Archives par étiquette : prisonniers anarchistes

[Pologne] Attaque incendiaire d’une banque en solidarité avec les prisonniers anarchistes tchèques suite à « l’opération Phoenix »

« Le 11 novembre, tandis que les fascistes tenaient des marches dans toute la Pologne, nous – anarchistes – avons décidé de déverser notre haine sur l’Etat et le capital. »

Cette attaque incendiaire, qui a visé la ‘ING Bank’, a été spécialement menée en solidarité avec les anarchistes tchèques incarcérés suite à l’opération Phoénix, ainsi qu’avec « tous les prisonniers du système ».

« Laissons les actes parler! Solidarité dans le combat! »

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Source

[Chili] Retour en taule pour Javier [MAJ 16/10/2015]

Mise-à-jour, 16/10/2015:

Le jeudi 15 octobre le parquet a fait appel pour que la mesure préventive de résidence surveillée décidée le 8 octobre contre le compagnon Javier Pino soit annulée. Ainsi, le compagnon accusé de l’incendie d’un bus va devoir retourner à la prison de Santiago 1 en attendant un procès.

[Traduit de l’espagnol de Contrainfo par non-fides.]

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Des nouvelles des compagnon-nes Tato et Javier

Le 8 octobre s’est tenue l’audience pour la fin de l’enquête concernant Tato et Javier. L’ambiance à l’extérieur et à l’intérieur du palais de justice était beaucoup plus tranquille que d’autres fois, pas de contrôles ni de présence excessive de flics ou de gendarmes. Des membres de leurs familles et un petit groupe de proches ont pu rentrer.

La défense a demandé de rallonger le délai de l’enquête étant donné que les conditions minimales d’organisation entre accusé-e-s et leurs avocats n’étaient pas remplies pour assurer une bonne défense. Le juge a accepté le prolongement et a fixé une nouvelle audience pour le 27 novembre.

En plus de cela, une révision des mesures préventives a été demandée pour Javier, qui a été acceptée, et donc Javier se trouve en résidence surveillée. Tato, quant à elle, est toujours enfermée à la prison de San Miguel.

[Traduit de l’espagnol de Publicacion Refractario par non-fides.]

[Espagne] Actualisation sur la situation de Monica Caballero et Francisco Solar – Octobre 2015

afiche-monicayfranciscoPresque deux longues années ont passé depuis que les anarchistes Monica et Francisco ont été emprisonnés sur des accusations d’appartenance à une organisation terroriste, destructions et conspiration. Durant ce temps-là, ils ont fait face aux cellules d’isolement de différentes prisons espagnoles, le régime FIES et la dispersion, réaffirmant toujours dans les idées et soulignant une fois de plus le fossé infranchissable entre le monde que les anarchistes visent et celui que le pouvoir impose.

Deux ans ça fait beaucoup. Il y a eu le temps par exemple de réaliser deux opération anti-terroristes de plus, en connectant les trois cas à travers les sigles GAC-FAI-FRI et en accusant un total de plus de 25 compagnons de différentes parties de la péninsule pour terrorisme. Il y a eu aussi le temps d’entendre le défi de l’enfermement, celui de la solidarité et de resserrer les liens entre compagnons. Mais au-delà du temps, de ses possibilités et de toutes les tentatives d’obtenir la libération des compagnons, Monica et Francisco sont toujours à l’heure actuelle en détention préventive (les deux dans la prison des Asturies) en attente de jugement.

Bien que la législation espagnole prévoit une durée maximale de deux ans de détention provisoire, l’Etat a la possibilité d’allonger (en faisant valoir une sorte de cas d’exception) de deux ans de plus et signifie donc qu’une personne peut passer jusqu’à quatre ans dans les prisons espagnoles sans procès. Etant donné qu’il reste un mois pour qu’ils accomplissent les deux ans et qu’il n’y a toujours pas de date de procès, il semble que ça sera finalement retardé. Dans ce cas, la Audiencia Nacional doit se prononcer soit pour réaffirmer leur décision de les maintenir incarcérés et prolonger ainsi leur détention de deux ans de plus (et le procès pourrait avoir lieu à tout moment au cours de ces deux années ajoutées), soit pour accorder leur libération en attendant leur procès. Pour cela, ils devraient être transférés à un moment donné à Madrid et comparaître devant la Audiencia Nacional; ça sera à ce moment et en ce lieu qu’ils décideront de la libération conditionnelle possible de nos compagnons. Cette comparution, derrière des portes closes, pourrait se tenir le 13 novembre prochain au plus tard, ou plus tôt.

Bien que la phase d’instruction ait pris fin en juin et que tout semblait être prévu pour un jugement cet automne, la demande récente d’un rapport d’une des parties de l’accusation pourrait provoquer, si celle-ci est acceptée, un retour à la phase d’instruction jusqu’à ce que le rapport soit rédigé, ce qui repousserait dans le temps la date du procès. Maintenant, on est aussi dans l’attente de savoir si cette demande sera acceptée ou rejetée. Rappelez-vous qu’il y a, mises à part celles du bureau du procureur, deux accusations spécifiques qui seront présentées au procès contre nos compagnons ; la municipalité de Saragosse et un témoin de l’explosion dans la Basilique del Pilar qui affirme avoir eu des dommages à une oreille.

A n’importe quel moment, Monica et Francisco risquent de nombreuses années de prison dans ce jugement. Bien qu’ils ne sachent pas encore la quantité exacte d’années que le procureur demandera, puisque le rendu de l’accusation n’est toujours pas sorti, les délits qu’on leur impute implique la réquisition de longues peines.

Il y a encore de nombreuses interrogations quant au domaine extérieur de la légalité, mais il n’est pas exagéré d’affirmer que dans ce bras de fer contre la prison, l’attitude et la solidarité peut ébranler les objectifs de l’Etat à chaque fois que nous réussissons à maintenir le soutien aux compagnons et la détermination à poursuivre la lutte. Comme beaucoup l’ont fait avant, comme beaucoup le font encore, nous continueront à être complices avec tous ceux qui se lancent dans le conflit contre la domination, dans l’incertitude de l’anarchie, sans plus de certitudes que nos propres passions.

Que la lutte continue, que la solidarité s’étende !
Liberté pour Monica et Francisco !
Liberté pour tous les prisonniers anarchistes !
Jusqu’à la fin de l’obéissance !

