Archives de catégorie : Répression

Nous sommes mamie ?

A quelques jours des fêtes de fin d’année, une jeune dame alerte de 68 ans a été surprise en train de chaparder dans un supermarché de Chissay-en-Touraine(France). La mamie vexée, n’a pas voulue en rester là. Pour se venger, elle provoque une fausse alerte à la bombe le 23 décembre au matin alors que le magasin regorge de clients. En catastrophe, les vigiles évacuent et ferment les portes durant 6 interminables heures, le temps de laisser les pandores inspecter le temple de fond en comble. Résultat des courses, un préjudice de 100.000 euros pour des boutiquiers très, très en colère en cette veille de Noël. Et vlan dans la gueule ! Fallait pas faire chier Mamie lorsqu’elle fait ses courses avec un portefeuille vide !

Le 30 décembre 2014, le tribunal correctionnel de Blois vengeait les adorateurs du Veau d’Or du préjudice subi en condamnant Mamie à 6 mois de prison avec sursis alors que le procureur en avait demandé 2, mais fermes. Elle a expliqué à l’audience avoir voulu punir le magasin et son gérant en ciblant expressément cette période de fêtes, sachant que la fréquentation serait très élevée.
Même si cette anecdote peut paraître au premier abord d’une extrême banalité, elle nous en dit bien plus long sur l’horreur de notre monde que tout un traité de sociologie. Derrière cette petite vengeance de classe réalisée par une vieille prolette usée par la survie, s’expriment tous les paradoxes qui étreignent quotidiennement les éternels laissés-pour-compte du rapport social qui gouverne nos vies. Poussée par la logique mercantile qui nous domine, la soumission de la mamie, s’exprimant par sa volonté de participer elle aussi à l’orgie consumériste de fin d’année, nous apparaît dans un premier temps comme un simple rouage participant/reproduisant le capitalisme ; alors qu’au même instant son portefeuille vide lui rappelle que c’est elle (au travers des autres prolos, ses frères de classe) qui produit et reproduit l’ensemble du monde existant ainsi que ses « richesses » ; alors qu’elle n’est RIEN et ne possède déjà plus rien. D’objet du capital, elle se transforme alors en sujet de sa propre vie en posant au travers du vol un premier acte pratique de critique sociale -en expropriant les expropriateurs- c’est-à-dire les bénéficiaires de cette grande dévoreuse d’hommes qu’est l’économie. Le deuxième acte (menace d’attentat) n’étant que la suite logique du premier ; frapper là où cela fait mal au capital : dans sa valorisation.
Cette réalité -qui, elle, n’est pas anecdotique- fait la nique à l’énorme vague d’« Indignation Nationale » qui a traversé la France et l’Europe. Le torrent de boue médiatique a voulu nous griser et nous faire oublier cette énorme contradiction qui mine l’ensemble de notre monde civilisé : nous sommes la classe qui produit tout et nous survivons dans une misère indescriptible. Cacher l’extension de la paupérisation, unique quotidien d’un nombre croissant de damnés sur cette Terre, est devenu impossible. La grande mascarade de la réconciliation nationale, d’une hypothétique paix entre les loups et les moutons, les bourreaux et leurs victimes, les exploiteurs et les exploités ne peut durer éternellement. Cette saoulerie patriotarde, abreuvée de Marseillaise, de flon flon tricolores et d’appels au renforcement des « valeurs de la République », ne suffira pas à masquer toute la pauvreté et la violence grandissante des rapports entre les hommes, entre ceux qui possèdent tout (non seulement les objets mais aussi les hommes qu’ils soumettent par l’argent) et ceux qui ne parviennent même plus à se vendre contre un salaire. L’inouïe violence de cette combinaison a beau se présenter comme la civilisation où règne la « paix, l’harmonie et l’abondance », beaucoup ne sont plus dupes de cette supercherie. Le terrorisme au quotidien des possédants, c’est ce que les attentats de Paris et la déferlante laïcarde qui a suivi essayent de nous faire oublier. Ces deux évènements que tout semblent opposer, recouvrent pourtant la même réalité : la nécessité de la reproduction du monde marchand. L’Union Nationale actuelle, ne résoudra rien des horreurs dans lesquelles patauge notre civilisation du gadget. Ce n’est qu’un simple répit. Tout est reporté à plus tard avec le risque pour les puissants de demain de voir tout ceci finir par leur péter à la gueule, tellement l’écart se creuse entre eux et le reste de l’humanité. Il n’y a qu’un seule fantôme qui hante les bourgeoisies à travers la planète : non pas quelques ridicules attentats mais bien une vaste explosion sociale.
L’angoisse de la précarité, du lendemain, du déclassement, de se retrouver à la rue ; le repli sur soi, le stress au turbin, la peur de l’autre, la concurrence entre tous, les suicides, les calmants, l’ennui… et la misère ont beau pousser les prolétaires bourrés encore d’illusions à courir se réfugier dans les bras -grands ouverts- de l’État pour y chercher réconfort et protection, le voile ne peut que se déchirer ; et violemment. L’État, comme ultime garant -car armé- du rapport social dominant, ne peut pas leur offrir cette paix qu’ils désirent tant mais la seule qui lui importe : la paix sociale doublée d’une paix des tombes s’il arrive au prolétariat de vouloir, dans un sursaut libérateur, défier son monopole de la violence. Car la guerre que mène le capital/État n’est pas ce qu’il prétend (lutte contre le terrorisme) mais est dirigée contre tous ceux qui ne se soumettent pas à sa loi : celle du profit. L’État sert à réprimer, embastiller, expulser, exclure, reléguer, humilier… et massacrer les prolétaires insoumis qui refusent de vivre à l’ombre des matraques. Car la France c’est aussi une puissance capitaliste mondiale qui mène diverses guerres au même instant qu’elle réprime les subversifs qui mènent la lutte contre son enfer, dont quelque part Mamie. De la Syrie, à l’Irak tout en passant par le Mali, la Lybie, l’Afghanistan, le Congo, le Brésil…, ce que les Parisiens ont connu dans leurs rues, n’est qu’une infime partie du quotidien que la France, comme puissance impérialiste, offre à des milliers de prolétaires à travers le monde avec ses avions de combats, ses drones, ses chars, ses professionnels de la mort qui défendent si bien les intérêts du « made in France ». Les manifestations d’Union Nationale de ces derniers jours voudraient renforcer tout cela et nous faire croire que l’État est là -éternel- pour nous protéger contre un ennemi réel voire imaginaire, manipulé ou non, alors que derrière tous les discours, toutes les pratiques de nos maîtres, ne se cache qu’une seule et unique volonté, celle de renforcer leur terreur partout sur Terre, aussi bien ici que là-bas. Les 10.000 hommes armés supplémentaires dans nos rues (les mêmes qui mènent les guerres là-bas) ne sont rien d’autre que la face visible du terrorisme d’État et la justification des massacres de par le monde, en même temps que la préparation des futures répressions – ici ! La terreur c’est cette société qui la produit par la guerre sociale qu’elle nous livre au quotidien. L’État fait partie de ce rapport social, il n’est ni au-dessus, ni à côté. Pour vivre en paix il nous faudra le détruire, lui et ce misérable monde marchand qu’il défend dans le sang.
Tout refus de l’Union Nationale qui ne partirait pas de cette approche ne pourra être à court ou à long terme qu’un renforcement du capitalisme et de sa terreur planétaire comme le fut l’anti-fascisme hier, et le sera l’anti-islamophobie peut-être demain !

