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[Santiago, Chili] Chronique de l’audience du 28 juillet contre Tato et Javier

chiNatalia Collado et Javier Pino ont été arrêtés le 7 avril. Ils sont accusé.e.s d’avoir incendié un bus de la compagnie Transantiago et se trouvent depuis en détention préventive.

L’audience était fixée à 11h30 dans la tour F, septième étage, ou en tout cas c’était l’information donnée à l’accueil. Mais ça n’était qu’une tentative de nous empêcher de voir et accompagner nos frères/sœurs. Finalement l’audience a eu lieu au premier étage de la tour A. À la demande de la juge, « brandissant » un argument préventif dû au désordre fait par certains compagnons (à ce moment-là seulement quelques amis étaient présents dans la salle), il a été ordonné que seuls les proches directs pourraient assister à ce cirque, et malgré les réclamations des avocats rien n’a changé, et tout le monde a été renvoyé dehors, derrière les portes fermées.

Dehors les personnes venues en solidarité espéraient la fin de ce petit gueuleton entre magistrats, et une fois terminé, deux banderoles ont été déployées, des tracts ont été lancés et quelques mots au mégaphone ont été criés. Les matons sont vite intervenus, ce qui a déclenché une bagarre qui s’est terminée à coups de poings, mais pas avant que l’on ait pu montrer aux compagnons qu’ils ne sont pas seuls. Dans ce chahut les flics anti-émeutes et les matons sont intervenus, gardiens de ces ignobles bâtiments du tribunal. Et chacun y donnait de son coup de poing, coup de pied, crachat, cri, regard hautain face à l’un de ces nombreux ennemis, ne baissant jamais la tête, et le résultat fut des matons tremblants, des personnes par terre, des compagnons blessés, beaucoup de lacrymo liquide dans l’air et sur nos corps, et surtout sur nos visages.

Le bordel a continué à l’intérieur du bâtiment, où des compagnonnes se sont rebellées contre les arrestations et les vexations de la part des matons, dans une ambiance extrêmement chaude. Le résultat a été 4 compagnonnes « arrêtées » par les matons, et deux compagnonnes hors du tribunal arrêtées par les flics. Deux filles ont reçu une plainte pour trouble à l’ordre public et sont citées à comparaître devant les tribunaux locaux. Les 4 autres ont été emmenées pour un contrôle d’identité « routinier », toutes au 12° commissariat de Santiago. Elles ont toutes été relâchées au cours de la soirée.

Ne tendons pas l’autre joue !
Respect aux meufs qui se sont rebellées !

Tato et Javier ont comparu de nouveau en rapport avec l’article 14-D « activation et explosion d’engin incendiaire sur transport public », qui fait partie de la « loi de contrôle des armes ». Des délits dont les peines vont de 10 ans et un jour jusqu’à 15 ans de prison.
Le délais de l’enquête reste ouvert vu que la nouvelle défense a de nouvelles demandes à faire, donc pour le moment il n’y a pas de nouvelles dates de procès.

Solidarité active avec tous/toutes les compagnon-ne-s enfermé-e-s dans le dédale carcéral.
Courage pour notre sœur Tato et Javier, pas d’agression sans réponse !

[Traduit de l’espagnol de Contrainfo par non-fides]

 

[Santiago, Chili] Deux compagnons incarcérés pour l’incendie d’un bus – 7 avril 2015

A 02h15 dans la matinée du 7 avril 2015 à Santiago, un bus de Transantiago a été entièrement incendié dans le secteur d’Estacion Central.

bus

En quelques minutes, les bâtards policiers arrêtent les compagnon-nes Natalia Collado (24 ans) et Javier Pino (27 ans) dans les rues proches du lieu en les accusant de l’incendie du bus.

Selon les versions policières et médiatiques, les compagnon-nes sont monté-es dans un bus à Cuming / Alameda, puis sont descendu-es à Ecuador à l’angle de Con Con. La police affirme que le chauffeur de bus les aurait reconnus.

micro01L’affaire a été portée par les misérables du parquet – expert autoproclamé en matière d’affaires « antiterroristes » – et les compagnon-nes détenu-es sont passé-es dans les mains de la police d’investigation, en particulier celles de la ‘Fuerza de Tarea de Delitos de Alta complejidad de la PDI‘, escadron composé de divers organismes de la PDI ayant pour objectif de mettre fin aux attaques contre l’Etat et le capital.

Au moment de passer devant la charogne journalistique, Natalia et Javier sont resté-es dignes et, la tête haute devant le tumulte des vautours de la presse, Javier a dit à haute-voix: « A bas la société patriarcale et anthropocentrique! ».

Pour sa part, la municipalité a décidé de porter plainte pour incendie contre les deux compagnon-nes;

Le 10 avril 2015, après trois jours de séquestration de Natalia et de Javier sans inculpation, le parquet a officialisé leur placement en détention préventive. Pendant l’audience, le procureur Claudio Orellana a souligné la reconnaissance supposée des deux compagnon-nes par le chauffeur de bus, ainsi que de la présence supposée de traces d’hydrocarbures sur leurs vêtements à la suite de l’expertise du LABOCAR.

Le parquet n’a finalement pas utilisé la loi anti-terroriste pour inculper les compagnon-nes mais s’est basé sur la loi du contrôle des armes au chapitre « Placement et activation d’engins incendiaires dans les transports publics ».

Le 6ème Tribunal a accepté la demande du parquet qui avait requis le placement en détention préventive de Javier et Natalia, ainsi qu’un délai de 90 jours pour l’enquête.

Les compagnon-nes sont actuellement incarcéré-es dans différents centres d’extermination: Javier à la prison Santiago 1 et Natalia au centre d’extermination de San Miguel.

Solidarité insurgée avec les compagnon-nes Natalia et Javier !

Force, rage et affection pour les compagnon-nes derrières les barreaux !

Traduit librement de Publicacion Refractario (voir ici et )