Archives de catégorie : Répression

[Espagne] Monica Caballero transférée à la prison de Villabona (Asturies)

La compagnonne anarchiste Monica Caballero a récemment été transférée de la prison de Brieva (Avila) à la prison de Villabona dans les Asturies, où le compagnon Francisco Solar est également enfermé. Il se peut que ce transfert soit seulement provisoire et qu’elle soit de nouveau transférée à Brieva ou dans une autre prison dans quelques semaines ou quelques mois.

Le code postal de la prison de Villabona a été changé. Voici les nouvelles adresses correctes et mises-à-jour des deux compagnonNEs:

  • Mónica Caballero Sepúlveda
    C.P. Villabona
    Finca Tabladiello s/n
    33422 Villabona-Llanera
    (Asturias)
  • Francisco Solar Domínguez
    C.P. Villabona
    Finca Tabladiello s/n
    33422 Villabona-Llanera
    (Asturias)

Traduit d el’espagnol de contrainfo, 11 mai 2015

[Bristol, Angleterre] Banderoles en solidarité avec Emma Sheppard, ainsi qu’avec Billy, Costa et Sylvia – 30 avril 2015

Nos salutations vont à Em, qui vient d’avoir 34 ans derrière les barreaux pour avoir placé des pièges à clous contre des véhicules de police.

Une banderole disait: Joyeux anniversaire à la prisonnière anarchiste Emma Sheppard – (A) bas toutes les cages.

Une autre disait: Le capital est « vert » comme le nucléaire est « sûr » – Contre la société industrielle – Bas les pattes sur Billy, Sylvia et Costa.

En référence aux trois éco-anarchistes que l’Etat italien veut inculper pour une attaque explosive avortée contre IBM à Zürich et le stratagème marketing capitaliste de Bristol comme « Capitale verte européenne ».

Les deux banderoles ont été accrochées sur la M32 au moment de l’heure de pointe dans la matinée du jeudi 30 avril 2015.

Récemment, on a appris par les journaflics qu’une collaboration policière internationale au Royaume-Uni ciblait les groupes d’action ou de publication qui seraient prétendument connectés aux combattants anarchistes incarcérés en Grèce […]

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A partir de 325

[Zürich] Quand les chiens de garde de l’Etat dorment …

leurs niches s’enflamment.

Chaque jour, des personnes sont exposées à la face répressive de l’Etat, souvent mortelle. Ca fait 16 jours que plus de 950 réfugiés ont été entrainés vers la mort dans la mer méditerranée par les frontières militarisées de l’Europe. La compassion hypocrite des politiciens a été du théatre amateur inégalé. Car ce sont eux qui contraignent structurellement les gens à fuir leurs pays d’origine et à mettre leur vie en jeu pour les pressions capitalistes. La lutte annoncée contre les groupes de passeurs est une autre farce humanitaire hypocrite qui logiquement n’amorce pas la racine du problème qu’est le pouvoir.

Cette cause n’est pas simplement abstraite, elle saute aux yeux chaque jour dans toutes les parties du monde à travers l’exploitation et l’oppression de la nature, de l’animal et de l’individu. Pour imposer ce pouvoir, l’Etat a besoin de ceusx qui exécutent la violence, qui contôlent, surveillent, humilient, enferment. Concrètement, ce sont les flics, les , les entreprises de sécurité privée, les contrôleurs de tickets, les gardes-frontières, FRONTEX , les militaires, etc…
Ils sont les chiens de garde de l’Etat et responsables des noyades en mer méditerranée, des suicides en prison, comme fin avril à l’aéroport de Zürich ou il y a quelques jours à Zürich. Des quartiers entiers sont militarisés le 1er mai [1], de sorte que l’absurdité perdure chaque jour.

Il est donc important de désigner ces bâtards d’autoritaires et mettre fin à leurs activités ! Le 4 mai, le feu a été bouté au comico de la 6ème circonscrition à Zürich, afin de les toucher quand ils ne s’y attendent pas.

Solidarité avec les réfugiés, pour que les frontières de l’Europe soient abattues !

Solidarité avec les prisonniers, pour que les murs soit définitivement détruits !

