier cinq fois par jour et ils ne pouvaient pas utiliser les toilettes, et ils ne pouvaient pas utiliser l’eau ou quoi que ce soit pour prier . J’entends qu’ils disent qu’il a été fermée pendant une heure ou pour près de six chambres, mais ce n’était pas fermé pour l’aile entière pas seulement pour six chambres, et ça a été fermée pendant toute la journée.« 

« Ils ne se soucient pas de ce que nous faisons à l’intérieur. Nous sommes en train de mourir. A cause des protestation hier, un de mes potes est allé à l’hôpital à cause de cela, parce qu’il est tombé malade. Il a commencé à vomir parce qu’il ne mangeait pas. Il était en grève de la faim, il est tombé malade et a commencé à vomir, et maintenant nous ne savons pas où il est…. »

Douvres, vendredi 13 mars:

« Nous ne mangeons au centre de rétention de Douvres. Nous sommes en grève. IL y a déjà la moitié des gens qui participent à la grève. Nous nous organisons et parlons avec tous les gens. Nous sommes des êtres humains. »

Dungavel, vendredi 13 mars 2015:

« Environ 60 personnes sont en grève de la faim depuis lundi à Dungavel. Ils ne mangent pas parce qu’ils sont mécontents de la façon dont ils sont traités depuis longtemps. Nous voulons voir le ministre de l’Immigration et nous voulons parler de beaucoup de choses qui se sont mal passés. Il ya beaucoup de choses à demander:

Pourquoi les assistants sociaux disent des mensonges?

Nous voulons une date limitant la détention des gens.

Evidemment, la plupart des gens viennent de Londres et nous sommes près de Glasgow. Environ 80% sont de Londres et nous sommes donc loin de familles et amis. C’est difficile d’y aller et très coûteux.

Les conditions dans lesquelles nous vivons – 8 personnes dans une chambre. Trop de personnes par chambre.

Quelqu’un a déjà été à l’hôpital et ils l’ont mis dans une pièce sécurisée pour la surveillance. »

Dungavel. dimanche 15 mars :

« Il y a environ 70 personnes qui continuent de protester à Dungavel. Ils refusent d’aller à la cuisine pour manger. Il y avait une protestation de gens de l’extérieur. Il y avait la police et le STV. Nous ne pouvons pas vraiment les voir à cause des murs, mais ça fait du bien de les entendre. Ca montre que le message passe, ce que nous essayons de réaliser. »

Comme ces déclarations le montrent clairement, l’approche des autorités pénitenciaire est la force brutale et l’isolement, sachant que quelques-uns entendront les voix qui traversent les murs.

La solidarité active est indispensable.

Les prisonniers demandent à maintes reprises que nous répandions leurs mots et de faire savoir à davantage de gens ce qui se passe à l’intérieur de ces prisons en grande partie oubliées.

Juste un petit groupe ou un individu criant à travers les murs peut aider à stimuler la force de ceux qui sont en grève de la faim. Devant la plupart des centres de rétention britanniques, il est toujours possible de s’approcher des cellules où les gens sont retenus, ainsi nous pouvons communiquer visuellement et avec le son.

Mais le régime des frontières est tout autour de nous. Nous pouvons nous-mêmes attaquer ça où que nous soyons.

Le ministère de l’intérieur britannique a signé et administre des bureaux, des cellules de rétention, et des bases d’où ils lancent des rafles, dans de nombreuses villes. Voici une liste de quelques adresses pour leurs équipes qui exécutent.

Une grande partie de leur travail de gestion des centres de détention est sous-traitée par des entreprises privées, dont Mitie [1], G4S et Serco [2], qui ont également des bureaux à travers le pays et partout dans le monde.

Traduit de plusieurs comptes-rendus publiés sur Rabble

D’autres infos sur network23.org/antiraids

NdT:

[1] Entreprise fournissant des services dans de nombreux secteurs (éducation, gestion de biens immobiliers, transport & communication, informatique…). Elle est surtout connue pour « s’engager au développement des services innovants et rentables dans le secteur pénitenciaire, les tribunaux d’instance, la police ainsi que les services d’immigration et de probation. Cela va des services de gardiennage, de gestion des prisons aux installations pour détenus sans-papiers.mitieserco

[2] Société de services qui s’enrichit en intervenant dans les transports, le nucléaire [elle gère entre autre l’Atomic Weapons Establishment (AWE)], la défense (appuie les forces armées d’un certain nombre de pays à travers le monde, dont le Royaume-Uni, États-Unis et en Australie, travaillant sur terre, mer, air, l’armement nucléaire et aéronautique). Elle a construit sa « renommée » pour son étroite collaboration avec les services d’immigration britanniques du ministère de l’intérieur; elle gère le centre de rétention pour femmes de Yarl’s Wood (ouvert en 2001 et exclusivement géré par SERCO depuis 2001) – parmi d’autres prisons telles que Villawood (New South Wales); Maribyrnong, Victoria; Darwin, (Northern Territory) ainsi que plusieurs à l’ouest de l’Australie au côté de G4S (Perth et Christmas Island). Travaille également pour le compte de l’UK Border Agency (UKBA), qui planifient les rafles et les expulsions. En plus de tout ça, elle fournit des matons dans six prisons britanniques (HMP Dovegate; HMP & YOI Doncaster; HMP Lowdham Grange; HMP Kilmarnock; HMP Ashfield; HMP Thameside) et à deux prisons en Australie (prison Acacia et le Centre correctionnel de Borallon).

[Bristol, GB] Solidarité avec la prisonnière anarchiste Emma Sheppard

Bristol (UK) : Solidarité avec la prisonnière anarchiste Emma Sheppard

Emma[Emma Sheppard a été condamnée à deux ans de prison pour le sabotage, à l’occasion du New Years’s Eve, de trois voitures de police. Des planchettes bardées de clous avaient été disposées devant le commissariat par Emma (qui a été attrapée immédiatement et qui a assumé l’action) et une autre personne non identifiée qui a pu échapper aux policiers.]

Prisonnière anarchiste, Emma Sheppard a été condamnée à deux ans d’emprisonnement le mardi 24 février 2015 à la Bristol Crown Court pour « dommages criminels pouvant mettre en danger la vie d’autrui ». Les charges sont relatives à des attaques contre des voitures de police dans la région de Bristol.

Écrivez, s’il vous plait des lettres de solidarité :

Emma Sheppard
A7372DJ
HMP Eastwood Park
Church Avenue
Falfield
Wotton-under-Edge
Gloucestershire
GL12 8DB

Emma peut recevoir des cartes, timbres et de la papeterie.

Pour faire des dons, pour des news et autres efforts de solidarité : bristol_abc@riseup.net

support-emma-12cc1[Traduit de l’ABC Bristol par non-fides]