Quelques anarchistes. Barcelone, octobre 2015

L’adresse actuelle des compagnons :

Mónica Caballero Sepúlveda
Francisco Solar Domínguez
C.P Villabona-Asturias
Finca Tabladiello s/n
33422 Villabona-Llanera
(Asturias)

Traduit de l’espagnol de contramadriz, 13 Octubre 2015

Solidarité avec Monica et Francisco

[Athènes, Grèce] Solidarité avec les compagnon-ne-s arrêtés et torturés suite à l’attaque du comico d’Exarcheia

exarchia1709-4Le 17 septembre, des compagnon-ne-s appellent à une manifestation anti-étatique, antifasciste, anticapitaliste à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de Pavlos Fyssah. Assez tôt, les flics encerclent le rassemblement. La manifestation se dirige vers le commissariat d’Exarcheia qu’elle attaque. Des affrontements de rue s’ensuivent dans les rues d’Exarcheia. Lors de ceux-ci, les flics arrêtent 9 compagnon-ne-s (dont 5 mineurs). L’Etat, les patrons et leurs serviteurs en uniformes montrent leur véritable visage. Bras cassés, dents cassées, coups sur tout le corps, yeux au beurre noir, doigts de pied cassés, voilà les pratiques de la démocratie face aux compagnon-ne-s anarchistes. La plupart des arrêtés sont chargés avec des accusations à caractère criminel [1].

Indépendamment du fait que si quelques uns d’entre-nous ne sont pas d’accord avec le déroulement de la manifestation (son organisation ou son cadre), nous savons que toutes ces tactiques de tortures contre des compagnons et d’accusations lourdes s’inscrivent dans la répression que déchaîne l’Etat contre les compagnon-ne-s anarchistes. Qui peut en outre oublier la décision vengeresse de rejeter la demande de permissions à fin éducative à l’anarchiste Nikos Romanos et la décision tout aussi vengeresse de rejeter la demande de remise en liberté dEvi Statiri. Décisions qui vont à l’encontre des lois qu’eux-mêmes ont adopté. Ils trouveront notre solidarité face à leur répression.

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME
AUCUN COMPAGNON-NE SEUL DANS LES MAINS DE L’ETAT
SOUTIEN AVEC TOUS LES MOYENS POUR LES ARRÊTÉS DU 17 SEPTEMBRE

Groupe de lycéens anarchistes – Attaque anti-éducative.

[Traduit du grec par non-fides du site du groupe.]

[1Ndt :Plus en détail les accusations sont : utilisation d’explosif (crime), tentative de coups et blessures graves, port d’arme (pierres), trouble à l’ordre public, dommages à la propriété privée, outrage et rébellion. Lors de la comparution immédiate du vendredi 18 septembre, 4 personnes ont été relâchées (en attente de leur procès) et 5 continuent d’être emprisonnées au quartier général de la police d’Attique. Le 21 septembre, les 2 mineurs encore emprisonnés ont été relâchés sous condition et en attente de leur procès (ils doivent pointer tous les 15 jours au commissariat). Les 3 derniers inculpés doivent passer le 22 septembre devant le procureur qui décidera de leur remise en liberté ou de la poursuite de leur détention préventive.

 

[Athènes, Grèce] Attaque anarchiste du poste de police d’Exarchia – 17 septembre 2015

Des anarchistes attaquent la police à Athènes

ATHÈNES, Grèce – Des anarchistes grecs ont attaqué la police avec des cocktails Molotov à l’extérieur d’un commissariat du centre d’Athènes, jeudi, et un policier a été blessé dans les affrontements qui ont suivi, ont indiqué les forces de l’ordre.

Environ 150 jeunes anarchistes ont participé à l’attaque tard jeudi soir, selon la police. Environ 20 cocktails Molotov ont été lancés sur les policiers à l’extérieur du poste, et les policiers ont répliqué avec des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, d’après les autorités.

Sept personnes soupçonnées d’avoir participé à l’attaque ont été arrêtées. Un véhicule garé près du commissariat de police a été endommagé.

Ce poste de police, situé dans le quartier d’Exarcheia, dans le centre de la capitale, est fréquemment pris pour cible par des militants anarchistes.

Repris d’une dépêche de l’Associated Press via métro, 17/09/2015

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Plusieurs jours avant les élections (anticipées), les anarchistes multiplient rassemblements et manifs anti-électorales. Un rassemblement était appelé jeudi soir à Exarchia contre toute la merde que représente Syriza et en mémoire de l’antifasciste Pavlos assassiné il y a deux ans à Athènes. Il y a aussi eu pas mal d’actions en solidarité avec la compagnonne Evi Statiri, arrêtée le 2 mars dernier et accusée d’avoir voulu faire évader des prisonniers des CCF.

Des barricades ont été montées au niveau du centre social ‘Vox’, où les unités policières du MAT ont été bloquées et attaquées avec des cocktails molotov et des pierres. A la suite de l’attaque du poste de police, les affrontements qui ont suivi ont laissé trois flics à moto ‘Delta’ blessés, dont l’un d’eux a du être admis à l’hôpital militaire. 9 assaillants ont été arrêtés.

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L’appel à la manif

D’après d’autres sources (de l’allemand lui-même traduit depuis le grec)

[Brochure] Interview de Nikos Romanos : « Syriza était un ennemi bien avant d’être au gouvernement »

Introduction

Nikos Romanos était un jeune adolescent modèle, bon élève issu de la bourgeoisie et fils de romancière à succés, jusqu’à ce qu’il assiste le 6 décembre 2008 à un événement traumatique. Son meilleur ami, le jeune anarchiste Alexandros Grigoropoulos (15 ans) tombe sous les balles de la police dans les rues d’Athènes et meurt dans ses bras, une balle dans le cœur. Un événement qui provoquera certaines des plus intenses émeutes urbaines dans l’occident du jeune 21e siècle, et Nikos est déjà en première ligne, le soir même, enragé, digne face au traitement médiatique (refus total), et respecté des compagnons malgré son jeune age. Au rythme du ressac du mouvement anarchiste grec, Nikos sera changé à jamais par cette expérience et se jettera aussitôt à corps perdu dans le combat anarchiste, jusqu’à son arrestation cinq années plus tard suite à un double braquage armé dans la région de Kozani. Torturé, accusé (et condamné) d’appartenance à la Conspiration des Cellules de Feu (organisation armée anarchiste-nihiliste), il nie tout en assumant la responsabilité des braquages (et de leur nécessité pour la diffusion de l’anarchie) dans une attitude conflictuelle face à la justice, comme ses cinq co-accusés : Giannis Michailidis, Dimitris Politis, Andreas-Dimitris Bourzoukos, Argyris Dalios et Fivos Charisis. Ils seront tous condamnés respectivement, le 1er octobre 2014, à une quinzaine d’années de prison ferme [1].