Traduit d’indymedia switzerland

NdT:
[1] En marge du cortège officiel du premier mai, une manifestation s’est tenue à Helvetiaplatz. Les 200 manifestantEs ont été encercléEs dés le départ par un immense contingent de flics anti- émeute, les empêchant de déambuler dans les rues du centre-ville. Les keufs se sont faits bombardés de peaux de banane, de pétards et de bouteilles. 58 personnes ont été détenues brièvement le temps d’un contrôle d’identité.

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Deux agences bancaires attaquées à la peinture lors de la manif du 1er mai à Zürich

[République tchèque] Actualisation au sujet de l’opération de police ‘Phoenix’ – 6 mai 2015

Complément d’info de cet article

La police vient d’annoncer que les trois personnes qui ont été placées en détention provisoire sont accusées de terrorisme. Selon la loi tchèque, la peine minimale encourue pour ce délit est de 12 ans minimum et très peu de cas vont jusqu’à la peine de prison à perpétuité.

Deux autres personnes, qui sont accusées de ne pas avoir prévenu du délit de terrorisme, sont également poursuivies pour possession d’armes illégales (les flics disent avoir retrouvé un dispositif explosif à minuterie fabriqué à l’aide d’un tube en métal. L’affaire est apparemment très sérieuse. L’accusation de terrorisme donne à la police quelques pouvoir et droits supplémentaires. D’autres personnes arrêtées sont sous enquête pour « soutien au mouvement cherchant à violer les droits de l’homme et la liberté », qui est un délit utilisé en temps normal contre les mouvements haineux (racistes et d’extrême-droite). Les gens poursuivis sont accusés d’avoir planifié une attaque aux cocktails molotov contre un train transportant des voitures ‘Hyundai’. Deux d’entre eux auraient obtenu des « explosifs », deux autres auraient en fait attaqué le train et les trois derniers auraient été chargés de guetter. L’attaque aurait du avoir lieu en novembre dernier mais elle ne s’est jamais déroulée pour une raison inconnue (c’est possible qu’elle ait été simplement retardée). La police dit que tou-tes appartiennent à la « Conspiration des Cellules de Feu » et que toutes les personnes étaient sous surveillance depuis au moins septembre dernier.

6 mai 2015

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Prague: le squat ‘Cibulka’ attaqué et expulsé par la police – 6 mai 2015

Ce 6 mai, la police a expulsé le seul lieu squatté à Prague dans le 5ème arrondissement nommé ‘Cibulka’. Lors d’un assaut massif, 200 flics, équipés de canons à eau et même d’un hélico, ont arrêté au moins douze personnes et blessé au moins quatre autres (qui ont toutes été hospitalisées).

Il y avait environ 50 personnes dans les lieux quand la police s’est ramenée, la plupart d’entre elles étaient parties volontairement. Quatre personnes ont occupé le toit mais ont été enlevées de force par les flics et les pompiers. Ce lieu était occupé depuis près de deux ans. Les occupant-es (ou une partie) ont opté pour la collaboration et la compromission en signant rapidement un contrat avec le propriétaire des lieux (l’entreprise Autoklub) – qui avait pour but de maintenir l’occupation (sic!). 2015-05-06_Prague_Cibulkova_expulsion-n

via l’ABC et Act for freedom now

[Besançon] Solidarité incendiaire contre l’occupation policière dans 7 quartiers – 3, 5 et 9 mai 2015

[Le 3 mai, les CRS qui occupent depuis des mois le quartier des « 408 », notamment en réaction aux sabotages continues contre le système de vidéo-surveillance du secteur, se sont une nouvelle fois reçus de plein fouet la rage provoquée par leur travail quotidien. Lors de cette soirée de rébellion, un jeune de 17 ans s’est fait interpeller et a été immédiatemment incarcéré pour avoir filé un coup de tête à un keuf. Deux nuits plus tard, la solidarité s’exprimait par des caillassages et des incendies de multiples bâtiments et véhicules représentant la pacification sociale et l’Etat (dont ‘Habitat Développement Local’ dans le centre Jean Jaurès qui appartient à la communauté d’agglomération du Grand Besançon; un centre-médico social; une école), ainsi que des entreprises telles que celle de transport Ginko et de location de véhicules ‘Hertz’ : les dégâts matériels sont nombreux.

Dans la nuit du 4 au 5 mai, plusieurs poubelles ont été incendiées dans le quartiers de Palente et des Vaîtes. Peu de temps avant, un poteau d’éclairage public avait été mis hors-service, plongeant le secteur de la rue Chopin (Palente) dans le noir.

