Daily Archives: 2015/09/22

[Athènes, Grèce] Solidarité avec les compagnon-ne-s arrêtés et torturés suite à l’attaque du comico d’Exarcheia

exarchia1709-4Le 17 septembre, des compagnon-ne-s appellent à une manifestation anti-étatique, antifasciste, anticapitaliste à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de Pavlos Fyssah. Assez tôt, les flics encerclent le rassemblement. La manifestation se dirige vers le commissariat d’Exarcheia qu’elle attaque. Des affrontements de rue s’ensuivent dans les rues d’Exarcheia. Lors de ceux-ci, les flics arrêtent 9 compagnon-ne-s (dont 5 mineurs). L’Etat, les patrons et leurs serviteurs en uniformes montrent leur véritable visage. Bras cassés, dents cassées, coups sur tout le corps, yeux au beurre noir, doigts de pied cassés, voilà les pratiques de la démocratie face aux compagnon-ne-s anarchistes. La plupart des arrêtés sont chargés avec des accusations à caractère criminel [1].

Indépendamment du fait que si quelques uns d’entre-nous ne sont pas d’accord avec le déroulement de la manifestation (son organisation ou son cadre), nous savons que toutes ces tactiques de tortures contre des compagnons et d’accusations lourdes s’inscrivent dans la répression que déchaîne l’Etat contre les compagnon-ne-s anarchistes. Qui peut en outre oublier la décision vengeresse de rejeter la demande de permissions à fin éducative à l’anarchiste Nikos Romanos et la décision tout aussi vengeresse de rejeter la demande de remise en liberté dEvi Statiri. Décisions qui vont à l’encontre des lois qu’eux-mêmes ont adopté. Ils trouveront notre solidarité face à leur répression.

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME
AUCUN COMPAGNON-NE SEUL DANS LES MAINS DE L’ETAT
SOUTIEN AVEC TOUS LES MOYENS POUR LES ARRÊTÉS DU 17 SEPTEMBRE

Groupe de lycéens anarchistes – Attaque anti-éducative.

[Traduit du grec par non-fides du site du groupe.]

[1Ndt :Plus en détail les accusations sont : utilisation d’explosif (crime), tentative de coups et blessures graves, port d’arme (pierres), trouble à l’ordre public, dommages à la propriété privée, outrage et rébellion. Lors de la comparution immédiate du vendredi 18 septembre, 4 personnes ont été relâchées (en attente de leur procès) et 5 continuent d’être emprisonnées au quartier général de la police d’Attique. Le 21 septembre, les 2 mineurs encore emprisonnés ont été relâchés sous condition et en attente de leur procès (ils doivent pointer tous les 15 jours au commissariat). Les 3 derniers inculpés doivent passer le 22 septembre devant le procureur qui décidera de leur remise en liberté ou de la poursuite de leur détention préventive.

 

[Chili] Au sujet des récentes arrestations pour participation à des émeutes

Ces derniers mois il y a eu une série d’arrestations de jeunes accusé-e-s de participer à des affrontement contre les forces répressives au cours de manifestations, d’actions menées par des personnes encagoulées au sein des universités. Parmi eux/elle, certain-e-s se trouvent désormais sous divers régimes de détention, depuis la résidence surveillée jusqu’à la prison préventive.

Des compagnon-ne-s ont déjà réfléchi au sujet du rôle de la répression sélective de l’État et de comment les puissants essaient de faire perdre du terrain aux diverses formes de conflictualité contre l’ordre établi.

Nous, individus qui nous couvrons le visage et utilisons la violence insurgée contre les oppresseurs comme faisant partie de la lutte multiforme pour la libération totale, nous croyons que cela dépend principalement de nous si nos pratiques de lutte finissent par s’éteindre de façon définitive. Pour cette raison nous voulons partager quelques analyses et réflexions.

1.La situation répressive.

En analysant la situation cela saute aux yeux que le pouvoir a élargi son rayon d’action répressive jusque dans des secteurs qui ne sont pas considérés comme les ennemis internes déjà connus (ex membres de guérillas marxistes non repentis, anarchistes insurrectionnels et mapuches en résistance), afin de semer la peur et la punition parmi les étudiants mobilisés radicalisés et d’autres secteurs qui mènent différentes luttes au sein de la société.