Aussitôt incarcéré, Nikos reprend ses études, il passe des examens scolaires et valide son entrée à l’université. Le ministre de la Justice décide de lui rendre visite en prison pour le féliciter et pour lui remettre un prix de 500 euros, mais Romanos refuse d’assister à la cérémonie, de rencontrer le ministre et il crache sur le prix. Ce pourquoi se vengera l’Etat plus tard : fin 2014, un large mouvement de solidarité émeutière et incendiaire s’agite lorsque Nikos entre en gréve de la faim pour protester contre la suppression de ses permissions éducatives. Après 31 jours, Nikos y met fin le 10 décembre 2014 après l’obtention du bracelet électronique pour les permissions éducatives [2]. Elles lui seront à nouveau refusées en juin 2015, lorsque le conseil d’administration de la prison de Korydallos rejette à l’unanimité la nouvelle demande d’un congé d’études, et propose à la place de « faciliter » ses études à distance, c’est à dire à l’intérieur de la prison.

Cette interview date de fin juin 2015. À la mi-juillet, les ministres de la justice et de l’éducation ont signé le décret d’application qui fait entrer en vigueur la réglementation votée en décembre 2014. La réglementation reste la même, à savoir que les détenus pourront suivre leurs cours avec le port du bracelet électronique s’ils ont effectué un tiers des cours. Des salles d’étude dans les prisons sont aussi prévues, où les prisonniers auront accès à internet (sous étroite surveillance, bien sûr). De plus, les demandes de permissions seront examinées par le ministère de la justice (aidé en cela par le ministère de l’éducation) dans le cas où elles seraient rejetées par le conseil de la prison (ce dernier étant composé du directeur de la taule, d’un procureur pénitentiaire et d’assistants sociaux).

Il faut préciser que lors de la grève de la faim de Nikos en novembre-décembre 2014 et celles des prisonniers révolutionnaires qui ont massivement suivies, Syriza a joué un rôle prépondérant dans le vote de cette nouvelle loi et a alors fait la promesse d’abolir les prisons de type C. Ces prisons ont été officiellement abolies après la lutte des prisonniers [3] qui y voyaient un enjeu majeur, mais dans les faits, elles sont toujours en place.

Tandis que Syriza continue d’exercer le pouvoir dans une coalition avec un parti de la droite dure (ANEL) malgré des attaques anarchistes répétées [4], comme à l’occasion du mouvement massif des prisonniers révolutionnaires contre les prisons de Type C, les prisonniers anarchistes continuent de foutre le bordel et de se révolter, avec un appui massif dans les rues de toute la Grèce. Nikos est aujourd’hui l’un des emblèmes de cette période complexe et agitée, et d’une partie du mouvement anarchiste qui se refuse à reculer face au bulldozer Syriza ou à céder aux sirènes du populisme.

Voici donc, traduite du grec du journal Hit & Run (mais ce sont les réponses qui nous intéressent), une interview de l’anarchiste Nikos Romanos dans le contexte de l’installation au pouvoir de la gauche dite « radicale » en Grèce.

Liberté pour tous et toutes.

Août 2015,
Ravage Editions.

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Dis-nous quelques mots sur ce qu’il advient de tes permissions éducatives, auxquelles tu as désormais droit selon la réglementation mise en place suite à ta grève de la faim en novembre-décembre 2014.

J’ai accompli le tiers des cours que prévoit la réglementation en question et j’ai fait la demande pour les permissions. À partir de là, commence un théâtre de l’absurde. Le conseil de la prison a jugé qu’il ne pouvait pas appliquer la réglementation puisque la décision ministérielle n’a pas été rendue et a donc envoyé la demande au juge d’instruction spécial E. Nikopoulos sur la base de l’ancienne loi. Nikopoulos a donné une réponse négative car la décision ministérielle n’a pas été rendue, et qu’il ne peut juger du bien-fondé de la demande alors que dès l’instant où la réglementation entrera en vigueur elle sera annulée. Sur la base de l’avis négatif de Nikopoulos, le conseil de la prison a aussi rejeté à son tour la demande puisque la décision du juge est obligatoire.

Face à ce putsch, Syriza, qui pendant la grève de la faim a fait de la prospection électorale et une exploitation politique brutale sur le dos des gens qui ont formés le mouvement de solidarité polymorphe, jouent le rôle de Ponce Pilate, comme leurs prédécesseurs. Sans que cela ne provoque bien entendu un quelconque étonnement, sachant que l’on parle de politiciens, c’est-à-dire d’ordures égoïstes, de politicards, d’opportunistes, d’hypocrites et de caméléons professionnels qui ont simplement porté le costume de l’humaniste pour servir des visées politiques précises. Il y a bien sûr des choses plus sérieuses à dire sur ce sujet, mais je l’expliquerai dans la question suivante. En ce qui concerne l’évolution de mon affaire, théoriquement, la décision ministérielle devrait permettre de mettre en vigueur la réglementation, mais je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de chances que cela arrive.

Penses-tu que derrière ces « retards » sur le bracelet électronique il existe des considérations politiques ou un esprit de vengeance contre toi ?

Je pense que dans le cas présent il n’existe même pas de bracelet électronique, sachant que malgré tout ce que peut affirmer le ministère de la justice, nous qui sommes en prison savons qu’il n’y a pas un seul détenu dans aucune prison de Grèce qui n’ait été libéré de cette manière. De nombreux prisonniers viennent quotidiennement me parler de ce sujet, et ils se demandent tous pour quelle raison aucun d’entre-eux n’a jamais eu de réponse de la part des instances judiciaires. Parce que les détenus communiquent entre eux dans les prisons et se tiennent informés sur les sujets qui les concernent, je peux dire avec certitude qu’il n’y a pas un seul prisonnier qui a mis un pied dehors de cette manière. Puis-qu’évidemment, une telle nouvelle ferait scandale dans une affaire si médiatisée, le monstre en apparence sans visage de la bureaucratie donne une solution à ce problème.