Même si les flics sont toujours à la recherche des incendiaires présumés dans quatre quartiers différents (St-Ferjeux, Planoise, Saint-Claude, Tilleroyes), la réponse de l’Etat n’a pas tardé et quatre autre émeutiers présumés des « 408 » ont été interpellés lors d’un guet-apens montés par 30 porcs en uniforme ce mercredi 6 mai 2015. Vendredi, ils ont tous été placés en détention provisoire, à l’exception d’un jeune de 15 ans qui a été relâché sous contrôle judiciaire. Ils passeront en comparution immédiate au tribunal de Besançon ce lundi 11 mai 2015.

Dans la soirée de samedi 9 mai 2015 à Planoise, les keufs ont essuyé plusieurs jets de projectiles divers:

  • vers 20h rue de Bruxelles, les CRS sont visés par des tirs de mortier, malheureusement sans les atteindre… Le tireur est identifiée par les bleus et placé en GAV. Il dit avoir voulu se venger de s’être fait contrôler quelques heures auparavant.
  • A une heure d’intervalle (à 22h avenue Ile-de-France et à 23h rue de Bruxelles), les CRS ont de nouveau essuyé des tirs… de cocktails molotov cette fois-ci. Le premier visait un de leur camion et l’autre un groupe de quelques bleus. Malheureusement, ces deux lancés n’ont pas atteint leurs cibles. Ce n’est que partie remise.

 La conflictualité contre la police atteint actuellement un nouveau stade à Besançon: celle-ci s’intensifie par l’intervention pérenne des nombreuses compagnies de CRS dans les divers quartiers à la demande de la mairie, notamment là où la population ne se résigne pas devant leur présence oppressive. Le travail policier nécessite des réactions appropriées, comme celles des dernières nuits qui ont ciblé le capital et divers institutions étatiques de contrôle, de domestication et de pacification…

Solidarité offensive contre la police et tout ce qu’elle défend !

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Besançon : quatre interpellations après des violences et plusieurs séries d’incendies

Quatre hommes ont été interpellés mercredi 6 mai 2015 dans le quartier « des 408 » à Besançon après des agressions contre des policiers et plusieurs séries d’incendies volontaires, a-t-on appris auprès du parquet qui évoque des « incidents très graves ».

Ces incidents ont eu lieu dans cinq quartiers de Besançon, a indiqué la procureure Edwige Roux-Morizot.
Mardi soir 5 mai 2015, cinq voitures ont été incendiées rue du Caporal Peugeot dans la quartier Saint-Ferjeux. L’incendie s’est propagé à l’immeuble abritant les locaux de HDL (Habitat développement local) et du centre médico-social de Saint-Ferjeux. Quelque 65 pompiers, avec huit véhicules d’intervention, ont été mobilisés sur la durée de l’intervention.

Habitat Développement Local du centre Jaurès et les véhicules du département

Habitat Développement Local du centre Jaurès et les véhicules du département

Neuf minibus de l’agence de location de véhicules Hertz dans le quartier des Tilleroyes et un conteneur à poubelle adossé à une école dans le quartier Saint-Claude ont également été incendiés. À Planoise, une haie de thuyas a aussi été incendiée et des pierres ont été jetées sur un bus de transports publics.

Dans la même soirée, de puissants pétards ont été lancés en direction de CRS patrouillant dans le quartier sensible dit des « 408« , où ont été interpellés les quatre suspects.

« On peut légitimement s’interroger sur le lien de causalité entre la multiplicité de ces très graves incidents et le placement en détention mardi d’un jeune de 17 ans à la suite déjà d’agressions contre des policiers« , a déclaré la procureure.

Dimanche soir 3 mai 2015, des CRS déployés dans le quartier des « 408 » ont été la cible de jets de projectiles. Un mineur de 17 ans qui avait donné un coup de tête à l’un des policiers avait été interpellé et des poubelles incendiées quelques minutes après cette interpellation. Le suspect a été placé en détention mardi pour « outrage, rébellion et violences sur un dépositaire de l’autorité publique« .

Depuis plusieurs mois, le nouveau système de vidéosurveillance installé dans ce quartier est régulièrement dégradé, probablement par des trafiquants de drogues dont l’activité est gênée par les caméras, supposent les enquêteurs.