Ne nous leurrons pas : notre unique ennemi, c’est l’État, le seul terroriste, c’est le monde existant et l’unique solution reste et restera la Révolution sociale, la destruction de fond en comble du capitalisme !

Ni dieu – ni maîtres – ni esclaves !

Des Internationalistes
Bagdad-Paris-Damas-Berlin, le 15 janvier 2015

Publié sur non-fides.fr, 28 janvier 2015

 

[Hambourg] Chaque expulsion a son coût !

Chaque expulsion a son coût ! Attaque à la peinture de l’agence de „Bauverein Reiherstieg“ in Hambourg- Wilhelmsbourg !

tacheLe 26 janvier 2015, Heiko a été expulsé de son domicile au Otterhaken 10 dans le quartier Wilhelmsbourg* à Hambourg. Il était depuis bien longtemps un obstacle pour la société de logements « Bauverein Reiherstieg » en raison de sa mobilisation contre la hausse des loyers et pour plus d’implication des locataires. Puisque Heiko a payé son loyer en retard à plusieurs reprises, il devait maintenant partir.

Près de 200 personnes solidaires ont tenté d’empêcher cela. L’expulsion a été retardé de 90 bonnes minutes. Malheureusement, les flics ont réussi ensuite à passer par la porte à l’arrière du bâtiment avec l’aide de BFE, et la cage d’escalier avait été bloquée par les soutiens qui ont ensuite été violemment expulsés. Tout cela au nom de la « Bauverein Reiherstieg ».

