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[États-Unis] Quelques mots de Michael Kimble sur la pacification racialiste à l’intérieur et à l’extérieur des taules

[Ce texte a été écrit par Michael Kimble, prisonnier américain noir et homosexuel condamné à perpétuité pour le meurtre d’un bigot homophobe, il y a une trentaine d’année. Il s’agit d’une lettre qui fait partie d’un recueil en anglais, publié sous forme de fanzine, intitulé To struggle means we’re alive (« Lutter veut dire que nous somme en vie »), et réunissant des textes de prisonniers sur les révoltes de Ferguson, de Baltimore et contre la police aux États-Unis. Il nous semble être la contribution du fanzine la plus intéressante d’un point de vue anarchiste, d’abord parce qu’il est une critique des tenants du racialisme américain, qu’il soit d’Etat ou militant, mais aussi parce que nous sommes là bien loin des quelques dérives judiciaristes, familiaristes et culturalistes des réponses politiques souvent portées en France (et ailleurs) face aux assassinats policiers, qu’ils soient racistes (comme souvent aux États-Unis) ou non.]

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[Ferguson, USA] Deux flics hospitalisés après avoir essuyé plusieurs coups de feu – 12 mars 2015

Ferguson (USA) : Deux flics se font tirer dessus pour venger Michael Brown

« Ils ne faisaient rien de spécial et on leur a tiré dessus pour la seule raison qu’ils sont policiers »

628x471Hier, deux flics se sont fait tirer dessus devant leur commissariat lors d’une manif contre les flics, poursuivant le mouvement émeutier qui avait suivi la mort de Michael Brown, jeune noir de 18 ans abattu par les flics l’été dernier*. Les deux flics ne sont pas morts, mais sont gravement blessés.

Mercredi, Le chef de la police de Ferguson, Thomas Jackson, avait annoncé sa démission suite à la publication d’un rapport d’enquête très critique du Department of Justice américain quant à sa gestion des derniers événements et de l’assassinat de Michael Brown.

Selon des témoins, les 3 à 5 coups de feu ont été tirés d’une distance indéterminée, du nord-ouest de la ligne de flics visés, qui étaient postés à l’extérieur du comico, en tenues anti-émeute. L’un s’est pris une balle dans la gueule et l’autre à l’épaule. Le chef de la police se lamente : « Ils ne faisaient rien de spécial et on leur a tiré dessus pour la seule raison qu’ils sont policiers ». Pour une fois qu’un flic voit juste ! Et même les pacificateurs sociaux de gauche (les grands frères locaux) ne trouvent rien à y redire, certains ont même refusé de condamner cette attaque implacable.

Alors que les flics se mettaient à couvert, la panique éclata dans leur camp, et ils commencèrent à pointer leurs armes sur les manifestants. Cependant, personne d’autre n’a été blessé par balle. Les médias rapportent cependant trois arrestations durant la mêlée provoquée par les flics. Mais malgré une forte présence policière dans tout le secteur, et une chasse à l’homme aux moyens démesurés, le(s) tireur/se/s sont libres.
Leur liberté n’est que la deuxième étape de cette formidable humiliation de la police, la première étant de les tirer comme des lapins.

A Ferguson comme ailleurs, amour, rage et solidarité pour ceux qui ne baissent pas les yeux face à l’occupation policière de nos vies.

Pour une dent, la mâchoire.
ALL COPS ARE BASTARDS !

[Synthèse réalisée par non-fides à partir de diverses sources US, 13/03/2015.]

Note du CNE:

*Voir une liste de textes ici:

  1. http://lechatnoiremeutier.noblogs.org/?s=Mike+Brown
  2. http://www.lechatnoiremeutier.antifa-net.fr/?s=Mike+Brown

Ferguson brûle. Que Seattle a-t-il fait dans la nuit de samedi ? (29 novembre 2014)

« Que Seattle a-t-il fait dans la nuit de samedi ? »

MontgomeryFerguson-002Plutôt que de s’engager dans une guerre d’usure avec le RCP*, quelques anarchistes ont décidé d’appeler à une manifestation distincte en solidarité avec les rebelles de Ferguson pour la soirée du samedi 29 novembre. L’appel a été intitulé « Ferguson brûle. Que va faire Seattle ? ». L’intention était de créer un espace où les gens ont pu exprimer leur colère comme ils l’entendaient, au lieu d’essayer de gérer et contrôler la colère populaire pour un programme politique restreint.