 La presse d’Etat – AFP via macommune.info, 6 mai 2015

Besançon : Une nuit bien agitée pour les pompiers

Cette nuit, les pompiers de Besançon ont dû intervenir trois fois pour éteindre des incendies. 

Il est à peine 19h30, la soirée vient de débuter lorsque les pompiers sont appelés pour éteindre un feu de benne à ordures rue Jean Wyrsch. Le conteneur est accolé à l’école maternelle Saint-Claude de Besançon. L’incendie est vite maîtrisé.

Incendie à Saint Ferjeux
Une heure plus tard, c’est un autre incendie qui se déclare rue Jules Guesde. Dans le quartier de Saint Ferjeux, 5 véhicules stationnés sur le parking ont été volontairement incendiés. Le feu s’est ensuite propagé à un bâtiment attenant. Il s’agit de l’espace Jean Jaurès.

Près d’une trentaine de pompiers sont intervenus toute la nuit pour maîtriser le feu et tenter de sauver l’ancienne école maternelle de Saint Fergeux mais en vain. La toiture de l’immeuble est parti en fumée. Les locaux accueillaient depuis plusieurs années une association qui propose des prestations d’aide au logement et à l’habitat. Une trentaine de salariés y travaillent.

« ce qui nous arrive est quand même une catastrophe sérieuse, parce qu’on avait 300 appels jour, de gens qui nous demandaient où en étaient les dossiers. Et une des salariée vient de me dire que ça fait 16 ans de son activité qui sont partis en fumée cette nuit », confie André Péquignot, président de l’Association développement habitat local.

Le centre médico-social (CMS) de Besançon Saint-Ferjeux a lui aussi été victime d’un incendie. Les flammes qui ont ravagé les véhicules du siège d’Habitat et développement local (HDL) se sont répandus à d’autres véhicules ainsi qu’aux locaux d’HDL et du CMS. Trois véhicules du Département ont été détruits et les locaux du CMS sont endommagés.

Le Département s’engage à maintenir la continuité du service public. C’est pourquoi, le CMS Bacchus se tient à la disposition du public en attendant la réouverture du site de Saint-Ferjeux, souhaitée pour lundi.

Des véhicules de locations détruits

22h35, un feu est signalé rue Thomas Edison, dans le quartier des Tilleroyes. Un feu de camionnette s’est propagé à huit autres véhicules utilitaires appartenant à la société de location de voiture Hertz. Le préjudice avoisinerait 20 000 euros par véhicule.

Plusieurs enquêtes sont cours pour retrouver les auteurs de ces incendies.

hertz

Leur presse – france3.fr, 06/05/2015

Tous en rang ?

1-160Pendant qu’en Italie les mass-médias se plaignent parce que quelques heures de rage contre des banques, des magasins et des voitures dans quelques rues de Milan auraient « détruit la ville » en ruinant l’inauguration d’une Expo où les responsables de la faim dans le monde —gouvernements et multinationales— se sont donnés rendez-vous pour discuter de comment combattre la faim dans le monde (par un suicide collectif des classes dirigeantes ?), en Belgique les journalistes ont commencé à sonner à leur tour l’alarme. Au début de la semaine, leurs lecteurs ont en effet pu apprendre qu’ « en ce moment, un groupe particulièrement actif sème la terreur à Bruxelles« .