Le 26 janvier, l’agence commercial avait été fermée pour des raisons de sécurité. Des jours avant et après l’expulsion, des gardiens se relayaient devant. Depuis quelques jours, il a probablement été estimé que plus aucune protection de la propriété soit nécessaire, mais ce fut rien. Dans la nuit du mardi 3 février au mercredi 4 février 2015, nous avons embelli la façade de l’agence «Bauverein Reiherstieg eG» (Georg-Wilhelm-Straße 127a à Wilhelmsburg) avec six boules de peinture.

Nous souhaitons montrer par cette action notre solidarité à Heiko et à tous les autres qui sont / ont été / seront visés par l’expulsion !

Chaque expulsion doit être empêcher à tous les niveaux par tous les moyens !

Nous espérons que le « Bauverein Reiherstieg » ne mènera plus d’expulsion, sinon nous reviendrons !

Groupe Anti-expulsions

Traduit de linksunten, 4 février 2015 à 16h13

Note:

* Dans ce même quartier d’Hambourg, le ministère du développement urbain et de l’environnement, situé au Neuenfelder Straße 19, avait été attaqué avec le même procédé dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 août 2014. En plus des tâches de peinture sur le bâtiment, « Combattons le capitalisme » avait été tagué sur la porte d’entrée du bâtiment. Le communiqué de l’action, revendiqué par « des opposants à la gentrification autonomes », évoque l’embourgeoisement croissant du quartier Wilhelmsburg, qui est en voie de se transformer en un « nouveau quartier tendance ». Et rappelle que la gentrification et la rénovation urbaine qui a eu lieu pendant des années dans le secteur d’Altona a principalement touché la quartier Schanzenviertel.

[Besançon] Les aménagements de la mairie pour rétablir la surveillance aux ‘408’…

ELECTRICITÉ – APRÈS LES COUPURES SAUVAGES EFFECTUÉES SUR LE RÉSEAU D’ÉCLAIRAGE PUBLIC

408: une solution lumineuse

OutOfControlDEPUIS LA DERNIÈRE coupure d’électricité, qui a affecté la circulation du tramway, en milieu de semaine dernière, le calme règne dans le quartier de La Grette. Depuis des mois, les incidents étaient pourtant quasi quotidiens. Ces coupures sauvages effectuées sur le réseau d’éclairage public étant destinées à plonger dans le noir les caméras de vidéosurveillance qui gênent le trafic de stupéfiants. Si la police a fort à faire avec la grosse poignée d’énergumènes qui se livrent à ces dégradations, la Ville ne reste pas les bras croisés. Après avoir étudié toutes les possibilités pour mettre fin à ces exactions à répétition, il a été décidé de reconfigurer l’éclairage public du secteur.

Déjà, depuis quinze jours, plusieurs projecteurs ont été installés sur les immeubles, rendus ainsi inaccessibles, et alimentés en courant par une autre voie. Ce programme va se poursuivre avec l’installation de poteaux d’éclairage en bétons de douze mètres, alimentés en aérien, sur une source différente que celle alimentant le quartier. Ce qui devrait au moins rendre infiniment plus délicat, toute tentative d’intervention délictueuse sur le réseau.

source: est répugnant, Fred Jimenez (03/02/2015 à 05h00)

[Nancy] ‘Volée de cailloux’ pour la patrouille – 31 janvier 2015

Policiers caillassés à Nancy : trois interpellations

voiture-de-police-caillassee-0011En patrouille samedi soir, dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy, deux policiers essuyaient une volée de cailloux alors qu’ils entreprenaient le contrôle d’un véhicule mal garé, avec deux individus à bord. Le ton monte alors rapidement et un groupe hostile commence à se former autour des fonctionnaires. Ces derniers font usage de gaz lacrymogène pour se dégager et font appel à des renforts pour intervenir sur cette Zone de sécurité prioritaire (ZSP).

Au moins une dizaine de policiers se déploient sur le quartier et deux suspects sont interpellés dans un immeuble avant qu’un 3e suspect, identifié sur un fichier, ne le soit le lendemain matin. Âgés de 22, 23 et 24 ans, les trois individus défavorablement connus de la justice, ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête menée par le Groupe d’appui judiciaire (GAJ). Ils nient les faits.