Une foule d’environ 60 personnes (dont la plupart étaient habillés entièrement en noir avec le visage masqué) s’est rassemblée au Central Community College de Seattle sur Capitol Hill à 22 heures. Il y avait au moins trois grandes banderoles avec des slogans anti-flic peints dessus, et une absence notable des signes de protestation et de pancartes qui avaient imprégné les événements précédents de la semaine**.

La marche a quitté le Central Community College de Seattle et est allée vers le nord sur Broadway. Etant donné que c’est devenu courant durant les deux dernières années, les flics sur des vélos ont longé les deux côtés de la manif. Les flics ont permis aux manifestants de prendre (et de garder) la rue, mais le mur de vélos a eu un effet certain d’empêcher les manifestants de faire bien d’autres choses que de marcher dans la rue au premier abord.

Tout le monde a marché vers le nord de Broadway, puis a contourné un bâtiment et est allé de nouveau au sud de Broadway. Des acclamations de passants bourrés ont été entendus en passant the Highline (bar punk du Capitol Hill pour les punks qui ne peuvent plus se permettre le Capitol Hill). À Union street, les flics ont essayé d’empêcher la marche d’aller vers l’Est, à tel point que les gens se sont retournés, ont fait du jogging à travers un labyrinthe de fourgons de police et ont reculé à l’angle à Pike. Dans l’action, quelqu’un a jeté une bombe de peinture sur la fenêtre du côté conducteur d’un fourgon de police. La bombe de peinture a été suivie d’une pierre à travers la même fenêtre, qui aurait frappé au visage le porc qui conduisait le fourgon.

Comme la marche s’est frayée un chemin jusqu’à Pike, quelques personnes ont réussi à bloquer les flics à vélo en montant des barricades à travers leur chemin. Les flics à vélo ont été incroyablement lents à réagir en étant obstrués sur le trottoir et ont semblé très embarrassés sur la façon de démonter et de se frayer un chemin sur la voie nouvellement barricadée. Une autre pierre a été jetée sur un autre fourgon de police, mais a seulement réussi à cabosser l’extérieur.

La marche s’est dirigée vers la 13ème avenue.

Pusieurs pierres ont été lancées sur la Bank of America mais aucune vitre n’a été cassée (visée aux angles). La police ne réussissait toujours pas à rassembler leur ligne de vélo à cet endroit et restait à l’arrière.

Sur Madison, la marche a tourné à droite, descendant la colline. La police semblait inquiète que la foule enragée retourne au couloir Pike/Pine et a formé une ligne de vélos pour bloquer la 12ème Ave. Dans leur précipitation pour bloquer la rue, ils n’ont soit pas remarqué ou ne se sont pas souciés du concessionnaire Ferrari (appelé plus tard par le torchon de la police de Seattle « commerce local ») l’ont laissé sans surveillance à l’angle. Des banderoles ont été utilisées pour bloquer la ligne de mire des flics comme une des nombreuses grandes fenêtres du concessionnaire a été éclatée, envoyant une pluie d’éclats de verre sur une voiture de luxe.

Après l’attaque de la salle d’exposition Ferrari, la marche a viré au jeu du chat et de la souris avec les flics.

En des points, il semblait que les flics permettaient aux manifestants d’aller là où ils voulaient, d’autres fois il semblait qu’ils avaient canalisés tout le monde en un endroit particulier, mais le bloc est resté fort en nombre et en équipements, ce qui a permis aux personnes de rester anonymes et libres tout en causant encore du bordel.