Belle trouvaille, dira-t-on. Tout le monde sait que la capitale belge héberge le siège du Parlement européen. De là partent les lois pour contrôler et réprimer et exploiter. Mais non, ce n’est pas de cela qu’ils sont en train de parler. Les hommes de pouvoir en costard cravate sont bons, ils ne sèment que de la sympathie. Ah, ok, on a compris. Il s’agit de l’OTAN, dont le quartier général se trouve lui aussi à Bruxelles. De là partent les ordres pour envahir et bombarder et massacrer. Tu parles, ce n’est pas non plus de cela qu’ils sont en train de parler. Les hommes de pouvoir en tenue camouflage sont bons, il ne sèment que la démocratie.
Ben oui, le problème est ailleurs, disent-ils, bien plus terrible : « les anarchistes veulent créer la panique en Belgique« . Des gens terribles, vous savez. Ils protestent contre la construction d’une maxi-prison à Haren (prévue pour accueillir 1200 « hôtes », la plus grande du pays), et ils en ont même après « la police et autres symboles de l’Etat« . Les enquêteurs les soupçonnent de ne pas mendier des droits citoyennistes et de ne pas planter des patates zadistes, mais d’être les auteurs d’une longue série d’actions qui frappent depuis quelques années les entreprises qui se sont adjugées les appels d’offres pour la construire. Il paraît même qu’ils se désintéressent des ménagères et des mamans avec poussette, mais sont solidaires avec différents galériens, dont les plus célèbres braqueurs de banques du pays. Et il est dit qu’ils veulent rendre les quartiers les plus chauds de Bruxelles « incontrôlables » et pas plus tranquilles : plutôt que d’ouvrir des cantines ou des dispensaires populaires pour rassasier et soigner les pauvres —l’Etat ne peut pas penser à tous, il faut bien lui filer un coup de main !—, ils osent ouvrir des bibliothèques subversives et des points de rencontre pour les ennemis des prisons. Et qu’ils diffusent de toutes les manières possibles leur propres idées anarchistes singulières, plutôt que de répéter en choeur celles plus démocratiques. Et que comme des Franti (1), ils rient à la nouvelle de la mort d’un maton.

C’est contre ces canailles si irréductiblement différentes des personnes comme il faut que les journalistes belges sont en train de hurler, lâchés comme des chiens par leurs patrons engagés dans une partie de chasse. Il est probable qu’un jour ou l’autre on entendra les premiers coups de feu. Se perdront-ils dans l’ombre ou atteindront-ils la proie ? En Belgique, comme en Italie, comme dans le reste du monde, le parti de l’Ordre est en train de se mobiliser pour en finir avec tout souffle de liberté. Mais comme nous l’apprennent les anonymes saboteurs belges : « dessine des cages, récolte notre rage« .

Traduit de finimondo par brèves du désordre

NdT:
(1) Personnage du roman pour jeunes Cuore, de Edmondo De Amicis (1886). Franti est le mauvais élève de la classe issu d’une famille très pauvre, celui qui jette des cailloux dans les fenêtres et rit à la mort du Roi (« Uno solo poteva ridere mentre Derossi diceva dei funerali del Re, e Franti rise »).

« Bibi, fais attention, Baltimore arrive en Israël ! »

Avec les juifs éthiopiens de Tel Aviv

Protesters, whom are mainly Israeli Jews of Ethiopian origin, run away as a policeman on a horse tries to disperse them during a demonstration against what they say is police racism and brutalityVous êtes arrivés en Israël au milieu des années 1980, et pour l’heure, 38,5 % des familles venues d’Ethiopie vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre une moyenne de 14,3 % pour l’ensemble des juifs israéliens. Vous n’êtes que 2 % de la population israélienne, et pourtant vous êtes 40 % des détenus. On vous appelle péjorativement les « Falashas ». Depuis votre petite enfance, vous subissez les railleries, les coups et la violence morale parce que votre couleur de peau n’est pas la même. Parce que vous seriez de « mauvais israéliens » et de « mauvais juifs ». Mais ces derniers jours, vous n’êtes plus de simples dommages collatéraux des vieux rêves du mouvement de « libération nationale » sioniste ou des expansionnistes de la droite israélienne d’aujourd’hui, vous n’êtes plus des victimes, vous avez blessé une cinquantaine de flics, attaqué la mairie avec des pierres, malgré le fait que la police montée tirait des grenades assourdissantes pour vous disperser et protéger la mairie de Tel-Aviv, vous avez bloqué l’une des autoroutes principales du pays. Ce ne sont pas tant les gestes qui comptent, mais votre détermination à sortir du silence dans lequel vous maintiennent les nationalismes, le capitalisme et ses déterminismes divers.

Le ministre de l’intérieur (Yitzhak Aharonovitch), a expliqué que disperser les « émeutiers » était compliqué, car il n’y avait pas de chef à qui s’adresser, et c’est là toute votre force et votre courage. Les gauchistes vous ont déjà abandonnés avant même de vous avoir soutenu [1] comme dans tous les cas de révoltes sans chef à travers le monde. Il y a bien quelques chefs auto-proclamés de la communauté juive éthiopienne pour condamner les émeutes et parler d’une conspiration des « anarchistes » [2].