Le trio devait être présenté hier en fin d’après-midi au parquet. S’il n’y a pas eu de blessé, le véhicule de police a subi des dégradations du fait des jets de pierres. Les suspects devront également répondre de menaces de mort et outrages sur personnes dépositaires de l’autorité publique.

Les porte-voix des flics de l’est répugnant, 03/02/2015 à 05:48

[Berlin] Compte-rendu d’une manif sauvage à travers le quartier de Neukölln – 10 janvier 2015

TractNeukBerlin

le tract

Berlin – 10 janvier 2015. Nous avons appelé à une manif à Neukölln pour nous rappeler du meurtre d’Oury Jalloh il y a dix ans, et dénoncer les comportements racistes et ses meurtriers. Près de 100 personnes y ont participé et ont traversé le quartier entre la Boddinstraße et la mairie de Neukölln. Sur la route, nous avons distribué des tracts qui prenaient pour thème l’assassinat d’Oury et rappelaient plusieurs autres personnes tuées par les flics:

  • Dennis de Neukölln, qui a été exécuté lors de la soirée de la Saint-Sylvestre de 2008 par des flics en civil.
  • Laye Alama à Brême, qui a été torturé à mort en 2004.
  • Zyed et Bouna à Paris, qui sont morts poursuivis par les flics en 2005.
  • Alexandros à Athènes, qui a été abattu en 2008 par un keuf.
  • Mike à Ferguson, qui a été assassiné en 2014.

Après que les gens se soient joints de façon sporadique, la manif a finalement atteint la mairie de Neukölln – dans laquelle réside le populiste raciste Buschkowsky – qui a été attaquée avec des pierres et des bouteilles de peinture. Les derniers tracts ont été distribués sur la place de la mairie et ensuite le tribunal situé juste à côté a connu le même sort. Avant de tou-te-s s’éparpiller dans la nuit, une patrouille de SECURITAS et une banque qui était sous leur protection ont été défoncées.

La porte de la mairie

La porte de la mairie

Ses murs repeints

Ses murs repeints

Tags sur ses murs ; "ACAB - Oury Jalloh"

Tags sur la façade de la mairie

Toujours sur les murs de la mairie

idem

La mairie de près....

La mairie de près….

La nouvelle déco du tribunal

La nouvelle déco du tribunal

La nouvelle déco du tribunal

de près…

La Kommerz Bank attaquée

La Kommerz Bank attaquée

idem

idem

Un peu plus tard, les flics ont déboulé sur les lieux avec un gros contingent, faisant la chasse aux passants et arrêtant aussi quelques personnes (la presse évoque 4 personnes interpellées).

Pas de paix pour la normalisation raciste !

Pas de paix pour l’Etat, ses larbins et sa violence !

Oury Jalloh, c’était un meurtre !

Selon les rapports de la presse, le poste de police a eu son entrée obstruée et cadenassée. Nous remercions ceux qui ont ainsi participé à la manif.

Traduit de linksunten (photos de la presse), 11 janvier 2015

[Leipzig] La police continue de morfler – 29 janvier 2015

La police de Leipzig continue de se prendre en pleine gueule la rage qu’elle sème quotidiennement en protégeant par la force cette société.

AnschlagAufpolizei3Après l’attaque du commissariat du quartier Connewitz au début du mois, c’est celui de Plagwitz/Altlindenau qui a été visé. Le poste de police a été bombardé de pierres et des bocaux en verre remplis de peinture foncée.

Jeudi 29 janvier vers 02h40 du matin, quelques personnes vêtues de noir et masquées ont fait irruption Weißenfelser Straße et ont lancé près de 17 pierres et plusieurs bocaux de peinture sur l’immonde bâtiment, brisant au moins cinq fenêtres des étages supérieurs. Une voiture garée à proximité a été dégradé. Le montant des dégâts n’est pas connu.

Le chef de la police Bernd Merbitz a exprimé sa préoccupation pour l’ordre à Leipzig par ces mots: « Les attaques contre la police sont intolérables La situation dans la ville est très tendue pour ça qu’il est si important que nous gardions la tête froide et que ne nous laissons pas impressionner dans notre travail par ces incidents.« 

Un voisin vigilant a immédiatement appelé ses amis les flics, signalant trois personnes cagoulées prenant la fuite dont deux à vélo. Heureusement, ces dernières ont réussi à s’échapper sans souci.

Dernièrement, l’émeute du 15 janvier à la suite de la mort d’un sans-papier à Dresde a aussi laissé des traces dans la tête des flics, commerçants et citoyens de Leipzig.