Mais la bureaucratie n’est pas une chose sans visage, elle est au contraire l’alibi des personnes qui occupent des postes de pouvoir pour projeter leurs responsabilités sur quelque chose qui prétendument les dépasse. Un allié invisible qui se cache derrière des comités législatifs, des conseillers techniques, des amas de papiers, des interprétations complexes et des espoirs mensongers. Ce que je dis, c’est qu’il n’existe pas de bracelets électroniques, et que le ministère de la justice manipule simplement et consciemment des détenus afin qu’il n’y ait pas de scandale, c’est un fait qui ne laisse aucune place au doute et ne peut être démenti par quiconque munis de preuves, puisqu’il n’existe pas un seul prisonnier à avoir été libéré ou à avoir pris une permission éducative de cette manière. Bien qu’anecdotique, je vais donner un exemple avec la prison de Korydallos sur des événements pour lesquels j’ai une vision personnelle. Il y a quelques détenus qui étudient dans différentes universités techniques et qui, sur la base de la nouvelle réglementation, voulaient demander des permissions éducatives pour passer les examens. Tous ceux qui sont passés par le conseil [de la prison] et puisque aucun d’entre-eux n’était inculpé et qu’ils ne pouvaient donc se cacher derrière un quelconque juge d’instruction, se sont vu dire des mensonges vraiment ridicules, comme quoi ils n’avaient pas réussi à communiquer avec le secrétariat de leurs écoles et leurs ont demandé de revenir en septembre. Cela montre que le conseil de la prison a reçu des ordres précis du ministère de la justice pour enterrer le sujet, pour que les causes véritables de toutes ces manœuvres ne remontent pas à la surface.

Comment considères-tu l’attitude du nouveau gouvernement Syriza ?

Prenons les choses depuis le début. Syriza était un ennemi bien avant d’être au gouvernement. Son rôle était d’assimiler les tensions sociales, de créer un capital politique à partir de sa participation à des luttes sociales intermédiaires en se présentant comme son bras institutionnel, de fonctionner de manière contre-insurrectionnelle en dévalorisant le terrain de la confrontation de rue au profit de la politique bourgeoise. En peu de mots, il a incarné de la meilleure des façons possibles, le rôle politique du réformisme à un niveau central. En outre, Tsipras lui-même, avant de devenir premier ministre, avait déclaré que si Syriza n’avait pas existé il y aurait eu beaucoup plus de troubles et de révoltes en Grèce durant les années de manifestations anti-gouvernementales. Fait qui signifie que la mise en œuvre d’un agenda politique de gauche en tant qu’opposition était entre autre un choix politique stratégique pour assurer la paix sociale et reconstituer sur de nouvelles bases les contrats sociaux endommagés.

La démocratie cache beaucoup de jokers dans sa manche pour maintenir sa cohésion, une des flèches de son carquois est l’alternance rapide des rôles dans la scène politique, sa capacité à battre les cartes et absorber les perspectives radicales qui peuvent se retourner contre elle. Pour en venir à aujourd’hui et après l’accession au pouvoir de Syriza, il y a des changements structurels dans sa rhétorique et des contradictions énormes en son sein. Naturellement, malgré toutes ces contradictions, la réalité qu’ils imposent est celle qui maintient en fonction les prisons de type C, lesquelles existent toujours, dans la mesure où à l’extérieur de la prison de Domokos, se trouvent encore des véhicules spéciaux de la police, et que les ailes d’isolement accueillent toujours des compagnons. Cette même réalité qui inscrit des chiffres sur la peau des immigrés avant de les empiler dans les centres de rétention, qui entre dans des lieux occupés, qui torture des compagnons grévistes de la faim, qui est responsable du maintient en captivité de proches des compagnons de la CCF [5], qui inaugure Salaminas comme premier endroit d’exil dans l’ère de la démocratie, qui signe des partenariats commerciaux avec les assassins des palestiniens, qui va mettre en place toutes les politiques néo-libérales auxquelles elle s’opposait tant qu’elle était dans l’opposition.

En résumé, Syriza maintient dans leur intégralité tous les engagement géopolitiques, économiques et militaires d’un Etat appartenant à la périphérie capitaliste, tandis que, pour jeter de la poudre aux yeux de ses électeurs de gauche, il garde un ensemble disparate de cadres ayant conservé une rhétorique de gauche et qu’il mettra hors jeu lorsque viendra l’heure de la transformation de Syriza.

En regardant les choses de notre point de vue, le fait que nous soyons anarchistes signifie que même si Syriza était un réel gouvernement de gauche aux politiques radicales, il nous trouverait à nouveau face à lui, sans aucune envie de signer une trêve avec les apprentis-sorciers de l’illusion et de la répression organisée. En outre, au contraire de la gangrène néo-communiste qui infecte les cercles anarchistes, nous, nous avons coupé depuis longtemps le cordon ombilical reliant l’anarchie à la gauche. Il est néanmoins important que nous soyons précis dans ce qui nous définit pour que nous puissions analyser la réalité qui se tient devant nous.

Syriza est donc un gouvernement social-démocrate à la rhétorique faussement radicale qui exploite son profil politique de gauche pour acquérir un contrôle social et de l’influence dans les mouvements et les projets subversifs, lesquels pourraient potentiellement se retourner contre eux. Et n’oublions pas qu’historiquement, c’est l’administration politique du capitalisme sous une forme socialiste qui a mis en place les politiques économiques et répressives les plus dures, exploitant le sommeil éternel et continu de la majorité sociale. Dans nos cercles, le plus enrageant est qu’il existe différents clowns qui se la jouent anarchiste, qui ont le culot d’inviter des cadres de Syriza dans « leurs centres sociaux » et de discuter avec eux de sujets de fond, diffusant ainsi une vision qui blanchit Syriza, lequel au moment où nous parlons est le gestionnaire de l’Etat. Idées affligeantes et identiques à celles de tous ceux qui veulent éduquer les fascistes d’Aube Dorée, comme si le problème avec les fascistes ou les gestionnaires de la machine étatique était de discuter de nos désaccords plutot que de les écraser quel que soit l’endroit où nous leur tombons dessus. Ce serait une belle discussion philologique pour ceux qui croient en la démocratie et ses idéaux, qui dorment sur un petit nuage rose et rêvent de sociétés post-capitalistes. Seulement, les anarchistes sont en guerre avec la démocratie et ses représentants. En conséquence, au point où nous en sommes, tous ceux qui agissent en blanchisseurs de Syriza n’ont aucune excuse.