C’est une vidéo [3] qui a mis le feu aux poudres et vous a jetés dans les rues par milliers, on y voit un soldat israélien d’origine éthiopienne se faire tabasser sans raison (et sans se laisser faire) en pleine rue par deux policiers racistes testant leur Krav Maga. Des images qui ont enflammé la rue comme d’autres ont enflammé les rues américaines ces derniers mois. Des images qui renvoient à un quotidien de racisme et d’exploitation que subissent aussi de nombreux non-juifs : arabes israéliens, migrants d’Asie et d’Afrique subsaharienne.

Comme à Ferguson et Baltimore récemment, vous avez décidé d’arrêter de subir en silence et dans la honte. Munis de votre courage vous avez affronté la police du régime qui vous opprime après vous avoir « accueilli », vous avez affronté la honte dans laquelle ils voudraient que vous vous noyiez. Comme à Ferguson et Baltimore récemment, vous avez tenté de récupérer votre dignité, avec rage et nous l’espérons, avec espoir.

Pour une fois qu’en Israël on imite les États-Unis pour autre chose que pour la connerie flagrante de ses dirigeants (et de leur militarisme démocratique) et d’une bonne partie de la population… Il y a de quoi se réjouir, il y a de quoi trouver encore un peu d’espoir, que l’on pourra ajouter à l’espoir que représentent chaque jour celles et ceux qui refusent de servir dans Tsahal [4], celles et ceux qui chaque jour, individuellement, se révoltent contre le régime militariste et colonialiste israélien ainsi que contre l’autorité palestinienne depuis l’intérieur.

Comme nous le disons souvent, nos révoltes font nos solidarités, et nos solidarités font nos révoltes. Nos cœurs sont avec vous, loin des leurs. Contre toute autorité, pour la propagation des révoltes.

6 mai 2015,
Des anarchistes.

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Notes

[1] Le NIF, par exemple, organisation plutôt ultra-gauche a sorti un immonde communiqué (en anglais) pour nier sa participation…

[2] En Israël est considéré comme anarchiste tout ce qui est israélien, antisioniste et non arabe, notamment en raison de l’existence du groupe de gauche extra-parlementaire, les autoproclamés « anarchistes contre le mur », plus sociaux-démocrates qu’autre chose…

[3] Que l’on pourra regarder ici.

[4] On pourra lire par exemple la déclaration de désertion d’un jeune israélien que nous avions traduit ici : « j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre ».

 

[Besançon] Table de presse le 16 mai à Planoise

Table de presse à Planoise le 16 mai, en hommage à Bouna et Zyed, toutes les victimes des flics, et donner quelques bases clés pour contrer la répression.

TDP-2-A3[Reçu par mail]

[Paris] Les RGS s’invitent à une perquiz’

Je me suis fait arrêter dans le 20eme arrondissement de Paris pour une arnaque au préjudice d’un grand magasin à hauteur de quelques centaines d’euros. La première partie de la garde à vue, c’est la routine de la « petite délinquance ».Les OPJ veulent que je balance mon chef, que je dise où je dors, m’expliquent que c’est la seule façon de m’en sortir. Ca ne fonctionne pas avec moi, rien à déclarer et refus de signer. C’est autant de temps de gagné. Puis vient l’audition, où l’OPJ réalise que je suis fiché au Fichier des Personnes Recherchées, fiche S04 : Sûreté de l’État. Étant anarchiste, pas de surprise… Changement de ton, qui se fera surtout sentir le lendemain, lorsqu’il m’apprend que la garde à vue va être renouvelée et que j’entends un appel de la SDIG(*).

Peu de temps après le renouvellement, en début d’après midi, devant la porte de la cellule, une vieille connaissance des RG parisiens : « Romano ! » ou « petites oreilles« , ou encore « tête de fouine« . C’est le RG en « milieu ouvert« , celui qui suit « l’ultra-gauche, les anarchos, les autonomes ». Il est présent à la plupart des manifs et des procès, et en plus fait du zèle. Il corrige les noms que les gens donnent aux CRS lors de contrôles d’identité collectifs, et participe même physiquement à des interpellations. Avec lui, un autre RG, « des bureaux » qui prétend s’appeler Faycal, m’est inconnu. Ils disent tous deux être RGPP (renseignement géneraux de la prefecture de Paris). Ils accompagnent deux OPJ, l’un étant en charge de ma garde à vue.