AnschlagAufpolizei2

Reformulé de la presse, 29 & 30 janvier 2015

[Paris] Compte-rendu du procès pour un collage contre les flics à Belleville

Mercredi 21 janvier avait lieu au Tribunal de Grande Instance de Paris, le procès de deux personnes arrêtées lors d’un collage d’affiches pendant le mouvement suite à la mort de Rémi Fraisse. Ils étaient poursuivis pour « provocation directe à la rébellion par la voie d’apposition d’affiches » et de « refus de se soumettre à un prélèvement biologique ».

A 13 heures 30, en plus des deux inculpés, une vingtaine de personnes étaient venues en solidarité pour assister au procès. Elles avaient dû préalablement se prêter aux contrôles de flics, à l’entrée du tribunal puis de la salle d’audience, encore plus poussifs depuis quelques semaines. Au moins deux paires de flics en civil étaient là comme d’habitude dès qu’il s’agit de procès de gens fichés, ainsi qu’un certains nombre de gendarmes pour « assurer la sécurité » du spectacle.

La juge appelle les deux inculpés à la barre une première fois, mais le numéro ne commencera pas tout de suite. La procureur, le midi même, a demandé à des flics de réaliser un PV supplémentaire sur les lieux de l’arrestation pour contrer certains arguments de la défense.
Deux heures et demi plus tard, l’avocate plaide la nullité sur l’illégalité du contrôle d’identité et de la fouille poussée qui a aboutit à la découverte des affiches poursuivies. La procureur conteste le premier argument avec les photos que viennent de prendre les flics. Il n’apparait pas de panneau d’affichage, et le collage ne peut donc être qu’illégal.

La juge ne se prononce pas sur la nullité, mais décide de quand même juger l’affaire.
Elle commence par interroger les prévenus sur leur situation sociale. Le fait qu’ils réussissent à payer un loyer avec leur seul rsa la rend suspicieuse. La précarité est une preuve de plus de culpabilité.

Elle lit ensuite longuement et en détail les différents PVs d’auditions des prévenus qui n’ont aucun intérêt puisque ceux-ci n’ont rien déclaré. Puis, après avoir lu le texte de l’affiche en question, elle les interroge sur le sens général du texte, sur ce que veut dire « nous n’appellerons pas au calme ». Les colleurs ne souhaitent pas s’exprimer sur un texte qui leur paraît suffisamment clair. Quand ils disent qu’ils ne veulent pas débattre dans un tribunal, la juge s’en étonne, chante un refrain sur la démocratie et la possibilité d’exprimer ses idées. Elle parle de « mini paranoïa » de la part des accusés et de l’indépendance des juges. Pour finir, elle rappelle la « personnalité » des prévenus, leur casier judiciaire, sans doute son meilleur argument. Les deux ont déjà été condamnés et ont des peines de sursis de un et de 24 mois. La première pour refus d’adn, le deuxième pour terrorisme « anarcho-autonome ».

Au moment du réquisitoire, la procureur assène aussi le couplet de son indépendance et dit le prouver en décidant de ne pas poursuivre les accusés pour le refus d’adn. Par contre, pour justifier la condamnation pour la « provocation directe à la rébellion », elle dresse un portrait précis des accusés. Comme elle n’a pas pu se faire une idée claire de leur personnalité puisque ceux-ci ne se sont pas prêtés au jeu, elle reprend le profil-type qu’on trouve dans les fiches de renseignement sur la « mouvance anarcho-autonome ». Elle finit par requérir pour la première la révocation de son mois de sursis ou bien 200 jours-amende à 10 € (au choix de la juge) ; et pour le deuxième, la révocation de six mois de sursis (soit de la prison ferme pour les deux).

A son tour, l’avocate souligne l’absurdité des réquisitions par rapport aux faits jugés et même par rapport à la peine maximum de deux mois encourue pour la « provocation directe à la rébellion ». Elle rappelle aussi que la procureur ne pouvait poursuivre les prévenus pour le refus d’adn puisque ces faits font justement partie des rares délits à ne pas rendre obligatoire ce fichage. Elle rappelle le contexte du mouvement suite à la mort de Rémi Fraisse et demande si ce n’est pas plutôt cette mort qui provoque à la rébellion. Enfin, elle défend que les affiches jugées sont celles prises dans un sac lors de la fouille et non celles collées, et qu’elles n’ont donc pu être rendues publiques. Pour toutes ces raisons, elle demande la relaxe.