De plus, il n’y a pas si longtemps, Stavros Theodorakis [6] a rendu hommage à quelques unes de ces personnes dans des références « aux protagonistes » de l’acquisition de certificats de légalité, qu’ils ont donné depuis longtemps à l’Etat. Pour tout ce patchwork d’opposants au gouvernement, de pro-Syriza cachés à l’idéologie pseudo-anarchiste et autres profiteurs, la solution est simple : un arbre robuste et une bonne corde.

Nous, nous sommes aux côtés de ceux qui restent amis de la révolte anarchiste et s’obstinent à jeter des molotovs sur les flics à Exarcheia, à aller dans les manifestations pour vandaliser les représentations de la domination, à armer leurs esprits avec des plans subversifs et leurs bras armés de feu, à bruler les acteurs du nouvel ordre. Tous ceux qui organisent leur action dans des réseaux anarchistes informels d’action directe. Là où les intentions destructrices s’unissent horizontalement et de façon informelle dans un front chaotique, qui passe d’abord à l’attaque, avec en ligne de mire les individus et les infrastructures qui administrent et défendent le monde malade qui nous entoure.

Quelle est selon toi la place de la violence dans le mouvement anarchiste ?

Le capitalisme hellénique en faillite continue d’entretenir l’instabilité dans les territoires de l’Union Européenne et dans l’économie internationale. Nous nous trouvons une fois de plus à un tournant décisif du processus historique de modernisation de ces dernières années. Et la réalité c’est que ça va continuer, quels que soient les gestionnaires politiques. Les frontières de la Grèce et de l’Italie, en tant que premiers pays d’accueil des flux migratoires en provenance des zones de guerre, baignent dans le sang des corps d’immigrés. Les rivalités entre pays puissants s’intensifient et les conflits géopolitiques sont les déclencheurs de foyers d’agitation dans de nombreux endroits de la planète. Pour les anarchistes, l’instabilité et l’intensification de la violence systémique dans tout le spectre des rapports sociaux et des rapports d’exploitation diffus sont un défi pour s’organiser efficacement afin de constituer un facteur fort de déstabilisation de la normalité. Une contre-attaque anarchiste contre le monde de l’autorité et des économistes, politiciens, flics, fascistes, journalistes, scientifiques, responsables étatiques, directeurs de bordels pénitentiaires, banquiers et leurs collaborateurs, balances et serviteurs zélés du pouvoir. Face à toutes ces ordures qui sont le cœur de la machine capitaliste, battant au rythme de la majorité sociale qui contribue, par indifférence, par peur ou par connivence, à protéger le cœur du monstre, l’anarchie répond avec la langue de la violence absolue, du feu, de l’explosion, de la rébellion armée. Avec cette hypothèse de base, nous commençons à définir nos stratégies, décidant de nous rebeller et de nous jeter dans la bataille de la libération totale. Une révolte qui dans les temps présents jouera le tout pour le tout, libérera les relations humaines dans les communautés insurgées, organisera ses attaques. Elle deviendra le véhicule pour voyager sur les chemins inexplorés de la liberté, donnant la possibilité à nos existences de vivre sans recevoir ni donner d’ordres, sans se soumettre, sans ramper. Elle créera de manière authentique une réalité nouvelle dans les métropoles capitalistes, le temps de la peur pour ceux qui sont au pouvoir et leurs laquais, l’aube de notre ère, aujourd’hui et à jamais, jusqu’à la fin. Par conséquent, la place de la violence révolutionnaire organisée dans le mouvement anarchiste est l’alpha et l’oméga, c’est une force motrice et son évolution qualitative en un ennemi intérieur qui fera faire des cauchemars au pouvoir et aux patrons.

Penses-tu que la prison constitue un terrain de lutte pour un prisonnier « politique » [sic] ?

Nous devons tout d’abord abattre les mythes qui planent sur de tels endroits. L’imaginaire collectif qui voudrait que l’identité sociale du détenu soit implicitement celle du sujet révolutionnaire. Les identités sociales, les immigrés, les prisonniers, les travailleurs, les étudiants, les écoliers, sont des sous-ensembles sociaux qui dépendent et nourrissent à leur tour le fonctionnement du monde capitaliste. Pour moi, l’individu libre apparaît là où les identités sociales sont détruites et toutes leurs propriétés abolies, l’endroit où la décision individuelle de libération crée une nouvelle identité unique et distincte. Le révolté et l’iconoclaste qui s’attaque par tous les moyens aux ennemis de la liberté. Pour un anarchiste qui a décidé de participer activement à l’aventure de la révolte anarchiste, la prison ou encore la mort sont des conséquences possibles de ses choix, qui sont pris dans le monde réel et pas dans la réalité numérique où le verbalisme et les fanfaronnades sont courants. La prison est un arrêt provisoire pour tous ceux frappés par la répression. C’est un lieu où le métal interne de chacun est testé dans la pratique, le point final des grandes décisions et des grandes transformations intérieures. C’est un organisme social pourri où règne la balance et la soumission, le royaume obscur du pouvoir, le lieu de la honte, l’endroit où la liberté n’est pas seulement retenue captive, mais humiliée, traînée dans le sang entre la came, le mitard et les couloirs crasseux, là où les hommes apprennent à se détester. Des milliers d’analyses existent sur la prison et ses habitants, je dirais pareil que le guérillero urbain Jean-Marc Rouillan, que les personnes les plus à même de parler de la prison sont ceux qui y ont passés même un court instant de leur vie.

Pourtant la réalité c’est que plus tu passes de temps ici, plus il devient complexe pour toi de décrire les fonctionnements et la structure de cette société vraiment misérable. En bref donc, la prison signifie une mort lente, le cannibalisme social, la soumission du plus faible, la résignation, la catastrophe psychosomatique, la came, les psychotropes, les individus-déchets entassés dans les décharges de l’Etat, le mitard, la hiérarchie, le fanatisme religieux, le communautarisme racial et le racisme diffus, les conceptions nationalistes de toutes nuances, l’enfermement, l’attente, l’autodestruction, les blocages, l’assassinat des sentiments, les contraintes secrètes, l’inertie générale, l’immobilisme. Il n’est pas exagéré de dire que la société des prisonniers est l’enfant bâtard de la société capitaliste, une machine de mort bien huilée faite de glace et dans laquelle se cache tout l’excédent de laideur du monde moderne. Ce qui ne signifie pas qu’au sein de la prison il n’y ait pas des minorités de personnes qui ont pour boussole dans leurs vies la dignité, et avec lesquels on peut développer des relations amicales, voir des relations de compagnons.