On s’y attendait, et c’était annoncé, dans un contexte de « mobilisations et agitation sociale » où le pouvoir essaie d’imposer les réformes du système comme seule manière de transformer la réalité, à travers les institutions et la voie pacifique et établie par l’ordre démocratique.

Dans ce but, les puissants, en parallèle du déploiement de leur armée communicationnelle et journalistique, ajustent leurs mécanismes légaux, en durcissant la loi de contrôle des armes en parallèle avec la loi anti-terroriste, pour réprimer les rebelles et semer la peur, en cherchant à empêcher les actes de révolte et de violence révolutionnaire.

2. Tout n’est pas surveillé : contre la victimisation et l’idée que tout n’est que montage.

Il y a une grave erreur qui est faite lorsque le pouvoir déploie sa répression, c’est de la laisser s’écouler sans résistance ni offensive de notre part, de même que de penser que l’ennemi nous a tous à l’œil et qu’il est impossible de conspirer, d’attaquer et d’agir violemment contre le pouvoir.

Une notion qui revient souvent c’est celle de combattre l’idée des montages, qui pour certains est le premier discours défensif (qu’on sort presque comme un joker) lorsqu’il faut faire face à la répression. Cette idée est souvent accompagnée de celle de la victime innocente et du « droit de manifester ».

À l’opposé de cela, la posture anarchiste insurrectionnelle et les années d’expérience ici et ailleurs, montrent qu’il est possible de garder une cohérence révolutionnaire tout en refusant les charges et accusations imposées par le pouvoir, sans requérir ni reconnaître la logique du coupable et de l’innocent, propre au langage et mécanismes juridiques crées par les puissants.

C’est aussi important de combattre l’idée des montages à cause de la croyance stupide que toute attaque vient toujours de la police. Bien sûr que la répression a l’habitude de semer des preuves contre ceux à qui elle veut nuire, mais c’est autre chose de rejeter l’idée qu’il y ait des individus qui de façon libre, consciente et autonome décident de s’organiser, élaborer et mener à bien des attaques contre l’autorité et sa normalité.

Notre position n’est pas celle de jeunes étudiants ou « militants sociaux » qui luttent avec les mains toutes propres et manifestent pacifiquement. Nous nous positionnons en tant qu’ennemis déclarés de toute forme d’autorité, prêts à nous organiser afin de fabriquer des cocktails Molotov, dresser des barricades et attaquer la police en masquant nos visages afin de ne pas être reconnus par les yeux de la répression.

3. N’arrêtons pas d’agir

C’est un moment dont il faut savoir profiter afin de nous renforcer comme individus et comme groupes d’action anarchiste.
Le moment est propice à l’approfondissement de notre critique vis à vis de l’ordre social dans son ensemble, en développant concrètement le refus des normes et propositions d’amélioration, repentis et victimisation que la société offre.

Il est tout aussi important de défendre la violence de rue dans les espaces de combat gagnés par des décennies de pratiques d’insurrection, que de l’associer avec d’autres pratiques de révolte dans d’autres espaces, comme l’ont compris et appliqué les compagnon-ne-s qui il y a quelques jours ont dressé des barricades à différents endroits de la ville.

Sans baisser la garde, minimisons les risques et combattons les imprudences. Gardons toujours en tête que la continuité et la prolifération de l’action autonome, par notre capacité de la développer dans le temps et de déclencher la créativité, réside dans la potentialité de l’attaque diffuse et informelle, pour mettre en danger le pouvoir et ne pas faire de nos pas quelque chose de prévisible pour l’ennemi.

Stoppons la peur, le silence et l’immobilisme que le pouvoir essaie d’imposer afin de freiner toute possibilité d’insurrection.

Affûtons l’action et le discours.

Solidarité avec les prisonniers tombés pour violence de rue et avec tous les compagnon-ne-s séquestré-e-s par le pouvoir.

Quelques encagoulé-e-s anti-autoritaires.

Traduit de l’espagnol d’hommodollars par camotazo