Pour finir, les accusés rappellent que le mouvement suite à la mort de Rémi Fraisse a réuni des milliers de gens à travers le pays. Des tas de manifestations, actions, assemblées ont eu lieu et des tas de tracts et d’affiches ont été collées ; qu’ils poursuivent aujourd’hui une affiche alors qu’ils nous rabâchent quotidiennement avec la démocratie et la liberté d’expression.

Le délibéré sera donné lundi 16 février 2015.

On continuera de coller.

On continuera d’exprimer nos idées en paroles et en actes.

Vive la rébellion !

L’affiche en question:

FlicsPorcs

 Le 6 novembre dernier à Belleville, deux personnes sont arrêtés pour un collage d’affiche appelant à une manifestation contre la police et le barrage du Testet. Elles passent en procès le 21 janvier prochain.

Suite à la mort de Rémi Fraisse le 25 octobre 2014, tué par la police lors de la lutte contre le barrage de Sivens, des mobilisations ont lieu partout en France.

Dès le début, le pouvoir fait tout pour étouffer et empêcher que ne se propage la révolte. Que ce soit par le biais de sa propagande relayée dans les médias, faite d’omissions volontaires, de manipulations et de mensonges plus ou moins grossiers ou que ce soit par le biais de la répression directe de toute action de solidarité.

À Paris, les premiers rassemblements ou manifestations, qu’ils soient déclarés à la préfecture ou pas, sont interdits et empêchés. À chaque fois, le dispositif policier est imposant, et vise à que rien ne se passe. Contrôles d’identité à la pelle : parce qu’on se rend à une manif, parce qu’on diffuse des tracts, parce qu’on porte un sac à dos… Garde-à-vue parce qu’on a un canif, ou parce qu’on refuse de donner son nom… Arrestations préventives injustifiées pendant presque 6 heures… Intimidations par des flics directement au domicile quelques heures avant une manifestation.
Il ne s’agit pas de s’en offusquer ou de crier au scandale. On sait à quoi on peut s’attendre du pouvoir ; on sait qu’il s’encombre de plus ou moins de précautions en fonction des personnes qu’il réprime et du contexte social.

Le 6 novembre à Paris, dans le quartier de Belleville, quelques personnes entament un collage d’affiches contre la police et appelant à une manifestation le 8 novembre. Arrive alors une camionnette de police de la BST. Deux flics en descendent et se dirigent vers deux colleurs. Ils semblent connaître le sujet de l’affiche et se montrent agressifs. Les deux sont embarqués vers le commissariat. Pendant tout le trajet, les flics les filment avec leur téléphone personnel et s’étonnent de leur refus de dialoguer. Au commissariat du 5ème, les copains se rendent vite compte qu’il ne s’agira pas d’un simple contrôle d’identité. Ils sont placés en garde-à-vue pour « provocation directe à la rébellion », en l’occurrence pour l’affiche. Les auditions s’enchaînent mais les poursuivis n’ont toujours rien à déclarer. Après 24 heures, et une « supplétive » pour « refus de se soumettre à un prélèvement génétique », ils sont envoyés au dépôt, avec le regret des flics de n’avoir pu prolonger la garde-à-vue (la prolongation est limitée théoriquement à des faits passibles d’au moins un an de prison). Après 20 heures, et un nouveau refus de prélèvement, ils finissent par passer devant un substitut du procureur qui leur remet une convocation pour un :

procès le 21 janvier 2015 a 13h30 devant le TGI de paris – 10ème chambre correctionnelle 1.
pour provocation directe a la rébellion
pour refus de prélèvement biologique.

Plus de 40 heures pour un collage d’affiches. Il est clair que l’intention est d’intimider et que la garde-à-vue est utilisée ici comme une punition en soi. Les procureurs font leur petite cuisine juridique et cherchent les articles et les astuces pour prolonger les délais, pour nous fatiguer et nous garder le plus longtemps possible enfermé.

On se laissera pas faire, on lâche pas l’affaire !

[Source : Paris-luttes.info.]

La solidarité est une arme ?