Pour revenir à la question de départ, je pense qu’il ne faut pas oublier sa voie lors de cette épreuve, vers un but et un dévouement à une cause commune. Jamais repentis, jamais la tête baissée, toujours dangereux pour la civilisation de la servitude volontaire et de la soumission. C’est aussi pour cela que la lutte anarchiste dans la prison peut de toute évidence trouver des prises et ouvrir des voies pour devenir un danger pour l’ennemi. Avec des textes et des analyses, des refus quotidiens petits et grands, des grèves de la faim, avec la lime entre les mains, le fil de la révolte anarchiste continue à être tissé tant que brûlera en nos cœurs le feu de la destruction. En ce sens, la prison est un terrain pour la promotion de la lutte subversive et de l’anarchisme [en Grèce].

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Déclaration de Nikos Romanos à la première audience du procès antiterroriste à la prison pour femmes de Korydallos, le 3 février 2014

Le but de cette déclaration est de clarifier mes intentions auprès de vous et de votre cour. Les actions qui ne sont pas unies aux paroles afin que leur contenu conceptuel soit clair portent à confusion, tandis que les paroles non suivies d’action sont vides de sens et reflètent une neutralité verbale.

Je suis ici votre ennemi déclaré et irréductible, je n’implore pas votre clémence, je ne cherche pas le dialogue avec vous et vos semblables. Mes valeurs sont en guerre avec les vôtres, chaque phrase que je dis contre vous est donc une lame qui frappe votre masque d’hypocrisie et clarifie la position et le rôle de chacun de nous.

Vous écrivez des centaines de pages et créez continuellement de nouvelles affaires pour nous enterrer dans les prisons de votre démocratie pour des décennies.

Vous vous préparez à nous imposer des « conditions de détention spéciales » [prisons de Type C, Nde], c’est-à-dire l’unique coup manquant au panthéon du « traitement spécial » (transferts, procès, lois) que vous créez pour nous combattre.

Les simples lois de la physique disent que la conséquence d’une action est la réaction.

En dehors de vos tribunaux, dans les endroits libres, il y a des personnes rebelles, compagnons pour moi, terroristes pour vous, qui n’entendent pas tolérer notre extermination sans d’abord vous faire saigner, vous et vos superviseurs politiques.

Vous pouvez prendre cela comme une menace si vous voulez.

Je crois que c’est une réalité cynique. Chaque choix a son coût. Je suppose qu’en tant que juges et serviteurs de la loi vous serez d’accord avec moi sur ce point.

Mais jetons un bref coup d’œil sur votre merveilleux monde. Nous sommes dans l’ère de la vitesse. Tout change vite, créant sans cesse des états d’urgence. La vitesse du temps historique a désormais déraillé, les informations et les nouvelles voyagent en quelques millisecondes, la technologie et la science avancent à pas de géant.

À côté de cela, les contradictions de la civilisation moderne explosent toujours plus souvent. Des dizaines de feux sont allumés dans les villes où tout semblait calme, et menacent de répandre le chaos dans l’ordre organisé du système.

De tels événements créent des conditions qui nous servent. Nous créons des ponts de communication avec les gens derrière les barricades si bien que les actes de violence font partie d’un contexte politique plus spécifique, ouvrant ainsi la perspective de leur dépassement dans la lutte pour la révolution anarchiste.

Là où la rage se combine avec la conscience.

Là où se rencontrent les gens dont les boyaux sont brûlés par le feu de la liberté.

Quelque part par là se trouvent aussi les empreintes de mon insurrection.

Anarchiste, parce qu’elle est hostile à toutes les autorités reproduites par l’homme, continuelle parce qu’elle ne cherche pas à réformer mais à détruire, existentielle parce qu’à travers l’insurrection elle exprime toutes ces belles émotions que nous voulons répandre dans les cœurs insurgés.

En outre, la qualité de la vie se mesure en moments et en émotions.

Sur la base de cette description schématique, vous comprenez que vous n’avez aucune marge pour arrêter l’inévitable. L’affrontement de nos mondes.

C’est pourquoi des déclarations comme celle-ci ont exactement ce but, envoyer un message clair.
Vous ne pouvez pas nous plier, vous ne pouvez pas arrêter la tempête qui approche.
Ces temps réclament de la réflexion, de la prudence et une lutte continue par tous les moyens.

Pas un pas en arrière !

Plus de violence contre l’Etat et le capital.

Force aux guérilleros urbains anarchistes Nikos Maziotis et Pola Roupa qui ont une récompense sur leur tête [7].

Force à tous les compagnons en clandestinité.

Foutez-vous l’argent de vos récompenses au cul !

Longue vie à l’anarchie !

Nikos Romanos,
3 février 2014.

[Traduit du grec par Non Fides d’Inter Arma.]

Notes

[1] Pour plus d’informations sur cette affaire, voir le mot-clé « Solidarité avec les compagnons arrêtés suite aux braquages de Velvento/Kozani » sur non-fides.fr

[2] Pour plus d’informations sur cette gréve de la faim et ce mouvement de solidarité, voir le mot-clé « Solidarité avec Nikos Romanos » sur non-fides.fr

[3] Voir « Toutes les valeurs de cette société sont des prisons de haute sécurité », Recueil de textes et communiqués a propos de la lutte contre les prisons de type C en Grèce, 68p, février-avril 2015, Ravage Editions.

[4] Voir une chronologie dans Contre Syriza et son monde – Contre toute autorité, Quatre-page de la bibliothèque anarchiste La Discordia à l’occasion d’une discussion publique à Paris, juillet 2015.

[5] Evi Statiri est détenue depuis le 2 mars 2015, elle a été arrêtée car elle est la compagne de Gerasimos Tsakalos, membre emprisonné de la Conspiration des Cellules de Feu. Le 14 juillet, elle se voit à nouveau refuser sa libération et reste donc en détention préventive. La libération de Evi Statiri était l’une des promesses du gouvernement de Syriza. Entre autres promesses non-tenues, Savvas Xiros n’est lui non plus toujours pas libre. Ndt.