Au moment où on est arrivé à l’entrée arrière du parking QFC, de nombreuses personnes ont abandonné la manif. Personne n’a été arrêté.

Cette marche a été la plus bagarreuse que Seattle ait eu ces dernières années, et certainement les choses ont été agitées à partir du moment où la police a commencé leur stratégie de laisser les gens prendre la rue tout en longeant le trottoir à vélos.

Les thèmes de cette marche différaient nettement des autres événements autour du meurtre de Mike Brown à Seattle. Alors que davantage de propagande à distribuer aurait été utile, beaucoup de gens ont fait un bon travail en ne permettant pas de réduire tout ça à une campagne d’un problème unique. Des appels pour la justice de Mike Brown ne sont que trop limitées – à quoi la justice pourrait-elle même ressembler dans un monde ordonné par le capitalisme, l’État, la police et leur pilier nécessaire de la suprématie blanche? Nous refusons de nous contenter de demi-mesures et de réformes; c’est tout qui doit disparaître. Les gens ont fait un excellent travail d’avoir une tenue solide et en veillant les uns aux autres. Prenez soin les uns des autres et refaisons-ça de nouveau !

Traduit d’anarchistnews, 12/01/2014 – 22:41

NdT:

*Pour évoquer les récupérateurs du Parti Communiste Révolutionnaire, qui tentent d’endoctriner régulièrement les manifestant-es descendant dans la rue contre la police. Ils ont pris l’habitude de se ramener avec leurs tracts faites de revendications vieilles de deux siècles et de tenter de contrôler la foule enragée.

**En référence notamment à l’appel au boycott de la journée nationale de la consommation et du consumérisme, (appelée le « Black Friday »), qui s’est déroulée le 28 novembre dernier, en signe de protestation contre le non-lieu du grand jury prononcé à l’égard du flic meurtrier Darren Wilson. En somme, un appel pacifiste au boycott de la marchandise plutôt qu’un appel au pillage.

[Durham, Etats-Unis] Attaques contre la police et la garde nationale – 25 novembre

Un court communiqué de Durham

Dans la nuit de mardi 25 novembre, un groupe de personnes enragées par le meurtre policier de MikeMike Brown, et inspirés par les actes de rébellion qui se sont propagés à travers le pays, a vandalisé l’arsenal de la Garde nationale de Durham* à Stadium Dr. Des messages ont été peints sur les portes d’entrée et plus d’une douzaine de fenêtres ont été brisées.

La garde nationale est maintenant dans les rues de Saint-Louis et de Ferguson, continuant la guerre des flics racistes au nom des riches contre les pauvres.

Cet acte fait suite à une nuit excitante de manifestation dans le centre de Durham**, durant  laquelle des centaines de personnes différentes ont parlé de leurs expériences aux mains de la police***, bloqué les rues, tiré des feux d’artifice, tagué des bâtiments avec des messages anti-police et anti-prison et bloqué l’autoroute 147 direction nord.

Nous espérons que tous ces actes contribuent à une intensification continue localement, la lutte combative contre le racisme, le capitalisme et l’État.

Pour l’anarchie,
XXX

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Traduit d’anarchistnews, Wed, 11/26/2014 – 11:05

NdCNE:

* « the Durham National Guard Armory » avait aussi été pris pour cible le 17 octobre dernier en solidarité avec les rebelles du Missouri

** Dans la nuit du 24 au 25 novembre 2014 (la nuit suivant le non-lieu prononcé par le Grand jury concernant d’éventuelles poursuites judiciaires à l’encontre du flic assassin de Mike Brown), le slogan « Brûlons les prisons » a été peint sur le mur extérieur de la prison du comté de Durham .

Durant cette même nuit, un bâtiment et plusieurs véhicules de police ont été attaqués.

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*** Par exemple le 19 novembre 2013, lorsque Jesus Huerta, âgé de 17 ans, a été tué d’une balle dans la bouche alors qu’il était menotté à l’arrière d’une voiture de flics. De nombreuses manifs offensives contre la police se sont tenues (notamment celle du 19 janvier 2014)