La vague répressive qui a frappé le mouvement anarchiste depuis quelques années a mis en évidence combien celui-ci est actuellement limité et désagrégé, rendant, à notre avis, beaucoup plus facile et fructueux le travail des magistrats et des flics, toujours prêts à saisir le moment le plus opportun pour faire leur travail.

blasphemiaPeu de débat, peu d’idées à analyser et à développer, trop de fermeture dans nos milieux de lutte créent des failles toujours plus grandes dans lesquelles peuvent se glisser les forces répressives de l’État pour frapper, malheureusement impunément, tous ces compagnons qui accomplissent encore un « travail révolutionnaire » notable, ou même tous ceux qui ne s’adaptent pas aux règles que la société veut nous imposer à tout prix. A tout cela, comme si ça ne suffisait pas, viennent s’ajouter les réactions d’une partie du mouvement, souvent désordonnées, qui ont suivi certaines actions et en particulier celle de la jambisation de l’administrateur délégué d’Ansaldo Nucleare Roberto Adinolfi, pour laquelle ont été arrêtés les compagnons Alfredo Cospito et Nicola Gai qui ont revendiqué l’action durant le procès où ils étaient inculpés.

D’un côté, quelqu’un s’est senti en devoir de nous expliquer à nous simples mortels quelle est la vraie route à suivre, quels sont les dogmes de l’insurrectionalisme qu’il faut absolument respecter. Beaucoup de belles paroles ont été écrites, mais elles n’ont pas réussi à couvrir la réalité crue, c’est-à-dire que ce n’étaient rien d’autre que de lâches prises de distance dictées par la peur des auteurs d’être impliqués dans une éventuelle enquête. Les auteurs de ces textes se sont dégonflés préventivement face au pouvoir, suggérant implicitement aux enquêteurs d’aller regarder ailleurs.

De l’autre côté, au contraire, on en a vu certains (heureusement peu) se ranger de manière acritique derrière les choix organisationnels et méthodologiques entrepris par certains compagnons. De fait, il s’est créé un public applaudissant qui, bien loin de se salir les mains, défend férocement ce qui est vu comme la « nouvelle anarchie ».

Nous n’avions vraiment pas besoin de tout cela, parce qu’il est assez évident que l’isolement, le fait de se réfugier dans des positions monolithiques, le manque de rapports, stables ou moins, nous rendent plus vulnérables face aux attaques de nos ennemis.

Nous tenons à clarifier le fait que notre intention n’est pas d’aplanir les différences, les divergences d’opinion, les diverses approches méthodologiques et organisatives existantes. Ce qui nous tient à cœur, c’est que s’il y a une réelle volonté de détruire cette société dans ses fondements, nous devrions tous nous efforcer, là où c’est possible, de trouver un terrain commun, ou peut-être qu’il serait plus correct de dire des objectifs communs, qu’ils soient idéaux ou pratiques, pour rendre nos luttes plus incisives, plus ciblées, plus destructrices et nos actions plus diffuses, et en même temps rendre le travail de nos persécuteurs plus difficile.

Du minimum de débat qu’il a eu lieu ces derniers temps est ressortie l’exigence, de la part de beaucoup de compagnons, d’approfondir et de développer le concept de solidarité révolutionnaire.

Pour nous, certaines dynamiques peu édifiantes qui se sont développées ces derniers temps rendent encore plus urgent d’aborder ce genre de sujet.

Nous voulons parler de solidarité révolutionnaire parce que nous pensons que de là pourrait s’élancer une stratégie d’attaque réellement destructrice à laquelle pourraient participer un plus grand nombre de compagnons et nous faire faire quelques pas en avant dans notre parcours révolutionnaire.

Nous insistons à propos de l’attaque destructrice parce que trop souvent ces derniers temps on s’est limité à accomplir de petites actions (et nous nous excusons auprès des compagnons de les juger presque insignifiantes) qui prennent de la forme et de l’épaisseur par un usage impropre des mots, faisant passer le lancement d’un œuf de peinture sur une vitrine pour une attaque d’envergure.

Redonner une valeur sémantique aux mots pourrait faire apparaître tout type d’action pour ce qu’elle est réellement, cela pourrait mettre fin à un jeu au rabais qui nous conduit à devenir les les ombres de nous-mêmes. Un tag sur un mur n’est qu’un tag. Il ne peut pas devenir autre chose juste parce qu’on en parle au JT. On ne peut pas se contenter de nos cinq minutes de célébrité. Laissons le spectacle à d’autres.

Parler de solidarité révolutionnaire en ce moment où nous sommes soumis à une attaque massive de la part de l’État nous oblige à clarifier le cadre dans lequel nous voulons développer notre stratégie d’attaque.