[6] Journaliste, présentateur télé et politicien, il a fondé en mars 2014, le parti centriste To Potami (« La Rivière ») avec pour ambition de se présenter aux élections européennes de 2014 et d’y incarner le centre pro-européen de l’échiquier politique. Ndt.

[7] L’État avait, quelques semaines auparavant, mis une récompense de 4 millions d’euros sur les têtes de plusieurs révolutionnaires en cavale : Nikos Maziotis et Pola Roupa, membres de Lutte Révolutionnaire, Christodoulos Xiros, balance du 17N, qui ont tous été rattrapés depuis hormis Pola Roupa, et les deux membres non-identifiés des Forces Révolutionnaires Populaires Combatives qui ont mené l’exécution par balle de deux membres d’Aube Dorée le 1er novembre 2013. Nde.

Lire la brochure sur Ravage Editions

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[Paris] Solidarité incendiaire avec les prisonniers anarchistes en Grèce – 16 juillet 2015

[Paris] Solidarité

16/07/2015. RUE MELINGUE – 19EME. VOITURE VINCI EN FEU. CONSTRUIT DES PRISONS. SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS ANARCHISTES EN GRECE. STOP.

Publié sur indymedia nantes, 20 juillet 2015 à 23h11

[Grèce] Contre SYRIZA et son monde – Contre toute autorité

Depuis les élections législatives du 25 janvier 2015, Syriza est le premier parti au Parlement grec avec 149 députés sur 300. Aléxis Tsípras est donc nommé Premier ministre du pays le lendemain. Syriza trouve ses origines dans une coalition de partis de gauche et d’extrême gauche fondée en 2004. Celle-ci comprenait un large spectre de formations politiques (treize au total) et de politiciens indépendants, comme des communistes pro-européens (eurocommunisme), des écologistes, des socialistes et des eurosceptiques. Aléxis Tsípras, ancien président de Synaspismós, le mouvement le plus important de la coalition, en est le président depuis 2009. Transformée en parti en 2013, Syriza prend donc le pouvoir en Grèce.

Certainement plus radicalement social-démocrate que la plupart des partis d’extrême-gauche d’Europe, les louanges du parti ont même séduit quelques radicaux, en Grèce comme ailleurs, au grand désespoir de l’anti-électoralisme et de l’anti-parlementarisme séculaire des mouvements révolutionnaires et anarchistes. Dans cette chronologie, on constatera que le consensus n’est pas toujours respecté, encore heureux. Par exemple, lors de la récente lutte des prisonniers révolutionnaires en grève de la faim pour l’abolition des prisons de Type C [1], Syriza a été attaqué à de nombreuses reprises. Voici quelques éclats divers :

• 24-25 janvier – Petrálona (quartier d’Athènes) : Quelques jours avant les élections, de nombreuses banderoles et publicités de partis politiques ont été détruites ou taguées. Des tags sont tracés sur les murs du quartier, un local de Syriza et un bureau de vote. Une banderole anti-électorale est également déployée.

• 26 février – Athènes : Des émeutes éclatent à la sortie de l’école polytechnique, au cœur du quartier à forte implantation anarchiste historique et actuelle, Exarchia, à Athènes. Les manifestants lancent des pierres et des cocktails molotov, plusieurs voitures ont été brûlées. Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza, les flics ont utilisé des lacrymos, répondant aux pressions de la droite pour réprimer les « forces obscures de l’anomie ».

• 8 mars – Athènes : Occupation du quartier général de Syriza, banderoles déployées et tracts jetés par les fenêtres en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en grève de la faim.

• 23 mars – Athènes : Incendie des locaux de Syriza à Patisia, en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en grève de la faim, et le jour du premier déploiement de la police de proximité. Les locaux sont dévastés (revendiqué par « Patrouille nihiliste – Incendiaires de proximité »).

• 23 mars – Athènes : Occupation de la radio « Kokkino 105.5 », porte-voix de Syriza. Les ondes sont piratées pour diffuser des messages de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en grève de la faim.

• 30 mars – Chaniá (Crète) : Un engin incendiaire est placé contre le local de Syriza, le communiqué appelle « les anarchistes de praxis à entrer en conflit total avec l’autorité de gauche ».

• 2 avril – Éleusis (à 20 kilomètres d’Athènes dans l’Attique) : Les locaux de Syriza sont caillassés et les vitres défoncées par un groupe d’anarchistes en solidarité avec les prisonniers anarchistes en grève de la faim.

• 2-3 avril – Athènes : En solidarité avec les prisonniers anarchistes en grève de la faim, un distributeur de billet est incendié le 2 avril. Le lendemain les vitres d’un supermarché « Bazaar » (qui fournit la prison de Korydallos) sont détruites et de la peinture est projetée contre la façade, cinquante mètres plus loin, c’est un local de Syriza qui subit le même sort (revendiqué par « Rues sombres »)

• 3 avril – Athènes : Un engin incendiaire est placé, après avoir brisé une vitre, dans les locaux de Syriza à Exarchia en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en grève de la faim (revendiqué par « Compagnons pour l’internationale noire »).

• 6 avril – Ioannina : Attaques à la peinture contre la façade et slogans écrits à l’intérieur du bâtiment qui abrite les bureaux du parti et des députés de Syriza en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en grève de la faim (revendiqué par « Anarchistes » [féminin/masculin]).

• 8 avril – Athènes : Un engin incendiaire est balancé contre un local des jeunes de Syriza à Kessariani, à proximité du poste de police. Le communiqué fustige tous ceux qui du Pasok hier à Syriza aujourd’hui n’ont cessé de trouver des justifications toujours plus foireuses pour voter (revendiqué par la « FAI – Cellule Solidarité et Vengeance »).

• Juin – Athènes : Attaque incendiaire des locaux de Syriza à Kypseli, et d’un véhicule diplomatique à Ano Pefki, en solidarité avec Nikos Romanos (qui a vu ses permissions scolaires refusées) et Evi Statiri, compagne incarcérée de Gerasimos Tsakalos de la Conspiration des Cellules de Feu (revendiqué par la « FAI-FRI – Anarchie Combative »).