Étant SDF, je n’avais pas donné d’adresse, mais les grandes oreilles savent que je crèche chez une amie et la perquiz’ peut commencer. Officiellement ils sont là pour trouver des preuves que je vis ici, trouver des choses en lien avec mon affaire. Mais l’objet de la perquiz était tout autre, me tester, récolter un max d’info à partir de tout ce qui a pu être trouvé chez elle. Quand je dis tout, ils n’étaient pas à la recherche d’armes, de came, d’engins « incendiaires ou explosifs ». Ils ont épluché tous les écrits, photos, dessins, pochoirs, carnets, lettres, exhumé chaque tract pour les commenter et voir ma réaction.
Je n’avais qu’un carton d’affaires strictement à moi dans cet appart, ils l’ont à peine regardé. C’est toutes les affaires de mon amie, elle aussi fichée et bien connue des RG, qui ont été passées au crible.

Ils désiraient montrer qu’ils savaient plein de choses sur mon amie et moi, nos amis, différents groupes sur paris. Chaque remarque pouvait s’entendre comme une menace, comme une tentative de pression. Ils ont menacé de m’afficher en manif, genre « merci pour les pour les infos mon pote » tout comme ces mêmes flics ont tenté d’acheter d’autres camarades. Mais tout le monde sait ce que vaut la parole d’un flic : Bullshit !

Il faut préciser qu’à l’instar de nombreuses perquiz les flics-voleurs ne sont cette fois-ci pas repartis les bras trop chargés, ils ont juste collaboré fortuitement les uns offrant l’occase aux autres de remettre un peu à jour leurs fichiers
Nous ne sommes pas dupes que bien des infos glanées ici, ils les avaient déjà. Qu’une perquisition, bien qu’intrusive, n’en est pas moins banale, celles et ceux qui ne se soumettent pas aux lois de l’État et du capitalisme en font les frais bien souvent. Que les pratiques policières -légales ou pas-, des micros aux cameras, d’internet aux filatures, permettent de s’introduire dans nos vies depuis longtemps et plus insidieusement encore. Il ne s’agit pas de se plaindre en bons démocrates qu’ils n’avaient rien a foutre là pour une histoire autre. Tous les prétextes sont bons – liés a nos idées subversives ou aux différentes formes que peut recouvrir la survie en marge du salariat-, pour nous faire chier. Ils ne sont pas au bout de leurs emmerdes…

 Publié sur nantes indymedia, jeudi 30 avril 2015 à 17h18

(*) Sous direction de l’information générale, alors visiblement après toutes leur réformes , la SDIG n’existe plus mis à part à paris, nouveau nom des RGPP qui n’ont j’amais disparu. Elle a été remplacée par le SCRT en region.

[Belgique] Solidarité avec la mutinerie à la prison de Gand

Le samedi 25 avril 2015, des prisonniers à la prison de Gand se sont révoltés. Quand des « fauteurs de trouble » sont placés en isolement suite à une altercation, d’autres prisonniers s’insurgent en solidarité. Une gardienne est brièvement prise en otage, les autres gardiens se réfugient et se barricadent dans un local. La fête peut commencer : les prisonniers commencent à saccager la prison et allument des feux. Les dégâts sont importants.

A l’extérieur de la prison, les forces de l’ordre se massent. Police locale, police fédérale, pompiers, l’unité d’intervention spéciale… Tout le quartier autour de la prison, qui se trouve dans la ville, a été bouclé, probablement afin de prévenir une évasion massive. Au total, plus d’une centaine de policiers ont envahi la prison pour mettre fin à cette mutinerie. Deux prisonniers sont blessés. Un gardien se trouve à l’hôpital sous le choc.

Cette mutinerie vient nous rappeler les années, pas si loin que ça, où des dizaines de mutineries et de révoltes secouaient le paysage carcéral belge. Pour dénoncer les mauvaises conditions, pour marquer sa solidarité avec d’autres, pour affirmer sa dignité devant la torture et la privation de liberté, pour raser au sol ce pilier de la société autoritaire et capitaliste… les motivations et les volontés multiples se retrouvaient – comme elles peuvent se retrouver aussi aujourd’hui – dans la pratique commune de destruction de ce qui nous opprime.

Solidarité avec la mutinerie à la prison de Gand !
Feu aux prisons !
Sabotons la construction des nouvelles taules !
Battons-nous contre cette société qui est une énorme taule à ciel ouvert !

Repris de la cavale