Par exemple, si nous nous limitons au simple soutien moral et matériel de nos compagnons incarcérés ou soumis à d’autres mesures restrictives, nous nous positionnons uniquement dans une optique défensive qui ne nous permet pas d’avancer d’un millimètre dans notre parcours de lutte. Faire des rassemblement devant les prisons, envoyer de l’argent et des publications aux compagnons enfermés est bien sûr quelque chose de très important. Rendre évident aux yeux de tous que nous ne laissons pas nos compagnons seuls est fondamental mais, et il y a toujours un mais, il faut faire un effort supplémentaire pour éviter de se réduire à jouer un rôle de croix rouge. De plus, il faudrait éviter que l’arme de la solidarité ne soit utilisée seulement pour les compagnons qui fréquentent notre petit jardin. Nous ne pouvons pas créer nous-mêmes des divisions et des différenciations, nous devrions laisser cette tâche à notre ennemi.

Ce que nous estimons d’importance vitale est que, par exemple, les luttes entreprises par les compagnons ne soient pas perdues dans le vide au moment où ces derniers sont arrêtés. Continuer le travail interrompu à cause de la répression permet d’abattre idéalement les barrières, les cages qui nous séparent des compagnons pour qui il est impossible d’agir, nous rendant comme un seul corps agissant formé d’innombrables individualités qui agissent selon leurs modalités propres.
Par cela, nous ne voulons pas dire que l’on doive nécessairement (et ce n’est pour nous même pas souhaitable) se conformer aux modalités pratiques et organisationnelles des compagnons tombés dans le filet de la répression : la façon d’agir et de sentir n’est pas forcément la même pour tous. Mais si le parcours d’un individu est un parcours révolutionnaire, continuer et intensifier son action est en soi un acte de solidarité révolutionnaire. Le but ultime vers lequel nous tendons tous (ou nous devrions tendre) est le même, à savoir la destruction du système créateur de misère et prédateur du capital et de l’autorité ; si pour le réaliser nous utilisons des méthodes et moyens différents, nous ne dénigrons pas le parcours entrepris par les autres, mais nous le renforçons, à condition que nous ne tombions pas dans l’autoréférence ou l’acritisme.

Notre but devrait être une généralisation, et donc une croissance exponentielle, des attaques ciblées et réellement incisives qui deviendraient une constante bien enracinée. Une « pratique normale » dans notre parcours quotidien de lutte.

De plus, nous pensons que cette stratégie nous permettrait de ne pas attendre la répression pour « réagir », mais d’« agir » pour réaliser les objectifs que nous nous sommes fixés malgré le travail de notre ennemi.

 [Traduit de l’italien par non-fides de Blasphemia n°1, mai 2014.]

 

[Berlin] Destroika cible l’industrie carcérale – 29 janvier 2015

La nuit dernière (du 28 au 29 janvier 2015, NdT), DESTROIKA a retenti à Berlin et a transformé deux véhicules de l’industrie carcérale en ruines. Par cette piqûre d’aiguille, nous allons limiter la flexibilité des entreprises concernées. Cela a touché un van de WISAG à Lichtenberg et un autre de SODEXO à Moabit.

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La société WISAG fournit, en plus du secteur du nettoyage esclavagiste, le personnel de sécurité pour les services de transport tels que la BVG, et se charge de remplir les prisons de Berlin de fraudeurs avec des contrôleurs de tickets en civil comme en uniforme.

La société Sodexo fait de nouveau marcher cinq prisons au Royaume-Uni sous leur propre responsabilité depuis la privatisation de la justice britannique. D’autre part, Sodexo est sur une liste noire en Belgique pour leur implication dans les centres de rétention et fournit en services les lager pour réfugiés. L’entreprise appartient au groupe Zehnacker, qui se présente de cette façon:

« En tant que partenaire des forces armées, nous les accompagnons dans leurs affectations dans le pays et à l’étranger. Notre mission est de s’occuper à la fois des troupes et de leur commandement pour une meilleure qualité de vie. Sous la surveillance du ministère de la Justice, Sodexo conçoit et propose des solutions qui contribuent à lisser les opérations dans les établissements correctionnels. Dans toutes nos activités, nous respectons nos valeurs et nos principes éthiques. Notre travail dans ce domaine est une preuve supplémentaire de notre engagement dans la société.« 

Liberté pour les prisonniers de l’opération Pandora et tous les autres !

Le 18 mars à Francfort, réduisons la banque centrale européenne en ruines et en cendres !

Groupe autonome « Muslim Hù »

(Muslim H. avait 28 ans et était originaire du Kosovo lorsqu’il a été tué le 24 mai 2014 par 8 officiers de justice dans la prison de Landshut par vengeance car il avait résisté avec succès à son expulsion vers la Hongrie.)