Extrait d’un Quatre-page de la bibliothèque anarchiste La Discordia à l’occasion d’une discussion publique à Paris, le Dimanche 12 juillet 2015 à 19h : « Grèce : réformisme ou anarchie ? ».

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Note:

[1] On pourra consulter sur le sujet, « Toutes les valeurs de cette société sont des prisons de haute sécurité ». Recueil de textes et communiqués a propos de la lutte contre les prisons de type C en Grèce – 68 pages – février-avril 2015 – Ravage Éditions (disponible à La Discordia).

[Publié sur non-fides]

 

[Angleterre] Lettre de la prisonnière anarchiste Emma Sheppard – Juin 2015

La police préoccupée au sujet « des réponses de style grec » à l’autérité – Lettre de la prisonnière anarchiste Emma Sheppard, juin 2015

catLe mercredi 27 mai 2015, deux policiers sont venus me rendre une visite non désirée. Ils étaient d’une unité spéciale d’investigation qui s’occupe de « la gauche, la droite, des droits des animaux et des extrémisme islamique », administrée par l’unité de lutte anti-terroriste de la police métropolitaine.

Ils m’ont posé diverses questions sous prétexte de rechercher des perceptions de personnes au sujet de la police : ce que je pensais au sujet des opinions des anarchistes et des militants dans le sud-ouest et à Londres et pourquoi il y avait des niveaux élevés « d’agressions » là-bas [1] , si je pensais que les réponses « du style grec » aux mesures d’austérité augmenteraient sous le « nouveau » gouvernement, et (certainement de manière plus bizarre) la raison pour laquelle les gens détestaient la police et ce qu’ils pourraient faire pour arrêter les gens d’avoir recours à une telle violence ou une réponse « antisociale » à leur encontre.

Ils m’ont aussi posé des questions à propos de mes motivations à commettre mon crime et si je voulais parler au sujet des événements qui m’y ont conduit. Tout cela m’a été très bien exprimé dans un vocabulaire relatif au « bien-être ». Ils étaient apparemment préoccupés à propos de la façon dont je pourrais être traîtée/reçue en prison par le personnel et les autres détenues, en tant qu’extrémiste. Ils voulaient savoir si j’avais des suggestions sur la façon dont le service carcéral pourrait être amélioré.

Au moins, ils ne m’ont pas approché comme une balance. J’ai écouté toutes leurs questions (de plus en plus pathétiques) et je suis partie. Comme le couvert de l’anonymat me manque. Au moins, je garde toujours mon défi. Ils ne me le prendront pas. Au contraire, il augmente chaque jour passé à l’intérieur.

Deux jours plus tard, mon « offender manager » [2] (service probatoire à l’intérieur de la prison) a confirmé ce que j’ai toujours pensé – que je ne pourrais pas obtenir mon TAG (couvre-feu de détention à domicile). C’est parce que, à la lumière de mon crime, les policiers ont décidé de former un psychologue en « conseil » d’extrémistes et ils n’auront pas achevé cette formation avant que je ne prenne place à la commission de mon TAG. Mon « offender manager » a parlé des « points d’interrogation » que la police a autour de moi et également de mes positions sur le « spectre de l’extrémisme » et mes tendances « antisociales ».

Je suis contente de savoir que je n’obtiendrais pas le TAG (détention à domicile) de si tôt. Je n’irai pas au terme de ma condamnation. Je ne leur montrerai pas que je veux être davantage « pro-social » (peu importe ce que cela signifie) et je ne participerai pas à leurs procédures psychologiques.

Merci à toutes celles et ceux qui m’ont soutenu jusqu’ici. C’est inspirant et cela rend humble de se sentir faire partie de réseaux différents à travers le monde. S’il vous plaît, notez qu’ils vont sévir massivement à l’avenir contre mon courrier, s’il vous plaît envoyez des lettres et des timbres, des cartes, enveloppes/papiers (mais tout ça en petites quantités).

En envoyant des pensées de solidarité ensoleillées et de force. A bientôt en janvier ! Je serais peut-être même sortie pour le réveillon (mais sur autorisation jusqu’en janvier 2017)

EM X

Lui écrire (nouvelle adresse depuis mars 2015):

Emma Sheppard A7372DJ
HMP Send, Ripley Road
Woking, Surrey
GU23 7LJ (Angleterre)

Traduit de l’anglais de l’ABC Bristol

NdT:

[1] Il s’agirait entre autre d’attaques ayant visé des responsables de partis et permanences électorales qui ont eu lieu durant les dernières élections. Un communiqué d’une d’elles a été traduite sur contrainfo

[2] Littéralement « Gestionnaire de délinquants »newadressEmX

[Santiago, Chili] Attaques explosives de banques en solidarité avec les prisonniers anarchistes

Communiqué de revendication de l’attaque à l’explosif contre une agence de la banque BCI dans le quartier de ‘La Cisterna’ et de l’attaque incendiaire sur une agence de la BancoEstado dans le centre-ville de Santiago.

bombazo-bci

Alors qu’un calme apparent règne dans le territoire et une ambiance festive remplit les rues suite au cirque de football qui aliène ceux qui succombent volontairement à la stagnation, nous avons décidé de faire un petit geste destructeur de façon à montrer notre solidarité avec les compagnon-nes en prison. Nous ne sommes pas indifférent-e-s au transfert capricieux de Tamara Sol au Centro de Orientación femenina, nous n’oublions pas non plus les conditions carcérales des compagnon-nes Juan flores, Nataly Casanova, Enrique Guzmán, Javier Pino, Natalia Collado, Monica Caballero et  Francisco Solar. Nous n’oublions pas les prisonniers subversifs de longue peine et les prisonniers politiques (sic!) mapuches.

Le mercredi 24 juin à 00h30, nous avons fait sauter l’agence bancaire de la BCI située près de l’arrêt de bus 22 de ‘Gran Avenida’, détruisant la majeure partie des distributeurs automatiques de billets. Nous revendiquons aussi l’attaque incendiaire du 13 juin qui a brûlé les distributeurs d’une agence de la BancoEstado au carrefour de la Matta Avenida et Chiloe.

Que les flammes et le vacarme atteignent vos cellules !

Mauricio Morales, Sebastian Oversluij: present !

Prisonnières et prisonniers de guerre dans les rues !

Solidarité – Complot – Attaque !

Groupes autonomes de combat